mardi 13 mars 2018

Deux mots sur Bertrand Cantat

Bonjour !

Je suivais l'affaire de loin en loin, juste comme ça, la vue à moitié bouchée par le brouillard. Comme si vous cherchiez à voir les côtes anglaises à partir des falaises de Normandie, vous voyez. J'avais donc compris que certaines personnes n'étaient pas très contentes (c'est un euphémisme) de son retour, compris pourquoi, et même vu une pétition contre un festivalier (en même temps faut dire que la présentation qu'il faisait de Bertrand Cantat, sur certain mots, on pouvait comprendre la levée de boucliers). Mais tout de même, je n'avais pas trop suivi. Puis ce matin j'ai vu qu'il annulait sa participation aux festivals d'été, qu'il avait laissé un message sur Facebook. Je suis allée le lire, et de là, de clic en clic, de recherche en recherche, je me suis assez passionnée pour l'affaire.

Déjà, quand on réalise que Bertrand Cantat revient après #balancetonporc, la polémique prend tout son sens et je trouve ça assez fascinant de voir comment un homicide devient un féminicide (la Justice ne connaît pas ce terme, à ce que j'en sais) ; comment un homme célèbre étant allé en prison devient le symbole de la violence faite aux femmes alors que bien souvent, les coupables de ces violences ne mettent pas les pieds dans les prisons, justement, faute de plainte déposée. Et pour comprendre ce qui tombe sur ce monsieur il faut le lire à l'actualité. Ce qui lui tombe dessus maintenant ne peut tomber que maintenant et ne serait pas tombé il y a quelques mois ou un an. Mais d'abord, avant de détailler un peu tout ça, je voudrais qu'on fasse un point de vocabulaire ensemble. C'est important, un mot.

Avant de lancer l'album de Bertrand Cantat sur mon ordinateur par simple esprit de contradiction-provocation (ça m'amuse beaucoup, je dois dire, ça doit être mon côté diabolique, un peu malsain), j'écoutais une dame intervenir sur le canal vingt-sept. Marie Cervetti, qui est au Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes. Je ne sais plus trop ce qu'elle disait – elle m'a tellement énervée que j'ai oublié – mais je crois qu'elle parlait de la douleur de la famille de Marie Trintignant et, à un moment, elle dit "de cette femme qu'il a assassinée". Alors non. Non. Nous allons nous mettre d'accord tout de suite : Bertrand Cantat n'a assassiné personne. Non. Parce que l'assassinat c'est le meurtre avec préméditation (ou guet-apens). D'ailleurs il n'est pas plus un meurtrier qu'un assassin. Parce que le meurtre qualifie l'intention de donner la mort. Or, il a été condamné pour "coups mortels", ce qui revient je crois à "coups et blessures ayant entraînés la mort sans intention de la donner". Il a tué quelqu'un, mais ce n'était pas un meurtre. Il est un tueur, pas un meurtrier. Vous allez me dire que quand même c'est mesquin et malsain de jouer sur les mots comme ça. Certes, certes. Mais du point de vue de la loi, du droit, des peines, un simple mot change tout ! Donc autant dans la vie de tous les jours on peut confondre les mots tueur et meurtrier, les utiliser l'un pour l'autre et vice versa, autant brandir le mot "assassin", c'est beaucoup trop. C'est de la calomnie. Et c'est condamnable par la loi. Voilà.

Maintenant qu'on est d'accord sur le lexique, je voudrais revenir aux premières choses que j'ai abordées. Un féminicide, ça n'existe pas. La loi, à ce que j'en sais, ne fait pas de distinction de sexe. Si je tue la personne avec laquelle je partage ma vie, peu importe que ça soit un homme, ou une femme : la peine sera la même. Si je tue mon enfant, peu importe que ça soit un ou une enfant : la peine sera celle de l'infanticide. Un régicide reste un régicide, que je tue un roi, ou une reine. Ce qui joue, ce n'est pas le sexe. C'est la préméditation ou non, la volonté ou non. Mais pas le sexe. Aux yeux de la loi, pour ce que j'en sais – après tout je n'ai pas fait des études de Droit –, le féminicide n'existe pas. Pourquoi en parle-t-on ? Après tout en quoi est-ce plus grave de tuer une femme qu'un homme ? Que je tue mon voisin ou ma voisine, quelle différence ? Que je tue mon conjoint ou ma conjointe, quelle différence ? Que je tue mon patron ou ma patronne, quelle différence ? Aucune. Simplement, au lieu de dire que Bertrand Cantat a tué quelqu'un, on dit qu'il a tué une femme. Du coup, le débat se déplace.

Ce n'est plus de savoir si un Homme qui en a tué un autre et a purgé sa peine dans les règles de la justice (comme le rappelle le juge qui lui a accordé la libération conditionnelle) peut reprendre sa vie là où il l'avait laissée (si tant est que ce soit possible) ; ni de savoir si le fait qu'il soit sorti plus tôt fait qu'il doit expier encore, plus, aux yeux du monde et pas derrière des barreaux. Ce n'est même pas la question de séparer l'homme de l'artiste, et, ici, en tout cas dans la manière dont j'axe ma réflexion, la question homme-artiste n'a pas plus d'importance que la question homme-boulanger ou homme-cordonnier. Ce n'est plus la question du "droit à la réinsertion" que demande Cantat lui-même. Ce n'est plus ça parce qu'aux yeux de notre société, de notre période actuelle, il n'a pas tué quelqu'un, il a tué une femme.

Sa malchance, c'est de revenir après #balancetonporc. C'est #balancetonporc qui fait que l'on parle – et on a raison de le faire – davantage des violences faites aux femmes, du sexisme. C'est dans ce contexte plus global des violences faites aux femmes que le fait que Bertrand Cantat n'ait pas tué quelqu'un mais une femme prend toute son importance. On dit "regardez, ce que ça donne, un homme qui bat sa compagne !". Et on sous-entend de manière à peine voilée qu'il a aussi tué son épouse, suicidée.

Si #balancetonporc a pu lancer un mouvement dans la société, pour parler, pour qu'on se rende compte, pour que davantage de femmes aillent dans les commissariats porter plainte, c'est très bien. Mais il ne faudrait pas non plus tout mélanger. Je suis assez mal à l'aise à l'idée que des groupements féministes s'en prennent encore à Bertrand Cantat, et s'indignent qu'il soit sur scène, alors que tuer une femme n'est pas plus grave que tuer un homme. Je suis assez mal à l'aise aussi à l'idée qu'on empêche cet homme de tenter de reprendre sa vie alors que la peine est purgée (d'autant que selon le juge il nourrit un profond sentiment de culpabilité). Alors certes, ça ne ramène pas les morts. Mais comme me disait un collègue : si on ne veut pas qu'il revienne alors autant rétablir la peine de mort, et le problème sera réglé. Toutefois, la peine de mort non plus, ne ramène pas les morts. On ne peut pas à la fois sortir un homme de prison et à la fois l'empêcher de vouloir reprendre une vie, vouloir le tuer socialement.

Ce n'est pas la question de l'homme et de l'artiste. Ça peut être, si vous voulez, la question des média, de certains d'entre eux du moins, qui font sa promo comme si de rien. C'est ça qu'il faut interroger. En étant une personne célèbre a-t-il le droit à l'oubli ? Mérite-t-il une peine sociétale en plus d'une peine judiciaire ? La question doit être juridico-morale, et pas sur l'actualité, pas sur "oh mon Dieu, il a tué une femme". Il n'a pas tué une femme : il a tué quelqu'un. Point final. La question doit être d'ordre général, sur les auteurs de crimes, leur réhabilitation.

Le fait qu'il soit un artiste l'expose à une certaine célébrité, à plus d'espace dans les média qu'une personne lambda. La question, ce n'est pas de savoir si on réhabilite l'homme ou l'artiste. La question, c'est de savoir ce que l'on veut montrer de notre justice, de notre société. Veut-on montrer qu'une peine dans une prison n'est pas suffisante et qu'il faut plus, qu'il faut expier jusqu'à notre dernier souffle de vie, qu'il faut se sacrifier, offrir son existence en pardon ? Ou veut-on montrer que quelqu'un qui a tué sans intention de donner la mort peut, après une peine de prison, revenir dans la société ? Oh !... pas comme avant, bien sûr, ce n'est pas possible !... Ce n'est pas possible du point de vue de la société, parce qu'un homicide involontaire, même si ce n'est pas un meurtre, c'est grave ; ni du point de vue du coupable, car tuer, car la prison, ça change un homme.

La question, ce n'est pas le sexe de la personne qu'il a tuée. La question, ce n'est pas qui de l'homme ou de l'artiste a été condamné. La question, c'est la Justice de la France. Et dois-je vous rappeler que des criminels se réinsèrent dans la société tous les jours au nom du droit à l'oubli ? C'est le juge lui-même qui le dit ! Alors quoi ? Bertrand Cantat, sous prétexte qu'il est célèbre, n'aurait pas ce droit ?... Ah ? Où est passé notre idéal selon lequel "tous les Hommes naissent libres et égaux en droit" ?

Plutôt que de s'acharner sur un homme qui a purgé sa peine, pourquoi ne pas tourner notre regard vers les centaines de femmes qui, cloîtrées chez elles, sans oser rien en dire, reçoivent tous les jours des coups par volées ? Plutôt que de s'intéresser à une femme déjà morte (et je mesure la violence que peut avoir ma phrase), pourquoi ne pas s'intéresser aux femmes qui mourront ce soir, demain, dans la semaine, dans le mois, dans l'année ? Et tenter de les sauver ? Même de n'en sauver qu'une ?

Les associations qui gèrent les appels des femmes victimes de violences ferment parfois leur standards tant elles reçoivent de demandes d'aides. C'est vers cette direction qu'il nous faut tourner notre regard ! Au nom du féminisme que certaines prétendent défendre en s'en prenant à un homme qui a fait son comptant de prison. Il est sorti plus tôt ? et alors ? C'est la loi. Il en avait le droit. Il n'a ni eu un traitement de faveur, ni eu un traitement de défaveur. C'était la loi. Que ceux à qui ça ne plaît pas demandent à ce qu'on la révise !

Bertrand Cantat n'est pas un assassin. Et il n'a pas tué une femme : il a tué quelqu'un. Et il a payé pour ça. Au nom de l'égalité des droits il peut reprendre une vie sans qu'on l'emmerde. Ça n'excuse pas ce qu'il a fait, ça ne le pardonne pas non plus.

Qu'en pensez-vous ? Quel est votre avis sur la question ?

Source photo – Kmeron

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6 commentaires:

  1. J'ai lu un peu en diagonale mais je voulais réagir quand même (et du coup tu as le droit de me rediriger vers des morceaux de l'article que j'aurais mal lus).
    Je trouve comme toi que Cantat a été bien trop "récupéré", et je ne pense pas que lutter contre Cantat permette de lutter contre le patriarcat. Aujourd'hui, comme tu dis, il représente les gens qui ont été condamnés et qui ont eu le temps de réfléchir à leurs actes. Je ne sais pas si tu as écouté son album "Horizons" (nom du groupe : Détroit), mais on "ressent" qu'il a eu à réfléchir pendant ses multiples années sous clé. Il n'est donc pas du tout adapté pour parler de féminicide, en effet, ce n'est pas un mec libre et qui croit qu'il peut continué, et il ne frappait pas réguilèrement sa compagne, ce n'est donc pas un meurtre conjugal.
    PAR CONTRE : le féminicide, c'est bien quelque chose. Il y a un fait social qui est très marqué et qui est celui que "223000 femmes subissent (pas ont subi) des violences de la par de leur conjoint ou ex-conjoint" et "plus de 100 femmes sont tuées par leur conjoint ou ex conjoint chaque année". Ce n'est pas le cas des hommes. Ce ne sont pas des meurtres ou des assassinats "au hasard", mais bien des féminicides, parce que les femmes sont tuées ou violentées parce qu'elles sont des femmes. Il faut se souvenir qu'il y a quelques années, on parlait de "crime passionnel" quand un homme tuait sa conjointe, et ça n'était pas condamné. L'inverse, par contre, n'existe pas.

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    1. Non, je n'ai pas écouté Horizon, mais je le ferais peut-être !
      Je ne savais pas qu'il ne battait pas régulièrement Marie Trintignant, ça ajoute encore à ce que je disais du coup : c'est pas un bon exemple !

      C'est à mon tour de te dire "par contre" ;)
      Je ne réfute pas que des femmes sont tuées ou battues chaque jour : "[...] pourquoi ne pas tourner notre regard vers les centaines de femmes qui, cloîtrées chez elles, sans oser rien en dire, reçoivent tous les jours des coups par volées ? Plutôt que de s'intéresser à une femme déjà morte (et je mesure la violence que peut avoir ma phrase), pourquoi ne pas s'intéresser aux femmes qui mourront ce soir, demain, dans la semaine, dans le mois, dans l'année ? Et tenter de les sauver ? Même de n'en sauver qu'une ?"
      Je réfute le terme féminicide pour deux choses. Premièrement tuer une femme (même parce qu'elle est femme) n'est pas plus grave que de tuer un homme. Comme tuer un Noir (même parce qu'il est Noir), n'est pas plus grave que de tuer un Blanc. C'est ce que je dis quand je répète ça : "Et il n'a pas tué une femme : il a tué quelqu'un.".
      Deuxième chose : "féminicide" je le réfute du point de vue du droit. "[...] je trouve ça assez fascinant de voir comment un homicide devient un féminicide (la Justice ne connaît pas ce terme, à ce que j'en sais"
      "[...] La loi, à ce que j'en sais, ne fait pas de distinction de sexe. Si je tue la personne avec laquelle je partage ma vie, peu importe que ça soit un homme, ou une femme : la peine sera la même. Si je tue mon enfant, peu importe que ça soit un ou une enfant : la peine sera celle de l'infanticide. [...]". On ne dit pas "homicide" pour la mort d'un homme, on dit homicide pour la mort d'un être humain, d'un Homme. Pour moi, introduire le terme de "féminicide" ça ne fait que créer encore plus d'inégalité entre les femmes et les hommes alors que c'est cette inégalité que l'on cheche à combattre ! Introduire ce mot, pour moi, c'est le même genre de truc que de parler de "matrimoine", tu vois (en moins ridicule, j'accorde).
      Ensuite, je nuancerais sur le meurtre passionnel. Je crois, mais c'est à vérifier, que le meurtre passionnel concerne aussi les femmes infanticides. En fait, le meurtre passionnel, c'est quand il y a de l'émotion dedans (jalousie, désespoir, etc.). Je ne peux pas prendre le temps de vérifier maintenant, mais je jetterai un coup d’œil. Evidemment ça n'excuse pas le fait que ça n'est pas été condamné par le passé. Je ne réfute pas ce que tu dis, je ne fais que le nuancer :)
      C'est un débat intéressant en tout cas !

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  2. Ce que je souligne souvent quand on parle de cette affaire (après avoir creusé la question), c'est que :

    1) même si la préméditation n'est pas retenue, on est quand même pas sur un petit coup qui aurait dérapé, une chute, un accident... Le visage de Marie Trintignant était tuméfié, le rapport d'autopsie indique que les os du nez ont éclaté sous la violence et qu'elle s'est débattue, que ça a duré. Je ne dis pas que toi tu le minimises, mais j'ai lu énormément de personnes qui avaient retenu ça comme une sorte de dérapage, une altercation qui se passe mal et une femme qui perd connaissance... alors qu'il y a eu un déferlement (+ il a tardé à le signaler). Mais à la limite, passons là dessus

    2) Perso je ne suis pas pour lui interdire TOUT et je pense que c'est une position minoritaire chez les féministes en fait. Par contre ce qui est très majoritaire et consensuel, c'est la demande de discrétion médiatique. Par pour des raisons juridiques, pour des raisons de décence morale. Dans le cas contraire, ça signifie qu'on se fiche que les proches de la personne qu'on a tué voient notre visage et revivent leur drame chaque fois... Sans compter toutes les femmes victimes de violence, et toutes les femmes tout court. Perso que Cantat fassent ses concerts avec les fans qui ne sont pas dérangés par la situation, ça m'attriste mais si on ne me le met pas sous le nez, ok, c'est son droit. Par contre, en quoi est-ce qu'il est obligé de faire la une des médias, des Inrocks et autres, de s'afficher partout ? Les peines de prisons ne "blanchissent" pas moralement, ça ne dédouane pas de tout effort pour respecter la peine des autres quand on sort

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    1. Je ne dis pas que ce qu'il a fait n'était pas grave, n'était pas condamnable. Mais au lieu de me placer du côté de l'émotion je me place du côté de la loi : la qualification n'était pas le meurtre, et il a été condamné. J'ai le regard froid du droit... après, ce qu'il a fait est grave, et ça je ne le nie pas !
      Je nuancerais simplement sur le fait qu'il ait tardé à signaler, dans la mesure où je pense que quand tu perds le contrôle de toi et que tu tues quelqu'un je pense qu'il te faut un (long) moment pour reprendre tes esprits. Même sans parler de perte de contrôle : je pense que quand tu tues involontairement quelqu'un tu peux entrer dans une espèce d'état où tu ne sais pas trop quoi faire. Après bien sûr entre 10 minutes et 10 jours (je caricature exprès, mais voilà) y'a un monde. Mais... disons que c'est comme quand on dit "c'est inadmissible que personne n'ait réagi quand Untel s'est fait agresser dans le métro" : on sait qu'il faut réagir, mais peut-être que nous non plus ce jour-là on n'aurait pas agit... donc pour moi c'est un peu la même chose... je pense que c'est pas rare les gens qui tuent involontairement d'autres personnes et tardent un peu à appeler la police... enfin ça ne me paraît pas très étonnant, en fait... peut-être que les statistiques disent le contraire, j'en sais rien, mais là comme ça ça ne me paraît pas surprenant... c'est pas pour minimiser, hein, si ça se trouve il a pas appelé tout de suite parce qu'il a tardé à réaliser mais le temps de trouver comment tout expliquer à la police, j'en sais rien... mais je dis ça pour remettre en peu en perspective dans le sens où voilà... toi si tu tues quelqu'un involontairement tu te dis que tu vas réagir de suite, dire la vérité à la police au lieu de cacher le corps comme dans les films, etc. mais en vrai, pour ce genre de cas, avant d'être devant la situation tu peux pas trop savoir comment tu réagirais...

      Et bien sûr, le fait qu'il fasse la Une des média (mais peut-être plus que les média ne posent pas de questions sur le sujet, et fassent comme si de rien, en fait) pose question. Mais encore une fois, moi, je ne m'exprime pas là-dessus. Je ne m'exprime pas du point de vue de l'émotion, je m'exprime du point du vue du droit...

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  3. Pour le féminicide, ce n'est retenu que dans des cas assez particuliers je crois, j'ai une copine qui est en train de faire sa thèse dessus... (je ne sais pas, par ailleurs, si le terme de meurtre passionnel existe en tant que catégorie juridique, mais je suis quasi sûre que non en fait. C'est une qualification médiatique, sinon pour la loi un meurtre est un meurtre). On en a beaucoup débattu sur twitter aussi si ça t'intéresse, de cette affaire Cantat. Ma contribution : https://twitter.com/i_nebuleuse/status/975145083879247874

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    1. Effectivement, j'ai fait une recherche rapide sur le crime passionnel et ce n'est pas une qualification juridique. Après, je "défends" plutôt ce terme dans la mesure où... enfin il faudrait d'abord voir quand il a été inventé, mais je pense qu'il fait plus référence à la "passion" dans le sens philosophique (la chose qui prend possession de ton corps, fait que tu perds le contrôle) que la passion amoureuse (donc colère, jalousie, etc.). Et donc s'il fait bien référence à la passion philosophique ce n'est pas un terme complètement à côté de la plaque dans la mesure où quand tu perds le contrôle de toi, tu peux tuer. S'il fait référence à la passion amoureuse, c'est problématique. Mais je n'ai pas trouvé quand il a été créé et si c'était pour la passion philosophique ou la passion amoureuse. Quoi qu'il en soit j'entends que ça pose problème, puisqu'aujourd'hui on ne parle de la passion que pour parler de la passion amoureuse et que, bien entendu, on ne tue pas par amour...

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