mercredi 22 juin 2016

Écrivain sans "e"

Yvette Roudy en 1985
Bonjour !

Il y a deux grandes choses que je voudrais aborder dans cet article mais je ne sais pas trop comment les goupiller ensemble donc je vais tâcher de faire de mon mieux pour ne pas trop m'empêtrer dans tout ce que j'ai à dire et être claire.

En fait, hier, un membre du forum Jeunes Écrivains a lancé une discussion (que vous pouvez lire sans être inscrit au forum) sur la question de savoir comment l'on devait mettre "auteur" au féminin, si on devait le mettre, etc. J'ai d'abord été très surprise de constater que les premières personnes à avoir répondues se sont placées en faveur de "auteure", et puis ensuite le débat s'est élargi par l'intervention d'un membre qui caricaturait en disant en gros que, à ce train-là, on pouvait tout aussi bien féminiser "bonnet". Loin d'être hors sujet ça pose une vraie question autour de la féminisation de la langue et c'est la deuxième des choses que je voudrais aborder avec vous aujourd'hui.

D'abord sur la féminisation de "auteur". Je suis pour "autrice" qui est un terme que l'on a enterré avec "médecine" par exemple et d'autres noms de métiers quand on a décidé de masculiniser la langue. "Auteur" a donc déjà son féminin et l'on n'a absolument pas besoin de lui en créer un puisqu'il suffit juste de ressortir "autrice" du placard et le remettre en usage (paraît que c'est la mode du vintage depuis quelques temps ;P). Mais je suis aussi contre l'idée de mettre un "e" à "écrivain" parce qu'il me semble bien que "écrivain" n'a jamais eu son féminin (comme "tortue" n'a jamais eu son masculin et on n'en est pas – encore :P – mort). Aussi, je ne sais pas si c'est une déformation due à mes études, mais je trouve ça bien de garder notre Histoire à l'esprit et de se rappeler que pendant longtemps les femmes n'ont pas eu le droit d'écrire, que c'était tourné en dérision, que Madame de la Fayette n'a jamais admis avoir écrit La Princesse de Clèves et qu'une certaine Aurore Dupin a pris le pseudo de George Sand pour pouvoir publier. Et puis aussi je me dis que si l'on utilise ce terme de "écrivaine" alors on pourra, dans les classements, faire la colonne des "écrivains préférés des Français" et faire celle des "écrivaines préférées des Français" et que donc une femme écrivain ne pourra pas être préférée à un homme écrivain...

Je trouve qu'il est important de respecter la langue française. Non pas dans le sens "suivre à la lettre" mais dans le sens "avoir de l'égard pour" et donc j'arrive à accorder mon féminisme avec le respect de la langue ce qui, pour une écrivain (en herbe) n'est quand même pas négligeable ! :)

Mettre le "e" à "écrivain" et "auteur" c'est aussi féminiser la langue (on notera la transition un peu en carton xD) et je ne suis pas sûre que ça soit la meilleure idée qu'aient pu avoir les féministes. En fait, si "autrice" a disparu, c'est à cause d'une masculinisation de la langue et donc le ressortir lui et ses petits camarades noms de métiers c'est procéder à un rééquilibrage de la langue et non à sa féminisation. Mais accoler des "e" aux mots c'est bien une féminisation et on se retrouve à faire le type de chose que d'autres ont fait en supprimant des mots féminins : on change ou fait évoluer artificiellement le genre de termes.

Ce n'est pas grave si "écrivain" n'a pas de féminin. Ça n'a pas empêché plein de femmes de publier leurs écrits (comme Yvette Roudy même si ce n'est pas la chose principale qu'elle ait faite). Je pense qu'à vouloir imposer des mots féminins de cette manière, qu'en dépassant un simple rééquilibrage naturel de la langue, les non-féministes vont prendre peur. Vont se sentir agressés, vont se dire que franchement on abuse et je crois qu'ils auront raison, quelque part. Rééquilibrer la langue c'est la servir en l'enrichissant, en sortant des mots poussiéreux que quelques uns avaient enfermés au placard (de toute façon, les femmes ne pouvant pas travailler, dire "médecine" n'apportait pas grand-chose puisque de fait il n'y avait que des médecins). Rééquilibrer la langue c'est aussi ratifier, confirmer, officialiser, une évolution des mœurs et des normes sociales qui s'est faite durant ces deux derniers siècles. Ce n'est pas juste un symbole au contraire ce que pensent certain, c'est très important parce que beaucoup de choses passent par la langue.

On dit les "Droits de l'Homme", c'est "mari et femme" que l'on utilise le plus et non "mari et épouse" ("épouse" qui a son propre masculin d'ailleurs). Beaucoup de choses passent par la langue, beaucoup de sous-entendus. Une langue ce n'est pas qu'un symbole même si certain ont pu l'utiliser ainsi (je pense à la suppression administrative du terme "mademoiselle" par exemple qui pour le coup je pense est largement un symbole (que je trouve assez stupide, m'enfin...)).

Par l'utilisation de "autrice" il ne s'agit pas de féminiser la langue mais de revenir à un équilibre en cours avant sa masculinisation arbitraire. Il s'agit de rééquilibrer. Pas parce que les féministes veulent faire chier leur monde et dire "les femmes existent" mais pour confirmer dans la langue une évolution sociétale qui se fait progressivement depuis plus de deux siècles.

Je suis une autrice en herbe, je suis une écrivain en herbe, je suis féministe, et je ne veux pas qu'on charcute la langue française (et comme je suis une déesse sur Terre il faut se plier à ma volonté, bien entendu ;P).

Qu'en pensez-vous ? Auteur, auteure, autrice, écrivain ou écrivaine, êtes-vous ? (Ou n'êtes-vous pas si vous êtes un homme, je ne suis pas sectaire :P).


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mercredi 15 juin 2016

Quand on se trompe de guerre

Bonjour !

Avec les derniers événements fleurissent les débats et dans les idées de solutions que j'entends j'ai largement l'impression qu'on se trompe de guerre, que l'on est complètement à côté de la plaque. Il y avait déjà eu des débats sur la perpétuité réelle pour les terroristes, on parle parfois de la peine de mort, de les isoler, de les enfermer, de leur retirer la nationalité française quand ils sont binationaux (en priant pour que l'autre pays ne soit pas plus rapide que nous et ne nous refile pas le bébé), une dame a appelé Europe 1 pour dire qu'il fallait s'entendre avec les autres pays pour qu'ils aient un visa et qu'on les vire de France (bien sûr, ils vont accueillir avec ravissement un potentiel terroriste simplement parce que cette bonne vieille France universaliste le leur demande), on parle de fermer les frontières pour les empêcher de rentrer (alors qu'un policier expliquait que l'on fermait les frontières pour les empêcher de sortir puisqu'ils sont Français et déjà chez nous), l'un des intervenants chez Jean-Marc Morandini ce matin disait qu'il fallait enfermer préventivement, et un monsieur appelait pour dire que selon lui la déradicalisation ça ne marche pas. On essaye de mener une guerre physique quand il faudrait mener une guerre psychologique.

Évidemment, contre les personnes déjà radicalisées et qui préparent des attentats on est obligé de mener une guerre physique (comme sur le terrain au Moyen-Orient) pour les attraper et ensuite mener la guerre psychologique en les déradicalisant (ce qui est long et difficile, j'imagine). Mais on dirait que l'on veut couper une chaîne qui relie deux murs sans s'intéresser au premier maillon. Le premier maillon ce n'est pas quand la personne tue des gens. Ce n'est pas non plus quand la personne prépare des attentats, ni quand elle reçoit les instructions de la hiérarchie de Daesh. Le premier maillon ce n'est pas quand la personne part en Syrie. Ni même quand elle y pense. Le premier maillon c'est quand la personne, la victime, souvent jeune, se fait approcher par des recruteurs de Daesh sur les réseaux sociaux. C'est ça, le premier maillon, et c'est là que l'on peut agir et empêcher la mort de dizaines de centaines de personnes. Mais j'ai l'impression que la guerre psychologique ne nous intéresse pas. Que l'on pense que c'est voué à l'échec. En même temps, quand on voit le ridicule de nos tentatives ce n'est pas surprenant... Il y a un ou deux ans, j'en avait parlé ici, dans Le Tube de Canal+ présenté par Daphné Burki, j'avais entendu parler d'une campagne menée sur les réseaux sociaux sur le modèle d'une campagne états-unienne. C'était une vidéo qui demandait aux jeunes souhaitant partir en Syrie de penser à leur famille, de réfléchir, une espèce de contre-propagande en somme. Une contre propagande vouée à l'échec : vous croyez vraiment que des personnes à qui on a retourné le cerveau vont écouter les propos diffusés par le gouvernement du pays contre lequel on les a monté ? Moi pas vraiment, non.

Si on prenait la chaîne plus tôt on éprouverait moins de difficultés à mon avis. Il faut trouver et contacter les jeunes qui sont radicalisés en ce moment même par les lieutenants de Daesh et leur montrer qu'on leur dit du grand n'importe quoi, qu'ils peuvent être utiles autrement. C'est à ce moment-là qu'il faut mener la contre-propagande, pas quand ils ont pris leur billet d'avion pour la Syrie ! C'est à la base du mur qu'il faut couper la chaîne, et pas quand elle arrive à notre mur à nous. Quelle drôle d'idée...

Quand je tiens ce genre d'argumentaire devant mes parents ils me répliquent ironiquement "oui, mais toi c'est vrai tu sais tout mieux que tout le monde". Non, je ne sais pas tout mieux que tout le monde, j'ai beaucoup de choses à apprendre, je ne suis pas policier, démontrer n'est pas savoir (dédicace à ceux qui passent le bac ;P), mais ça me paraît tellement évident... Comment fait Daesh ? Ils recrutent des jeunes gens avec leur propagande, ils leur retourne la tête : on est donc dans une guerre psychologique. Ensuite ils les font venir en Syrie et leur donnent des armes ou leur font parvenir les instructions pour faire un attentat : on passe dans une guerre physique, de terrain, avec des morts. Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? On veut faire une guerre physique et éventuellement peut-être ensuite une déradicalisation. On fait tout à l'envers. On est en train de subir ! Ce n'est pas en durcissant nos lois que l'on arrivera à reprendre la main. Si l'on ne veut plus subir il faut couper l'herbe sous le pied de Daesh, s'en prendre à eux à la source : là où ils trouvent leurs hommes, là où ils trouvent leurs soldats, et seule une guerre psychologique le pourra.

Daesh a tout compris, ils utilisent très bien les réseaux sociaux, ils retournent le cerveau de jeunes, et nous les renvoient comme soldats à moitié fous. Et nous on est là à essayer tant bien que mal de se dépêtrer, de se défendre, alors que la meilleure défense est l'attaque et que la meilleure attaque, l'une des meilleures, que l'on pourrait porter à Daesh c'est une attaque sur son terrain : la psychologie ! C'est comme ça que l'on va reprendre la main. Soit avec des contre-propagandes ciblées contre les personnes recrutées, soit avec des contre-propagandes de grande envergures à la télé par exemple (vive l'Euro et ses quatorze millions de téléspectateurs par matchs) (d'ailleurs, je ne sais pas vous mais moi je n'ai pas vue celle des parents racontant comment leur enfant avait été radicalisé). Comme ça on sauverait peut-être les personnes qui auraient été victime des bombes et les victimes de la propagande de Daesh.

Je pense, j'espère, que nos forces de l'ordre le font déjà mais qu'on n'en entend pas parler...

Qu'en pensez-vous ?


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jeudi 2 juin 2016

Écrire pour soi

Bonjour !

En pensant au titre de cet article j'ai eu une vague impression de déjà-vu, mais comme je n'ai pas retrouvé d'article sur le même sujet je pense que j'ai dû l'écrire sur le blog précédent (ou alors c'est que je suis un boulet). Quoi qu'il en soit ça fait maintenant plusieurs jours là encore que ça me trotte dans la tête et que j'essaye de construire un argumentaire logique sans m'emmêler les pinceaux et partir dans tous les sens tant j'ai de choses à dire.

Mon problème c'est que, auteurs en herbe comme blogueurs, trop de personnes s'inquiètent de ce que veulent les lecteurs. Et moi, ça, ça me tue.

Depuis que j'ai lancé le projet de recueil commun de contes (qui va lentement va sûrement, comme dit le proverbe), je suis inscrite sur un forum d'écriture dans lequel il y a une partie dévolue aux questions autour des problèmes de constructions, pour que chacun puisse obtenir un peu d'aide. Et certaines questions m'ont laissées... pantoise. Par exemple cette personne qui demandait jusqu'à combien de personnages elle pouvait mettre dans son roman, ou cette autre qui voulait savoir quel style d'écriture plaisait aux lecteurs, cette autre encore qui voulait savoir combien de pages elle devait faire pour un chapitre d'introduction, ou cette dernière qui cherchait absolument à faire original et à laquelle j'ai répondu qu'il fallait plutôt chercher à raconter l'histoire dont elle avait envie.

Depuis un an je suis aussi inscrite à un groupe Facebook sur l'écriture où, de la même manière, on peut poser des questions, s'entraider, etc. et, l'autre jour, un membre a dit ceci : "j'aimerais bien qu'on lance des débats sur les questions qui touchent la lecture afin d'apporter des conseils sur ce que les lecteurs cherchent ou ne cherchent pas dans les romans aujourd'hui". Heureusement que j'étais assise (j'exagère, je sais :P). Je suis absolument effarée !

Les lecteurs ne cherchent rien d'autre que de te lire toi, de lire ton histoire, de lire ce que tu as envie de raconter, les lecteurs veulent être surpris, les lecteurs veulent des policiers, de la fantasy, des romans de gare, des thrillers, de l'épouvante, de la romance, du classique, des vampires, des chatons, des histoires d'amour, des voyages, la mer, le désert, la montagne, des filles, des garçons, des dragons, des inspecteurs, des supers héros... Les lecteurs veulent tout ! Si vous voulez raconter une histoire avec vingt personnages faites-le, la seule chose à laquelle il faudra bien faire attention c'est de faire en sorte que l'on sache toujours où ils sont et/ou ce qu'ils font. Les lecteurs aiment tous les styles d'écriture, les lecteurs veulent être surpris, touchés. Il ne faut pas s'inquiéter du nombre de pages de votre chapitre d'introduction : vous devez écrire la quantité dont vous avez besoin pour raconter ce que vous avez à dire.

La problématique est la même pour les blogs. Bien trop de fois j'ai vu dans mon fil d'actualité sur Hellocoton des questions comme "qu'est-ce que vous voulez voir sur le blog ?" ou "j'ai deux idées d'article : un tuto beauté et un article humeur, vous voulez lequel en premier ?". Hein ? M-m-mais ?! Qu'est-ce que je veux voir sur ton blog ? Ben ce que tu veux bien partager avec moi, pardi ! Quel article je veux lire en premier ? Celui que tu veux écrire en premier, celui qui te fait le plus envie, ou celui pour lequel tu as du temps, évidemment ! Quelles drôles de questions...

Je sais ce que vous allez me dire : oui mais parfois j'ai pas d'inspiration, c'est pour ça que je demande. Certes. Mais entre "que voulez-vous voir ?" et "je n'ai pas d'idées, est-ce que vous avez des choses à me proposer ?" il y a un monde : la première question inclue l'obligation de répondre à la demande alors que la deuxième sont justes des propositions. Ce n'est pas pareil...

Nous ne sommes pas des exécutants, nous sommes des créateurs, des créateurs d'histoires ou des créateurs de contenus. Ce n'est pas aux lecteurs de vous imposer quoi que ce soit. Évidemment ils peuvent faire des propositions, dire "j'aimerais bien un article sur ça, ça serait sympa" mais vous n'êtes pas obligés d'obtempérer. Ce n'est pas aux lecteurs de décider de ce qu'ils veulent voir, c'est à vous de créer, de proposer.

Je vais prendre l'exemple de ces livres où, en fin de page, on vous donne plusieurs propositions de suite et où vous choisissez ce que feront les personnages. Oui, le lecteur choisi s'il veut que le personnage utilise un miroir pour quitter la pièce ou s'il saute par la fenêtre mais il ne crée pas de troisième proposition. C'est l'auteur qui a créé les propositions, qui fait une offre, mais pas le lecteur qui demande. Le lecteur ne crée pas l'histoire dans ces cas-là : il l'agence seulement comme il veut. Vous voyez ce que je veux dire ?

"Des conseils sur ce que les lecteurs cherchent". C'est idiot. Les lecteurs veulent de la nouveauté, ils veulent être surpris, pas lire quelque chose qu'ils ont déjà lu. (Et encore, même là on ne peut pas faire de généralité : parfois une histoire doudou, où on sait comment ça va se terminer, une série télé un peu niaise, ça fait du bien !)

Quand Twilight est sorti plein de livres sur les vampires ont suivi : une fille qui rencontre un beau ténébreux se révélant être un vampire. La barbe ! Les lecteurs ne veulent pas vingt-cinq fois le même livre, ils ne veulent pas de quelque chose de normé. Ils veulent de la nouveauté. Et puis écrire selon ce que veulent les lecteurs pose deux problèmes : en suivant la majorité on exclue la minorité qui ne pourra donc pas trouver son compte et on se compromet.

Par exemple, moi, je n'aime pas les romans au présent en narrateur interne alors que tout le monde dit qu'on s'identifie mieux au personnage principal. Je n'aime pas. Je préfère le passé avec un narrateur omniscient, je m'imagine mieux l'histoire, je suis plus à l'aise. Alors qu'est-ce qu'on fait ? On arrête de publier des livres à "je" parce qu'une partie de la population préfère l'omniscient ? Ou on arrête l'omniscient parce que la majorité préfère l'interne ? Et le besoin artistique dans tout ça ?

Je parlais aussi de se compromettre parce que, encore une fois, nous créons. Nous avons notre pâte, notre style, alors plaire à la masse pour plaire à la masse c'est parfois aller contre nos envies, contre notre manière de faire. Alors où est le plaisir d'écrire ?

Si on demande à dix personnes d'écrire l'histoire d'un petit écureuil qui a perdu ses réserves de noisettes et demande aux animaux de la forêt de l'aider lorsque l'hiver arrive on aura dix histoires différentes alors même que la trame narrative est la même. Parce que l'on crée, que l'on a notre style, notre façon de raconter, que l'on va davantage accentuer certains éléments que d'autres... De même avec les blogs : deux articles sur le même sujet d'actualité par exemple ne se ressemblent pas forcément ! Il y a même de grandes chances que ça ne se ressemble pas !

Et, pour revenir à cette idée d'exclure une partie en voulant plaire à la majorité, si je ne devais écrire que des articles qui plaisent au plus grand nombre je ne publierais que des articles sur le féminisme ou sur la blogosphère. Mes articles sur le modèle des portraits chinois, dont ceux de la deuxième série tournent autour de trente-cinq pages vues seulement quand je suis à une moyenne de plutôt soixante pour un article classique passeraient à la trappe. À la trappe aussi les articles Au tour du monde (d'ailleurs je m'excuse pour les vidéos qui se lancent toutes seules, c'est embêtant) qui, excepté le premier parce qu'il y a eu un effet de surprise et curiosité, sont autour de quarante visites et seulement une petite vingtaine pour le dernier. À la trappe mon article sur la coiffure de Paul Pogba qui ne dépassait pas les quarante vues avant d'être sauvé par une sélection inattendue d'Hellocoton (et même là ça n'a pas été folichon : ce n'est pas un sujet qui attire) (pourtant il est super cet article ! :P). À la trappe mon roman. Et pourtant, ces articles, surtout ceux de la série Au tour du monde et celui de Paul Pogba, j'ai pris beaucoup de plaisir à les écrire, ce sont même ceux qui m'ont fait le plus plaisir ! Alors qu'est-ce que je fais ? Parce que ça ne plaît pas des masses, que ça n'arrive pas en sélection sur Hellocoton, je dois arrêter de les publier ? Parce que ce n'est pas plébiscité je dois arrêter de les écrire ? Ça n'a pas de sens ! Ce sont ceux que j'aime le plus !

À chaque fois que je lis une question du genre "que voulez-vous voir sur le blog ?" je répond la même chose : ce que tu veux partager. Il va falloir commencer à se mettre dans le crâne que les gens vous veulent vous, votre personnalité, ce que vous avez à raconter. Par exemple en ce moment j'essaye d'apprendre le mandarin et j'ai profité d'être en vacances pour m'y mettre sérieusement. J'ai prévu de faire un article en Septembre-Octobre pour raconter un peu comment je me dépatouille. Ce n'est pas du tout le genre d'article que j'écris habituellement. Et je me contre-fous de savoir si ça va plaire ou non, intéresser la majorité de mes abonnés ou non. Ceux qui seront intéressés liront l'article, ceux qui ne le seront pas l'ignoreront et puis c'est tout. Pourquoi se prendre la tête ?

Je veux vous lire vous ! Pas des articles que vous écrivez pour faire plaisir sans vous prendre du plaisir ! Ça vaut pour les blogs et ça vaut pour les histoires, les nouvelles et les romans, ça vaut aussi pour les illustrations, ça vaut pour tout : je veux vous voir vous, vos créations !

Qu'en pensez-vous ?
Vous pensez que j'aurais dû publier cet article ? ;P (mwaha).

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mercredi 1 juin 2016

Le retour des portraits #6

Bonjour !

On y est ! Le dernier de l'année et le plus dur aussi. Le moment de la journée. Franchement... qui a un moment de la journée préféré ? En plus les journées ne se ressemblent pas forcément... J'aime bien quand je mange toute seule à la fac mais maintenant je suis en vacances. J'aime bien regarder une série le soir mais je ne regarde pas la télé tous les soirs. J'aime bien écrire mes articles mais je n'écris pas des articles tous les jours... Je n'écris pas mon roman tous les jours non plus. Donc c'est dur...

Et puis finalement, comme on ne change pas une équipe qui gagne, j'ai décidé que j'allais tricher. J'ai déjà tellement triché pour cette série, cette année ou l'année dernière, qu'un peu plus ou un peu moins on ne verra pas la différence ! ;) Alors oui, je vais tricher ! Je ne vais pas choisir un moment de la journée mais je vais choisir un moment de la nuit. Surtout qu'en plus un jour c'est vingt-quatre heures et donc la nuit aussi, voilà, nah !

Donc. Si j'étais un moment du jour déjà ce serait pendant la nuit. Ce serait le moment de la nuit où je me lève pour aller aux toilettes et où je commence à réfléchir. Parfois c'est un peu handicapant parce que je perds des heures de sommeil (ben oui, deux heures à réfléchir c'est deux heures où tu dors pas) (et moi, j'aime dormir) mais parfois je me rendors assez vite et je dois quand même avouer que mes idées de quatre heures du matin sont la plupart du temps de bonnes idées (si, si, si) après il faut que je m'en souvienne (ce qui est plus dur à faire ! :P).

A quatre heures du matin j'ai des éclairs de génie. Je me dis "han ! j'aurais dû faire ça comme plan à mon partiel !" (partiel qui s'est passé il y a deux semaines, donc). J'ai des idées formidables à trois heures du matin aussi. Avant j'ai juste envie de dormir. Mes idées de cinq heures et six heures je les valide aussi, après je suis trop réveillée pour avoir de vrais éclairs et je ne suis plus dans le vrai entre-deux du sommeil et de l'éveil.

Si j'étais un moment du jour, ce serait pendant la nuit, déjà, donc. Et ça serait ce moment, entre trois et cinq heures du matin, où je me lève pour aller aux toilettes et où, de retour dans mon lit plongé dans l'obscurité, mon cerveau se met en marche tout seul sans que je demande rien, juste parce que je réfléchis tout le temps, que je ne sais pas ne pas réfléchir, et que donc, en allant aux toilettes, je me suis suffisamment réveillée pour que mon cerveau se mette en marche. Tout seul.

Je maudit les nuits où je mets des plombes à me rendormir mais ces dernières fois je n'ai que eu de bonnes idées :)

Et vous ? Si vous étiez un moment de la journée (ou de la nuit, vous pouvez tricher vous aussi) ?


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La France n'est pas raciste

Bonjour !

Ce matin dans l'émission de Jean-Marc Morandini ils revenaient sur les propos de Benzema qui a déclaré penser ne pas avoir été sélectionné parce que Didier Descahamps aurait cédé à une partie raciste de la France.

C'est absurde.

Benzema n'a pas été sélectionné parce qu'il avait un procès aux fesses, et si l'affaire avait été inversée et que Valbuena avait été le maître-chanteur il n'aurait pas été sélectionné non plus (bon, de fait, il a fait une mauvaise saison donc le problème est réglé). Et il suffit de regarder l'équipe de France pour s'en rendre compte !

On a Blaise Matuidi, Paul Pogba et sa coiffure génialissime (oui, je passe de "extraordinaire" à "génialissime" en un jour xD), et Adil Rami que je ne connaissais pas donc j'ai tapé son nom sur internet et il a des origines marocaines. Tout ça pour dire que les propos de Benzema et Cantona sont démontés par la pratique : on n'a même pas besoin de faire des débats à rallonge avec des arguments pas concrets pour un sou : la pratique, la réalité, se chargent de résoudre le problème. Je crois que les personnes qui lancent le débat le font pour faire parler d'eux, se faire mousser dans les média... Peu importe la raison : ça n'a absolument aucun fondement. C'est comme de dire : je n'arrive pas à faire la mayonnaise, j'ai mes règles, c'est parce que j'ai mes règles que je n'arrive pas à faire la mayonnaise : on trouve un lien de cause à effet là où il n'y en a pas, sans prendre en compte d'autres paramètres. Aussi, l'Equipe de France n'a pas à être représentative de la population dans le sens où on ne va pas instaurer des quotas du genre : 40% de Noirs dans la population française donc 40% de joueurs Noirs dans l'Equipe de France. Zut, hein ! Bref.

Mais je voulais quand même faire un article parce qu'une confusion très intéressante a été faite dans le débat. Plusieurs personnes ont parlé de "France raciste".

En fait il y a un amalgame entre le pays et ses habitants : la France n'est pas raciste mais il y a des Français racistes. Pour qu'un pays soit raciste il faut que ses lois instituent des différences entre les ethnies, or ce n'est pas le cas pour la France : nous sommes tous égaux. Maintenant, oui, il y a des Français racistes, il y a de la discrimination à l'embauche, il y a des préjugés stupides qui circulent ; la faute à notre Histoire, au fait que nous soyons un ancien pays colonial, que nous ayons fait de l'esclavage, mis au point des théories sur les races, et que des relents de tout ça subsistent aujourd'hui dans une partie de la population, relancés par l'extrême droite.

Je crois que c'est un peu facile de parler de racisme chaque fois que l'on n'est pas content. C'est trop facile de relancer ce faux débat et de creuser les clivages. C'est un faux débat : oui, il y a du racisme en France mais, non, la France n'est pas raciste. Oui, il y a des abrutis qui ont dit qu'il y avait trop de Noirs dans l'Equipe de France, mais non, aucune loi française n'interdit aux Noirs d'être sélectionnés dans l'Equipe de France. La différence est là : il y a des racistes en France mais la France n'est pas raciste et je crois qu'il est très important de bien faire cette différence entre le pays et ses habitants parce que les réalités que ça recouvre ne sont pas du tout les mêmes !

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