mardi 31 mai 2016

La coiffure

Bonjour !

Si si. Je vais vraiment écrire un article sur la coiffure de Paul Pogba. Parce que j'ai envie. Faut dire que hier quand j'ai regardé le match de foot j'ai été très surprise, intriguée, et amusée par cette coiffure que je trouve assez extraordinaire. Pour ceux et celles qui ne l'auraient pas vue, en fait, d'un côté, il y a un coq, et de l'autre il y a écrit "Pogboom", son surnom. C'est très loin de la sobriété, ça a un côté un peu décalé sur les bords, et j'aime beaucoup. Et en fait on peut dire beaucoup de choses sur cette coiffure !

Quelque part cette coiffure envoie deux messages contradictoires : d'un côté le coq symbole de la France, de l'équipe de France, et qui dit équipe dit groupe, travail de groupe, dynamique de groupe ; et de l'autre son surnom par lequel on touche à quelque chose de narcissisme, de survalorisation de soi, de dévalorisation des autres, assez incompatible avec le travail d'équipe au fond. En fait on est sur deux idées opposées, qui s'affrontent, mais en même temps se complètent, comme le Tao, le Yin et le Yang, l'ombre et la lumière.

Sans ombre il n'y a pas de lumière et sans lumière il n'y a pas d'ombre, les deux idées sont complémentaires ; elles ne peuvent pas vivre toutes seules. On trouve un peu ça dans l'Egypte ancienne aussi : le démiurge Atoum a ses enfants par paires : Chou et Tefnout, Geb et Nout ; la terre et le ciel, qui ne vont pas l'un sans l'autre. Un peu dans la figure de Seth aussi, qui est méchant mais en même temps qui aide la course du soleil en combattant le serpent Apophis. Ça peut paraître un peu tiré par les cheveux (mwahaha, chacun son humour xD) mais il y a un peu de ça dans la coiffure de Paul Pogba (si, si, si, j'vous jure !).

D'un côté il y a l'équipe, le groupe, et de l'autre le narcissisme. Mais ces deux idées ne sont pas du tout antinomique au final. Pour faire efficacement partie d'un groupe, que le travail d'équipe soit efficace, il faut être un peu narcissique, être sûr de ses qualités, de ses capacités, et savoir ce que l'on peut apporter au groupe. Si on se dit qu'on ne sait rien faire, qu'on est nul, qu'on est le maillon faible, le groupe n'avancera pas grâce à nous. Et en même temps l'individu a besoin du groupe pour émerger : pour marquer un but il n'y a qu'un seul pied qui tape dans le ballon, mais si personne ne passe la balle à ce pied-là le but n'est pas marqué. Si un joueur décide de jouer perso parce qu'il pense qu'il est le meilleur l'ambiance ne sera pas bonne, on rechignera peut-être à lui passer le ballon, il ne marquera pas, et finalement l'individu n'émergera pas du groupe. Donc l'individu nourri le groupe de ses capacités et de ses expériences et le groupe permet à ses individus de se démarquer. Le narcissisme nourrit le groupe et le groupe permet le narcissisme. Un joueur ne peut pas dire "je suis le meilleur buteur" s'il n'y a pas d'équipe derrière pour lui passer le ballon et lui permettre de marquer.

Voilà (ou l'art de conclure). Moi j'aime bien sa coiffure, je trouve ça assez rigolo, et en plus on peut trouver des trucs intelligents à dire dessus (sans vouloir me jeter des fleurs :P)... donc oui, c'est narcissique d'écrire son nom sur sa tête, mais en même temps sans narcissisme, quelque part, il n'y a pas de champions !

Que pensez-vous de cette coiffure, vous ?


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lundi 30 mai 2016

Ce que l'on demande aux femmes

Bonjour !

Aujourd'hui, à défaut de gagner mon combat contre ma coupe menstruelle, j'aimerais élargir une réflexion que j'avais eu l'année dernière et qui me trotte dans la tête depuis déjà plusieurs jours, revenant inlassablement à la charge, et dont j'ai encore eu un exemple ce matin. Si vous me suivez depuis un certain temps vous vous souvenez peut-être de l'article que j'avais écrit sur les qualificatifs employés pour définir la championne de cyclisme Pauline Ferrand-Prévot. J'y disais que ce que l'on demandait au sportives c'était d'être jolies. Mais force est de constater que c'est ce que l'on demande aux femmes en général.

Je sais, là, au mieux, pour vous, je suis lente à la détente et, au pire, je suis une abrutie finie pour ne m'en rendre compte que maintenant x) En fait j'ai commencé à tiquer quand j'ai regardé le replay de la première de l'Hebdo Show où Arthur a commencé à faire l'éloge d'une de ses chroniqueuses en disant "elle est belle, elle est intelligente..." (ce que l'on entend par-tout !), et j'en ai eu un autre exemple ce matin en écoutant l'émission de Jean-Marc Morandini sur Europe1 : ils parlaient de la "magnifique" Ophélie Meunier. Puis ils ont précisé que la remplaçante de Léa Salamé dans l'émission de Laurent Ruquier avait des enfants, et ça avant de dire qu'elle avait fait hypokhâgne et khâgne.

On pourrait dire qu'on s'en fiche complètement, mais en fait non. Les suites de qualificatifs que l'on attribue aux chroniqueurs ou invités pour les présenter répondent aux codes de la société : on met en avant les qualités les plus à même de montrer que la personne est super géniale, fantastique, et qu'on a beaucoup de chance de l'avoir sur le plateau. Et donc, si on qualifie d'abord les hommes de "drôle", "sympa", "fort", etc. on qualifie les femmes d'abord de "belle" et ensuite seulement on ajoute "intelligente" ou "drôle" mais, surtout, d'abord "belle". De même avec Vanessa Burggraf, qui succédera à Léa Salamé à la rentrée ; on précise qu'elle a des enfants comme pour rassurer sur le fait qu'elle soit bien une femme, qu'elle remplisse bien son rôle de femme. D'abord belle, ensuite les enfants, et ensuite seulement éventuellement on donne ses qualifications au poste ou, dans le cas de Pauline Ferrand-Prévot, ses titres sportifs.

Je pense qu'il faudrait vraiment régler ce problème parce que ça participe au regard qu'une partie de la population pose sur les femmes qui seraient d'abord de jolis objets, mais ça en est aussi issu. C'est parce que dans les imaginaires sociaux et communs une femme doit d'abord être belle et s'occuper des gosses que l'on les qualifie d'abord de belles. Du coup, évidemment, ne plus qualifier en premier de "belle" les femmes des média ne réglera pas les problèmes, tout comme ne plus le dire du tout parce que ça reste un compliment et qu'il serait stupide de vouloir l'interdire, mais peut-être que le placer en deuxième ou troisième position participerait à mettre autre chose en avant que la beauté.

On pourrait me répondre que l'on parle de télé et que donc être beau est important et je serais d'accord. Mais est-ce que l'on qualifie de beau le nouveau présentateur de Capital ? En plus, j'étais super déçue, Jean-Marc Morandini ce matin n'a pas précisé s'il avait des enfants alors que moi je voulais savoir parce que c'est important comme information quand même ! :P

Le problème ce n'est pas qu'on qualifie les femmes de "belles", c'est que ça soit le premier qualificatif qui sorte, qu'on le dise à chaque fois que l'on parle d'elles, et qu'on n'ait pas le même traitement avec les hommes.

Au final on ne demande pas la même chose aux femmes qu'aux hommes, on est toujours enfermé dans les vieilles idées d'il y a deux siècles qui voulaient que les femmes ne doivent pas lire ni s'occuper de politique parce que ça ne ferait qu'aggraver leur hystérie. Ensuite, quand elles ont travaillé, c'était majoritairement sous la direction d'un homme (comme infirmière ou secrétaire par exemple). Aujourd'hui les femmes travaillent en majorité mais doivent encore justifier du fait qu'elles soient des femmes : donc quand elles arrivent à la présentation d'émissions, à des postes importants, on rassure sur leur beauté et sur le fait qu'elles soient mères. Comme si l'on disait : "regardez ! Ce sont de vraies femmes ! Elles répondent à ce qu'on demande même si elles travaillent".

Les média sont la marque de ça mais aussi, de par la faible exposition* qu'ils donnent aux femmes, le producteur : en mettant en avant la beauté on répond aux codes de la société et en même temps on contribue à les diffuser, cela en plaçant aussi les femmes à certains postes et pas à d'autres (peu en sport par exemple).

(*Selon un petit compte-rendu qu'une prof nous avait donné au premier semestre, que j'ai retrouvé sur le site du ministère et que je vous ai mis dans l'article : on n'a pas atteint la parité dans les médias – voir page 55 –, et rien que quand on regarde la grille d'Europe1 on voit le problème ! J'ai trouvé l'édition 2016 ici).


Ce que l'on demande aux femmes c'est d'être belles et ça me fait d'ailleurs penser à un article assez ancien (et qui n'est plus en ligne) de Et Pourquoi Pas Léa qui se demandait s'il fallait être jolie pour bloguer. Pourquoi ne pas se demander s'il faut être jolie pour sortir dans la rue ? :P Je me moque un peu, mais quand Darkrevette m'a dit qu'elle voulait voir ma tête sur un de mes articles j'ai répondu qu'il valait mieux pas parce que ça allait la faire fuir, haha ! ;D Cela dit ce n'est pas exactement la même problématique.

De fait, être beau c'est mieux, on trouve les gens beaux plus sympa, etc., et on se fait toujours un avis en premier sur le physique. La question de Léa est un peu différente dans le fond parce qu'elle pose directement la question de l'exposition (médiatique, en quelques sortes) : faut-il être belle quand on s'expose (dans un medium) ? Et par le "faut-il" on passe directement à la question de l'obligation. Autrement dit : peut-on bloguer si l'on n'est pas beau/si l'on est moche ? Et ça rejoint la question de cet article : on demande aux femmes d'êtres belles quand elles se présentent à la face du monde, c'est la première chose à laquelle on s'intéresse.

Je ne sais pas si cette propension à toujours nous ramener à notre physique vient d'une peur ou je ne sais quoi, mais ça serait bien que ça s'arrête, parce que les femmes ont aussi des cerveaux, que de ce que j'ai lu ils sont, ramenés proportionnellement à la taille du corps, plus gros que ceux des hommes (et toc !), et que dès que les filles ont eu accès au bac elles ont assez rapidement été plus nombreuses que les garçons à l'obtenir (et re toc ! :P).

Je crois qu'au fond le choix des qualificatifs est pour une grande part inconscient, mais ça dénote justement des images que l'on a des hommes et que l'on a des femmes dans notre société. Et si ces images sont toujours là on ne parviendra pas à l'égalité entre les hommes et femmes, donc ces petits signes sont de très bons indicateurs, je pense !

Qu'en pensez-vous ?

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mardi 10 mai 2016

Voix étrangères – Au tour du monde n°4

Bonjour !

La dernière fois je vous parlais des Iraniennes qui ne pouvaient pas chanter, cette fois on va seulement parler musique ! Un groupe entendu dans Le Petit Journal, une chanteuse que l'on a entendu dans Les Carnets du Monde (d'ailleurs la vidéo que j'ai mise se lance toute seule, mille excuses), et une autre que j'ai farfouillé sur internet pour trouver parce que j'étais curieuse :)

Mashrou' Leila


Au lieu de répéter ce qui a été dit dans Le Petit Journal je vais carrément vous laisser avec la vidéo de l'interview du groupe Mashrou' Leila (oui, je ne me foule pas ;P).






Je ne comprends pas un traître mot (heureusement Le Petit Journal avait mis des sous-titres à la chanson) mais j'aime bien (en même temps je comprends à peine plus les chansons en anglais alors si comprendre était un critère pour aimer je n'aimerais pas grand-chose xD). Et bizarrement, autant je ne trouve pas que l'arabe parlé soit très mélodieux, autant chanté j'aime beaucoup !

Mor Karbasi


Sans transition j'enchaîne avec cette chanteuse de trente ans entendue dans Les Carnets du Monde ; mais depuis le temps que je vous dit d'écouter cette émission vous devriez l'avoir déjà entendue ;) Comme je n'ai pas envie de répéter je vous laisse avec le podcast de l'émission qu'il faut commencer à 57:40. Cela dit je vous encourage à écouter toute l'émission !



J'aime énormément la voix de Mor Karbasi ! Je la trouve plutôt envoûtante même si dans cette catégorie, la plus envoûtante je trouve c'est la chanteuse de London Grammar ! :)





Shreya Ghoshal


Et parce que quand même il faut bien que dans cette catégorie d'articles je trouve des choses par moi-même je vous propose une chanteuse indienne. A ce que j'ai compris elle est surtout connue pour être une chanteuse de playback ; autrement dit elle prête sa voix à des acteurs pour les chansons dans les films indiens. Pour la trouver j'ai simplement taper "chanteuse indienne" dans Google, je suis arrivée sur la page Wikipédia, et arrivée là j'ai cliqué sur plein de nom au hasard (quelle aventurière je fais !). J'avais fais la même chose pour trouver la chanteuse taïwanaise Rainie Yang (en fin d'article). Sauf que cette fois je l'ai fait au lieu de réviser le partiel que j'ai cette après-midi et après j'irai pleurer parce que je sais pas quoi mettre dans ma copie xD De toute façon c'est pas comme si réviser juste avant ça servait vraiment à quelque chose... Enfin bref.

Et donc j'aime énormément sa voix même si là encore je ne comprend absolument rien de ce qu'elle baragouine ;)





Voilà voilà !

Alors, comment vous trouvez ?

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lundi 9 mai 2016

Élire les minorités

Bonjour !

Ce matin sur Europe1 il y avait un débat autour du nouveau maire de Londres, musulman, déclenché par le fait que BFMTV ait annoncé sa victoire à coup de "un musulman élu maire de Londres" avant même d'annoncer son nom, ce que je trouve au mieux maladroit et au pire insultant. Quoi qu'il en soit il y avait cette question "est-ce que la religion des candidats vous intéresse ?" et ces réponses. Ces réponses de personnes qui disent que oui, maintenant ils vont faire attention ; la réponse de ce monsieur qui dit qu'il ne voterait pas pour un musulman parce qu'il ne veut pas voir appliquer le Coran (je ris) ; la réponse d'une jeune femme de mon âge qui disait que ça n'a aucune importance que le nouveau maire de Londres soit musulman ou pas. Mais au final il n'y avait qu'un seul vrai sujet : et nous, alors ?

Parce qu'en vrai, du maire de Londres, on s'en fiche pas mal ; ça ne va pas influencer notre vie. Ce qui est intéressant dans cette élection c'est qu'elle nous renvoie à nous, à l'élection qui se déroulera dans un an, à la question de savoir si nous aussi nous sommes capables de voter pour un musulman et je dois dire je ne suis pas d'accord avec la jeune femme de dix-neuf ans qui a appelé parce que, premièrement, c'est la première fois que ça arrive dans notre région du monde donc c'est important et deuxièmement ça montre que, même dans ce climat de risques de radicalisation, de méfiance qui peut aller jusqu'à la peur, on est encore capables de se raisonner et de faire la part des choses entre l'extrémisme et la pratique modérée d'une religion. Un des débatteurs disait que Sadiq Khan n'avait pas été élu parce qu'il était musulman et c'est vrai : il a été élu en dépit de sa religion, il a été élu "quand même" j'ai envie de dire, malgré ce climat un peu spécial. Et donc je trouve ça bien et je trouve ça important de le mentionner. En revanche, effectivement, pour élire quelqu'un, sa religion, son ethnie, son orientation sexuelle et tout le reste on s'en fiche et c'est ce que j'avais envie de dire. J'avais envie d'élargir le débat aux minorités.

Je me souviens – et je crois que je l'avais déjà raconté ici ou sur le blog précédent – qu'il y a trois-quatre ans, quand j'étais en Première, notre prof d'Histoire nous avait fait faire un sondage parfaitement anonyme avec des propositions auxquelles on devait répondre si l'on était "pas du tout d'accord", "plutôt pas d'accord", "plutôt d'accord" etc. jusqu'à "tout à fait d'accord". Les entrées étaient pour savoir si ça nous dérangerait d'avoir un président : Noir, homosexuel, femme, juif, musulman, d'origine arabe ou issu de l'immigration je crois. La semaine suivante il nous a montré les résultats. Malheureusement j'ai perdu le mail dans lequel il nous les avait transmit, mais je me souviens très bien avoir été choquée par les réponses. Mes chers camarades étaient, pour chacune des entrées, "d'accord" ou "tout à fait d'accord" à au moins 20% il me semble. Avoir un président juif les dérangeait. Avoir une femme les dérangeait. Avoir un homosexuel les dérangeait, et je crois même que c'était l'une des réponses les plus élevées !

Alors évidemment, une classe d'une vingtaine de lycéens n'est pas représentative de toute une génération et encore moins de tout un pays, mais on était quand même dans un lycée assez mélangé en terme de milieu social ou du moins d'ethnies. Ce sont des personnes qui ont mon âge, qui vont donc voter encore longtemps. Ils ne voteront donc jamais pour Fleur Pellerin, Christiane Taubira, Rachida Dati, Rama Yade, Manuel Valls, et bien d'autres qui n'ont pas la bonne couleur de peau, qui ne sont pas nés dans le bon pays ou qui n'ont pas les bons chromosomes. On peut se dire que c'était il y a quelques années, qu'ils ont certainement changé d'avis depuis, mais je ne suis pas certaine...

Ce matin sur France 4 il y avait une espèce de pub pour la grande enquête Génération What et je suis allée répondre aux quelques cent quarante-trois questions (oui, madame ! :P). Il y avait une question pour savoir si voir une fille voilée dans la rue ou au travail nous choquait (sans parler du voile intégral mais bien du voile tout court). J'ai répondu non mais ai été très surprise de constater je faisais seulement partie des 47% de personnes ayant répondu, les 53% restant s'étant déclarés choqués (sur 115 320 répondants)*. Avec le résultat (au moment où j'écris l'article) des étudiants seulement on tombe à moitié-moitié et avec les actifs à 39-61 en faveur des choqués. Les 16-17 ans sont choqués à 48% et, pour en revenir à mon propos, les 18-25 ans sont choqués à 52% (je voulais vous mettre le petit machin directement dans l'article pour que vous puissiez jouer avec les boutons mais Blogger boude, il veut pas parce qu'il dit que c'est pas https, donc à défaut vous avez tous les résultats ici et vous pouvez utiliser l'outil de recherche de votre navigateur pour trouver la bonne question en tapant "voile").

Comment est-ce que des jeunes de mon âge qui se disent choqués par le port du voile pourraient alors ne pas être dérangés par un président musulman ? Donc au final, cette classe d'une vingtaine d'élèves était plutôt représentative d'une espèce de tendance.

Donc en fait si, le fait que les Londoniens aient élu Sadiq Khan qui est musulman comme leur maire c'est important mais c'est surtout très intéressant parce que, encore une fois, ça nous renvoie à nous, ça nous interroge nous sur ce que l'on est prêt à faire ou pas ; est-ce que l'on est prêt à ne pas écouter les petites sirènes des préjugés et de la discrimination pour élire un monsieur ou une madame pour ses capacités et pas sur sa religion ou sur sa couleur de peau ? Et d'ailleurs, les Londoniens l'ont d'autant plus fait qu'un jeune homme qui revenait de Londres expliquait que, lors des débats avec son entourage là-bas, la question de sa religion ne venait pas, le duel entre les deux candidats se faisait plutôt autour de leur milieu social. De ce côté de la Manche on en parle parce que Sadiq Khan l'a mis en avant dans sa campagne, parce que c'est la première fois que ça arrive, mais aussi parce que ça nous interroge nous et d'autant plus quand on voit comment BFMTV en a parlé. Ce n'est pas "Sadiq Khan : premier musulman élu maire de Londres" comme on aurait pu dire "Micheline la fille de ma concierge : première femme élue à la tête de l'Etat" mais bien "un musulman". Il n'est pas nommé, ça reste un indéfini, on a mis sa religion en premier tant on a été interpellé et tant ça interroge la situation en France.

Et le fait qu'il y ait justement un débat autour de ça prouve que ça nous interroge, que ça nous interpelle, et fait émerger la question de savoir si l'on pourrait voir ça en France, si pour nous la religion d'un candidat est importante ou pas. Et j'ai presque envie d'aller jusqu'à dire que ça prouve que l'on n'est pas prêt dans le sens où, si on l'était, on en aurait évidemment parlé parce que c'est la première fois que ça arrive et que les premières fois sont toujours revêtues d'une importance symbolique, comme le premier président Noir, ou la première ministre femme, mais on n'en parlerait peut-être pas autant ou pas de cette manière et pas avec ce genre de débat ou peut-être avec une question moins tournée comme "la religion est-elle importante pour vous" que comme "et en France, c'est pour quand". Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire...

Je repense à un article de DaintyCurls sur l'appropriation culturelle que j'ai lu l'autre jour. Tant que l'on n'acceptera pas l'héritage, dans ce cas, de la culture afro et donc la présence, réellement, culturellement, des personnes d'origine Africaine dans notre pays, comment voulez-vous que l'on surpasse le racisme et que l'on élise un président Noir ? Mais ça vaut pour toutes les minorités, je pense, auxquelles j'ajoute les femmes. En fait, je crois que le racisme latent qui se manifeste dans les exemples que cite DaintyCurls mais aussi dans les expressions telles que "ça fait pédé" ou "manger comme un gros" est un assez bon indicateur du fait que c'est pas demain la veille que l'on élira à un poste important une personne issue d'une minorité.

Qu'en pensez-vous ?

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*Au moment où j'ai écrit l'article 190 814 personnes ont répondu : 44% non choquées et 56% choquées.

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jeudi 5 mai 2016

Et puis débattre

Bonjour !

Avant-hier je crois j'ai laissé un commentaire sur un article avec lequel je n'étais pas tout à fait d'accord et je me suis vue répondre par une autre lectrice que, en gros, la blogueuse pouvait très bien partager son avis (ce avec quoi je suis tout à fait d'accord !) parce que la blogosphère est "normalement du partage" et que elle, si elle n'aimait pas un article, elle ne le commentait pas. Ce qui m'a interpellée c'est la juxtaposition de l'idée du partage avec celle de l'auto-censure, surtout sur internet où ce que l'on remarque globalement c'est qu'au contraire les gens ont tendance à se lâcher plus facilement, aidés par l'anonymat.

On a discuté un peu et j'ai vraiment eu l'impression qu'elle prenait l'échange d'idées comme un affrontement (je n'ai pas encore reçu de réponse actuellement, donc je ne sais pas si j'ai raison ou pas puisqu'elle n'a pas infirmé ou confirmé). Comme si le fait de dire que l'on n'était pas d'accord revenait à dévaloriser la personne, à la mésestimer, s'en prendre à l'intégrité de son ego ou à son intégrité morale. Comme si le simple fait de dire que l'on n'avait pas le même avis allait blesser l'autre.

En soit je peux comprendre qu'on ne veuille pas dire que l'on n'est pas d'accord pour ne pas blesser, ou ne pas ajouter à d'autres commentaires plus ou moins méchants, mais je crois vraiment qu'il faut faire le distinguo entre un commentaire qui va commencer par "je ne suis pas d'accord parce que" et un commentaire qui sera plutôt sur le ton de "t'es qu'une abrutie, va te suicider". Elle a reconnu elle-même qu'il y avait des manières de dire les choses et, en même temps, j'ai vraiment eu l'impression qu'au fond elle mettait tout dans le même sac. Mais ce n'est parce que l'on n'est pas d'accord avec quelqu'un que l'on ne le respecte pas, que l'on le déprécie.

Comme je lui disais, j'aime les commentaires qui commencent pas "je ne suis pas d'accord", "je ne suis pas tout à fait d'accord" ou, le mieux du mieux, la cerise sur le gâteau : "je suis d'accord, mais". Ce "mais" qui veut dire que l'on va échanger sur un point de détail, que l'on va devoir préciser avec autant d'exactitude que possible notre façon de penser, et que ça va être absolument passionnant. Evidemment que j'apprécie quand je reçois des commentaires de personnes qui sont d'accord, mais en même temps, quand sur un article je n'ai que des commentaires de personnes d'accord avec moi je suis déçue. Je n'exagère pas, je vous promets que c'est vrai x) Je suis déçue parce que j'aime échanger des idées avec des personnes qui n'ont pas le même avis que moi et, quand, de temps en temps, des lecteurs me disent qu'ils n'ont pas osé ou pas voulu dire qu'ils n'étaient pas d'accord pour ne pas faire de polémique j'estime que j'ai échoué. C'est pour cette raison qu'à la fin de certains articles je rappelle que même si l'on n'est pas d'accord il ne faut pas hésiter à le dire.

Evidemment, je comprends que tout le monde ne soit pas comme moi, ne réagisse pas pareil, et ce n'est pas grave, c'est même bien, il faut ! Et je peux comprendre que certaines personnes ne supportent pas qu'on ne soit pas d'accord avec elles même si je n'en comprends pas la raison (qu'on ne peut pas généraliser de toute façon, je pense). Mais s'autocensurer parce qu'on n'est pas d'accord avec un article et qu'on ne veut pas le dire, enfin... je trouve ça un peu dommage, surtout quand c'est motivé par la peur d'une polémique, ou de se prendre en pleine face les sarcasmes de l'auteur de l'article. Encore une fois, on peut ne pas être d'accord avec quelqu'un et pourtant le respecter, et bien s'entendre.

Une fois par mois à la fac il y a une séance de débats. Le dernier c'était hier. On était une petite dizaine, personne n'était totalement d'accord avec personne ; c'était absolument passionnant et passionné, tout le monde avait quelque chose à dire et on s'est plusieurs fois brièvement emporté pour se faire entendre, c'est vrai – aussi dû au fait qu'il n'y avait pas de profs et qu'on avait un peu de mal à s'auto-réguler, haha x) Quoi qu'il en soit, le fait que l'on ne soit pas d'accord n'a absolument pas empêché des vannes de fuser et des rires d'éclater, et n'a pas empêché non plus une bonne ambiance générale et de la bienveillance et n'empêchera pas que quand on se croisera dans les couloirs on se sourira ou se dira peut-être bonjour.

Un débat, un échange d'idée, ce n'est pas un conflit, ce n'est pas un affrontement, ce n'est pas un combat. C'est vrai que ce n'est pas vraiment ce que nous montrent beaucoup de débatteurs à la radio, et pas mal de blogueuses qui répondent aux personnes d'un avis différent en essayant de faire leur maligne, soulignant leur phrase d'un smiley clin d'oeil qui ne trompe personne. Mais ce n'est pas parce qu'on a un avis différent, et qu'on le dit, que c'est forcément de la méchanceté, que c'est forcément fait pour le blesser, pousser l'autre à être triste et à supprimer son article, que c'est forcément pour l'attaquer personnellement. Bien au contraire ! Quand je laisse un commentaire pour dire que je ne suis pas d'accord sur un point de l'analyse – et je l'ai encore fait ce matin même avant d'écrire cet article – c'est toujours pour échanger des idées, discuter. Un débat ce n'est pas un combat, un duel, c'est une discussion.

C'est pourtant intéressant cette idée de ne pas commenter quand on n'est pas d'accord comme pour épargner l'autre, sauvegarder son ego, préserver son estime de soi ; cette idée de l'autocensure qui va à l'encontre de l'océan de liberté qu'est internet. Ça interroge aussi ce qu'est le partage. Est-ce que l'on considère ça comme dans "partager un centre d'intérêt" ou est-ce qu'on le considère comme "partager des informations, des idées : échanger" ? Je pense qu'un avis contraire, négatif ou nuancé, mérite autant qu'un avis positif d'être partagé. Encore une fois, je comprends cette idée de vouloir en quelques sortes sauvegarder la personne, et en même temps je trouve que c'est mettre dans la même boîte les commentaires des gens haineux et ceux des gens comme moi, qui veulent juste pointer un point de l'article, un petit quelque chose qui les chiffonne, et cherchent simplement une discussion. Et je crois que ce n'est pas sain de s'autocensurer, comme ce n'est pas sain de laisser des commentaires dont la teneur est "t'es qu'un idiot" ou "dis donc, tu serais pas un peu jaloux ?" comme si la jalousie pouvait tout expliquer, comme pour insulter l'autre et le déprécier.

Je trouve vraiment dommage que certains aient peur de donner leur avis mais en même temps je comprends qu'ils soient échaudés par les lynchages en règle auxquels on assiste parfois (et dont j'ai déjà été victime il y a quelques années), et par les blogueuses qui suppriment les commentaires ou répondent avec des sarcasmes en essayant de faire bonne figure et de cacher le fait qu'elles ne le prennent pas du tout à la rigolade. Mais vraiment, si vous n'êtes pas d'accord, n'hésitez pas à le dire ! Un débat est une discussion, pas un combat au cours duquel il faut s'écharper, en appeler à ses amis pour venir lyncher l'autre, se jeter des noms d'oiseaux à la figure... c'est une discussion, où l'on ne cherche même pas forcément à convaincre l'autre, juste à comprendre son point de vue et faire comprendre le nôtre.

C'est quand même dommage et triste que certaines personnes ne se sentent pas en sécurité à l'idée de dire qu'elles ne sont pas d'accord, qu'il y ait cette tension qui plane. Et en même temps je comprends tout à fait parce que parfois, quand j'écris certains articles, j'ai un peu peur de me faire attaquer avec hargne même si, depuis la dernière fois, ce n'est arrivé je crois qu'une fois, que ce n'était pas bien méchant et que ça a été plutôt vite désamorcé :) (comme quoi tout n'est pas perdu xD).

En gros j'essaye de réhabiliter cette idée du débat nom de nom ! :P

Qu'en pensez-vous ?

Suis-je obligée de préciser sur cet article que si vous n'êtes pas d'accord il faut le dire ? :P

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lundi 2 mai 2016

Le retour des portraits #5

Bonjour !

Jusque-là tout allait bien, les thèmes n'étaient pas trop trop difficiles. Et puis il y eu le portrait du mois de Mai (et Juin sera encore pire xD). L'aliment. Alors là. Autant vous dire que dans ma tête ça donne à peu près ça :


Oui. Rien du tout. Mais quand même, pour sauver l'honneur, j'ai commencé à y réfléchir sérieusement et quelque chose est venu. Je crois que si l'on pouvait me manger je serais une framboise. Parce que la framboise c'est doux, c'est rouge, c'est sucré, et c'est bon. C'est tout.

Et vous ? Si vous aviez une étiquette "mangez-moi", vous seriez quoi ?

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