jeudi 31 mars 2016

Ils sont humains.

Bonjour !

Hier j'ai lu un article de Lina et quelque chose qu'elle disait m'a interpellée alors même que ce n'était pas le sujet principal de l'article. Elle disait que "certains individus sont bien moins humains que des animaux" et, à ce moment, je me suis demandée si, précisément, les terroristes ne faisaient pas ce qu'ils faisaient parce qu'ils sont humains.

Ce que je veux dire _ avant que vous me jetiez la première pierre _, et ce que j'ai expliqué dans mon commentaire à Lina, c'est que l'esprit humain est capable de choses assez extraordinaires, de résilience, de concentration dans des situations très complexes, mais il est aussi fragile et c'est la raison pour laquelle les pervers narcissiques parviennent si bien à détruire complètement leur victime, la raison pour laquelle les gourous des sectes parviennent à emprisonner des gens, à les rendre dépendants à eux. Et la raison pour laquelle les djihadistes de la première heure parviennent à embrigader des jeunes et à les rallier à leur cause. Toutes ces personnes, tous ces manipulateurs, tirent profit de la faiblesse humaine de l'esprit humain de leurs victimes. Des failles, des fragilités des gens qu'ils abordent. Ils arrivent à convaincre, à persuader, des personnes bien souvent en attente de quelque chose, en perte de repères, en recherche de quelqu'un, de quelque chose, sur qui ou sur quoi s'appuyer. Si ces victimes n'étaient pas humaines, les recruteurs et autres gourous ne pourraient pas aussi bien les contrôler, parce qu'un Marsien ne fonctionne pas comme un Terrien.

On entend beaucoup, y compris de la part des journalistes, parler "d'actes de barbaries", de "monstres", de personnes "inhumaines" qui commettent des actes "inhumains". Je crois qu'il faudrait essayer de questionner ça, même si je me doute que, en défendant cette façon de voir, si des philosophes m'entendaient ou me lisaient, ils me tomberaient certainement sur le coin de la figure à grands renforts de penseurs illustres. Il faut d'autant plus l'interroger que ça s'inscrit dans un contexte. On nous rappelle que nous sommes "en guerre" et je crois que c'est étroitement lié à la déshumanisation que l'on fait de nos ennemis.

Pendant les deux Guerres Mondiales on a déshumanisé l'Allemand, ce monstre sanguinaire qui coupe des mains. On l'a animalisé en aigle ou en cochon parce que c'est plus facile de combattre et d'abattre des monstres sans coeur et sans morale que de tuer des gens, des pères, des frères, des cousins, des fils... C'est ce que je disais dans mon article d'il y a trois jours : c'est plus facile de proposer le rétablissement de la peine de mort en se dédouanant et se déculpabilisant parce que l'on considère que nos victimes sont des animaux, ne sont pas humaines. Ainsi on n'a pas l'impression de remettre en cause les valeurs que notre pays diffuse à l'étranger puisque l'on ne tue pas des humains. Pourtant les Allemands n'étaient pas plus des monstres que les soldats français. Et nos terroristes (excepté les têtes pensantes peut-être, même si en poussant un peu on pourrait parvenir à les inclure) sont des victimes qui ont été recrutées, manipulées, embrigadées...

Je comprends que dire ça aille à l'encontre de l'image que l'on a de l'Homme valeureux, honorable, magnanime, civilisé... cette image idéalisée. Mais l'Homme n'est pas parfait, l'Homme a des failles, son esprit a des fragilités que certains se plaisent à exploiter. Je crois que c'est un peu facile de déshumaniser nos ennemis pour ne pas avoir à nous confronter à la culpabilité d'avoir échoué à garder dans notre camp les personnes qui sont parties en Syrie, pour ne pas avoir à affronter la culpabilité de vouloir rétablir pour eux la peine de mort, pour ne pas avoir à se dire que, quand même, les humains ne sont pas capables de faire de telles choses.

Mais au fond ces jeunes hommes et ces jeunes femmes qui tirent dans des foules et font exploser des bombes sont physiquement des êtres humains et sont psychiquement des êtres humains. Des êtres humains qui, malheureusement, se sont fait retourner la cervelle. Et je crois qu'il faudrait réellement songer à interroger cette manie, cette tradition, cette propension que l'on a à vouloir toujours faire en sorte que notre ennemi nous soit inférieur, que notre ennemi soit bête, arriéré, et inhumain. Je crois que les terroristes recrutés font ce qu'ils font précisément parce qu'ils sont humains et que leur fragilité a été exploitée par d'autres humains pas très gentil (c'est un euphémisme).

Dounia Bouzar dit que les jeunes terroristes sont déshumanisés. Elle est anthropologue, je ne le suis pas (sans blague ? :P) mais je crois que c'est précisément, encore une fois, parce qu'ils sont humains que les recruteurs de Daesh sont parvenus à leur retourner la cervelle.

J'aimerais beaucoup avoir votre avis à ce sujet, surtout si vous n'êtes pas d'accord avec moi ! :)


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mercredi 30 mars 2016

Ode à la solitude

Bonjour !

Hier midi et aujourd'hui, à la fac, j'ai mangé toute seule. Pas parce que mes amies n'étaient pas là, pas parce qu'elles ne mangeaient pas à la même heure, pas parce qu'on s'est disputées, mais parce que j'avais envie et même mieux : j'avais besoin. Je ne sais pas comment j'ai fait pour tenir depuis Septembre sans instant de solitude dans ma journée. Je le sais que j'ai besoin d'être seule, même si c'est mal vu, même si une de mes amies, quand je suis arrivée pour le cours après l'heure du repas, m'a demandé sur un ton qui se voulait amusé mais qui a sonné à mes oreilles un peu comme si elle s'attendait à pouvoir placer un "je te l'avais bien dit" si c'était bien de manger toute seule sous un arbre.

Ce midi je n'ai pas vu une pauvre fille misérablement seule assise sur un banc à mâchonner distraitement dans la tristesse un sandwich sans saveur, à regarder avec envie ces gens passer autour d'elle qui savaient qui retrouver, avec qui partager un instant. J'ai vu une jeune femme qui mangeait seule parce qu'elle en avait fait le choix, parce qu'elle en ressentait le besoin. J'ai vu une jeune femme qui réfléchissait radio branchée sur les oreilles, qui décompressait tranquillement de sa matinée et se préparait pour son après-midi. J'ai vu une fille qui avait incroyablement besoin de se retrouver avec elle-même parce que rester avec des gens, même des amies, demande un effort constant de compréhension de ce qui est dit, de réflexion sur ce qu'il faut répondre, parce que le contact humain ne va pas de soi (je parle de moi à la troisième personne, je tourne mal !)

J'ai vu tout ça et pourtant, moi, quand je croise quelqu'un d'autre qui mange tout seul je me dis "oh le pauvre" comme si c'était une tare parce que j'ai eu la bonne idée d'intégrer les codes auxquels on veut me faire plier. Pourtant la solitude est loin d'être une tare, elle est nécessaire, et je me dis depuis plusieurs semaine que, quand je ferai Compostelle (parce que je le ferai forcément un jour, du moins je me le souhaite) je le ferai seule (ou avec un chien pour unique compagnon) parce que marcher, marcher seul, permet de réfléchir, de se retrouver, de penser.

L'autre jour, c'était vendredi je crois, j'écoutais Europe1 en attendant que le prof arrive dans la salle et ils parlaient d'une étude récente qui dit que plus on est intelligent moins on reste souvent et longtemps avec ses amis parce que l'on a moins besoin des autres. Et je crois (en toute humilité, cela va sans dire, haha ;P) qu'il y a un peu de ça chez moi, en plus de mon anormalité notable _ et ça ne m'étonnerait d'ailleurs pas que les deux soient liées.

Quoi qu'il en soit la solitude n'est pas une tare, ni son besoin une maladie, et elle ne justifie pas un "ah bon ?" presque condescendant (oserais-je dire que j'ai cru entendre du mépris ?) (je ne suis absolument pas parano xD) de ma mère quand je lui ai annoncé que j'avais besoin de manger seule ce midi (annonce avec une arrière-pensée vu tous les reproches qu'ils me font).

La solitude est utile, la solitude est nécessaire, la solitude n'est pas effrayante, elle est belle et elle permet de se retrouver avec soi-même. J'aime être seule, j'aime penser, j'aime réfléchir, j'aime aller au cinéma seule, aux expositions seule, me promener seule. Aller à une exposition avec quelqu'un qui avance plus vite que vous et qui vous spoile tout ce qui se dit avant même que vous ne lisiez les panneaux (on peut parler de ce que l'on voit, mais pas spoiler) je n'appelle pas ça passer un bon moment et partager avec quelqu'un, j'appelle ça du gâchis.

La solitude est nécessaire, même aux personnes qui n'aiment pas être seules. Moi j'ai besoin davantage que beaucoup d'autres d'être seule mais ce n'est pas une raison pour me regarder comme une bizarrerie parce que, à mes yeux, c'est vous qui êtes étranges à tout faire tout le temps ensembles, à ne pas pouvoir vous lâcher ;)

Si la Solitude était une personne elle serait triste de la manière dont beaucoup la traitent et la dédaignent (voilà que je fais dans le sentimental maintenant ! xD).

Voilà. C'est tout.

Edit : dans les commentaires, Laeticia (que je remercie au passage !) m'a parlé d'une conférence de Susan Cain, je l'ai écouté et j'ai décidé de vous la mettre. Elle est en anglais mais la vidéo est sous-titrée !


Et vous, quel est votre rapport à la solitude ?


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lundi 28 mars 2016

Perpétuité des contradictions

Bonjour !

Ce matin, jour férié aidant, j'ai écouté Le Grand Direct d'Europe 1 et le débat très intéressant sur la perpétuité réelle pour les terroristes. Je dois dire que je trouve qu'il y a quelque chose d'hypocrisie là-dedans, quelque chose d'un peu "faites ce que je dis et pas ce que je fais" ; nous proposons une peine qui, selon un monsieur invité l'autre matin sur Europe 1 et dont j'ai oublié le nom, est contraire aux Droits de l'Homme, ces mêmes Droits dont nous nous targuons d'être le pays garant et défenseur. Je trouve ça un peu cocasse, quand même. D'autant plus qu'un auditeur a argumenté en disant que ces terroristes n'étant plus des humains, étant des animaux, on pouvait les condamner à mort. D'une part les humains sont des animaux, d'autre part c'est un peu facile de se dédouaner en décrétant que l'ennemi n'est plus humain, pour ne pas avoir à porter le poids d'une culpabilité ou d'une contradiction.

Le gros quiproquo autour de ce débat c'est qu'un condamné ne sort pas automatiquement après sa peine de sûreté : il est vu par des médecins, des psychologues, c'est le juge qui décide... dire que nos terroristes auront une peine de sûreté de vingt-deux ans (ou trente si on l'augmente) ça ne veut pas dire qu'ils seront dehors dans vingt-deux ans. Et quand bien même ! Personne ne peut garantir de ce que sera une personne dans vingt-deux ans ; je ne peux pas dire comment sera ma soeur dans vingt-deux ans, je ne peux pas dire comment seront mes amis dans vingt-deux ans ni même si nous serons encore amis. Un auditeur disait que quand ils sortiraient ils recommenceraient. Bien sûr ! La prison ce n'est pas magique, on n'a pas appelé un druide pour qu'il marque des runes sur le sol en faisant une danse pour sceller le tout, sinon il n'y aurait pas autant de récidive. La prison ne suffit pas, il faut quelque chose autour, annexe, une prise en charge de déradicalisation de ces terroristes. S'ils ont fait le chemin dans un sens ils peuvent le faire dans l'autre. C'est une première chose. La deuxième c'est que, moi je veux bien qu'on les mette en prison, mais il ne faut pas oublier qu'ils vont radicaliser leurs petits camarades et que plus ils y seront longtemps, plus ils risquent de radicaliser de monde.

Là aussi il y a eu une mécompréhension parmi certains auditeurs qui disaient qu'ils allaient de "radicaliser entre eux" mais que ce n'était pas grave parce qu'ils n'allaient "pas sortir". Mais c'est erroné. Les djihadistes ne se radicalisent pas entre eux : ils radicalisent les autres prisonniers qui, eux, sont ici pour de petites peines et vont sortir avec une idée en tête : poser une bombe. Et donc, pour un djihadiste enfermé, dix nouveaux sortent. Une auditrice disait que les prisons étaient des passoires mais pas dans le sens où le disait un auditeur, pas "parce qu'ils sortent comme ils veulent" (c'est vrai, tous les jours aux infos on nous parle d'un prisonnier évadé !) mais parce que dans certaines prisons les prisonniers peuvent se faire fournir des téléphones. Imaginez le djihadiste qui a radicalisé d'autres prisonniers qui, eux, sortent, et, grâce à ses contacts à l'extérieur et son téléphone, peut les aider à monter un attentat. Super utile la prison. Et si c'est pour mettre tous les djihadistes ensemble je ne suis pas sûre que ça soit mieux, on prend le risque qu'ils copinent entre eux. Donc il faut les isoler.

L'un des arguments du monsieur de droite était de dire que ça aurait un effet d'empêchement, que les personnes prendraient peur, ne voudraient pas risquer la prison à vie. Laissez-moi rire ! Les personnes qui posent des bombes sont radicalisées, on leur a retourné le cerveau, tout comme les enfants que Daech entraîne en Syrie. Je ne pense pas que des personnes embrigadées, qui n'ont pas peur de mourir, craignent réellement de crever en prison... Le monsieur a répondu que, on l'avait bien vu, des djihadistes pouvaient ne pas se faire sauter, renoncer au dernier moment. Oui, pour aller se planquer en Belgique et programmer un autre attentat : ça fait moins de victimes que s'il avait fait exploser sa propre ceinture, c'est vrai ! Et nous voilà parti sur la question de la peine de mort... nous, pays des Droits de l'Homme ? C'est sûr que renier nos principes, nos valeurs, pour s'abaisser à leur niveau c'est tellement mieux... Et si on l'applique seulement pour les terroristes, qu'est-ce qui nous garanti que, dans les prochaines années, on ne voudra pas l'étendre ? Pourquoi pas Guantánamo tant qu'on y est ? Ni la peine de mort, ni la perpétuité réelle ne sont des solutions.

J'ajouterais, et c'est la seule chose qui n'a pas été dite dans le débat d'Europe 1, au risque de m'attirer les foudres de certain d'entre vous, que, quelques part, ces djihadistes, pour une bonne partie d'entre eux, sont aussi des victimes. Je ne dis pas qu'ils n'ont pas appuyé sur la gâchette de la kalachnikov ou sur le détonateur de leurs explosifs. Je dis qu'ils se sont fait retourner l'esprit par les recruteurs et autres têtes pensantes de Daech et que, s'ils sont coupables, peut-être ne sont-ils pas totalement responsables (jetez-moi des pierres si vous voulez, je n'en démordrai pas ! :P).

Augmenter la peine de sûreté à trente ans je suis plutôt pour, ce qui permettrait d'utiliser ce temps pour faire un vrai travail de déradicalisation et de les aider à se réinsérer (oui, parce que le monsieur de droite disait qu'on ne pouvait quand même pas les faire sortir vu qu'ils auraient passé tellement de temps en prison qu'ils ne seraient plus adapté à la société ! Tu parles d'un argument, toi !). On est face à une guerre des esprits, à des manipulateurs qui radicalisent des Français, des Belges, des Canadiens et j'en passe. Et ces personnes, qui sont aussi des victimes, on va les abandonner ? Ce n'est pas quand je vois des terroristes que je me dis que j'ai raison d'être pessimiste (ou réaliste) sur la nature humaine, c'est quand j'entends des âneries. Quand j'entends que l'on se dédouane de proposer la peine de mort en disant que ces terroristes ne sont plus humains. Quand j'entends que, ayant passé plusieurs décennies derrière les barreaux, ils ne seront plus adaptés à la société, alors autant les garder jusqu'à leur mort.

Quand j'entends, aussi, comme ce matin avec mon père, qu'ils sont musulmans. Musulmans ? Qui a vu un musulman tenir une kalachnikov ? Pas moi en tout cas. Ils ne sont pas plus musulmans que moi : ils sont islamistes. Ce n'est pas pareil. Musulmans extrémistes si vous voulez, mais pas musulmans tout court. En disant ça on tombe exactement dans ce que les terroristes veulent. Cette guerre des consciences que l'on est en train de perdre, ça, ça m'agace. Me dire qu'on revient sur nos valeurs et nos principes comme ça, en un claquement de doigts, ça me désespère. La France a déjà été condamnée cinq fois parce qu'elle s'occupe mal de ses enfants autistes mais on ne s'en vante pas, on se fait tout petit (on devrait beaucoup plus en parler d'ailleurs). Tout comme on ne s'occupe pas vraiment des migrants. Mais là on fait contre tout ce que l'on dit aux autres pays qu'il faut faire et on le clame haut et fort...

Que pensez-vous de tout ça ?
Surtout si vous n'êtes pas d'accord avec moi dites-le, j'adore le débat ! :)


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dimanche 20 mars 2016

Au pays où les femmes chantent en silence – Au tour du monde n°3


Bonjour !

Je prends quelques (dizaines de) minutes avant d'aller me coucher pour publier cet article que j'attends de pouvoir écrire depuis plusieurs jours. Etant allée au cinéma cette après-midi c'est chose faite ! En effet, j'attendais d'avoir vu No Land's Song _ dont j'ai entendu parler dans Le Petit Journal _ pour pouvoir en parler ! Mais avant ça j'aimerais vous parler d'un sculpteur états-unien que j'ai découvert par hasard sur un blog espagnol.

Kris Kuksi


Je voguais au hasard sur des blogs en espagnol (que mine de rien je comprenais pas trop mal, la tonne de mots transparents venant en renforts de ma mémoire défaillante :P) quand, tout à coup, je suis tombée sur des sculptures qui m'ont un peu fait penser au baroque, tout en minutie et en détails, vraiment très très impressionnantes. Des choses comme ça :

Dogged Darwinian Denialists ; Kris Kuksi ; voir plus grand
Expulsion ; Kris Kuksi ; voir plus grand
Ces jolies choses sont faites par Kris Kuksi et il y a beaucoup, beaucoup d'autres jolies choses sur son site, y compris des dessins et des peintures. Ses sculptures, il les fait pour certaines choses avec des bibelots et des petits objets récupérés. Dans la rubrique biographie il explique qu'il pense que dans le monde d'aujourd'hui une grande part de l'humanité est souvent frivole et fragile, est conduite en premier par l'avidité et le matérialisme et qu'il espère que son art expose les idées fausses de l'Homme en dévoilant au spectateur un nouveau niveau de connaissance. Mais comme c'est en anglais et que je ne suis pas vraiment très très sûre de ma traduction je vous mets le passage en anglais comme ça les bilingues pourront me corriger si nécessaire : "In personal reflection, Kris feels that in the world today much of mankind is oftentimes frivolous and fragile, being driven primarily by greed and materialism. He hopes that his art exposes the fallacies of Man, unveiling a new level of awareness to the viewer.".

J'espère que ça vous plaît, en tout cas j'aime beaucoup ! Je trouve ça très harmonieux, en fait.

No Land's Song

Source
Sans transition j'en viens à la raison du titre de cet article. Depuis que je suis tombée par hasard sur Le Petit Journal il y a à peu près trois mois je regarde tous les jours et, l'autre jour, ils avaient invité Sara Najafi, la première compositrice iranienne, pour parler de son documentaire sur les chanteuses en Iran. Avec la révolution est venue l'interdiction pour les femmes de chanter en public s'il n'est pas exclusivement constitué de femmes ou si elles ne sont pas chez elles.

Il aura fallu deux ans et demi à cette femme pour obtenir un visa aux deux chanteuses françaises et à la chanteuse tunisienne qui se sont jointes aux Iraniennes. Deux dans et demi pour obtenir le droit de tenir le concert de femmes solistes devant un public mixte. J'ai beaucoup apprécié ce documentaire, je regrette juste que l'on n'ait pas eu plus d'images du concert.

Khatia Buniatishvili

Photo par Esther Haase ; source
La dernière fois, j'admets, la musique avait un air de soupe. Mais quand même j'aimais bien. Cette fois on revient aux choses sérieuses : ça sera un peu tout le contraire puisque c'est de la musique classique. C'est encore grâce au Petit Journal que j'ai découvert Khatia Buniatishvili, qui est Géorgienne. Et je dois dire qu'elle m'a beaucoup impressionnée, elle est magnifique (oui, je sais, je commence par la qualifier sur son physique et c'est une femme, c'est moche la misogynie :P) et époustouflante, je trouve.

Bon, moi, la musique classique... bof. Ce que je fredonne je n'en connais pas les références, et bien souvent j'ai chopé les airs dans les pubs de lessives (culture zéro). Mais là, quand même, c'était du piano et, moi, le piano, j'adore ça. Alors j'ai écouté. Et au final j'ai bien aimé. Même beaucoup. Donc j'ai décidé de vous en parler !

Au début je voulais mettre un petit module Deezer puis je me suis dit que, de toute façon, ceux qui n'avaient pas de compte ne pourraient pas écouter et que, surtout, je trouve que c'est quand même assez impressionnant de la voir jouer donc j'ai finalement opté pour la vidéo d'un concerto :)




Voilà !
J'espère que tout ça vous a plus !

Source photo

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mercredi 16 mars 2016

Une histoire de corps

Bonjour !


Hier j'ai entendu parler de cette pub pour de la lingerie "grande taille" interdite de diffusion sur deux chaînes aux Etats-Unis. L'une d'elle a expliqué que c'était de l'indécence et qu'ils avaient demandé une modification du montage car ce n'était pas montrable à une heure de grande écoute et ce alors qu'ils diffusent des pubs de lingerie avec des mannequins minces ; autrement dit c'est un prétexte pour ne pas avoir à dire qu'on ne veut pas montrer des femmes grosses et dénudées. Et pourtant c'est bien là qu'est le coeur du problème, et pas dans une prétendue apologie de l'obésité que serait la diffusion de cette pub.

Le problème c'est que l'on vit dans une société de la minceur, de la musculature même, avec ces challenges qui pullulent sur Instagram. Le problème c'est que cette publicité qui vante l'acceptation de son corps et une autre forme de beauté montre deux choses taboues : l'obésité et la nudité, les deux ayant trait au corps.

Vous avez surement remarqué que nous rejetons les gros, que nous ne voulons pas les voir. Ils se font insulter à l'école, ils obtiennent moins facilement un entretien d'embauche parce que leur image est liée à des valeurs négative de malbouffe en grande quantité (mauvais contrôle de soi) et de fainéantise, ce que montre bien d'ailleurs la formidable expression "manger comme un gros" qui veut bel et bien dire ce qu'elle semble vouloir dire. Nous envoyons des messages plus ou moins subliminaux à l'encontre des personnes en surpoids et la meilleure preuve de ça ce sont les propos des enfants. Je me souviens (je suis désolée pour les personnes qui me lisent régulièrement et doivent me voir venir à des kilomètres :P) d'avoir lu il y a quelques années une blogueuse qui disait que sa fille lui avait dit "maman, tu es grosse mais je t'aime quand même". C'est tout bête, mais ça montre bien que la gamine a reçu des signaux lui disant qu'être gros, dans notre société, est mal.

On ne veut pas voir les gros et on ne veut pas en parler non plus. Parmi les sujets de société souvent traités reviennent beaucoup la laïcité, la question de l'éducation, du rapport des jeunes à l'alcool, à la drogue, le racisme, l'intégration des étrangers... mais pas le taux d'obésité qui grimpe ou le fait que les marques blindent leurs magasins de taille 36-38 alors que la moyenne en France tourne autour de 42-44. On ne veut pas voir les personnes considérée comme en surpoids (quand on porte un 44 on n'est pas en surpoids) et on ne veut pas en entendre parler non plus. L'obésité, c'est tabou, et comme tout sujet tabou c'est délicat d'en parler.

Comme il est délicat de parler de nudité, et ça a presque toujours été le cas. Cette année j'ai des cours d'Histoire de l'Art contemporain autour de la question du corps et la nudité fait partie des sujets que l'on a traité. On demandait aux artistes (et ça bien jusqu'au XIXème si je ne me trompe pas) de faire d'une part un nu idéalisé et d'autre part de le justifier par des thèmes mythologiques et historiques. Sinon ça faisait scandale. Et je crois qu'ici on est un peu dans ce genre de cas. Dans les publicités la nudité apparaît avec une justification : marques de lingeries évidemment, de parfums car elles jouent sur l'attirance, la séduction, la relation amoureuse, qui passent aussi par le corps, et c'est à peu près tout. Je vois mal une pub pour une marque de lait, de jambon, de voiture, de stylo, de meuble, mettre des acteurs nus sans une tentative de justification dans la narration (par le naturisme par exemple), et ça tout simplement parce que la nudité est encore taboue. Et même dans les cas de publicités vantant de la lingerie ou un parfum on nous montre des femmes minces, correspondant plus ou moins aux critères de beauté actuels.

Du coup je comprends le mécanisme de refus de cette publicité parce qu'elle montre des femmes nues et à l'aise mais en plus des femmes rondes, des femmes en surpoids, des grosses. Et, tout ce qui touche au corps (et a fortiori je pense le corps des femmes) étant tabou, mettre ensemble ces deux sujets est vécu comme une provocation (et en un sens c'en est une). D'autant plus que, au contraire de certaines photos de campagnes de lingerie, les bourrelets de ces mannequins n'ont pas été retouchés : double scandale ! On nous montre des femmes rondes et nues sans les idéaliser.

Cependant, si je comprends, évidemment je ne suis pas d'accord et, moi, ces femmes, je les trouve belles ! Cela dit les commentaires et réactions pour dire "enfin de vraies femmes" sont exagérés : il n'y a pas de "vraie" femme, il n'y a que des femmes dans toute leur diversité et je ne crois pas qu'attaquer les minces pour défendre les plus rondes soit une manœuvre bien maligne parce que c'est faire aux minces exactement ce que la société fait aux rondes.

Qu'en pensez-vous ?

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jeudi 3 mars 2016

Le retour des portraits #3

Bonjour !

Finalement, le rendez-vous que j'étais censée avoir a été annulé au dernier moment et donc non seulement j'ai le temps d'écrire un article, mais même un deuxième (en même temps c'est pas le temps que ça prend :P) ! Pour les portraits ce mois on avait décidé avec Mot à maux de vous parler du chiffre qu'on serait si on était un chiffre.

Si j'étais un chiffre, je serais le 8. Je trouve qu'il est joli, qu'il est chouette à écrire, c'est un chiffre qui me parle bien. En plus c'est le chiffre porte-bonheur en Chine, donc c'est tout bon :) En fait je ne sais pas trop pourquoi j'aime bien ce chiffre, ce n'est pas un chiffre qui me donne l'impression de revenir beaucoup dans ma vie, ce n'est pas une date d'anniversaire, ce n'est pas un jour qui m'a marqué, le nombre de mes amis ou quoi que ce soit, c'est juste que je l'aime bien depuis très très longtemps (article super intéressant, donc x'D) !

Et vous, si vous étiez un chiffre, lequel seriez-vous et pourquoi ?


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Projet recueil commun #5

Bonjour !

Je suis en retard, en retard, très très en retard, je suis en retard !

Mais, pour ma défense mieux vaut tard que jamais et tout vient à point à qui sait attendre. Donc... ! Me voici me voilà avec le petit point ! Depuis la dernière fois que j'ai envoyé des textes au comité de lecture, dix-huit personnes m'ont envoyé un mail pour participer donc il va y avoir un peu de lecture ! Je pense que si on se démerde bien on peut avoir tout lu pour fin Avril et ensuite envoyer la réponse à chaque personne (je n'ai toujours pas corrigé mes propres contes, je sais, c'est mal).

Sinon, comme d'habitude j'en profite pour rappeler que le recueil est censé être illustré donc s'il y a des personnes intéressées dans l'assistance n'hésitez pas à vous manifester et à faire tourner :) L'association n'a toujours pas été choisie, donc si une association s'occupant de l'éducation des enfants dans le monde a votre préférence faites en part ; ça m'embêterait de choisir toute seule alors que c'est un recueil commun...

Comme les bouteilles à la mer que j'ai lancées en contactant des maisons d'éditions n'ont rien donné (qui ne tente rien n'a rien) je comptais passer par Ulule ou quelque chose du genre pour financer l'histoire, mais je ne sais pas du tout comment on fait dans ce genre de cas pour que le livre sorte, je suis complètement larguée, donc si quelqu'un pouvait éclairer ma lanterne ça m'éviterait d'aller utiliser du temps à chercher dans Google (je sais que dire ça fait très fainéant mais quand on a des exposé à faire, entre autres, tout temps est important ! :P).

Je crois que j'ai tout dit... Si vous avez des questions, des remarques, ou quoi que ce soit, n'hésitez pas !


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