dimanche 18 décembre 2016

Félicie n'est pas une princesse Disney

Bonjour !

Hier après-midi je me suis habillée (ce que je ne fais jamais le week-end sans une bonne raison :P) et je suis allée au cinéma pour voir Ballerina, film très mignon comme je vous le disais sur Hellocoton mais film qui n'a pas plu à certaines critiques presses que j'avais trouvées sur Allociné. C'est le cas du Monde, qui déplore "les corps standardisés selon les critères des blockbusters animés américains (tête énorme sur corps gracile)". Généralement, quand on fait cette critique, c'est pour dénoncer ce que renvoient les personnages féminins, minces, gentils, mignons, etc. Et, à vrai dire, je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette remarque sur Félicie (ni pour dire que les critères pointés du doigt par l'autrice de la critique sont "américains" : ils sont occidentaux, nous avons les mêmes, mais c'est vrai que c'est mieux de dire que le problème est ailleurs et pas chez nous, surtout pas chez nous). Je vais essayer d'être prudente dans ma manière d'expliquer pour ne pas faire de spoiler si jamais vous comptez aller le voir, mais je dois quand même citer deux scènes donc si vous comptez vous rendre au cinéma allez-y peut-être avant de lire mon article ^^'

C'est vrai que Félicie est toute fine avec une grosse tête. Mais néanmoins la largeur de sa taille n'est pas inférieure à la place que prend ses yeux (point de repère qui a été pris pour dénoncer la maigreur des princesses Disney). Il ne faut pas oublier non plus qu'elle cherche à devenir danseuse étoile : rien d'étonnant dès lors à ce qu'elle soit toute fine. Et puis, quand on parle des physiques stéréotypés de l'animation occidentale la minceur n'est pas la seule chose à observer. Il y a les cheveux ! Le cheveu est érotique, les princesses Disney, pour nombre d'entre elles, ont des chevelures denses, volumineuses, merveilleuses (Vaiana, du film en salle en ce moment, si elle n'a pas la silhouette standardisée, en a bel et bien la chevelure !)... Pas Félicie dont la tresse toute maigrichonne pend entre ses omoplates comme une queue de rat. Dernier point sur le physique : la tenue. Hors des scènes à l'Opéra elle n'est ni en robe ni en jupe mais en short et collants. Le côté héroïne standardisée est donc à nuancer chez elle, comme il l'est pour Victor.

Grosse tête, corps maigrichon (quoique, ici non plus, pas tant que ça) : oui mais ! C'est un apprenti inventeur pas très doué, assez éloigné du prince charmant et, surtout, plus petit que Félicie ! Eh oui ! Et puisqu'il n'y a pas que le physique qui compte dans la vie et quand il s'agit de parler de la représentation faite des hommes et des femmes dans les films d'animation, laissez-moi vous dire : il y a une scène où ils montent dans un train en marche. Habituellement c'est le garçon qui grimpe en premier et tend sa main à la fille pour l'aider à monter. Ce n'est pas le cas ici : c'est Félicie qui aide Victor. Victor qui, dans une autre scène, se prend un coup sur la tête, a du mal à se réveiller, et est littéralement poussé pour sauver Félicie. Ici encore ça contribue à l'éloigner du prince charmant. Vous ne trouvez pas ?

Je ne prends pas la défense de Ballerina parce que c'est un film français et que je suis chauvine : je prends la défense de Ballerina parce que quand on parle de standards de représentations il faut aller un peu plus loin que la maigreur d'une taille (qui n'a rien d'excessive ici, comparé à d'autres héroïnes) et prendre en compte d'autres critères.

Qu'en pensez-vous ? Êtes-vous sensibles à ce genre de choses ?

Source image – L'Atelier Animation, Gaumont, M6 Film

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mardi 13 décembre 2016

Le regard qui compte

Bonjour !

Je viens encore vous embêter avec des considérations sur le regard des autres... En fait, ma soeur a tendance à beaucoup commenter la manière dont je m'habille, et pas pour dire de jolies choses. Plutôt pour dire que ça va pas, et que pourquoi j'ai mis mon pantalon si haut (cette fois-là je l'ai mis à la taille, c'est pas de ma faute si j'ai un petit buste et de grandes jambes ! xD), et pourquoi ci, et pourquoi ça. Et ce soir encore.

Bon.

Il se pourrait que je l'ai un peu cherché. Comprenez : j'ai mis un pantalon noir bouffant avec des derbies à talon. Oui, j'ai osé. Oui, vous allez me dire que ça ne va pas, que pourquoi, que ce sont deux styles différents, que c'est pas possible, que c'est ridicule... et c'est là que le bât blesse. Je veux dire, évidemment, vous avez le droit de ne pas aimer, et vous avez le droit de me le dire, mais entre le dire et en faire des caisses ; entre le dire et utiliser l'argument du "on te rend service"... Ce début d'article sonne un peu entre la justification et le règlement de comptes mais, au fond, ce que je veux dire c'est que, moi, je ne trouve pas ça ridicule. Moi, j'aime bien. Et que, finalement, le regard qui compte, c'est le mien.

Darkrevette (coucou ! :P) (si vous ne la connaissez pas elle tient un blog mode alternative) vous le dira sans doute mieux que moi qui, mis à part un pantalon bouffant de temps en temps garde un look très classique : ce qui compte c'est que celui qui porte les vêtements se trouve beau, belle, s'aime et ait confiance en lui ou en elle accoutré(e) de cette manière. Certainement que, dans ma promo, parmi les gens que j'ai croisés aujourd'hui, certains – la majorité peut-être même ! – se sont dit "oh non, franchement, c'est affreux" et m'ont regardé de bas en haut avec mépris. Certainement que vous aussi, parfois, vous entrez dans un magasin de vêtement et vous avez la vendeuse en face de vous qui vous lance un petit regard de pitié : "la pauvre, comment elle s'habille...". Ma réponse tient en deux mots : et alors ?

Je vais vous dire : je suis dévastée que les chaussettes de l'équipe de foot nationale de Croatie ne soient pas disponibles parce que je les aurais bien mise par-dessus mes collants bordeaux avec ma robe en laine blanc crème. Si. Oui, je sais, c'est improbable et ridicule, il y a plus de trois couleurs, c'est affligeant de mauvais goût. Mais moi ça m'amuse. Et est-ce que finalement le nœud du problème n'est pas là : s'amuser.

J'avais envie de dire "évidemment je n'irais pas comme ça en entretien d'embauche" mais à la limite... est-ce que le recruteur ne serait pas "content" de m'avoir moi et pas une moi cachée derrière un tailleur ? Toutes proportions gardées évidemment : pour un entretien d'embauche il faut quand même se "faire beau" mais est-ce que l'on ne peut pas se "faire beau" en gardant un style particulier, une touche personnelle, même si c'est juste une couleur de lacets ? (A vrai dire je n'en sais rien, je n'ai jamais été en entretien d'embauche).

Le regard qui compte c'est le nôtre, non ? Que je sache mon corps m'appartient, non ? Si j'ai envie, je peux mettre des collants rayés vert et blanc, une robe rouge, des chaussures violettes et un bonnet jaune, n'est-ce pas ? C'est moi qui vais manipuler ce corps, c'est donc à mois de trancher entre la mode et le fait de se sentir à l'aise. C'est à moi de trancher entre ce qui est portable et ce qui ne l'est pas. Mon corps n'est la propriété de personne d'autre que moi ; de même votre corps vous appartient. Vais-je interpeller une fille de ma promo que je trouve vulgaire et lui apprendre à s'habiller ? Non. Parce que si elle se sent belle et à l'aise comme ça, si ça correspond à son caractère, alors je n'ai pas mon mot à dire, en réalité.

C'est là que j'en arrive à un deuxième point. Autre la notion de propriété du corps il y a la notion de d'emploi du corps. Un corps peut être un moyen d'expression. Par les piercing, les tatouages ou... les vêtements. Vous savez, je suis en fac d'Histoire et nous apprenons quatre périodes (Antiquité, Moyen Âge, époque Moderne, époque Contemporaine). Eh bien je peux vous assurer que les profs de chacune de ces périodes ont un style différent et que, rien qu'à ce style, on pourrait deviner quelle époque ils enseignent. Vraiment. De même qu'on peut le repérer parmi les élèves (même si c'est un peu plus compliqué comme certains sont là un peu par défaut). Pourquoi ? Parce que le corps est un moyen d'expression, les vêtements portent un message qui ne sera pas le même en fonction du caractère de la personne. Moi, j'ai envie de m'amuser. Moi, je trouve qu'un pantalon bouffant et des derbies à talon c'est pas si terrible. Je ne dirais pas que c'est le summum de la mode mais c'est pas si terrible, j'aime bien, je trouve ça assez rigolo, et j'ai envie.

N'est-ce pas là la clef ? Parce que finalement, si l'on s'habille comme on veut, comme on a envie, comme on se sent à l'aise et comme on se trouve joli, alors on s'épargne les pensées parasites. Les pensées qui te font douter, qui t'empêchent de te concentrer, les pensées qui te renvoient au regard des autres. Si toi-même tu ne portes pas des vêtements que tu aimes et dans lesquels tu te sens bien, alors comment peux-tu avoir confiance en toi ? Les vêtements envoient un message mais ils protègent aussi, ils font le lien entre vous et le monde, quelque part, je crois. Ils sont la première chose que les autres voient et à ce titre je trouve que c'est mieux s'ils vous plaisent. Aujourd'hui je n'avais pas envie de porter mes converses orange, j'avais envie de porter des richelieu à talon. Oui, avec un pantalon bouffant. Et donc ?

La clef, c'est de ne pas se focaliser sur les autres, mais sur soi. Oui, c'est égoïste, mais l'égoïsme est aussi nécessaire. S'il m'arrive de me faire des réflexions sur la manière dont les autres s'habillent, de trouver certaines choses improbables, je ne le dis pas, je ne me moque pas méchamment, parce qu'au fond, ce qui compte, ce n'est pas le regard que je porte sur cette tenue mais le regard que celui qui porte cette tenue porte sur lui (vous suivez toujours ? :P).

Conclusion : la beauté est dans les yeux de celui qui regarde.

Qu'en pensez-vous ?
Vous savez, vous avez le droit de me dire que la manière dont je me suis habillée aujourd'hui était impossible, je me vexerai pas x)

Source photo – Melissa Pitzalis

P.-S. : je sais, ma conclusion est cucul x)

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lundi 12 décembre 2016

Nous sommes un soleil, ou de notre difficulté à appréhender la différence

Bonjour !

Ce matin je repensais à la réaction de ma mère quand je dis que pour moi ce sont les autres qui sont bizarres. "Mais bien sûr !" qu'elle me lance avec des yeux que j'imagine levés au ciel et une pointe d'énervement. Et pourtant. Pourtant j'ai mis du temps avant de me rendre compte que tout le monde n'agissait pas comme moi, ne raisonnait pas de la même manière que moi et n'avait pas la même difficulté que moi face à la sociabilité. Pourtant, même encore aujourd'hui, il m'arrive de me dire que les autres sont vraiment étranges. Pourquoi ? Parce que je suis un soleil, et que vous aussi vous êtes un soleil : vous êtes l'étalon de l'humanité, vous êtes au centre de l'univers, vous êtes autocentré (pas dans le sens égoïste), et vous voyez le monde avec vos yeux et pas du point de vue des autres. Au final c'est ce qui fait que l'on appréhende mal la différence au premier abord.

Je voudrais filer ma métaphore avec le Soleil. Notre système solaire est hélio-centré, le Soleil a toute ses petites planètes qui gravitent autour de lui. Comme vous qui avez des amis, de la famille, des professeurs, des collègues, qui gravitent autour de vous. Le Soleil a un point de vue sur le système solaire qui n'est pas le même que celui de la Terre. Et le point de vue du Soleil sur l'interaction Terre-Lune est différent de celui qu'a la Terre sur cette interaction : le Soleil ne faisant pas partie de cette interaction il a un regard objectivé (et non objectif, j'insiste !) sur cette interaction. Si on lui demandait, il ne raconterait pas cette relation comme la Terre la raconterait. Vous voyez ce que je veux dire j'imagine. Nous sommes autocentré comme le système solaire est hélio-centré. Nous avons conscience de nous en tant qu'individu, en temps qu'existant dans le monde, en tant que nous (alors que par exemple les bébés au début ne font pas la différence entre ce qui est à eux ou non), et donc nous voyons le monde de notre point de vue.

"Je ne mange pas de pizza le matin et... non, non je crois que je ne connais personne qui en mange... tu es vraiment bizarre !" dit celui qui jamais n'a mangé de pizza le matin, jamais n'a entendu que quelqu'un le faisait, et qui n'a même pas songé, comme lui-même ne le faisait pas, que quelqu'un d'autre pût le faire. "Tu n'as jamais mangé de pizza le matin ? Vraiment ? Ben c'est bizarre, ça !" dit celui qui en mange de temps en temps, ou régulièrement, et qui trouve vraiment étrange qu'il existe des personnes qui ne l'aient jamais fait. Évidemment ! Puisque plus ou moins consciemment nous considérons que les autres agissent comme nous puisque nos agissements nous paraissent naturels, tout à fait dans la norme et tout a fait non exceptionnels. C'est en parlant de ça que j'ai commencé mon contrôle d'épistémologie d'ailleurs. En disant que finalement nous avions tendance à voir les autres de notre point de vue, à mal comprendre qu'ils agissent différemment de nous, et que cette tendance pouvait être retrouvée dans la manière de faire de l'Histoire, en se centrant sur notre pays ou notre continent, ce qui a donné lieu à des critiques (maintenant on parle de "provincialiser l'Europe", on fait de l'Histoire des vaincus, etc.).

Alors, quand il s'agit de manger de la pizza le matin ce n'est pas bien grave. Mais quand ça concerne des choses plus importantes, un rapport différent à l'argent, un rapport différent à la sociabilité, un rapport différent au bruit, au contact physique, etc., ça pose plus de problèmes. Et d'autant plus quand on parle de différences biologiques (je veux dire, vraiment biologiques, pas l'argument détourné pour le racisme, on s'entend). Un autiste Asperger par exemple peut avoir des difficultés à faire comprendre aux autres qu'il ne supporte pas le bruit. Ou un dépressif à faire comprendre ce qu'est la dépression, ce qu'il ressent. Et parce que l'on a du mal à appréhender la différence, à conceptualiser le fait que les autres puissent être différents de nous, étalons de l'humanité, alors on a peur. Est-ce dangereux ? Est-ce contagieux ? Lui, il est bizarre, tu crois qu'il va mettre en danger mon groupe ?

Ce qui est différent est étranger, ce qui est étranger est inconnu, ce qui est inconnu est potentiellement dangereux et ce qui est dangereux est potentiellement mortel. Ce qui est potentiellement mortel est à rejeter, ou a transformer de manière à ce qu'il ne soit plus différent et soit inclusible dans le groupe.

Du coup, au risque de passer pour une moralisatrice, je dirais que oui, vous êtes des soleils, mais que les autres aussi se considèrent comme des soleils. Et que, dans l'univers, il y a plein de soleils différents : des gros, des petits, des bleus, des rouges, des jaunes, des froids, des chauds, que tous les systèmes solaires vivent dans un même lieu mais que la Terre ne s'est pas arrêtée de tourner pour autant.

Voilà !

Qu'en pensez-vous ?

Source photo – Sanne's pics

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dimanche 11 décembre 2016

Industrie de la société


Bonjour !

Je viens de voir un reportage sur M6 à propos de Deddeh Howard, Noire, mannequin, qui a décidé de refaire les photos de certaines campagnes de pub pour dénoncer le fait qu'il n'y ait pas assez de mannequins noirs dans l'industrie de la mode (très bonne initiative au passage, je trouve, et c'est vrai que, un peu honteuse, j'avoue ne jamais avoir remarqué le déficit, toutes mes excuses). Le reportage se terminait en disant que des mannequins rondes avaient déjà fait ça il y a quelques temps, l'air de pointer l'industrie de la mode du doigt en disant "la mode c'est nul, les mannequins sont maigres et blancs". Ce sous-entendu que j'ai cru remarquer m'a beaucoup amusé et je me suis fendue d'une petite remarque condescendante de la fille qui sait tout mieux que tout le monde (comme dans les mangas, haha ! :P).

Parce que, quand même, qu'est-ce que la publicité ? La publicité est cette grande stratégie de manipulation qui consiste à nous faire croire que l'on a besoin d'acheter quelque chose. Pour atteindre son objectif, la publicité n'impose pas des idéaux (de beauté, de vie, de lien social, etc.) : elle joue sur ceux existants ! La pub est un miroir des idéaux qui sous-tendent la société. Ce n'est pas la pub qui a dit que les femmes devaient être minces, et bien épilées. Mais c'est la pub qui joue sur cette image et fait en sorte de nous donner envie d'être comme ce qu'elle nous montre pour que l'on ait envie d'acheter tout un tas de choses. Parce que des femmes minces et bien épilées on ne les trouve pas que dans les pubs de régimes ou de sire et de rasoirs. Comme on ne trouve pas les hommes musclés, grands, et bien rasés que dans des pubs ventant des produits censés rendre les hommes plus beaux. La pub n'impose pas les critères d'idéaux : elle joue sur ceux que l'on a.

Donc, si l'industrie de la mode, du maquillage, du prêt-à-porter, du luxe, etc., engage des mannequins blancs, minces voire maigres, c'est parce que les publicitaires pensent que c'est ce qui va donner envie d'acheter et que, a contrario, une femme noire donnera moins envie d'acheter. Soit parce que, comme en France il y a plus de Blancs que de Noirs ils se disent que plus de gens se reconnaîtront dans des mannequins blancs, soit, pire, parce qu'ils n'ont pas pensé une seule seconde à engager des mannequins noirs...

Le reportage taclait plus ou moins l'industrie de la mode, comme le fait Deddeh Howard, et on se concentre là-dessus. Mais je pense que ce que fait vraiment Deddeh Howard c'est moins de dire "hey ! y'a pas de Noirs dans l'industrie de la mode !" que "hey ! les Noirs sont peu mis en avant quand il s'agit de représenter la société !". Le jour où l'on songera profondément qu'une Noire peut être au moins aussi belle qu'une Blanche et donne au moins autant envie d'acheter un rouge à lèvres ou un parfum il y aura autant ou plus de mannequins noirs que de blancs.

L'industrie de la mode n'est pas une entité autocéphale, indépendante, en retrait de la société : elle en fait partie et elle s'en nourrit. L'industrie de la mode, c'est l'industrie de la société. Ça paraît évident, dit comme ça, et mon article à l'air inutile, mais les articles qui parlent de cette initiative se contentent de la rapporter sans aller vraiment plus loin, parce que c'est mieux de faire comme si le problème était circonscrit au monde de la mode. Mais c'est faux.

Qu'en pensez-vous ?

Source photo – Raffael Dickreuter 

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jeudi 1 décembre 2016

Les portraits, troisième édition n°4



Bonjour !

Aujourd'hui (enfin demain parce que, magie d'internet, là, pour moi, nous sommes le 30 Novembre) pour les portraits c'est un sujet proposé par mon amie : un souvenir de 2016. Double difficulté : étant encore à la fac j'ai du mal à raisonner en années solaires et en plus j'ai peu de souvenirs. Je me rends compte que, dans ma tête, il y a plus d'informations, de cours ou pas, de connaissances, de réflexions, de romans et autres histoires, que de souvenirs. J'ai peu de souvenirs de mon enfance, par exemple. Mais je vais faire un petit effort :)

Petit seulement :P

Le truc le plus évident c'est la radio (vous voyez, même quand je fais un effort je vous parle boulot : pas de souvenir sentimental à vous livrer haha xD). En Décembre dernier je crois, quelque chose comme ça, entre Décembre et Janvier mettons, j'ai contacté une radio locale pour savoir si je pouvais venir y travailler (la fille un peu culottée déjà xD). Et j'ai reçu une réponse positive. Je vous passe les péripéties parce que sinon je vais m'emporter (non, sans blague, on est maudites, même encore maintenant ! c'est le chaos !) mais toujours est-il que, presque un an plus tard, le mois dernier, on a tourné notre première émission. Et c'était chouette même si on a pas mal ramé et que je gérais mal les temps micro (en fait normalement on ne doit pas parler plus de sept minutes de suite, mais comme on n'est pas non plus censé couper les intervenants quand s'est intéressant on s'est retrouvé avec des micros de dix minutes...). Donc c'était chouette. Donc c'est mon souvenir de 2016 (oui, du mois dernier, et alors ? :P).

Et vous ? Et vous ? Et vous ? Et vous ? *trépigne* C'est quoi votre souvenir de 2016 ?

P.-S. : je vous aurais bien mis une photo neuve mais comment dire... je l'ai supprimée sans vraiment faire exprès de mes brouillons Instagram. Cela dit vu mon nombre d'abonnés peu de gens ont dû voir cette merveilleuse (il faut bien le dire) photo, du coup ce n'est pas bien grave ! :P

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mercredi 30 novembre 2016

Le prix d'une vie sacrifiée


Bonjour !

Je suis peu satisfaite de mon titre mais il va falloir s'en contenter. Ce matin un évêque, ou un archevêque, je ne sais pas trop en fait, était invité sur Europe 1 pour réagir à cette proposition de loi contre le délit d'entrave à l'IVG devant, si j'ai bien tout suivi (sachant que ça fait à peu près un mois que je n'écoute plus trop les infos, utilisant mon temps libre pour regarder Détective Conan (oui, j'ai huit ans)), interdire les sites donnant des informations biaisées, fausses, sur l'IVG, pour pousser des femmes à garder leurs enfants. Le grand argument de ceux qui s'opposent à celle loi c'est "et la liberté d'expression, bande de neuneux ?!" et le contre-argument : "t'as le droit d'être contre l'IVG et de le dire, pas de manipuler psychologiquement des femmes, glandu !". Tout est dit, je n'ai rien à ajouter. Cela dit il y a quand même un point de détail qui me chiffonne (je ne me révolte pas pour si peu : je m'interroge). Parce que figurez-vous que le monsieur invité ce matin a proposé une espèce d'allocation données aux femmes pour les aider à garder un futur môme dont elles ne veulent pas. Et ça, moi, ça me titille.

Question (somme toute un peu provocante, mais je n'ai pu m'en empêcher) : quel est le prix d'un viol ? Ben oui, parce que mine de rien, parmi les femmes qui peuvent être susceptibles d'avoir recours à l'IVG, il y a des femmes violées. Vous allez leur proposer une allocation, à ces femmes ? C'est un peu rude psychologiquement, d'autant que la plupart des femmes violées ne disent pas qu'elles l'ont été. Alors qu'elle est le prix d'un viol ? Il est vrai que les victimes de viol ne sont certainement pas majoritaires dans les femmes ayant recours à l'IVG, mais ce n'est pas une raison pour éluder complètement la question. Je répète donc : monsieur, quel est le prix d'un viol ?

Question : quel est le prix d'une vie de handicap ? Ben oui, parce que mine de rien, parmi les femmes qui peuvent être susceptibles d'avoir recours à l'IVG, il y a des femmes qui savent qu'elles portent un futur enfant qui sera plus ou moins lourdement handicapé, dont la vie sera dure, difficilement vivable, en fait, et qui peut-être songera plus d'une fois à se suicider. Je ne voudrais pas jouer les rabats-joie (si, en fait) mais la France n'est pas méga au point pour l'accueil des personnes handicapées... dans mon lycée il y avait un bâtiment trop vieux où les portes étaient trop étroites pour permettre un fauteuil, par exemple. Sans parler de la prise en charge du handicap mental. On n'arrive déjà pas à s'occuper de nos autistes (on peut discuter sur le terme de "handicap", je ne considère personnellement pas que ça en soit un même si ça peut être handicapant pour certains aspects de la vie), je vous laisse imaginer la qualité de la prise en charge pour des types de troubles mentaux plus handicapants. Cela dit qu'on s'entende : je ne dis pas qu'il faut assassiner tous nos handicapés sous prétexte qu'on s'en occupe mal (quelle drôle d'idée !) : je dis que je comprends que l'on puisse avoir recours à l'IVG quand on ne souhaite pas une vie de peines à son futur enfant, quand on ne se sent pas capable d'être un bon parent pour ce type d'enfant.

Question : quel est le prix d'une vie passée à détester son enfant ? Une femme qui ne souhaite pas avoir d'enfants (d'une manière générale ou à une période de sa vie – parce qu'elle estime être trop jeune et pas prête par exemple) et que l'on obligerait à en avoir quand même un, que pensez-vous qu'il va se passer ? Moi je crois qu'elle va le détester, cet enfant. Je crois qu'elle va lui en vouloir pour l'avoir empêché d'accéder à un poste à responsabilité par exemple, ou simplement le détester d'être là. C'est une vie, pour un enfant, d'être détesté ? Vous pensez qu'une mère qui n'a pas désirée son môme peut être une bonne mère ? Que l'enfant n'aura pas de troubles ? Que cette femme sera heureuse ? Moi non. Je comprends l'argument chrétien de la vie : c'est beau la vie, c'est chouette la vie. Mais interrogez-vous : vivre en étant détesté, jusque dans les tripes, vivre bercé par la rancœur de la personne qui vous élève : est-ce une vie ? Est-ce là la vie que la religion promeut ? J'espère du fond du coeur que ce n'est pas le cas.

Question : quel est le prix d'une vie sacrifiée ? Parce que le point commun de mes exemples est bien celui-là : une vie sacrifiée. Une vie arrêtée après un viol, qui prend un autre embranchement, que le viol conditionne, une vie qui s'arrête pour un enfant né d'un crime ; une vie sacrifiée, dévolue aux soins d'un enfant malade (gentil sans doute, intelligent, mais lourdement malade ou handicapé) que l'on n'a pas souhaité, pour lequel on se savait pas suffisamment fort, pas suffisamment prêt, pas suffisamment résistant, pas suffisamment dévoué ; une vie sacrifiée à un enfant que l'on n'a pas voulu, qui peut-être nous a empêché d'atteindre certains objectifs, un enfant que l'on s'est senti obligé d'élever parce que l'on est tombé sur un site anti-IVG culpabilisant, malsain, manipulateur.

Alors voilà ma question. Une allocation pour les encourager à garder un enfant ? Soit. Mais monsieur, tout n'est pas qu'une question d'argent. Bien sûr ça peut entrer en compte. Mais tout n'est pas qu'une question d'argent. Je trouve cette proposition éminemment déplacée face au drame, à la souffrance, que peut constituer d'apprendre que l'on est enceinte (d'un enfant lourdement handicapé ou d'un enfant tout court). Sans compter, monsieur, si je puis me permettre, qu'un IVG n'a rien de facile. Un IVG ce n'est pas facile, et l'écrasante majorité des femmes qui en ont vécu un vous le diront : c'est éprouvant, un IVG, monsieur. Un IVG, monsieur, ça ne se fait pas de gaieté de coeur. Même si l'on sait que c'est mieux pour nous et mieux pour lui. Voilà ma question, monsieur : quel est, finalement, le prix d'une vie ?

Je vous la pose aussi : que pensez-vous de cette proposition d'allocation et de toute cette histoire en général ?

Source photo – Lionel Bonaventure/AFP

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mardi 1 novembre 2016

Les portraits, troisième édition n°3

Bonjour !

Je devrais rattraper un cours que j'ai manqué il y a deux semaines mais comme je suis prise d'une flemme (c'est exactement pour cette raison que je déteste manquer des cours) je me suis dit que, histoire de grignoter un peu de temps, de repousser toujours un peu plus, j'allais écrire cet article (comme ça je ne serais pas en retard, au moins) (et après promis je travaille ! :P).

Cette fois on s'est dit qu'on allait vous demander quel conte vous seriez (ou quelle oeuvre littéraire) si vous étiez un conte (parce que les contes sont chouettes).

Peut-être que vous vous souvenez : en Juillet j'ai écrit un article de ma série Au tour du monde dans lequel je vous avais parlé du recueil de Praline Gay-Para ; Contes très merveilleux. Si j'étais un conte je serais un des contes de se livre. J'aime beaucoup le conte sibérien Kotura, le dieu des vents mais je crois que je serais plutôt Tanjin le musicien, un conte mongol qui raconte l'histoire d'un jeune homme qui part apprendre un métier. Quand il revient il est musicien. Sa musique plaît au roi Dragon dieu des mers alors il envoie quelqu'un le chercher et lui commande de jouer sans s'arrêter jusqu'à sa mort, mais la princesse le ramène, ils se marient, et finissent par rencontrer le Grand Khan qui souhaite épouser la jeune femme. Alors ils s'affrontent dans des sortes de défis d'astuces et d'intelligence. Le Khan ne cesse de perdre et de demander encore et encore un autre défi et finalement Tanjin gagne.

Je ne saurais pas trop dire pourquoi j'apprécie ce conte. Peut-être pour le culot du Khan qui ne veut pas accepter sa défaite et au final se fait battre par une femme (oui parce qu'évidemment Tanjin n'est pas magicien, alors il se fait aider par son épouse). Peut-être pour la morale, peut-être pour l'exotisme, peut-être pour tout à la fois... Je ne sais pas, mais j'aime bien ce conte !

Si vous étiez un conte, lequel seriez-vous ?

Source photo – Cheval d'Aventure

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lundi 17 octobre 2016

La construction de cet Autre ennemi

Bonjour !

Ce soir j'ai entendu Philippe de Villiers, monsieur que je ne connaissais pas, dire de grosses bêtises pendant la promo de son livre sur Europe 1. Cependant je ne souhaite pas me concentrer sur la reprise de tout ce qu'il a dit – d'autres le feront bien mieux que moi – toutefois j'ai remarqué une constante dans ses arguments : il construit l'Autre. Il construit une image de "l'ennemi", une image d'attardé, une image de sauvage, de barbare face à la civilisation que nous représentons (le "nous" étant adaptable à chaque pays, forcément, ce qui fait de son argumentaire un très bon kit de la xénophobie : y'a plus qu'à tout assembler, c'est magique !). Je suis très remontée. D'autant que les journalistes y sont quand même allé mollo (d'un autre côté l'autre il arrêtait pas de parler), et que je ne peux pas gueuler parce que je me suis fait arracher des dents (du coup je suis frustrée) (c'est moi la sauvage xD). Bref. La construction de l'ennemi, donc.

Notre prof de Médiévale nous a dit que, au Moyen Âge, on ne prend pas la plume pour aucune raison, parce que le papier ça coûte cher, donc quiconque écrit quelque chose a un but très précis. Je crois que finalement ça n'a beaucoup changé aujourd'hui... On n'écrit pas si on n'a rien à dire, si l'on n'a pas un objectif précis, qu'il soit introspectif ou pas. Et ce monsieur construit l'image de l'ennemi. Et moi j'ai envie de la déconstruire (parce que je me crois plus maligne que tout le monde ;P), ce que j'ai déjà un peu fait dans mon message sur Hellocoton que certains ont dû voir :)

En gros, il y avait deux groupes d'imaginaires de l'ennemi : la violence et l'attardement.

D'abord (enfin, je ne me souviens plus de l'ordre, donc ça sera mon "d'abord") il a dit que le djihad était une conquête, et que les musulmans voulaient conquérir le monde par la violence (en citant des passages du Coran en plus, il n'est pas gêné !). Alors bon... déjà le djihad, à la base, c'est aussi un combat contre soi-même et une conquête de soi-même et, ensuite, les chrétiens aussi, contrairement à ce que semble croire ce monsieur, ont voulu conquérir le monde par la violence : décision de Charlemagne de faire des conversions forcées et de détruire des lieux sacrés des païens, croisades, Inquisition, révocation de l'Édit de Nantes par Louis XIV (liste non exhaustive). On continue : il a dit qu'en France on étourdit les animaux avant de les tuer et que donc, eux qui les égorgent, sont, de manière sous-entendue (ce serait con de se prendre un procès pour diffamation au passage), des sauvages (sauf qu'il a oublié que bien souvent l'étourdissement rate, mais ça doit être un détail : ce sont les intentions qui comptent, comme on dit). Dans le même ordre d'idée il a avancé l'exemple que, en France, on ne bat pas les femmes. Ah ? Ah bon ? Ah... Pourtant il me semblait bien que l'on était à une mort de femme battue par son conjoint toutes les quatre-vingt-dix secondes. Du coup il y a deux solutions : soit il ne sait pas ce qu'il dit, soit seuls les musulmans battent leur compagne en France. Je vous laisse juge.

Si on suit ce qu'il dit, les musulmans sont violents, barbares, sauvages, incontrôlables, dégénérés. Mais, en plus, attardés. Attardés parce qu'ils ne tuent pas les animaux de manière civilisée et puis attardés, surtout, parce que, "en France on ne porte pas des vêtements du VIIème siècle". Ah (bis). Il se trouve que pour les besoins d'un cours j'ai commencé la lecture de Une histoire politique du pantalon par Christine Bard : les Gaulois portaient des braies, les Mérovingiens et les Carolingiens des pantalons, que le pantalon existait même sous les Romains et les Grecs mais qu'ils n'aimaient pas en porter car c'est un vêtement fermé. On ne porte pas des vêtements du VIIème siècle, en France ? ah bon ? ;P (c'est moche de dire des bêtises, et c'est encore plus moche de les faire croire à des gens).

En fait, ici, on est typiquement dans une construction de l'imaginaire autour de l'ennemi, dans la mise en place des peurs, des murs entre les gens. On est typiquement en train de dire : nous sommes civilisés, nous sommes justes, nous sommes attaqués par des barbares. Les Grecs faisaient pareil. En archéologie on voit actuellement comment les Grecs buvaient et mangeaient. La prof nous a dit que les Grecs dévaluaient les barbares parce qu'ils buvaient du vin pur alors qu'eux le diluaient avec le l'eau, que les barbares se gavaient alors qu'eux mangeaient avec parcimonie et frugalité (en même temps vu ce qui poussait chez eux ils n'avaient pas vraiment le choix). On n'a rien inventé et on est typiquement là-dedans : cet étranger qui ne mange pas de porc n'est pas intégré, il doit vivre à la française, c'est un barbare, il faut le convertir à une certaine vision de la vie. On ne pourra jamais s'entendre avec lui ; il est trop différent, trop bête, en retard. Attardé.

Comme une dame est actuellement (21h17) en train de le dire : "eux et nous".

Alors je vais avancer d'autres arguments, en puisant aussi dans le Coran, histoire d'être à armes égales dans cette guéguerre un peu bête qui consiste à sélectionner les passages qui nous arrangent. Marie m'a laissé un commentaire il y a quelques jours sur mon article L'islam, le christianisme, et la république, en me disant ceci (je me permets de citer parce que c'est un commentaire à la vue de tous et pas un mail privé) : "[...] il est recommandé notamment de se soumettre aux lois de cette société [non musulmane] dans la mesure où ces lois ne sont pas contraires aux préceptes de l'Islam [...] dans un sens beaucoup plus large qu'on a du mal à se représenter dans l'état de droit que nos générations (la tienne et la mienne) ont toujours connu en France. Ça concernerait des lois véritablement injustes, comme les mesures anti-juives de Vichy, par exemple. Ou bien des lois qui obligeraient les gens à renier leur religion, comme sous l'Inquisition, ou dans la Rome antique où les Chrétiens étaient torturés à mort pour avoir refusé d'offrir des libations aux Dieux officiels [...]".

Combien de femmes et d'hommes musulmans s'habillent "à l'Occidentale" ? Et puis d'abord quel est le problème de s'habiller différemment ? On ne parle pas d'assimilation, de renier complètement ses origines, sa culture, on parle d'intégration. Ça n'a rien à voir.

On est dans la construction d'un univers mental, d'un ennemi. On a fait pareil pendant les deux Guerres Mondiales : attention aux Allemands qui coupent les mains ! Il y avait tout un imaginaire autour des mains coupées, vraiment. Barbarisation, animalisation. Classique. Et tellement dangereux.

Parce que, finalement, le pire ce n'est pas ce que dit ou écrit ce monsieur. Le pire c'est que des gens vont l'écouter, vont le lire, et vont le croire. Oui, après tout, qui n'a jamais vu une personne d'origine arabe en djellaba dans la rue ? Après de tels propos on peut être tenté de ne voir que ça, de se dire qu'il y en a de plus en plus... en un sens c'est peut-être vrai : ma mère dit que, il y a dix ans, il n'y avait pas autant de mères voilées qui venaient chercher les enfants à son école. La faute à qui ? Aux imams qui tiennent des propos un peu limites ? Ou aux raisons politiques qui font que ces propos limites sont entendus ? Ou un peu des deux ? (édit. 18/10/2016 : je me suis rendue compte que je n'avais pas été assez précise et que ça pouvait être mal interprété : je n'ai rien contre le voile, mais ici ça s'accompagne d'une espèce de communautarisme puisque quand des mères ont appris qu'une autre mère était mariée à un Français "pure souche" si je puis dire, elles ont apparemment arrêté de lui parler).

Bref. On est ici typiquement dans la construction de l'image de l'ennemi, dans la proposition d'un paradigme de césure (eux et nous ; eux les barbares, nous les civilisés qui buvons du vin (vin qui vient d'Asie soit dit en passant) et mangeons du porc)), qui se construit totalement dans la mauvaise foi et dans la mauvaise foi la plus totale.

Non, tous les musulmans de France et d'ailleurs ne sont pas radicalisés, non tous les musulmans de France et d'ailleurs ne sont pas des sauvages, des barbares, ne battent pas leur compagne, ne portent pas des djellabas, ne veulent pas convertir le monde entier.

Qu'en pensez-vous ?

Source photo – AFP

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samedi 8 octobre 2016

Les portraits, troisième édition n°2

Bonjour !

Je sais, je sais, je suis très en retard ! J'ai deux excuses. La première c'est que la plupart du temps mes cours finissent tard, donc je n'allume pas mon ordi quand je suis rentrée. Mais, en vrai, c'est surtout que, n'étant franchement pas douée, quand j'ai changé de téléphone j'ai perdu les SMS dans lesquels, avec mon amie, on avait convenu des thèmes et de l'ordre... Donc je suis allée l'appeler au secours. Voilà x) Ce mois-ci on voulait savoir quelle personne célèbre vous seriez si vous étiez quelqu'un de célèbre :)

Si j'étais une personne célèbre... je crois que je serais Renaud Lavillenie (en plus ça fait que je suis raccord avec le mois dernier, c'est chouette !). Je crois que, au fond, je préfère les sportifs aux chanteurs et aux acteurs... même aux humoristes (pourtant j'adore les humoristes). J'ai l'impression, parfois, quand j'entends certaines interviews, que les acteurs (hors humoristes) (non, je ne suis pas trop subjective xD) et les chanteurs pètent un peu plus haut que leur cul (quelle familiarité !) et ça m'énerve. Alors que les athlètes sont une grosse majorité à avoir l'air sympa. Je crois bien que je n'ai jamais vraiment adulé un chanteur. J'ai eu une courte période Jonas Brothers en 6ème (pardon) et... c'est tout, je crois. Je ne me souviens pas d'avoir été à fond sur un chanteur ou un acteur, d'avoir eu une idole ou quoi... Je ne suis pas une fan, dans le fond. Il y a des personnes "connues" que j'aime beaucoup mais je ne suis pas une fanatique.

Mais si j'étais une personne célèbre je crois que je serais Renaud Lavillenie. Je ne pourrais pas trop vous dire pourquoi. Je l'aime bien, j'aime bien ce qu'il dégage, j'aime bien qu'il ne cache pas son ambition, j'aime assez comment il parle. En fait ça n'a pas trop d'explication. J'ai remarqué que, quand je me prends d'affection pour un athlète ou n'importe quelle personne un peu médiatisée, c'est un peu sans raison, sur une parole, un geste, n'importe quoi x) En gros j'essaye de remplir cet article mais je ne peux pas parce que je ne peux pas expliquer. Je ne me prends pas d'amour pour une personne pour ses combats, son courage, ou quelque chose comme ça, en fait. C'est très irrationnel. Et en un sens peut-être que c'est mieux, parce que je n'ai jamais vraiment aimé l'idée d'idole, et que je crois que l'on se choisit une idole davantage sur un message (comme Martin Luther King par exemple, ou Salma Hayek).

Et vous, si vous étiez une personne célèbre ?

Source photo – Kai Pfaffenbach

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lundi 3 octobre 2016

Spécial Asie – Au tour du monde n°6

Bonjour !

Aujourd'hui je me suis dit qu'il était temps de vous faire un nouvel article de la série. Surtout hier, en fait, quand Deezer m'a gentiment envoyé un mail pour me prévenir de la sortie du nouvel album d'une artiste taïwanaise que je suis et dont je vous ai déjà parlé sur ce blog. Et comme j'avais deux, trois trucs en carton et que donc ça me faisait plusieurs choses d'un même continent je me suis dit que je pourrais vous faire un spécial Asie même si mon titre est un peu abusif vu que l'Asie c'est grand et que moi je me concentre sur deux régions, mais pour ma défense je ne savais pas trop comment l'appeler autrement. Enfin bref :) Au menu aujourd'hui de la musique (donc), des photos et un livre :)

Niánlún shuō – Rainie Yang


Rainie Yang s'appelle en fait Yáng Chénglín, elle a sorti son premier album solo en 2005, le premier album que j'ai écouté d'elle est Angel Wing, sorti en 2013, elle est aussi actrice, et je crois que je l'avais trouvé en farfouillant sur Wikipédia à la recherche de chanteurs et chanteuses chinois. Et donc, hier, Deezer a eu l'amabilité fort aimable de me prévenir qu'elle avait sorti un nouvel album (dont le titre anglais est Traces of Time In Love). J'ai trouvé qu'il ressemblait beaucoup aux deux précédents. Il n'a pas été écrit par elle mais par plusieurs personnes, pour les paroles comme pour les mélodies. Même si je ne comprends pas un traître mot (j'ai commencé à apprendre le mandarin toute seule mais je suis tellement pas douée...) j'aime énormément les sonorités et sa voix que je trouve très douce ! :) Mais le mieux, au lieu d'en parler, c'est encore que je vous fasse écouter :) Du coup je suis allée faire un tour sur sa chaîne Youtube mais son album est disponible sur Deezer et Spotify :)



Voilà ! :) Comment vous trouvez ?

Masashi Wakui


J'errais sur le site de Yellowkorner quand, tout à coup, je suis tombée sur l'une de ses photos et j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé leur ambiance. De ce que j'ai compris de sa description sur le site de Yellowkorner (qui est en anglais) il filme les scènes pour en extraire ses photos. Ensuite il les retouche. Il trouve son inspiration dans le monde des films. Quand j'ai vu la première de ses photos ça m'a fait penser à l'ambiance d'un film des Studio Ghibli, un peu !

Si vous aimez et que vous voulez l'une de ses photos encadrée dans votre salon vous pouvez aller jeter un œil sur Yellowkorner (là où j'ai chipé la première photo) et si vous voulez en voir plus vous pouvez aller sur sa page Flickr (là où j'ai chipé les deux autres photos).

Je suis désolée que les photos soient si séparées, pourtant y'a aucun code de séparation dans le HTML.

123 proverbes chinois – Nicolas Chauvat


Et pour finir le livre ! Je l'ai acheté y'a un moment déjà pour la modique somme de 9,90€. Il est découpé en quatre parties qui correspondent à des thèmes : l'accomplissement par l'étude, la voie de l'honnête homme, stratégie : l'art de la victoire sans combattre, et médecine : harmonisation du corps et de l'esprit, plus, à la fin, un "tableau des sens multiples des caractères chinois". Ce qui est super intéressant c'est que chaque proverbe est écrit en mandarin, transcrit en pinyin, traduit en français, et ensuite les caractères sont séparés et traduits un à un. Ce qui fait que si comme moi vous voulez apprendre le mandarin ça peut aider. Et que si vous êtes juste curieux ça peut être rigolo. En fait, j'adore les proverbes, et j'aime bien citer ceux dont je me souviens dans les commentaires que je laisse par-ci par-là ^^' Je trouve qu'ils sont souvent (pour ne pas dire toujours) très bien vu !

Voilà ! :)
C'est tout.

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vendredi 30 septembre 2016

Les blogueurs ne sont pas journalistes

Bonjour !

Je dois tout de suite nuancer mon titre, parce qu'il y a des journalistes blogueurs et des blogueurs tenant des blogs à portée journalistique. Cela dit ce n'est pas la majorité, ce sont des cas assez à part, donc je vais me concentrer sur la généralité. En fait, il y a plusieurs jours, j'ai reçu le mail d'un monsieur qui me reprochait entre autre l'amalgame que je faisais dans mon article sur les enfants youtubeurs entre les enfants exploités et les enfants qui faisaient des vidéos par plaisir, me disant que, quand même, en temps qu'aspirante journaliste j'aurais pu faire l'effort d'aller à la source vérifier mes informations. Et c'est là que le bât blesse. Parce que, non seulement je ne suis pas journaliste, mais, en plus, je ne prétends pas en faire sur ce blog. Je réagis ici comme la personne lambda que je suis, étudiante en Histoire de vingt ans à peine, et c'est tout.

Ce débat sur journalistes vs. blogueurs réapparaît de temps en temps sur la blogosphère, sous différents angles comme celui des partenariats, ou la légitimité des blogueurs à parler d'actualité... En fait je crois que la distinction n'est pas tant à faire entre journalistes et non-journalistes qu'entre personnes faisant du journalisme et personnes n'en faisant pas.

Comme je le disais à ce monsieur je ne suis pas journaliste mais, en plus, je ne prétends pas en faire. Mon blog n'a pas une portée informative, éducative, ou de service. Je suis typiquement dans la démarche hyper narcissique d'une fille qui pense que ce qu'elle a à dire peut intéresser les autres tellement c'est génialissimement fantastique. Je réagis ici comme je réagirais dans une discussion avec des amis, dans un café, le métro ou à la fac. Si ça m'arrive de vérifier des informations avant de les inclure dans mon argumentaire, ou d'enrichir mes articles avec des bribes de mes cours d'Histoire, mes articles n'ont pas une portée journalistique. Je ne suis pas journaliste et je ne prétends pas l'être. Je ne prétends ni n'aspire à une objectivité quelconque (qui n'existe pas, la chose s'en rapprochant le plus étant l'honnêteté intellectuelle). J'ai réagi sur les enfants youtubeurs comme je l'aurais fait n'importe où ailleurs, la seule différence c'est que, étant écrit sur internet, ça a plus de portée. Mais le fond du propos est le même : une téléspectatrice lambda qui réagit à ce qu'elle voit et entend.

Maintenant, là où je dis que la différence ne doit pas se faire entre journalistes ou non-journalistes mais entre personnes faisant du journalisme ou n'en faisant pas c'est que... par exemple, quand je vais m'enfermer en studio avec mes camarades pour enregistrer l'émission ce sera à portée informative, de service, avec un expert pour répondre à nos questions : je ne serai pas plus journaliste que là tout de suite mais je ferai du journalisme et donc je devrai (et dois pour la préparer) me plier aux règles du journalisme.

La semaine dernière nous avons eu une première journée de formation en journalisme. Le formateur nous a dit que, quand on est au micro et qu'on affirme quelque chose, on doit l'affirmer parce qu'on le sait, qu'on a des sources pour prouver que ce qu'on dit est vrai : on affirme parce que c'est vrai. Sur un blog (a fortiori un blog "billets d'humeur"), on affirme parce qu'on croit, parce qu'on pense, que telle ou telle solution à un problème donné, par exemple, serait la meilleure. On s'interroge. On propose. Maintenant il y a aussi l'honnêteté intellectuelle et la conscience. Quand je cite mes cours d'Histoire mais que je ne m'en souviens pas parfaitement je le dis. Mais je ne fais pas du journalisme sur ce blog. Je réagis à telle ou telle chose comme une personne lambda. Non seulement je ne suis pas journaliste mais en plus je ne prétends pas exercer cette activité. Mais je peux concevoir que me présenter comme "aspirante journaliste" puisse porter à confusion.

Donc non, quand je vois un reportage à la télé et que je réagis dessus je ne contacte pas les principaux intéressés pour savoir s'ils ont été manipulés par la chaîne ou pas. Je suis une téléspectatrice lambda, je ne mène pas une enquête, stylo en main ; je m'interroge sur ce que je vois, sur des sujets de société la plupart du temps et j'élargis du reportage à la généralité. C'est tout. Voilà...

Qu'en pensez-vous ? (je vais encore perturber Céline avec ma question, désolée :P)
Journalistes ou pas journalistes ?

Source photo – Piotr Saweczko

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mercredi 14 septembre 2016

Pourquoi fait-on l'amour ?

Bonjour !

Je ne sais pas trop comment commencer cet article alors disons simplement que, non, je ne vais pas me mettre à écrire un article sur le sexe par mois. En fait, j'étais dans le métro et, pas loin, il y avait quatre jeunes (je dirais fin collège ou lycée) qui discutaient. Trois étaient en train d'essayer de raisonner la quatrième qui disait, en gros, "si t'étais lesbienne, comme t'es mon amie, je m'en ficherais, mais c'est quand même pas naturel". Je n'entendais pas tout et j'ai été un peu aidé du relais de deux filles entre nous qui réagissaient à voix basses. Enfin bref. Ce que j'ai très bien entendu par contre c'est lorsque la fille a dit que deux hommes ne pouvaient pas avoir d'enfants, que deux femmes ne pouvaient pas avoir d'enfant et que donc l'homosexualité n'était pas naturelle. Alors bon... on connaît le discours qui consiste à démonter l'argument, à dire que les autres animaux ont des relations homosexuelles, etc., et ce n'est pas du tout dans ce chemin-là que je vais m'engager. Je vais m'engager sur un autre chemin : pourquoi fait-on l'amour ?

Si l'on réprime l'homosexualité en partant du principe que deux hommes et deux femmes ne peuvent pas avoir d'enfant ça pose la question de la raison pour laquelle on fait l'amour. Fait-on l'amour pour avoir des enfants ? Si oui alors je serais encore vierge dans de nombreuses années parce que je ne veux absolument pas d'enfants. Du coup, comme je ne suis pas la seule, l'industrie des préservatifs et autres moyens de contraception va avoir un petit soucis d'ordre financier (ce qui n'est pas très bon pour le taux de chômage :P). Mais, surtout, cette idée selon laquelle il faut faire l'amour seulement pour faire des enfants elle ne vous dit rien ? Rien du tout ? Un indice : les Papes ont souvent été contre l'emploi de préservatifs.

L'idée selon laquelle il faut faire l'amour pour faire des enfants nous ramène au christianisme qui a longtemps eu beaucoup d'influence en France. En Histoire de l'Art, l'année dernière il me semble, on a vu que, au XVIème notamment (on parlait de la Vénus d'Urbin de Titien, peinte dans les années 1500), l'idée que le plaisir pouvait favoriser la fécondation a commencé à faire son apparition et donc on demandait aux femmes de euh... se masturber afin que la relation ait plus de chance d'aboutir sur une grossesse et que donc on ne fasse pas l'amour "pour rien" (drôle d'idée). Et, avec cet argument selon lequel, puisque deux hommes et deux femmes ne peuvent pas faire d'enfants, alors ils ne devraient pas se mettre en couple, on revient à cette idée de faire l'amour "pour l'amour de Dieu". Ce que je trouve un peu problématique dans le sens où on pourrait s'affranchir des arguments religieux (mais si ça se trouve la fille était d'une famille chrétienne, j'en sais rien, en fait).

Surtout que, dans la nature, non seulement les autres animaux peuvent avoir des relations homosexuelles mais en plus la relation sexuelle revêtit, pour certaines espèces, un rôle social. L'exemple le plus connu est celui des bonobos, mais il y a aussi celui des grands dauphins qui utilisent plusieurs positions et plusieurs angles. On est un peu loin de l'idée que s'accoupler n'a pour but que l'enfantement.

Qu'en pensez-vous ? Pourquoi faites-vous l'amour ? (oui, j'ose poser la question, je sais, c'est privé, ce que vous faites ne me regarde absolument pas ! :P).


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dimanche 11 septembre 2016

Notre plus grand ennemi

Bonjour !

Il y a onze jours, à peu près, je me suis inscrite au Dream Challenge de Inspiré & Créé. Chaque jour un mail est arrivé dans ma boîte, un mail de pensée positive pour nous inciter à poursuivre nos rêves et à tout faire pour les réaliser. C'était très sympa mais, dès le début, j'ai eu la sensation – sans vouloir faire ma crâneuse (je me rends compte que ça fait super longtemps que j'ai pas utilisé ce mot ! :P) –, qu'il manquait quelque chose, que quelque chose n'était pas dit ou en tout cas pas dit clairement. Cette chose c'est que nous sommes notre plus grand ennemi. C'est tout bête mais je crois que c'est excessivement important de le dire. De le dire clairement.

Dans ce Dream Challenge on vous incite à croire en vos rêves, à les poursuivre, à vous bouger le derrière, arrêter de vous trouver des excuses... mais le problème ce n'est pas que l'on se trouve des excuses, je crois. Le problème c'est de savoir pourquoi on se trouve des excuses. Ce qu'il faut combattre ce ne sont pas nos excuses ; elles ne sont que des symptômes : ce qu'il faut combattre c'est le mal : la procrastination, le manque de confiance, la peur (d'être déçu, de décevoir, de l'échec...). C'est nous. Qu'il faut combattre. C'est nous notre ennemi.

Je crois que, dans l'un des articles de la première saison des Portraits chinois (mais je serais bien incapable de vous dire lequel, j'ai la flemme de chercher, et c'est donc pour cette raison que, blogueuse indigne que je suis, je vous laisse faire tout le boulot en vous redirigeant vers tous les articles des Portraits) (et si vous vous posez la question : non, je n'ai pas honte :P) j'avais rapporté ma citation préférée. Avant les phrases et proverbes qui poussent à rester calme, avant les proverbes chinois qui pourtant ont toujours raison et que je me plais à citer dans certains commentaires, il y a cette phrase de Louis XIV dans ses Mémoires : "à qui se peut vaincre soi-même, il est peu de choses qui puisse résister". Parce que nous sommes notre plus grand ennemi et que le seul moyen sûr et efficace pour réaliser ses rêves c'est d'abattre son ennemi. C'est d'abattre cette propension à la procrastination, à la peur... à la prudence.

Je crois que l'on manque de naïveté et de culot. On se dit d'avance que "mais non, ce n'est pas aussi facile" (de fait c'est à peu près ce que je me dis en arrière-fond quand j'entends "croyez en vos rêves !" ; comme si c'était simple). Je crois que l'on est trop prudent... Si vous suivez mon blog depuis un moment – ou que vous faites partie des très rares personnes qui me suivent sur Instagram (si ce n'est pas le cas, rassurez-vous, vous ne loupez rien) –, vous avez dû voir passer que je vais co-préparer et co-animer une émission de radio. Dans une vraie radio. Eh bien, vous savez, quand je suis passée par le secrétariat de ma fac pour trouver des personnes prêtes à travailler avec moi, quelqu'un m'a contacté en me disait qu'il avait une webradio et m'a dit que les "vraies" radios n'étaient pas intéressées par ce genre de choses, que ça ne servait à rien de demander. Par acquis de conscience (et par ambition aussi, il faut bien le dire) j'ai quand même tenté ma chance. Et mon mail a reçu une réponse. "Vous vous trompez, on est intéressé" (en gros) (oui, j'ai aussi la flemme de retrouver le mail original :P). Et si je ne l'avais pas fait ? J'aurais travaillé pour une webradio et je n'aurais pas été vraiment complètement totalement entièrement satisfaite. Je crois même que j'aurais regretté de ne pas avoir envoyé mon mail, que je me serais demandé ce qu'il se serait passé si je l'avais fait.

On est trop prudent. On est trop prudent quand un peu de naïveté, un peu de culot, un peu de ce petit quelque chose assimilable à de l'inconscience pourrait tout débloquer. Ou presque tout. Aider un peu au moins. Soyez naïfs ! Soyez culottés ! Soyez ambitieux (qui a dit que c'était un défaut ? celui-là attendez que je l'attrape !) ! Soyez entreprenants ! La prudence doit vous protéger, pas vous empêcher d'avancer.

Et puis il y a la peur.
Comme me disait Malisha dans un commentaire sur mon blog en espagnol il n'y a pas très longtemps : la peur nous limite beaucoup. Beaucoup trop. Que ce soit la peur de l'échec, la peur de décevoir, de se décevoir... La peur nous fait trouver des excuses, procrastiner... moi aussi. Ces derniers jours même, d'ailleurs. Parce que voyez-vous j'ai pris des billets pour trois conférences du Monde Festival ce week-end (toujours pas de candidat pour m'accompagner, d'ailleurs ? Vous allez quand même pas laisser une pauvre petit provinciale toute seule dans la grande ville ? :P) (Bon, cela dit je suis un boulet mais je suis débrouillarde ^^'). En soi ça ne me fait pas peur. Prendre le train non plus d'ailleurs. En fait c'est un autre type de peur (parce que socialement je suis vraiment un boulet). Vous voyez, j'ai demandé à ma tante, que je n'ai pas vue depuis des années, si elle voulait bien m'héberger (comme ça je ne fais pas deux aller-retours en deux jours, parce que ce n'est pas pratique) : et ça, ça fait peur (on ne se moque pas :P). Et comme j'ai peur j'ai mis des plombes avant de charger mes billets dans mon téléphone parce qu'avoir les billets avec moi ça rend le truc plus réel. Et je n'ai toujours pas mes billets de train (pas pressée la fille xD). Bref. Tout ça pour dire que la peur fait procrastiner. La peur nous limite beaucoup.

Alors on peut nous inciter à écrire toutes les listes de choses positives que l'on veut, tous les journaux intimes de vie rêvée que l'on veut, si l'on ne dit pas clairement que le problème c'est nous, que notre ennemi c'est nous, que les excuses ne sont pas la source du problème parce que le problème c'est ce que l'on ressent et pas ce que l'on fait ou ne fait pas, ça n'avance pas à grand-chose. Cela dit je n'ai pas la prétention de vous dire comment vous combattre vous-mêmes. Déjà parce que de mon côté on ne peut pas dire que ça soit vraiment fait et puis parce que la solution doit venir de vous. C'est comme ces articles où on vous dit qu'il faut vous accepter tel(le) que vous êtes, avec vos défauts physiques, que ce n'est pas grave... mais on ne vous dit pas comment faire. Parce que ça doit être un déclic... Je ne peux pas vous dire comment j'ai fait pour accepter que l'on ne peut pas être apprécié de tout le monde, pour l'intégrer profondément. Je ne sais pas, comment j'ai fait, en fait. Je l'ai fait il y a longtemps, c'est tout. Donc je ne peux pas vous dire comment vous battre contre vous-mêmes. Le seul truc, je crois, c'est qu'il faut aller à son rythme, ne pas se laisser pousser par les autres. Mais se pousser un peu quand-même.

"À qui se peut vaincre soi-même, il est peu de choses qui puisse résister" – Louis XIV.

Qu'en pensez-vous ? Réussissez-vous à vous vaincre ?

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samedi 10 septembre 2016

J'appelle à la naïveté

Bonjour !

J'ai parfaitement conscience que ce que je vais dire dans cet article est naïf, presque simplet, mais je saute à pied joints dedans parce que parfois je me dis que, à toujours répéter que "les choses ne sont pas si simples", on se complique la vie.

Vous avez certainement entendu parler de cette histoire de mur que veut faire le Royaume-Uni pour se prémunir des migrants, de la volonté de démanteler le camp de Calais... et si l'argent que l'on va utiliser pour faire tout ça était utilisé pour aider ces gens, plutôt ? Parce que parmi ces personnes il y en a dont on a besoin (je ne dis pas qu'il ne faut aider qu'eux (je précise, sait-on jamais xD)). Il y a des médecins, par exemple, et nous nous avons des déserts médicaux parce que nos jeunes médecins ne veulent pas aller se perdre à la campagne. Est-ce que les médecins qui arrivent, quelque part, ne seraient pas un peu contents de pouvoir travailler et vivre ailleurs que dans un bidonville ? Évidemment il y a la barrière de la langue, mais ces personnes sont intelligentes, elles apprendront certainement le français très rapidement si on leur en donne la chance. Est-ce que ça ne serait pas plus constructif ? Et c'est médecins ne prendraient pas la place d'un "bon Français" puisqu'aucun "bon Français" ne veut aller à la campagne !

Je prends l'exemple des médecins parce que c'est le seul qui me vienne à l'esprit, mais parmi les réfugiés il y en a certainement plein d'autres qui arrivent avec des savoirs pouvant nous aider.

On pourrait me répondre que ça ferait un appel d'air et que ça ne ferait qu'empirer la situation... eh bien, sincèrement, je ne suis pas certaine. Si ces gens ne traversent pas la Méditerranée ils meurent. Leur seule chance est de traverser et la route est ouverte. L'appel d'air est en réalité déjà fait. Je me souviens aussi que, il y a quelques années, Les Carnets du Monde (très bonne émission, je ne cesserai jamais de vous le répéter ! :P) avaient fait un reportage sur l'Afghanistan je crois et une personne qu'ils avaient interrogée disait qu'elle voulait venir en France parce qu'à Paris on diffusait du parfum dans les rues... il y a déjà des légendes, des fantasmes, et l'espoir. Alors aider ces gens ne va pas faire d'appel d'air, à mon humble avis.

Est-ce que, finalement, à répéter "mais les choses ne sont pas si simples" on ne se complique pas un peu la vie ? Est-ce qu'à vouloir absolument que les choses soient compliquées on ne les rend pas compliquées ? Elles ne sont pas compliquées ! Complexes, oui, sans doute ; compliquées, pas tellement... Est-ce que si l'on voulait que les choses soient simples ça ne les rendraient pas simples ? Forcément, si l'on commence en disant "c'est trop dur, c'est pas possible" on ne peut pas faire les choses... C'est comme ça pour tout ! Quitte à dépenser de l'argent autant aider toutes ces personnes au lieu de désarticuler un bidonville qui, de toute façon, sera réinstallé.

Qu'en pensez-vous ?

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jeudi 1 septembre 2016

Les portraits, troisième édition n°1

Bonjour !

Vous savez l'année dernière la blogueuse avec qui je le faisais à dû m'abandonner en plein milieu et je l'ai ai fini toute seule (vaillamment tout de même). Cette année je me suis dégotée une autre camarade mais les portraits seront un peu différents (déjà parce qu'elle n'a pas de blog). Nous voudrions, nous serions très très intéressées, nous adorerions que vous participiez aussi en écrivant votre propre article de portrait sur les thèmes (assez large) que l'on a trouvé mais que l'on ne va pas vous donner à l'avance. Il y en aura cinq, pour cinq mois.

Ce mois-ci, comme nous venons de quitter les JO mais qu'il faut bien une lourdingue pour continuer d'en parler nous avons choisi comme thème "un sport des JO".

Eh bien autant l'année dernière, sur certains thèmes, j'avais galéré, autant là ben... pas du tout ! Evidemment, si j'étais un sport des JO je serais le saut à la perche et, vous savez, l'année dernière, j'avais dit que si j'étais un sport je serais l'escalade eh bien en fait je crois que je serais le saut à la perche (la fille pas inconstante pour un sou ! :P). Pour l'escalade j'avais dit que j'aimais bien le fait que pour arriver en haut on était obligé de grimper, qu'on ne pouvait pas défiler, en fait. Le saut à la perche c'est un peu pareil : on est obligé de passer l'obstacle alors que par exemple en haies on peut les percuter et gagner quand même. Et puis aussi le saut à la perche c'est quand même vachement impressionnant et très beau à regarder je trouve ! :)

Et vous ? Quel sport des JO (d'hiver comme d'été) seriez vous ?


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jeudi 25 août 2016

Le burkini : à propos de nos réactions

Bonjour !

Le sujet du burkini a été tiré dans tous les sens, de tous les côtés, abordé par à peu près tout le monde, sous les angles des droits des femmes et de la laïcité... J'ai hésité avant de me l'approprier à mon tour. En fait, quand j'ai émergé des Jeux Olympiques pendant lesquels je n'ai absolument pas écouté la radio ni regardé les infos, la polémique avait déjà commencé et j'ai découvert ça comme si je venais d'une autre planète, avec d'autant plus de surprise que je ne m'y attendais pas vraiment... Autant vous le dire tout de suite, puisque ça ne sera pas l'angle principal de mon article : je suis contre l'interdiction du burkini. Mais ce n'est pas cette interdiction que je veux traiter ici. Je veux proposer un autre angle : l'angle de nos réactions à cette tenue de plage, parce que je crois qu'il y a pas mal de choses à dire d'une part, et que d'autre part comme beaucoup de choses ont déjà été dites je ne vois pas trop l'intérêt de faire ce que d'autres ont très bien fait même si, de fait, l'angle de l'interdiction va resurgir dans cet article.

Nos réactions donc... Hier, en commentant plusieurs articles sur cette question du burkini je disais que s'il n'avait pas ce nom de "burkini", qui rappelle la burka et tout le débat qu'il y avait eu, toutes les questions de l'intégration de l'islam en France, il n'y aurait certainement pas eu toute cette polémique. Si on avait simplement présenté ça comme une tenue de surf/plongée avec un bonnet ça aurait été une solution astucieuse pour des femmes musulmanes pratiquantes d'allier et réconcilier leurs foi et convictions et la vie "sociale" des plages. Parce que, de fait, comme le rappelle Kariana dans son article sur le burkini, il n'est pas en soi une tenue religieuse mais simplement le moyen pour des femmes de préserver leur pudeur (religieuse ici), et on n'a pas attendu la problématique religieuse pour faire des maillots de bain couvrants... De ce point de vue, notre réaction face au burkini est conditionnée en partie par tout le contexte actuel d'attentats qui n'aide pas forcément. N'aident pas forcément non plus les personnes qui utilisent le burkini comme revendication politique et le détournent de sa vraie utilité : allier foi et vie "sociale".

Ce matin j'y repensais et je me suis rendue compte d'autre chose. J'ai l'impression que l'on ne traite pas de la même manière des propos extrêmes tenus par un chrétien que par un musulman. Je m'explique. Il y a quelques années, dans Le Petit Journal, une femme chrétienne avait dit que les homosexuels étaient malades, que c'était contre-nature et parfois Christine Boutin tient le même genre de propos, comme le fait que les hommes ne devraient pas se mettre de la crème comme les femmes, etc.... j'ai l'impression que l'on prend ça comme les idées de femmes illuminées qui ont une lecture excessive et extrême de la Bible, et pas comme le message de la Bible. Alors que, quand un musulman tient des propos extrêmes, on a tout de suite plus de facilité à considérer que c'est parce que l'islam répand un message mauvais (la faute aux terroristes qui, franchement, n'aident pas). J'ai l'impression que l'on ne sait pas faire la part des choses. Oui, il y a les revendications d'un islam politique et excessif qui demande la modification de codes français (comme cette histoire d'horaires non mixes de piscine (quoique des femmes non musulmanes pourraient s'y rendre) ou de salle réservée aux femmes dans une auto-école). Mais il y a aussi des choses qui n'ont rien à voir (en premier lieu) avec la politique.

Les femmes qui portent le burkini pour autre chose que de la provocation ne demandent rien à personne. Elles ne demandent pas à ce que toutes les femmes portent un burkini, ni à ce qu'il y ait des plages réservées aux femmes : elles s'adaptent elles, leur corps, duquel elles peuvent faire ce qu'elles veulent.

Une autre explication de nos réactions pourrait être notre côté un peu universaliste, à l'image d'une phrase de Raphaël Enthoven rapportée par Janis (peut-être sortie de son contexte : je n'ai pas cherché la chronique ou le texte dans lequel elle était) : "Les partisans du burkini défendent-ils, au nom de la tolérance qu’ils invoquent, le port du string sur les plages saoudiennes ?". Je trouve que là, franchement, il exagère, Raphaël Enthoven. Il exagère parce que d'une part on ne peut pas comparer une république laïque à une monarchie religieuse (tirant sur l'extrême), et parce que l'Arabie Saoudite n'a rien à faire dans notre débat. Il y a, mine de rien, dans cette phrase, un jugement sur l'Arabie Saoudite alors que ce n'est pas le sujet... c'est problématique (si vous êtes intéressés par l'Arabie Saoudite il y a un reportage dans le National Geographic de Février 2016 et qui depuis le temps doit avoir été mis sur leur site).

Edit 10h07 : j'ai trouvé la chronique de Raphaël Enthoven et ça me rassure un peu !

Cette idée universaliste, un peu chauvine, qui voudrait que, puisque les femmes ont le droit de se dévêtir en France, alors elles devraient toutes le faire. J'entends des gens arguer "ces femmes n'ont pas à nous imposer une façon de s'habiller" alors même que, en interdisant le burkini, c'est ce que les autorités se proposent de faire au nom de la liberté. Hmm hmm. Mais encore ? Soyons sérieux. Une femme, puisqu'elle a le droit de se dévêtir sur les plages, doit le faire ? Dans ce cas ce n'est pas un droit, c'est une obligation. Personnellement (et je suis athée donc la religion n'a rien à voir là-dedans), ce droit de me dévêtir, je n'en dispose pas. Alors quoi ? Quand je vais aller en jupe longue sur une plage on va me demander de me mettre en sous-vêtements ? Soyons sérieux. Il n'y a pas qu'une façon d'exprimer sa liberté corporelle : certains se font des tatouages, d'autres se mettent topless sur les plages, et d'autres se camouflent parce qu'elles ne s'aiment ou ne veulent pas qu'on les reluquent et, franchement, je ne vois pas le problème. Certes, il y a certainement des femmes qui sont forcées à porter le burkini, mais de là à généraliser il ne faudrait pas exagérer... L'universalisme est un défaut.

Le troisième angle d'analyse de nos réactions face au burkini est celui du féminisme ou devrais-je dire des féminismes. Certains courant semblent absolument vouloir – et ça rejoint un peu l'idée précédente – dévêtir des femmes sous prétexte qu'elles ont le droit et que si elles se cachent c'est forcément qu'elles y sont obligées. La religion peut même être sortie de l'équation puisque des femmes non musulmanes rencontrent des problèmes : comme cette amie dont l'ex trouvait qu'une jupe juste au-dessus du genou était trop courte. Comme si la taille de la jupe signifiait le degré de soumission de la femme qui la porte. C'est idiot. Je porte des jupes longues parce que j'aime ça, pas parce que ma famille ou mon petit-copain (que je n'ai pas d'ailleurs) ne veulent pas que je montre mes jambes...

Dois-je rappeler que, il n'y a pas si longtemps, les femmes se baignaient en robe et que les premiers maillots de bain épousant les formes du corps (sans montrer un gramme de peau/jambe cependant) ont fait scandale ? Dois-je rappeler que, encore aujourd'hui, un certain nombre de femmes ne va pas sur les plages parce qu'elles ne veulent pas avoir l'impression d'être reluquées sous toutes les coutures et vivent cela mal ? Où sont passées les libertés individuelles ?

On a aussi abordé la laïcité et je me suis rendue compte que certains n'ont pas compris ce que c'était alors je me contenterais de rappeler que la laïcité ce n'est pas gommer tous les signes religieux d'une société mais permette à chacun d'exercer sa religion dans la paix et la sérénité. Sinon, autant raser tout de suite les lieux de culte, qui sont quand même les plus imposantes marques de religion dans le paysage.

Je crois que, dans ce débat, faire la part des choses entre l'islam politique et des femmes qui essayent simplement d'allier leur foi et les loisirs de plage en France ne ferait pas de mal et serait vraiment bien. Non, toutes les femmes qui portent le burkini ne disent pas "regardez ! je suis musulmane et bientôt vous serez tous forcés de porter vous aussi un burkini". Non, toutes les femmes portant un burkini en France n'y sont pas forcées. Oui, elles ont aussi le droit de choisir ce qu'elles veulent faire avec leur corps et à qui elles veulent le montrer. Au lieu de tomber dans des divisions comme le veut l'Etat Islamique est-ce qu'on ne pourrait pas juste essayer de prendre un peu de hauteur, de se décoller des images que l'on a de l'islam ?

Evidemment l'islam n'est pas aidé par les terroristes, par le fait qu'il vient d'une autre région du monde et que l'on considère mieux le christianisme, ici depuis plus longtemps, ni par le fait qu'il n'y a pas, comme dans l'Eglise chrétienne, une hiérarchie stricte. Le fait que chaque imam puisse y aller de son interprétation, différente de celle de ses confrères, n'aide pas les non-croyants à comprendre la ligne alors que l'Eglise n'en a qu'une seule : celle du pape. Mais est-ce que la paix, est-ce que le vivre-ensemble, la fraternité, ne valent pas que l'on fasse un petit effort pour se comprendre mutuellement ? Pour s'apprécier peut-être ? pour lutter ensemble contre l'extrémisme ? (je sais, je sais ; dit comme ça c'est un peu naïf et arc-en-ciel en paillettes xD).

Voilà !
J'espère que ce troisième article de suite sur les discriminations et le deuxième de suite sur la religion ne fait pas trop redondant !

Q'en pensez-vous ?

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mercredi 24 août 2016

L'islam, le christianisme, et la république


Bonjour !

On a beaucoup entendu, dans les divers débats des derniers mois, certaines personnes déclarer l'islam non compatible avec la république. Je ne savais jamais vraiment quoi dire (oui, parce que je réponds à ma radio quand elle parle, mais je ne sais pas pourquoi elle n'a pas l'air de m'entendre xD) et puis il y a quelques semaines j'y repensais et j'ai trouvé ce que je voulais répondre (mais évidemment, en plein été et a fortiori en année olympique il n'y a plus de débats sur ces sujets et moi je me retrouve dans la panade pour trouver comment commencer mes articles :P). Je veux répondre que l'islam n'est effectivement pas compatible avec la république mais pas parce qu'il a prétendument deux milles ans de retard (par rapport à qui, d'abord ?), qu'il vient d'une autre partie du monde ou parce que de lui sont nés divers groupes terroristes. Il n'est pas compatible parce qu'il est une religion.

J'ai conscience que commencer mon article de cette manière me place d'un point de vue anti-religions voir même pire ; anti-islam, et je m'en excuse car ce n'est absolument pas mon point de vue, je ne cherche pas à démontrer qu'il faille annihiler les religions ou l'islam en particulier et j'espère vous le prouver en terminant mon article :)

Une religion est, en quelque sorte, un pôle de pouvoir qui prétend organiser la société et lui édicter des règles et des normes (dans le christianisme par exemple on a pendant longtemps réprimé l'homosexualité, des papes se sont dressés contre les moyens de contraception, etc.). Or une république (laïque dans notre cas) est un pôle de pouvoir qui prétend organiser la société, lui édicter des règles et des normes sans l'aide ni l'appui d'une religion quelle qu'elle soit, de manière complètement indépendante. Et c'est là que ça coince, parce qu'une même personne peut dépendre en tant que citoyen d'une république mais, en même temps, en tant que croyant, d'une religion.

Gloups.

Ça ne concerne pas seulement l'islam. Alors, histoire d'étaler un peu ma science et de rappeler à toutes les personnes qui ont l'air de dire que le christianisme est davantage compatible avec notre république à cause ou grâce à notre Histoire judéo-chrétienne je vais re-sortir mes cours d'Histoire. Comme vous le savez nous avons longtemps été sous le régime de la monarchie (Charlemagne a été couronné empereur en 800, pour vous donner une idée, mais les monarchies étaient là depuis encore plus longtemps). Une monarchie liée au christianisme puisque le roi ou l'empereur était roi ou empereur de droit divin (mais ce n'a pas été le cas partout en Europe). Alors, quand est venue la république, l'Église l'avait un peu mauvaise (c'est pas peu dire) et une grande majorité des chrétiens était à droite pour ne pas dire monarchiste. Il y a eu tout un tas de conflits, de polémiques, comme la question de quand faire sonner les cloches (est-ce qu'on peut les faire sonner pour des fêtes républicaines ?). Il y a même eu, si je me souviens bien, un président (Mac Mahon je crois mais c'est à vérifier) qui a élargi le mandat de président à sept ans afin de se donner le temps de trouver un roi. Si si si ma bonne dame. Et puis je vais même vous dire... vous savez pourquoi on a institué l'école des filles ? Eh bien moins parce qu'il fallait les instruire que parce qu'on devait les extirper des griffes de l'Église qui s'occupait alors de leur éducation. Alors ? Il est compatible avec la république, le christianisme ? :P

Je ne parlerais pas de la république romaine car c'est un peu différent et que je ne me souviens pas de tout ce qu'on a dit en cours mais, en gros, les consuls et globalement les grandes familles essayaient et parvenaient à se mettre sous la protection des dieux, se donnaient une origine mythique et se liaient à des divinités. Le christianisme, qui ne reconnaît qu'un seul dieu, posait donc un léger problème (également sous l'empire puisque l'empereur devait être vénéré comme un dieu et que les chrétiens ne voulaient pas, forcément). Donc là non plus ce n'était pas vraiment compatible. Et pourtant ça fait partie de notre Histoire judéo-chrétienne que certains se plaisent à rappeler ! ;)

Maintenant, on se rend bien compte que nos gouvernements n'ont plus vraiment de problèmes avec le christianisme ou l'Église, parce qu'il y a eu un temps d'adaptation, des accords, des lois, etc. L'islam en France n'a pas eu le même temps et n'a pas été aidé, il faut bien le dire, par le terrorisme. Mais ça ne veut pas dire qu'une adaptation n'est pas possible, n'est pas faisable, et ne se fera jamais. Ça ne veut pas dire qu'il faille interdire la pratique de l'islam en France (surtout que la loi sur la laïcité de 1905 s'y opposera de toute façon). Le christianisme a pu s'adapter, l'islam le pourra aussi. Mais c'est sûr que si on continue à répéter que ce n'est pas compatible avec des arguments discriminants derrière on n'y arrivera pas.

Je crois que, de par leur nature respective, religions et républiques ne sont effectivement pas compatibles puisque ce sont deux entités qui prétendent organiser la société et la contrôler. Mais je pense que les religions sont capables d'évoluer et de s'adapter au sein d'une république même si, de manière disons "brute" ce n'est à première vue pas compatible.

Voilà ! :)
J'espère avoir réussi à dépasser le côté un peu "extrême" de l'introduction de mon article ! :)

Qu'en pensez-vous ?

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samedi 20 août 2016

Non, tous les Français ne sont pas racistes


Bonjour !

Il y a deux-trois jours je suis tombée sur une photo publiée par une de mes contacts Facebook. Il s'agissait d'une capture d'écran qui énumérait toutes les polémiques en rapport avec l'islam (par exemple les accompagnatrices des sorties scolaires voilées, le halal, etc.) et qui terminait en disant que la France avait un problème avec les musulmans. J'ai répondu en disant que la France n'est pas raciste parce que la France est un pays mais qu'en revanche oui, il y a des individus racistes. Ce soir mon ex-camarade de collège a terminé la conversation en disant que tous les Français étaient racistes. C'est à peu près à partir de là que je me suis dit qu'elle était une cause perdue (même si je ne pense pas qu'un débat soit fait pour convaincre).

Déjà, le premier problème que je vois dans cet argument c'est que, si tous les Français sont racistes, alors elle aussi. Et là on a un soucis parce qu'avec tout ce qu'elle met sur Facebook, toutes ses attaques contre les racistes, elle ne l'est clairement pas. Mais ? Tous les Français ne seraient donc pas racistes ? Ça alors ! ;) Bon, plus sérieusement, si tous les Français étaient racistes alors je n'aurais pas écrit tous ces articles contre les discriminations (à l'encontre des Noirs, des femmes, des homosexuels et j'en passe !) et ces articles n'auraient pas été aimés par autant de monde. Si tous les Français étaient racistes alors Didier Deschamps n'aurait pas sélectionnés des Noirs et des joueurs d'origine arabe dans l'Équipe de France. Si tous les Français étaient racistes alors il n'y aurait aucun film français avec des minorités dedans, et puis aucun Noir ne travaillerait parce que tous les recruteurs seraient racistes, fatalement. Hors ce n'est pas le cas. Certes, il y a des discriminations à l'embauche, on ne peut pas le nier. Mais tous les recruteurs ne sont pas racistes. Donc tous les Français ne sont pas racistes. Ça va, où je continue ? :P

Et puis cet argument pause un autre problème. En disant que tous les Français sont racistes elle m'inclue dedans, elle m'insulte, et elle dit ne pas comprendre quand je dis que je me sens agressée ? Bon. On ne peut pas avoir un échange d'idées sain avec ce genre d'argument. On ne peut pas s'installer posément, donc on ne peut pas avancer. Si on ne peut pas avancer on ne peut pas trouver de solutions. Si on ne peut pas trouver de solution rien ne changera jamais dans le bon sens. On ne peut pas nier toutes les choses que font certaines personnes, certaines associations, en faveur de la lutte contre les discriminations. On ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier...

Oui, il y a du racisme en France mais, non, tous les Français ne sont pas racistes, pas plus que la France (pour les raisons que j'invoquais dans l'article que j'ai cité plus haut). Tout n'est pas rose dans notre pays, mais tout n'est pas noir non plus. Dites à mes amis qu'ils sont racistes, vous allez voir la tête qu'ils vont vous faire ! Après, il y a aussi les discriminations non conscientes véhiculées dans les expressions comme "manger comme un gros", mais c'est différent. C'est différent parce que ça passe par un système tout à fait inconscient. Bref.

Oui, nous sommes un ancien pays colonial, esclavagiste, oui certaines personnes sont racistes, oui il y a des débats autour de l'interdiction du voile à l'université (grosse bêtise d'ailleurs, m'enfin), mais ce n'est pas pour ça que tous les Français sont racistes. D'ailleurs, si tous les Français étaient racistes il n'y aurait pas de débat : on interdirait et point final, affaire suivante. Partir du principe que tout le monde est raciste, qu'il faut lutter contre tout le monde, ce n'est pas sain. C'est le modèle "moi contre le reste du monde" et ça ne fonctionne que rarement (pour ne pas dire jamais parce que je n'ai pas d'exemples sous la main).

En fait je crois que cet argument du "tous racistes" vient du fait que ce qui fait information c'est le désordre. Quand un train déraille on le dit, mais on ne parle pas de tous les trains qui arrivent à destination sans encombres à chaque minute dans le monde. Dans un pays laïque, qui rejette les discriminations, l'ordre est l'intégration, le vivre-ensemble, et le désordre les actes racistes/discriminants. Quand il y a agression, menace de mort, on en parle, parce que ça fait information. Mais on ne parle pas de toutes les personnes Blanches qui ont des amis d'origine arabe ou plus globalement d'origine étrangère. On ne parle pas des personnes qui ont des amis expatriés... On ne parle pas de l'ordre. De ce point de vue on peut avoir l'impression que tout le monde est raciste alors que, d'après un sondage il y a quelques mois, la population française est moins raciste (après on peut s'interroger sur comment le sondage a été fait, mais c'est une autre question). Donc non, tous les Français ne sont pas racistes ! Zut !

Si je continue je finis par tourner en rond, donc je m'arrête là :)
Qu'en pensez-vous ?

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