vendredi 30 octobre 2015

Ce harcèlement scolaire trop tabou

Bonjour !

Je n'aurais pas dû me doucher ce matin, parce que j'ai raté le début du débat sur le harcèlement scolaire chez Jean-Marc Morandini sur Europe1 et ensuite je n'ai pas osé appeler. Ce qui revenait beaucoup dans les témoignages, c'est que quand ils en parlaient à leurs parents ces derniers ne prenaient pas la mesure du problème, prenaient ça pour des "jeux d'enfants". Mais ça ne m'étonne absolument pas ! En Terminale, il y a deux ans, une experte en harcèlement nous avait dit que c'était un sujet tabou, qu'on en parlait vraiment que depuis cinq ans (donc sept maintenant), et que si c'était si tabou c'était parce que c'est un délit, et que l'on ne peut que difficilement admettre que des délits se déroulent dans le bras éducatif de l'Etat.

En début d'année, au collège surtout, les professeurs et les CPE vous répètent que si vous avez un problème vous pouvez aller les voir. Seulement, en réalité, quand vous allez les voir pour parler ils minimisent le problème. En Terminale, avec deux camarades, on avait participé à une espèce de concours de reportages et on avait fait le nôtre sur le harcèlement scolaire. Pas très loin du lycée il y avait un collège et on était allé demander un rendez-vous à la CPE. Elle nous a dit que dans son établissement il n'y avait absolument pas de harcèlement, seulement de l'incivilité (quand on sait que l'experte en harcèlement nous a dit que le harcèlement se faisait majoritairement au collège on est en droit de se poser des questions). Ensuite, on est allé demander un rendez-vous à la COPsy de notre lycée, qui travaillait aussi dans ce collège, et elle nous a confirmé qu'il y avait du harcèlement dans ce collège.

Dans le même genre, en Quatrième je crois, j'avais un ami gay. Et une bande de pestes dans la classe s'amusait à lui faire des remarques du genre "tu es sûr que tu vas dans le bon vestiaire ?" quand on était en sport. Un jour il s'est passé une scène amusante à base d'un ballon passant au-dessus d'un élève, j'ai souri et l'une de ces filles m'a dit que l'on ne devait pas faire de discrimination de taille ou de poids. J'ai halluciné. Je lui ai dit que vu ce que j'entendais, c'était pas moi la plus raciste des deux. Et à partir de ce jour je n'ai plus jamais entendu la moindre remarque ! Mais la prof de sport n'a jamais rien dit, alors que je suis sûre qu'elle entendait les remarques de cette bande d'abruties. Parce que c'est innocent, des jeux d'enfants...

Des "jeux" qui peuvent aller jusqu'au suicide. Et qu'on ne me dise pas "où sont les parents ?" comme ça m'arrive de le lire sur d'autres sujets ou même celui-là. Parce qu'on est dans le même processus que pour les victimes d'un viol par exemple : la honte. La dévalorisation de soi aussi, la peur, l'appréhension, l'idée que ça va passer. Et quand les victimes trouvent le courage de trouver un professeur ou un CPE _ vous savez, ces mêmes professeurs et CPE qui vous disent, à votre entrée au collège, que si vous avez un problème vous pouvez aller les voir _ et qu'ils vous répondent que c'est juste pour rire, que c'est de l'incivilité, ça donne vachement envie d'essayer d'en parler à quelqu'un d'autre...

J'ai failli être harcelée. Deux fois. En primaire, et au collège. Quand on me disait "t'es moche" je répondais d'un ton désintéressé "je sais", sans même prendre la peine de regarder la personne. Ils ont essayé plusieurs fois, de temps en temps, puis comme ils voyaient que ça ne marchait pas ils ont fini par arrêter. D'autres évitent le harcèlement en utilisant l'humour qui est une arme redoutable. Mais la plupart du temps on n'a ni le caractère pour se défendre, ni l'humour pour retourner la situation à son avantage, et comme derrière il n'y a pas le soutien que l'on devrait attendre des adultes, la situation s'enlise.

Le harcèlement est un sujet tabou parce qu'il ne peut pas y avoir de délit dans un établissement scolaire publique, c'est comme un policier meurtrier ou violeur, c'est pas possible vous comprenez. Le harcèlement est tabou parce que l'on sait que c'est quelque chose de grave et que l'on ne peut pas imaginer que des adolescents si jeunes puissent se livrer à une pratique aussi destructrice pour leurs semblables. Je ne crois pas que ça soit aux parents de lutter contre le harcèlement scolaire. Evidemment ils peuvent rester attentif, ouvrir bien grands les yeux pour repérer les petits signes, mais ce sont aux professeurs de faire le gros du travail. Et surtout, il ne faut pas se dire que comme tel élève est mignon comme tout, n'a pas de signe particulier qui pourrait prêter à la moquerie, c'est qu'il ment. Les enfants trouvent toujours quelque chose, et ça peut aller jusqu'à se moquer du groupe de musique préféré...

C'est un sujet tabou qui a déjà fait beaucoup de victimes depuis des décennies mais je pense que si on le prend réellement au sérieux on peut lutter efficacement contre.

Qu'en pensez-vous ?


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mercredi 28 octobre 2015

Du plaisir de bloguer

Bonjour !

Ça fait au moins une bonne demie douzaine de fois que j'essaye de pondre cet article, mais comme mes idées ne sont pas vraiment ordonnées dans ma tête, c'est encore plus compliqué à écrire. En fait, hier, je suis tombée sur un article de Parispagesblog qui m'a un peu fait penser à celui de DeboBrico, et depuis ce matin je me dis que l'on parle rarement du plaisir de bloguer. En fait, quand je lis des articles sur "pourquoi je blogue" et autre du genre, ce qui revient beaucoup, et je le dis aussi dans les miens, c'est le partage. Jamais le plaisir, ou en tout cas je ne me souviens pas l'avoir lu.

Dans ces deux articles il est question de la perte d'envie, de l'obligation que l'on peut ressentir d'écrire des articles, de la recherche d'idées faites pour faire plaisir aux lecteurs mais qui oublie le plaisir des auteurs. Il est question de plaisir. Est-ce que finalement le plaisir n'est pas censé être avant le partage ? Est-ce que le but ce n'est pas plutôt de partager des choses qui nous font plaisir parce que ça nous fait plaisir de partager, plutôt que de partager des choses pour partager des choses, pour plaire aux lecteurs ? Et d'ailleurs c'est qui "les lecteurs" ? Je ne crois pas, au fond, que l'on puisse vraiment dire "les lecteurs". Je veux dire... le public est fait d'individus, tous différents. Alors ce qui va plaire à l'un ne va pas forcément plaire à l'autre, même si des majorités et des tendances se forment.

Debobrico disait qu'elle avait commencé à chercher de quoi faire plaisir aux lecteurs en oubliant ce qui lui faisait plaisir à elle. A partir de son cas je crois que l'on peut répondre à la question que posait Laura de Virée dans l'espace : la blogueuse doit-elle justifier son absence ? Là où je veux en venir c'est que si on publie juste pour faire plaisir aux lecteurs, que l'on s'y sent obligée, c'est un peu comme si on se rendait esclave des lecteurs, que l'on entrait dans une espèce d'état de servitude. Comme je le disais à Laura, on s'excuse quand on blesse, ou que l'on fait une bêtise. Si l'on se sent obligée d'écrire, ou que l'on cherche absolument des articles pour faire plaisir aux lecteurs et que l'on n'y arrive pas, c'est là que la culpabilité arrive et que l'on ressent le besoin de s'excuser. Si je prends mon cas, cet article est seulement le quatrième de ce mois alors qu'habituellement je tourne plutôt entre le double et le triple. Mais je ne me suis pas excusée. Sincèrement, j'y ai pensé. Mais je ne l'ai pas fait, parce qu'au final je n'en voyais pas l'utilité. Et je ne publie jamais des choses pour faire plaisir aux lecteurs sans que ça me fasse plaisir à moi. Donc je pense que la culpabilité et la manière dont on aborde ses articles sont liées. Je ne me sens pas coupable de ne pas écrire, je me sens un peu embêtée parce que j'aime bien écrire ici, mais qu'en ce moment je n'ai pas tellement d'idées... Enfin bref.

Je pense que c'est important de se faire plaisir, de ne pas se sentir obligée de jeter quelques mots sur internet pour faire plaisir à ses lecteurs. Quel que soit l'article que l'on publie, il y a toujours quelqu'un pour l'apprécier. Du coup, à chaque fois que je lis un message sur Hellocoton qui demande "est-ce que vous préférez que je publie ça ou ça ?" ou "qu'est-ce que vous voulez voir sur le blog ?" je répond immanquablement la même chose depuis au moins deux ans, si pas trois : je préfère ce que toi tu préfères, je veux voir ce qui te fait plaisir. Autant je me prononce sur le contenant, sur le design du blog, autant sur le contenu je ne dis rien, et je laisse faire.

Je ne sais pas trop d'où vient cette perte de plaisir. Des partenariats peut-être, d'une réelle envie de faire plaisir qui se transforme en obligation, peut-être aussi un peu de la recherche des statistiques ; sur tous les blogs il y a des articles qui marchent moins que d'autres. Par exemple quand j'ai publié Au tour du monde je savais que ça ne fonctionnerait pas comme article, et pourtant j'avais vraiment envie de le publier, et comme je suis suicidaire j'aimerais même en faire une série, pourtant, il n'a pas marché. Parfois je me dis que faire tel ou tel genre d'articles, ceux à la mode, ça serait bien, ça ferait certainement plaisir aux lecteurs, puis après j'abandonne : je n'ai pas envie d'écrire un article qui ne me plait pas. Et, en plus, c'est peut-être super prétentieux de balancer ça comme ça mais je pense que les personnes qui viennent sur mon blog viennent pour moi. Ce que je veux dire par-là c'est qu'elles ne viennent pas pour des do it yourself, ou le récit rigolo d'une anecdote assez commune. Je crois que chaque lecteur attend de chaque blog quelque chose de différent et que donc ça ne sert à rien de vouloir faire comme les autres.

Ces dernières semaines, il y a eu assez régulièrement des articles sur la mort des blogs. Dans l'un d'eux, la blogueuse prenait en exemple les blogs qui charrient des dizaines de milliers de vues par jour comme preuve que les blogs n'étaient pas morts. Mais je ne crois pas que l'on puisse mesurer l'état de santé des blogs par leur nombre de vues. Je pense que les blogs seront morts quand ils seront tous identiques, tous blancs avec seulement le cadre des modules en coloré, tous dans des couleurs pastel, quand ils publieront tous sur les mêmes sujets, s'adresseront aux lecteurs tous de la même manière, que tout sera uniforme et sans personnalité : là, on aura perdu les blogs. Mais pour éviter ça il faut le plaisir, et arrêter de se demander ce que les lecteurs veulent. Les lecteurs vous veulent vous !

Qu'en pensez-vous ?


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jeudi 22 octobre 2015

La nullipare qui voulait le rester


Bonjour !

Aujourd'hui j'ai mangé avec une amie et, au détour de la conversation, comme l'occasion se présentait, je lui ai parlé de l'article de Lina que j'ai lu hier. Mon amie était d'accord pour dire que les phrases rapportées dans cet article sont de stupides survivances du rôle que l'on donnait à la femme dans la société aux XIX et XXème siècles : procréer. En revanche, quand je lui ai dit qu'une autre amie m'avait répondu que "j'étais encore jeune" (autrement dit que je pourrais changer d'avis) quand je lui ai dit que je ne voulais pas d'enfants, elle était d'accord avec elle. Comme quoi, les survivances sont plus tenaces qu'on ne le croit.

Je ne veux pas d'enfants. Je n'en ai jamais voulu. Je n'ai jamais dit "mes enfants s'appelleront comme ça et comme ça" quand j'étais petite, ou alors je ne m'en souviens pas, ce qui revient un peu au même, au final. Je ne m'imagine jamais mère. Tante, éventuellement. Mais pas mère. Même pas mère adoptive et, d'ailleurs, quand j'envisage l'adoption (oui, j'aime bien imaginer différents scénari d'avenirs, chacun ses manies xD) je ne la vois pas comme un moyen pour moi d'avoir un enfant, mais un moyen pour l'enfant d'avoir un parent. Je ne sais pas si je suis claire mais disons que je la vois plus comme... une action humanitaire pour donner un parent à un orphelin, et pas pour correspondre et assouvir un quelconque désir d'enfant. Je ne m'imagine pas mère, je ne veux pas être mère, la simple idée d'être enceinte me... répugne. Je sais que je viens certainement de m'attirer les foudres de quelques personnes en disant ça, et pourtant c'est bien le mot le plus proche. Je ne veux pas d'enfants. Je ne le raisonne même pas en disant "on vit dans un monde pourri, on ne sait pas comment l'avenir sera" : c'est juste que je n'en veux pas. J'aime bien les enfants (de deux à huit ans), je m'entends bien avec eux ; je ne veux pas grandir, je suis une grande enfant dans l'âme, mais je n'en veux pas. C'est même pas que je ne veux pas être mère, c'est que je veux ne pas être mère. C'est une différence subtile mais importante, je crois.

Et toutes ces phrases ; celles que rapporte Lina, celles que j'entends, je pense, sont des survivances de ce passé dans lequel les femmes doivent avoir des enfants, ne se définissent que par leur rôle dans la société, où les jeunes filles ne deviennent femmes qu'une fois mariées, où on leur apprend la cuisine, la couture, et à garder un ménage, où l'Eglise compte sur elles pour toucher les enfants, où ce sont elles qui éduquent les enfants, des femmes au foyer. Ce passé où une femme sans enfants, célibataire, est mal vue, rejetée et marginalisée. Ce XIXème où, si la folie de l'homme vient de l'extérieur, de l'ivresse par exemple, celle de la femme vient de l'intérieur, de son cerveau défectueux, et où il faut lui éviter les facteurs aggravant comme... la lecture.

Mon amie s'est défendue de cette survivance en disant que c'était humain de vouloir des enfants. Donc je ne suis pas humaine ? Je sais qu'elle ne l'a pas dit dans ce sens-là : elle voulait inclure les hommes. Oui mais. Si un homme dit qu'il ne veut pas d'enfants on lui demandera certainement pourquoi, mais il n'y aura pas toute la pression sociale qu'il y a pour les femmes, en partie parce qu'eux peuvent avoir des enfants tout au long de leur vie, au contraire des femmes qui ont une date de péremption (j'ai failli mettre les guillemets puis je me suis dit qu'en fait non).

Je n'ai pas seulement cité Lina quand je lui parlais. J'ai cité deux autres blogueuses qui avaient dit dans un article ou un commentaire qu'elles ne voulaient pas d'enfants mais que leur entourage continuait de les enquiquiner. Mon amie m'a dit que je lisais beaucoup de blogs de femmes qui ne voulaient pas d'enfants. Dans le métro j'ai pensé que... je lis beaucoup de blogs de femmes. Tout court. Je veux dire... Certes, en France il y a encore plus de deux enfants par femme, mais plein de femmes ne font pas d'enfants. Sa remarque m'a fait penser à quelque chose du genre "ben dit donc, tu lis beaucoup de blogs de personnes homosexuelles" : de personnes minoritaires : de personnes marginales. Mais je me demande si les femmes qui ne veulent pas d'enfants sont minoritaires de beaucoup... Je ne lis pas "beaucoup de blogs de femmes qui ne veulent pas d'enfants". Je lis beaucoup de blogs de femmes. Ça ne veut pas non plus dire qu'aucune femme ne veut des enfants, ça veut simplement dire que l'on ne sépare pas les femmes qui n'en veulent pas des femmes qui en veulent.

Il y a autre chose à laquelle j'ai réfléchi dans le métro. Cette histoire de genre humain pour lequel il serait naturel de vouloir des enfants. On disait avant que c'était le rôle de la femme d'avoir des enfants et on la définissait comme épouse, et comme mère. Et je pense que l'on est tous d'accord (je sais bien que non mais l'espoir fait vivre !) pour dire que c'est un peu n'importe quoi, et mon amie fait partie de ses personnes. Mais en disant que je vais avoir envie, plus tard, d'avoir des enfants parce que les humains doivent avoir envie d'enfant est-ce qu'on ne fait pas la même chose ? Est-ce que l'on ne commence pas à donner un devoir de reproduction aux humains ? On ne règle pas le problème de la définition d'individus par la production d'enfants : on l'élargit à tous les individus, joignant les hommes aux femmes. Mais il existe des hommes qui ne veulent pas d'enfant. Et je doute que mon amie leur dirait "mais tu vas voir, tu vas changer d'avis !".

Peut-être, oui, qu'il y a des personnes qui changent d'avis. Mais pas moi. Je suis nullipare (en même temps à dix-neuf ans c'est plutôt rassurant ! xD) et je souhaite le rester. Et entendre que je verrai, que je suis encore jeune, que "j'étais comme toi avant", que je vais changer d'avis, ça me désole. C'est même pas que ça m'énerve, c'est que ça me désole, ça me dépite.

Mon amie m'a dit que, effectivement, si elle tombait enceinte fortuitement et qu'elle n'avait pas la situation stable pour le garder elle avorterait, mais que sinon elle le garderait. Alors quoi ? Une femme, dès qu'elle a une situation stable, doit se mettre à produire des enfants ? Mon amie m'a dit "mais imagine t'avortes et tu regrettes plus tard de l'avoir fait, tu te demandes "et si je l'avais pas fait ?"". De mieux en mieux. Donc. Si je suis bien : je tombe enceinte, je ne veux pas d'enfants mais je dois garder le gosse au cas où plus tard j'ai envie d'un gosse ? Euh... Oui ? C'est un peu absurde quand même. Pauvre enfant, je vais le mettre où pendant tout ce temps ? Je le stocke dans ma cave ? Va élever un gosse que t'as pas désiré, toi. Bonne chance et mon courage : j'aimerai bien voir ce que le psy dira quand il sera adulte ! C'est absurde.

Et si c'est absurde c'est parce que l'on est encore dans l'idée qu'une femme doit avoir un enfant. Un enfant assez rapidement (dès la relation et la situation stables). Les mentalités n'ont pas tant changé que ça : la femme doit procréer. Si toutes ces phrases sont absurdes, c'est parce qu'elles essayent de rattacher à une société moderne dans laquelle les usines à enfants peuvent décider de ne plus en produire (ma formulation est un peu barbare) la vieille image de la femme dans la conscience collective qui est de donner des enfants, d'assurer l'avenir. Et ces phrases essayent de les rattacher en faisant des compromis sur d'autres critères, comme quand on dit à Lina que ce n'est pas grave si elle n'a pas une situation stable, ou qu'elle peut prendre un mec juste pour lui faire un enfant, ou quand on me demande ce que je vais faire si j'avorte et que plusieurs années plus tard je veux un enfant. C'est absurde. Ça l'est parce que ça cherche à tous prix une solution pour que la femme, cette terre nourricière (j'ai lu la métaphore dans un bouquin), produise.

Voilà.
Des idées, des avis, des arguments et contre-arguments ? Je prends tout ! :D
Autrement dit : qu'en pensez-vous ? D'autres futures vieilles filles dans l'assistance ?

Je suis contente d'avoir écrit cet article et de renouer avec mes articles habituels !


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mercredi 14 octobre 2015

Le truc qui cloche

Bonjour !

Ceux qui me suivent depuis un moment savent que je suis hors normes (autant prendre le terme mélioratif au passage) même si je sais que si Charlie me lit elle s'apprête déjà à me dire qu'elle n'est pas d'accord avec moi :P Oui mais. Aujourd'hui j'ai une preuve. Si. Parce que je suis tombée par hasard sur un livre à Nature&Découverte, sur un type de personnes, et la liste des caractéristiques à la fin ben... ça collait. La grande majorité des caractéristiques. Ce livre, il parle des personnes à "raisonnement global". Avant de tomber sur ce livre je ne savais même pas que ça existait.

Concrètement, pour moi, ça ne va pas changer grand chose, peut-être améliorer ma communication avec les autres, mais c'est surtout que j'aurais quelque chose à répondre quand on me dira que je suis "bizarre" ou que mes parents diront qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez moi et que j'ai besoin d'un psy. J'ai pas besoin d'un psy (enfin, tout le monde a besoin d'un psy mais vous m'avez comprise) ; j'ai besoin de mettre le doigt sur le truc qui cloche.

En gros, dans la liste à la fin du livre, ils disent que les personnes à "raisonnement global" ne prennent pas en compte les éléments de manière séquentielle (je ne sais pas ce que ça veut dire xD), ont une forte capacité de raisonnement et de résolution des problèmes (je ne trouve pas particulièrement, m'enfin), lisent régulièrement (ça oui !), ont un vocabulaire étendu et on m'a déjà fait remarqué que je sortais des mots "intelligents" ou que le vocabulaires dans mes textes était assez large, sont hypersensibles voire susceptibles ; le deuxième non, le premier je ne trouve pas, mais je crois que je ne saisis pas trop le sens de "hypersensible" parce que pour moi c'est pleurer pour rien (pardon pour les hypersensibles xD). Il parait que les personnes qui raisonnent globalement sont plus sensibles aux sons et aux odeurs mais... bof... (en gros jusque-là c'est à ce demander pourquoi je pense faire partie de ces gens vu que je démonte tout xD). Par contre la grande ouverture d'esprit, la grande curiosité, et aimer débattre et échanger des idées, ça j'ai ! Aussi le besoin de mener de front plusieurs projets (le Projet Recueil, Histoire à 1000 mains, ce blog, mon second roman _ qui patine dès le premier chapitre d'ailleurs _, une autre histoire quand je m'ennuie en cours, mes cours, et cette émission de radio que j'essaye de lancer : ça va aller, je crois :P). C'est vrai aussi que je m'entends mieux avec des personnes plus âgées, ou en tout cas je préfère parler avec des adultes, et, plus jeune, je ne voulais pas être à la "table des enfants". La persévérance ça colle, mais pas le sens de l'humour particulier (je comprends les blagues où y'a rien à comprendre), comme les idées pas possible à réaliser, je vois pas trop... par contre le grand sens moral j'ai, mais l'incompréhension devant les personnes dont je me sens différente... bof (heureusement que la liste s'arrête là parce ce paragraphe devient vraiment un peu long et que les grands gourous de la blogosphère ils ont dit qu'il fallait faire de petits paragraphes) (ça se voit qu'ils lisent pas mon blog) (c'est une erreur ;P).

C'est pas que je veuille me mettre une étiquette, mais c'est toujours plus facile de mettre des mots sur les choses. Par exemple du jour où j'ai su que j'avais des "compulsions alimentaires" elles ont été moins fortes voire ont quasiment disparues. Et je ne pense pas que le "raisonnement global" réponde à la question "qui" mais à la question "ce que". Parce que "qui" c'est pour définir la personne, l'individu, mais même si je suis effectivement une personne à raisonnement global, je reste un individu, donc je pense que c'est mieux de dire "ce que je suis" plutôt que "qui je suis".

Je pense que c'est possible que je me trompe... ça fait plusieurs années que je cherche. Je ne m'en rends pas malade non plus, mais, quand ma grand-mère est morte il y a quelques années et que je n'ai pas pleuré (ou plus précisément que je me suis forcée à ne pas pleurer parce que je n'aime pas ça, quitte à paraître froide) mes parents m'ont dit pour la première fois que je n'étais "pas normale" et moi je voulais mettre une vraie définition, plus ou moins consciemment. L'autisme ne collait pas, la surdouance non plus... cette histoire de "raisonnement global" c'est le premier truc qui colle vraiment. J'ai commencé à lire le livre, et la plupart des trucs c'est moi, c'est ça... du coup je ne pense pas que cette fois je me trompe. Mais j'ai quand même hésité à l'acheter. Je me disais que ça collait mais que ça ne pouvait pas être ça (même moi je ne peux pas vous expliquer le cheminement tout à fait logique de ma pensée xD). Mais au final je crois que c'est ça. Mais en même temps j'ai un peu peur que si je règle mon "problème" je n'arrive plus à écrire aussi bien et j'aime vraiment écrire...

Voilà. Je vais m'arrêter là parce que sinon je vais tourner en rond et que, surtout, déjà que je ne poste pas beaucoup alors si en plus je me mets à ne faire que des articles sur des questions existentielles on n'est pas rendu x)

Enfin bref.


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vendredi 2 octobre 2015

À sens unique

Bonjour !

Depuis une semaine je vivote, mes pensées tournent en boucle, et tout à commencé avec quelque chose qui n'avait aucun rapport (c'est le moment pour vous de fuir en courant si vous ne voulez pas avoir besoin d'antidépresseurs dans les prochaines minutes :P). En fait il y a une semaine j'ai décidé d'abandonner l'idée d'aller courir. Sauf que ça n'a pas été aussi simple. Parce que je suis compliquée. Donc j'ai passé vingt minutes à hésiter. Mais pas à hésiter type "j'y vais... j'y vais pas ?" plus du type : si j'y vais comme je suis pas motivée ça va juste être ridicule, catastrophique, de la torture, mais si j'y vais pas je vais me détester de ne pas avoir tenu ma résolution. Ça n'a pas loupé. Je crois que c'est à cause de ça que depuis une semaine je tourne en boucle : j'ai pas d'amis, j'en n'ai jamais eu, le tout assorti de tout un tas de preuves de plus ou moins bonne foi (je vous ai déjà parlé de mon gouffre, ben j'y suis pas mais presque). Enfin bref. Si je fais cet article c'est pas pour vous exposer toutes mes pensées parce que sinon l'on n'aurait pas fini, mais parce que derrière il y a une vraie réflexion, un peu plus productive que des pseudos-preuves.

En fait, j'ai un peu l'impression que toutes mes relations amicales, se font à sens unique. C'est moi qui contacte mes anciens camarades et amis de collège et de lycée pour leur demander comment ils vont, ce qu'ils font, parce que ça m'intéresse, qu'on a emprunté le même chemin pendant plusieurs mois et que je veux savoir lesquels ils ont suivi ensuite. Mais eux ne me contactent jamais. À un moment un ami de collège le faisait plus ou moins régulièrement à coup de "cc sa va" mais, quand je lui demandais ce qu'il y avait de neuf, ou ce qu'il faisait, il répondait qu'il s'ennuyait, donc ça ne compte pas (je ne suis pas un bouchon d'évier, je suis une personne). Vous pourriez être tentés de me dire que si je mets des choses sur Facebook c'est sûr que mes amis n'ont pas besoin de me parler pour savoir ce qu'il se passe dans ma vie. Mais je ne mets rien sur Facebook. Ma photo de profil c'est un bébé lion, c'est vous dire.

Et puis je fête les anniversaires. Je ne les oublis pas. Et je n'ai pas besoin de Facebook pour m'en souvenir. Je regarde la date une fois si j'ai un doute et après je me souviens. Mes amis ne me fêtent jamais mon anniversaire. Vous vous souvenez, j'avais dit dans un article que je m'attendais à ce qu'ils ne m'envoient aucun SMS ? Pari gagné. Ce qui ne m'a pas empêché d'espérer lamentablement. En soi ce qui me gêne ce n'est pas qu'ils ne me le fêtent pas puisque pour moi c'est un jour comme les autres, mais qu'ils oublient la date. Parce que pour volontairement ne pas le fêter il faut connaître la date. Le pire ça a été une amie qui me l'a souhaité "en retard". Je déteste qu'on dise "joyeux anniversaire en retard". Tu oublis, c'est pas grave : tu t'excuses et on passe à autre chose ou tu la ferme, mais le "en retard" ça me tue, surtout quand le retard est de plus d'un mois... Le sujet est revenu dans la semaine. Une autre amie était surprise quand j'ai dit que pour moi c'était un jour comme les autres. Elle a dit "mais c'est le jour où tout le monde pense à toi !". Hrm. Oui. Mais c'est bien sûr. Là comme ça c'est pas flagrant, tu vois. Je sais qu'elle n'a pas dit ça à mal, qu'elle n'a pas réfléchi, et sur le moment j'en ai ris sincèrement, mais, franchement, après coup, ça m'a achevé. Cela dit je crois que ça m'a fait comprendre pourquoi pour moi c'est un jour comme les autres. J'ai toujours considéré que ça n'avait pas d'intérêt, qu'il n'y a rien de spécial ce jour-là. Je crois que la raison c'est parce qu'on ne me le fête pas (à part mes parents et ma soeur évidemment). Du coup, si les autres n'y vois pas d'intérêt, pourquoi est-ce que moi j'en verrai ?

À un moment je pensais que c'était peut-être parce que je suis née en été, qu'en été les gens partent en vacances... mais même pas. Mon amie fête son anniversaire en été et en a un à fêter dans le même mois que moi, mon autre amie début Septembre mais les cours n'avaient pas encore repris à ce moment-là. Non, c'est juste que je ne suis pas la fille à laquelle on pense. Voilà.

Il y a quelques mois ma mère m'a dit que des amis on les voyait en dehors des cours, pas que sur le campus. Euh... moui, encore faudrait-il qu'ils me contactent pour qu'on sorte ? Un exemple tout con. Hier. La première amie dont j'ai parlé dans cet article avait pris un flyer d'une espèce de labyrinthe que tu fais avec des amis et duquel tu sors en répondant à des énigmes. Il y a plusieurs thèmes. Elle a dit avec quels amis elle le ferait en fonction du thème. Mais elle ne m'a pas proposé de venir. Même quand je lui ai dit que ça avait l'air sympa.

Alors voilà, c'est à sens unique. C'est moi qui vais demander des nouvelles à mes anciens camarades, moi qui propose à mes amies qu'on mange ensemble, je pense à fêter les anniversaires, je suis prête à faire des sacrifices, je suis gentille de nature, mais en retour rien ne vient. Jamais. Ce matin je me suis dit que ça serait peut-être bien que j'arrête de les contacter. S'ils veulent qu'on mange ensemble ils n'ont qu'à me demander. S'ils s'intéressent vraiment à ce que je deviens et ne répondent pas "et toi ?" par automatisme ils n'ont qu'à me contacter. Ils ne vont pas me faire croire que c'est dur dans le monde d'aujourd'hui... Seulement voilà, après m'être dit tout ça je me suis dit que je voudrais bien savoir ce qu'est devenu un camarade de lycée. Je sais, c'est ridicule, j'ai la force mentale d'une huître (et c'est insulter les huîtres, heureusement qu'elles ne lisent pas le français) (enfin j'espère).

Je sais que c'est de ma faute (au moins en partie), je suis plutôt distante, assez solitaire de nature, pas à l'aise quand il y a plus de cinq ou six personnes autour de moi _ je me mets en mode spectateur et je regarde, je participe peu _ je ne me confie pas, je ne vais pas me prendre des cuites à trois heures du matin, je suis raisonnable et je me couche tôt en semaine (mon Dieu, le jour où je me déciderai à appeler un psy il va bien se marrer avec moi !), mais d'un autre côté n'est-on pas censé prendre les gens comme ils sont ou pas les prendre du tout ? Je veux dire... j'ai des défauts (à ce niveau-là on peut parler de handicap social plus que de défauts d'ailleurs), mais j'ai aussi des qualités... Donc je crois que je vais m'efforcer de ne rien demander à personne. S'ils veulent manger avec moi, ils me demandent... Je risque de ne pas manger avec eux souvent, du coup x) Tant pis. J'ai jamais eu de chance en amitié de toute façon.

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