lundi 31 août 2015

Je ne suis pas un monstre

Bonjour :)

Ça peut paraître étonnant de devoir se justifier de ne pas être un monstre mais voilà, je m'y sens presque obligée, obligée d'expliquer pourquoi, non, je ne suis pas un monstre. Il y a un ou deux jours Ginie a publié un article dans lequel elle dit, en gros, qu'elle en a marre des personnes sur les réseaux sociaux qui disent "bien fait" sous les relais d'articles relatant des drames comme cette fourgonnette remplie par quatorze jeunes. Les commentaires sous son article la soutiennent... sauf le mien.

Je ne dis pas "bien fait". Je n'ai pas cette mesquinerie ni cette méchanceté. Je ne dis pas "tant pis pour eux (s'ils sont morts)". En fait c'est presque pire. Presque pire parce que dans ces deux réactions il y a quand même des sentiments. Moi je n'en fais pas, je suis très froide dans ma réaction, c'est vrai. Je dis : ils ont joué, ils ont perdu. Ils ont fait un choix ; celui de monter dans une fourgonnette à quatorze alors qu'elle était prévue pour moitié moins, le tout conduit par un jeune sans permis et éméché. Alors non, je ne les plains pas. Je raisonne la situation avec ma tête, pas avec mon coeur. Parce que ces jeunes qui risquent leur vie en allant se baigner dans des zones interdites à la baignade, ou qui skient en hors pistes, pour la gloriole, pour avoir un truc à raconter, et parce que "YOLO" ont fait un choix. Quand on accepte de participer à une partie on signe un contrat tacite où on s'engage à respecter les règles et la possibilité de perdre. Ici c'est pareil. Ils ont fait un pari : le pari qu'ils pourraient amener la fourgonnette à bon port sans accident. Ils ont perdu. Oui c'est un drame, oui derrière il y a des familles brisées, dévastées, je le comprends, et c'est normal, et je ne dis pas qu'il faut jeter les cadavres dans une fosse commune et les oublier. Je dis que moi, ça, ça ne me touche pas.

Mais ça ne fait pas de moi un monstre.
Je suis humaine.
Je suis capable d'avoir des sentiments.

Je suis capable d'avoir des sentiments pour ces migrants qui s'engagent dans ce qu'ils appellent le "voyage de la mort" pour essayer de sauver leur famille parce que, de toute façon, s'ils restent chez eux, ils meurent ou doivent obéir à l'EI. Je suis capable d'avoir des sentiments pour ces soixante-et-onze migrants asphyxiés dans un camion, certainement abandonnés là par leurs passeurs qui se fichent de leurs vies une fois qu'ils ont empoché l'argent.
Je suis capable d'avoir des sentiments quand je regarde le Tour de France et qu'il y a une chute. Qu'on voit ces gars complètement rappés mais qui, bien souvent, remontent sur leur vélo et terminent au moins l'étape, si ce n'est le Tour, malgré la souffrance. Je suis capable d'avoir des sentiments pour Kris Boeckmans tombé lors de la huitième étape de la Vuelta et plongé dans un coma artificiel à la suite d'un traumatisme crânien sévère, d'une hémorragie pulmonaire, et de plusieurs fractures dont trois côtes cassées dus à une chute.
Je suis capable d'avoir des sentiments. J'ai failli verser ma larme à la fin du documentaire Dancing in Jaffa (très intéressant, d'ailleurs). J'ai assez régulièrement ces derniers temps limite les larmes aux yeux pour des situations qui ne sont pas si graves ou émouvantes que ça et pour lesquelles il n'y a pas vraiment de raison de broncher.

C'est quand même fou de devoir se justifier de ce que l'on ressent.

Oui, je suis capable d'avoir des sentiments. Mais pas pour des jeunes qui foutent leur vie en l'air parce que "l'on ne vit qu'une fois", pour la gloriole, pour avoir quelque chose à raconter, pour se prouver que leurs parents racontent n'importe quoi quand ils parlent de sécurité. Non, je ne vais pas plaindre ce gamin de seize ans qui se baignait durant la canicule dans une zone interdite et qui en est mort. Non, je ne vais pas plaindre les rescapés de la fourgonnette. Non.

Je suis bien consciente que si les victimes, les familles des victimes, lisent ça, je vais certainement leur faire énormément de mal. Mais c'est ce que je pense. Je pense qu'à un moment, quand on prend un risque, on accepte tout ce qu'il y a derrière. Quand je prends un couteau de cuisine pour manger ou pour préparer à manger j'accepte l'éventualité qu'il m'échappe des mains et que la lame traverse mon pied. Quand je traverse la rue _ la plupart du temps sur les passages piétons d'ailleurs _ j'accepte l'éventualité qu'un automobiliste ne me voie pas, ou déboule soudain de nulle part et me percute. Quand je surfe sur internet je prends le risque que mes données soient piratées, volées, ou que sais-je. Absolument tout constitue un risque et j'accepte les conséquences qui peuvent survenir quand je monte dans la voiture de mon père, quand je monte dans un train, un bus, ou un avion. Quand je prends le métro. J'accepte le risque.

Oui, cette histoire de fourgonnette est triste, dramatique, absolument traumatisante. Mais je ne plains pas les victimes. Parce qu'elles ont fait un choix. Elles ont pris un risque. Certaines d'entre elles voulaient vraiment, d'autres se sont certainement laissées persuader à coup de "mais non, on est large, t'inquiète !", mais le fait est que toutes ont fait un choix et que, toutes, à partir du moment où elles ont foutu le pied dans la bagnole et que les portes se sont refermées sur elles, ont accepté les risques. Des risques qu'ils ont pris pour rigoler peut-être, ou sans trop se rendre compte, ou parce que YOLO. Mais des risques qu'ils ont accepté de prendre.

Je suis consciente que mes propos peuvent choquer. Je suis consciente que certains doivent se dire que j'écris ça juste pour lancer une polémique, pour avoir des vues sur mon blog. Je suis consciente que certains d'entre vous vont certainement me haïr pour ce que je dis. Et ne vont peut-être pas se gêner pour le manifester avec une certaine hargne. Mais non, je ne plains pas ces victimes. Je ne suis pas triste. Je ne me réjouis pas de leur mort. Mais je ne suis pas triste non plus.

Je garde ma tristesse et mes sentiments pour les coureurs cyclistes qui tombent de vélos lancés parfois à soixante-dix kilomètres/heure. Je garde mes sentiments pour les migrants. Je garde mes sentiments pour des personnes qui, oui, mettent leur santé et leur vie en danger, mais pas pour se faire mousser, pas pour faire les caïds sur les réseaux sociaux et parce que "c'est drôle", mais pour se sauver d'une mort certaine, ou parce que c'est leur métier.

Ce n'est pas parce que, dans ce genre de cas _ de skieurs en hors pistes, de baigneurs en zone interdite, ou de jeunes trop nombreux dans une fourgonnette _ je ne suis pas triste, que je suis un monstre, que je suis inhumaine et complètement sans coeur. J'ai un coeur. Mais ce genre de situation je les raisonne avec ma tête et pas avec mon coeur. Ils ont joué, ils ont fait un pari, ils ont pris un risque, et ils ont perdu. Voilà, c'est tout.

Peut-être (parce que ce n'est même pas sûr) que je réagis comme ça parce que je suis hors normes (tant qu'à faire je prends le terme mélioratif au passage).
Mais ne pas être normale ne fait pas de moi un monstre.

Je suis ouverte à toutes les discussions que vous voulez pourvu que ça reste poli ;)

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mercredi 26 août 2015

Ces contrôles inutiles

Bonjour !

Ce matin dans l'émission de Jean-Marc Morandini sur Europe1 ils débattaient à partir de dix heures sur la question de savoir si l'on devait ou pas établir des contrôles aléatoires dans les gares, les aéroports... au risque d'aller vers le contrôle au faciès. Un peu tout y est passé : "oui, on contrôlera plus les gens typés d'Afrique du Nord parce que quand on regarde ce sont eux qui mettent les bombes" "mais monsieur, c'est du racisme" "ça n'a rien à voir avec le racisme, il ne faut pas confondre contrôle aléatoire et contrôle au faciès", et les questions sur la liberté, etc.

Je vois ce que ce monsieur veut dire quand il dit qu'il ne faut pas confondre l'aléatoire et le faciès : on prend une population dont on sait que les poseurs de bombes en font partie, et on contrôle, parce que ça ne sert à rien de viser une population blonde aux yeux bleus. Je comprends, c'est pragmatique. Mais je comprends aussi la question de racisme. Qu'est-ce que cherche Daesh ? A diviser les Français. Qu'est-ce que vont faire ces contrôles ? Mettre la suspicion sur les musulmans Français et Français d'origine arabe, créer un climat de conflit. Autrement dit : du pain béni pour l'Etat Islamique. Mais, surtout, l'EI a largement les moyens de contourner ces contrôles ! Y compris ceux faits aux frontières si on les rétablit !

Comme je le disais sur Hellocoton l'autre jour, je suis un djihadiste avec un peu de jugeote et j'apprends que ces trouillards de Français vont renforcer les contrôles ; qu'est-ce que je fais ? Au lieu d'envoyer des personnes typées qui vont se faire contrôler et faire échouer la mission je contacte les petits jeunes bien Blancs bien Français que je recrute sur Facebook et, au lieu de leur demander de me rejoindre en Syrie pour buter de l'Infidèle, je les envoie vers des liens sur le Darknet pour qu'ils se procurent de quoi faire une bombe. Qui pourrait suspecter un gamin de vingt ans, bien Blanc, propre sur lui, à l'allure d'un étudiant qui prend le train un week-end pour rentrer chez lui, de vouloir faire exploser une bombe ? Pour peu qu'il ait l'air parfaitement calme et serein, sûr de lui et pas du tout stressé, aucun policier, aucun militaire, ne fouillera son sac où se trouvera pourtant une bombe susceptible de faire sauter un bon morceau de la gare en question.

Je pense qu'il faudrait d'abord s'en prendre aux personnes qui sont recrutées. On a bien essayé, et j'en avais déjà parlé dans un article, avec une campagne gouvernementale inspirée de celle des Etats-Unis diffusée sur les réseaux sociaux. La blague. La campagne disait, en gros, "réfléchissez avant de partir, pensez à vos familles". Mouarf. Les gars ont été embrigadés, on leur dit "n'écoutez pas vos familles, elles ne comprennent pas", on leur dit qu'ils se battent pour une cause juste, on dit aux filles qu'elles vont aider des gens, vous pensez vraiment qu'avec le cerveau retourné ils vont écouter le gouvernement contre lequel on les a monté ? Mais juste... qui a eu cette idée stupide ? Qui a pensé que ça marcherait vraiment ? Les gars de l'EI ont juste totalement compris comment on manipule un esprit et comment maîtriser leur communication sur les réseaux sociaux. Et c'est aussi là que la guerre se joue. Quand on aura compris ça, peut-être qu'on pourra lancer des campagnes de prévention pour dire aux jeunes qui se font aborder par des recruteurs sur Facebook de faire attention. Tant que l'on aura pas fait ça, les contrôles aléatoires dans les transports ou dans la rue ne serviront à rien. Tout comme fermer les frontières.

Si je suis un djihadiste avec un peu de jugeote (autrement dit la plupart des djihadistes) je contacte là encore les petits Français avec lesquels j'entretiens la conversation sur Facebook, je leur fait fabriquer une bombe ou leur fait commander des armes sur le Darknet. Ils sont Français résidant en France. Et paf ! On contourne le rétablissement des contrôles aux frontières. Trop facile.

On est face à des personnes qui ont absolument tout compris ! Tout compris à internet, tout compris à la communication, tout compris aux réseaux sociaux ! Et on veut les combattre avec quoi ? Des contrôles ? Vraiment ? M-m-mais... ?! On a juste un train de retard. Comme d'habitude. Pourquoi on s'est pas battu contre les recrutements dès le début ? Pourquoi est-ce que l'on n'a pas pris les djihadistes de Daesh au sérieux ? Attendez... les mecs ils ont des puits de pétrole, pétrole qu'on leur achète, on leur paye des rançons ; ils ont de l'argent, de quoi acheter des armes, des munitions, ils ont les ressources pour embrigader les gens : ils ont tout pour eux ! C'est quand qu'on leur livre la guerre du web !?

Une auditrice a appelé pour dire qu'il valait mieux utiliser l'argent dans les quartiers difficiles pour aider les jeunes en difficulté qui trouvent quelque chose dans l'Islam radical, parce que sa fille, très blanche, s'est marié à un Algérien, s'est convertie, et que, quelque soit la taille de son sac dans les gares, on ne la contrôlera jamais. Je suis d'accord. Il faut préserver les jeunes de l'embrigadement, il faut les préserver de ça, leur montrer que non, la France, ce n'est pas pourrie ! Et peut-être qu'un jour, quand un de leurs amis leur demandera d'où ils viennent, ils ne diront pas "Nigéria", "Cameroun", ou "Algérie" alors qu'ils sont nés en France mais "Français, mais mes parents sont...". Et là, on aura fait un réel pas en avant.

Mais en attendant, ces histoires de contrôles, ça me fait juste rire. Parce que si moi j'ai trouvé l'idée pour les contourner (même si j'imagine que ça relève d'une certaine naïveté ;P), je ne doute pas que les djihadiste ont déjà la solution depuis bien longtemps, et peut-être même une solution bien plus intelligente que la mienne qui est un peu simplette.

Qu'en pensez-vous ? Êtes-vous pour ou contre les contrôles aléatoires dans les transports ?
Si vous n'êtes pas d'accord avec moi il ne faut pas hésiter à le dire, je ne mords pas ! Je précise parce que je sais que parfois on n'ose pas trop quand on n'est pas d'accord, mais là allez-y ! :D ;)


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mardi 25 août 2015

Résultat du concours

Bonjour !

Je viens vous donner le résultat du concours organisé en partenariat avec la créatrice de la boutique Pamalaka. Le gagnant a été désigné par tirage au sort avec le site Dcode.


C'est donc I feel blue qui remporte la paire de boucles d'oreilles :)
Comme je le disais dans l'article du concours ce n'est pas moi qui enverrai le lot, j'ai donc besoin d'une adresse mail que je puisse transmettre à Pamela pour qu'elle puisse régler avec toi les détails de l'envoi :)

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Médecins Sans Frontières

Bonjour !

J'ai été abordée dans la rue par une gentil (et mignon, il faut bien le dire :P) jeune homme qui était là pour Médecins Sans Frontières. Il m'a fait son blabla en me disant qu'ils avaient cassé un brevet de traitement contre le sida, ce qui a permis de mettre un générique sur le marché indien, qu'ils étaient la dernière ONG en Syrie, qu'ils avaient prévenu l'Organisation Mondiale de la Santé de l'ampleur d'Ebola (mais qu'elle n'a pas écouté) et qu'ils ont pris en charge 8000 personnes sur les 14 000 touchées, qu'ils ont divisé le prix du traitement contre le sida par cent, etc. Mais aussi qu'ils n'acceptent pas les dons des Etats et des entreprises, ce qui leur permet d'être vraiment indépendant, et qu'ils ont besoin des dons, des abonnements, pour pouvoir gérer leurs finances, parce que s'ils lèvent des fonds dès qu'il y a une catastrophe, le temps que l'argent arrive, il s'est écoulé plusieurs mois.

J'ai dit très gentiment que bon, moi, petite étudiante qui ne travaille pas, qui achète pas mal de livres, je ne peux pas faire grand-chose, mais que si j'ai une rentrée d'argent (puisque je compte vendre mes Tara Duncan) (d'ailleurs si y'a des intéressés dans le coin...) je ne m'interdis pas de faire un don. Bref. Quoi qu'il en soit j'ai quand même envie de faire un petit quelque chose parce qu'ils traitent plusieurs causes (j'ai eu plus de mal à être touchée quand une mademoiselle d'une association autour du sida m'a abordée, parce que le sida n'est pas une cause qui me touche particulièrement) et que c'est important. Donc, je me suis dit que même si ce n'est pas grand-chose je pouvais faire un petit article et que si ne serait-ce qu'un seul de mes lecteurs faisait un don ça serait déjà super bien !

Alors... il m'a dit que l'on peut donner à partir de sept euros par mois, que la moyenne des dons c'est dix euros, que vous pouvez appeler ou envoyer un mail pour changer la somme ou annuler quand vous voulez et qu'il ne vous sera demandé aucune justification. Donc si vous voulez faire un don vous pouvez cliquer ici. Sur la page il y a don ponctuel et don mensuel et vous pouvez choisir. Et en plus (l'argument qui tue que toutes les associations vous sortent) c'est déductible des impôts.

Je sais que cet article fait très "moi je veux pas donner mais vous allez-y, videz vos poches" mais j'avais vraiment envie de faire quelque chose, même un truc un peu dérisoire qui ne va certainement pas avoir un grand impact.


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lundi 24 août 2015

Cette blogueuse que je ne suis pas


Bonjour !

Pendant mes vacances je me suis dit que ça serait sympa de vous faire un petit article sur le pays dans lequel je suis allée _ je vous avais même mis quelques photos de côté rien que pour vous _, sur le poème qui se trouvait dans une boussole que j'ai achetée et que j'ai vraiment apprécié, et puis, finalement, arrivée chez moi, une fois connectée à internet, une fois devant les quelques dizaines de photos que j'avais dans ma clé USB rien que pour vous... j'avais pas envie. Pas parce que mon voyage n'étais pas chouette (il l'était, sauf la fin assez épique où j'ai appris que je suis méprisante et que la raison pour laquelle je quitte une partie de Uno c'est parce que je perds...) mais parce que je ne fais pas ce genre d'articles.

C'est comme ce tableau aimanté que je vais faire. Une autre blogueuse en aurait profité pour faire un Do It Yourself étape par étape. J'y ai pensé, une déformation professionnelle, parce que c'est le genre d'article qu'il "faut" faire, mais je ne vais pas le faire, parce que ce n'est pas le genre d'article que j'aime faire. Et pourtant, un peu paradoxalement, même si je ne lis aucun blog voyage, j'aime beaucoup quand une blogueuse que je lis partage des photos de l'endroit où elle est allée, où que ce soit en France ou dans le monde. Et j'aime bien, même si je ne lis pas de blogs de créatrices, quand une blogueuse que je suis partage un DIY. Mais ce n'est pas le genre d'article que j'ai envie de faire. Je ne suis pas cette blogueuse-là.

Il y a quelques semaines plusieurs articles sur le thème "je suis une mauvaise blogueuse" ont vu le jour. Je ne me considère pas comme une mauvaise blogueuse. Je crois qu'il n'y a pas de mauvaise blogueuse, ou alors que l'angle avec lequel le sujet a été abordé est mauvais. Une mauvaise blogueuse ce n'est pas celle qui ne répond pas à tous les commentaires, ce n'est pas celle qui ne prend pas les photos de ses articles elle-même, ce n'est pas celle qui ne publie pas de manière régulière, qui n'a pas de ligne éditoriale ou qui n'est pas active sur les réseaux sociaux. Une mauvaise blogueuse c'est celle qui n'est ni sincère ni honnête avec ses lecteurs. Voilà, c'est tout.

Alors certes, je ne vais pas faire cet article sur les villes étrangères dans lesquelles j'ai passé mes vacances, même si j'avais vraiment envie quand j'ai eu l'idée, parce que ce n'est pas moi, ce n'est pas mon genre d'articles, mais ça ne fait pas de moi une mauvaise blogueuse, comme ne pas faire de Do It Yourself ne fait pas de moi une mauvaise blogueuse, comme ne pas raconter ma vie ne fait pas de moi une mauvaise blogueuse. Je ne suis simplement pas ce genre de blogueuse-là. Je suis plus la blogueuse qui donne son avis sur telle ou telle chose, plutôt que celle qui va montrer le smoothie qu'elle prend au petit déjeuner.

Qu'en pensez-vous ? Pour vous c'est quoi une mauvaise blogueuse ?

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jeudi 6 août 2015

Le prétexte (concours)

Bonjour !

La première fois que j'ai fait un concours il n'y avait pas vraiment de prétexte _ j'avais juste envie et l'occasion _ : cette fois oui. Il y a deux ans, c'était le treize Août je crois même si j'ai supprimé mon premier article depuis, j'ai créé ce blog pour fuir l'autre où j'avais été découverte. Du coup, pour marquer le coup, je me suis dit que faire un concours ça serait chouette et ça fait plusieurs mois que je cherche un partenaire pour ça. Et j'ai trouvé !

Il y a quelques semaines j'ai découvert le site Dokuji et, en farfouillant un peu dans la catégorie "shopping" j'ai découvert la boutique Pamalaka. J'ai vraiment beaucoup aimé et du coup j'ai contacté la créatrice pour lui proposer ce concours. On a discuté un peu et finalement elle a accepté d'offrir un lot au gagnant du tirage au sort, et un code promo pour tout le monde (bande de veinards).

Le lot est une paire de boucles d'oreilles géométriques en laiton, choisies par Pamela dans sa boutique.

Si vous me suivez depuis un moment vous savez que ça m'agace (mais je me calme :P) les concours avec cinquante mille conditions. Comme c'est un concours en partenariat et qu'il faut bien que Pamela se fasse connaître je ne peux pas faire un concours sans condition aucune, donc il y en aura, mais une seule : pour participer il vous suffit de parler du concours sur l'un de vos réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Hellocoton, en article sur votre blog) avec le lien vers mon article ET le lien vers la boutique de Pamela _ http://www.pamalaka.com (par exemple un truc du genre : concours sur le blog de Melgane [lien de l'article] avec à la créatrice de Pamalaka [lien de la boutique]). Je trouve que c'est mieux que de vous demander de liker sa page Facebook parce que d'une part on peut déliker après le concours, donc ça ne sert pas à grand-chose, et, d'autre part, croyez-le ou non, mais il y a des personnes qui n'ont pas Facebook (et qui aimeraient peut-être pouvoir participer :P).

Les inscriptions sont ouvertes de maintenant jusqu'à dix-neuf heure le jour du tirage au sort qui aura lieu le 25 Août, seulement pour la France métropolitaine. Cela dit si vous ne vivez pas en métropole et que vous avez de la famille qui accepte de vous envoyer le lot, vous pouvez tout à fait participer !

Pamela m'a demandé à ce que ce soit elle qui envoie les boucles d'oreilles car l'emballage a son importance et j'ai accepté parce qu'en plus de mon côté ça m'arrange étant donné que je vis chez mes parents, qui ne connaissent pas mon blog, et que dissimuler l'envoi d'un paquet, pour l'avoir déjà fait au premier concours, ce n'est pas de tout repos au niveau du stress xD (et pourtant je ne suis pas d'une nature vraiment stressée). C'est donc elle qui vous enverra le colis.

Concernant le code promo il est de 15% valable sur toute la boutique, avec les frais de ports gratuits, valable du 9 au 15 Août : c'est ANNIV2ANS tout simplement :)

Voilà !
J'espère que ça vous fait plaisir parce qu'en tout cas à moi oui ! :)

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samedi 1 août 2015

Ça fait un an

Bonjour !

J'ai un peu de mal à démarrer cet article, parce que les bilans ne sont pas trop mon truc, mais, en gros, quand il y a un ou deux mois je me suis rendue compte qu'aujourd'hui ça ferait un an jour pour jour, j'ai été prise d'une certaine fierté à l'idée de ne pas trop avoir loupé mon coup et d'une grande envie de vous en parler (mais rassurez-vous, ce n'est pas ça la surprise que je vous annonçais sur Hellocoton) (la surprise est mieux) (normalement).

Alors forcément y'a que les personnes qui me suivent depuis un an qui pourront se souvenir qu'il y a un an je décidais d'apprendre à rester calme. Si si, moi. Qui part(ais) au quart de tour pour un oui ou pour un non, incapable de se maîtriser et de réfléchir. Et je ne vous parle pas du faux calme, que tu montres alors qu'à l'intérieur tu boues tellement que t'es en train de cuir, je vous parle du vrai calme, que même en dedans de toi les petits oiseaux chantent (hrm hrm).

Ça aura été un peu laborieux mais je crois que je ne m'en sors pas trop mal. J'ai quelques succès à mon actif où j'ai su me maîtriser (si si ! moi !). Plusieurs proverbes et citations dont je vous avais déjà parlé m'ont aidé à réfléchir plus ou moins consciemment mais, en gros, ils peuvent être résumés par une phrase de Louis XIV qui est un peu ma phrase, que je ressors à qui mieux-mieux pour qui veut bien m'entendre : "A qui sait se vaincre soi-même, il n'est rien d'impossible". Je l'ai ressorti pas plus tard que ce matin à un jeune homme qui a laissé un message de découragement sur la page Facebook d'écriture dont j'ai déjà fait allusion. Découragez-vous ne serait-ce qu'une fois et vous pouvez être sûr(e) que je vous sortirai cette phrase ! ;) Bref.

C'est vrai que j'ai encore un peu de mal parfois. Disons que je commence à sentir que l'agacement monte et là je me reprends et je me raisonne, et ça redescend ; je ne reste pas came tout de suite, mais je me reprends, c'est déjà ça !

En plus des citations (que je ne connais même pas par coeur en plus) j'ai un exercice que je fais après m'être énervée (ce qui est de plus en plus rare) (houra). Je réponds à la question "pourquoi ?". Ça peut paraître débile, et la première réponse pourrait être "parce que ça me saoule" ou "parce que c'est chiant !", mais en fait c'est assez intéressant à faire si c'est fait sérieusement, en cherchant une vraie réponse à laquelle on demandera encore "pourquoi ?" (comme Kirikou avec son grand-père, vous voyez ?) (oui, je cite des dessins animés, et alors ? c'est super bien les dessins animés d'abord !). Par exemple : "parce que je me suis sentie agressée/vulnérable" ; pourquoi ? "Parce qu'elle m'a posé une question sur un sujet sensible". Vous voyez ce que je veux dire ? Aller chercher profondément la réponse à la question, et pas dire "parce que c'est chiant !" ou "parce que ça m'énerve !". Parce que finalement si on sait pourquoi on peut plus facilement se comprendre nous-mêmes et donc régler le problème.

Donc voilà. Ça fait un an. On se retrouve l'année prochaine ? D'ici là je serais une montagne à l'épreuve de la tempête (de l'ouragan !).

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Les Jolies Plumes #6

Bonjour :)

Comme chaque moi nous avons reçu un sujet (si vous voulez le recevoir aussi tous les mois vous pouvez envoyer un mail à cette adresse : latelierdesjoliesplumes@gmail.com) et ce mois-ci c'était : « Retrouver – Qui ? Quoi ? Où ? Comment ? Votre personnage retrouve quelque chose, quelqu'un. Un lieu, un objet, une personne, un sentiment. Votre personnage revit une expérience oubliée. Racontez-nous cette intrusion du passé dans le présent. Que cela provoque-t-il chez lui ? Que cela peut-il changer dans sa vie ? Le passé a-t-il la même résonance au présent ? ». Au début le texte que j'ai écrit était deux fois plus long, puis ça ne me plaisait pas quand je l'ai relu le lendemain du coup j'ai supprimé toute la première partie (qui n'était pas très intéressante) pour ne garder que celle-là. J'espère que ça vous plaira ! :)
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Shakuntala se força à ne pas regarder en arrière pour autre chose que vérifier la position exacte de ses poursuivants afin de déterminer la meilleure trajectoire à adopter pour leur échapper. La peur fit battre son cœur deux fois plus vite que l’effort que son vol lui demandait, et elle faisait à peine attention à ce qu’il y avait devant elle tant elle était préoccupée par les hurlements des dragons et le bruit lourd des battements de leurs aigles membraneuses. Ils étaient capables de repérer une harpie à plus d’une centaine de lieues, de voir dans l’obscurité complète car leurs yeux produisaient eux-mêmes la lumière dont ils avaient besoin, à l’image de ces poissons au fond des abysses, de voler au moins un jour entier sans s’arrêter ni pour se reposer, ni pour boire et manger, et, bien que solitaires, de se consulter sur une stratégie à adopter dans le cas où leur proie serait trop coriace, rapide, ou puissante. Ils étaient capables d’user de ruses et de stratagèmes pour attirer leur cible à eux et la déchiqueter vivante ensuite. Ils étaient les prédateurs parfaits, tenaces et sans pitié. Même leur odorat était d’une efficacité hors normes. Shakuntala savait qu’elle n’avait aucune chance, sauf si elle parvenait à faire de ces alliés des ennemis. Plusieurs explorateurs avaient déjà rapporté que leur confiance mutuelle dans une chasse pouvait constituer leur point faible car, s’ils se sentaient trahis par l’un ou plusieurs de leurs congénères, alors ils se retournaient contre lui et en oublieraient l’objet initial de leur entente. Cette pensée ramena la harpie à la raison. Elle avait procédé comme cela la dernière fois qu’elle avait été poursuivie. Mais ils n’étaient alors que trois, jeunes et sans expérience. Ceux-là étaient plus de deux fois plus nombreux et, à leurs cris bien affirmés, elle devinait qu’il s’agissait d’adultes. La harpie en hurla de rage et de frustration et ne reçut en réponse que les cris rieurs des dragons.
Pas suffisamment concentrée, Shakuntala percuta un tronc et tomba sur plusieurs pieds avant de trouver une branche à laquelle se raccrocher. Elle prit alors conscience que les reptiles n’étaient plus qu’à trois ou quatre battements d’ailes d’elle, ne les repérant qu’aux petits cercles bleuté qui constituaient désormais leurs yeux. Sachant qu’elle ne pouvait plus s’enfuir, elle ferma les siens et attendit les premières morsures. Mais un sifflement aigu, presque douloureux, retentit alors au loin et les dragons deux fois plus gros qu’un aigle émirent de petits gloussements graves avant de s’éloigner dans la nuit.
Les humains n’avaient pas pu suivre le rythme effréné. Plusieurs d’entre eux avaient trébuché sur des pierres et s’y étaient brisés les os, ou avaient pris peur, lâché leur lampe, et manquer déclencher un brasier. Épuisés, mis à rude épreuve par la nuit parcourue d’ombres et de bruits parfois difficiles à identifier, ils avaient rappelé les dragons et décidés de rentrer. Shakuntala attendit encore quelques longues minutes pendue à sa branche, attentive au moindre frémissement, au moindre indice qui pourrait lui indiquer qu’il s’agissait d’un piège, peut-être d’un quatorzième dragon faisant partie d’un plan vicieux puis, rassurée de voir que rien ne se produisait, elle lâcha sa prise et se laissa tomber sur le sol humide. Désormais elle devait savoir où elle se trouvait afin d’être capable de rentrer chez elle.
Le parfum de l’air lui était familier, tout comme les formes trapues qu’elle discernait dans les arbres. Rectangulaires ou octogonales, en harmonie avec les branches et les troncs, en appuis sur eux et avec eux, comme s’ils avaient poussés en même temps, faisaient partie du même être, elles cachaient en grande partie le ciel étoilé. Shakuntala les connaissait. Toutes. Par cœur. Une profonde nostalgie s’empara d’elle face à ce lieu désert, silencieux, comme si même les fleurs n’osaient pas manifester trop fort leur présence.
Shakuntala se tourna vers un grand cèdre et suivit de l’une de ses griffes la longue balafre irrégulière qui barrait son écorce. C’était la sienne. Lorsqu’elle tentait de se raccrocher à quelque chose alors qu’on la ceinturait par la taille et la traînait dans une fosse tapissé de pieux et survolés de dragons qui empêchaient les victimes de s’envoler.
Sa fuite l’avait ramené à Ankamlar, plus grand village harpie du continent. Son village.
Shakuntala leva les yeux en sachant déjà ce qu’elle y verrait : deux maisons de paille et de terre qui étaient écartés exactement à largeur de lune. Lorsque la lune était à son plus haut niveau elle se trouvait parfaitement au centre de la fente entre les deux habitations. La harpie soupira longuement pour s’éviter de pleurer.
La harpie avait passé des années à tenter d’oublier son emplacement, de refouler le moindre souvenir d’un point de repère familier pour finalement y être revenue sans même s’en rendre compte. Comme pour chercher de l’aide, celle de sa famille, celle de ses congénères. Un automatisme qui surmontait le souvenir. Il n’y avait plus rien ici que la mort, des carcasses de maisons, des coquilles vides sans âmes, des souvenirs de présence, de joies, de vies toutes brisées. Elle n’y trouverait plus jamais l’aide de personne.
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Voilà, comment trouvez-vous ?

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