jeudi 30 juillet 2015

"Ben non t'es pas normale"

Bonjour !

Obtenir cette phrase, jetée avant de changer de sujet en rigolant avec ma soeur, aura été assez laborieux mais je suis tenace et je préfère que les choses soient dites clairement, franchement, plutôt qu'à grands renforts de sous-entendus lancés comme si de rien n'était. Parce que la phrase d'origine c'était "laisse [ta soeur], elle est normale". "Donc en gros tu sous-entends que je ne suis pas normale ?", pas de réponse, il va falloir envisager une approche plus frontale : "Je préférerais que tu entendes les choses au lieu de les sous-entendre. _ De quoi ? _ Que je ne suis pas normale. _ Ben non tu n'es pas normale." Ah ! Ben voilà ! C'était quand même pas compliqué ! Et après c'est moi qui sait pas communiquer, on marche sur la tête ! Enfin bref.

Non, c'est vrai, je ne suis pas "normale", j'ai une amie qui dit que je suis "bizarre", mais _ sincèrement ? _ j'en ai absolument rien à faire. Déjà il va falloir se mettre d'accord sur ce qu'est ne pas "être normal" parce que ça devient rapidement, dans certaines bouches, un trucs plus près de "tu es un monstre" que de "tu es hors normes". Dans un vieil article d'il y a un an j'avais cité le Larousse et Wikipédia qui définissaient la normalité comme le fait d'être conforme à la norme, à l'habitude. Donc non, c'est vrai, je ne suis pas normale. Je ne prends pas des selfies avec la moitié de ma tête hors cadre que je soumets à tout plein de filtres de couleurs et sur lesquels je fais des têtes étranges ; je ne vais pas en soirée une fois par semaine pour me bourrer la gueule à ne même pas me souvenir de ce que j'ai fait et à en rire sans saisir le dramatique de la situation ; je n'ai pas quatre cents amis sur Facebook ; je n'ai pas Snapchat ; je ne suis pas membres de grands groupes d'amis parce que ce n'est pas ma nature et que je suis déjà mal à l'aise avec plus de cinq personnes autour de moi ; je n'ai pas des posters de mes stars préférées dans ma chambre ; j'ai des problèmes de communication ; non, je ne suis pas dans les normes, mais j'aime qui je suis même si je sais qu'il y a des défauts à atténuer.

Il y a trois manières de dire de quelqu'un qu'il n'est pas à l'intérieur des bornes et des convenances que la société a posé : hors normes, anormal, et pas normal. Ces trois choses veulent dire exactement la même chose, désignent les mêmes personnes, et pourtant on ne les utilise pas indistinctement. "Anormal" est péjoratif, "hors normes" est mélioratif, et "pas normal" est quelque part entre les deux, parce que l'on n'est pas bien sûr que la personne soit un atout (au contraire des surdoués par exemple), mais pas bien sûr non plus qu'elle soit une espèce de monstre potentiellement dangereux davantage dans le genre des psychopathes. Alors bon, moi je m'en tire pas trop mal finalement, je ne suis pas "anormale", c'est déjà ça de pris ! ;)

Je crois que je l'ai plus ou moins toujours su en fait. Parce que je me souviens que, dans la cours de récré entre le CE2 et le CM2, je n'étais pas toujours avec des amis, j'ai des souvenirs de moi en train d'arpenter la cours en chantonnant des trucs inventés, et je sais que j'avais tendance à regarder mon reflet dans les vitres quand je parlais aux gens plutôt que les gens eux-mêmes. Ça a mis du temps à s'améliorer, maintenant je me rends compte que je regarde plus souvent les bouches des personnes que véritablement leurs yeux. Au collège les sujets de conversation que je lançais c'était sur l'actualité. Vous connaissez beaucoup de collégiens qui parlent d'actualité ? Là où je me suis vraiment sentie en décalage c'est dans ma classe de Seconde. Mais je pense que c'est en grande partie parce que j'étais dans un lycée scientifique, parce qu'à partir du moment où j'ai été dans une classe de Littéraires c'est allé beaucoup mieux ! Donc oui, je crois que finalement je me suis toujours plus ou moins rendue compte que je n'étais pas pareille, que j'étais différente, ou en tout cas que je n'étais pas un mouton.

Mais je ne crois pas que le fait que je sois hors normes (oui, je me permets de prendre le terme mélioratif tant qu'à faire xD) soit l'équivalent d'un boulet à ma cheville, veuille dire que je suis nulle et que je ne sers à rien. J'ai aussi des qualités. Je pense être plutôt intelligente, en tout cas suffisamment pour être capable de réfléchir plus ou moins correctement, je ne pense pas que mon ambition soit un défaut, j'ai plusieurs projets en projet (hrm hrm) même si je ne pense pas qu'ils réussiront parce que c'est vraiment grand et vraiment mal engagé. Je suis gentille, sincère et honnête, je suis vraiment très bon public concernant l'humour, je suis curieuse, je m'intéresse à à peu près tout, même au sport alors que je n'en fait pas, même à la science alors que j'ai fait un bac L ; je pense que je ne suis un pas trop mauvais chef d'équipe, et j'ai l'humilité de reconnaître quand, dans l'équipe, quelqu'un fera mieux le travail que moi et de savoir me contenter d'une place de numéro deux. J'essaye de m'améliorer, pour atténuer mes défauts, être une meilleure personne, mais certainement pas pour entrer dans les normes comme on me le demande.

On me demande de comprendre le monde qui m'entoure, de prévenir tout de suite quand je sais que j'ai mon année de L1 aux rattrapages alors que c'est le genre d'informations qui pour moi peut attendre le soir. On me demande de m'adapter au monde. Mais je ne crois pas que ça soit le genre de choses que l'on puisse faire à sens unique. Les enfants autistes ont des écoles spéciales, c'est une partie du monde qui s'adapte à eux et essaye de les comprendre. Donc je pense que si une partie du monde peut comprendre les enfants autistes, que si les parents de ces enfants peuvent les comprendre, mon entourage peut aussi essayer de me comprendre. Mais non. Parce que c'est moi qui cloche, et c'est à moi de ne plus clocher.

Seulement moi je crois que je suis comme l'on m'a faite. De la chimie de mon cerveau en passant par mon éducation, mes expériences, mes traumatismes, mes apprentissages, en gros, mon passé. Je suis comme l'on m'a faite. Certes, c'est parfois un peu peinant de savoir que l'on est un peu en décalage, qu'il y a un truc qui cloche, sans tout à fait parvenir à mettre le doigt dessus, mais je suis contente, dans les grandes lignes, de qui je suis, et je ne pense pas être un boulet irrécupérable, une nulle. Je n'ai pas envie de changer et même si j'en avais envie je ne pourrais pas parce que l'on ne peut pas changer. On peut évoluer, mais on ne peut pas devenir une autre personne. Demain je ne serai pas cette fille extravertie, avec des dizaines d'amis, qui accepte d'aller aux soirées, et qui sait facilement faire confiance aux autres. Demain je serai toujours plutôt introvertie, avec quelques amis, qui refuse la plupart (toutes) les soirées, et qui ne sait pas faire confiance, se confier et se rendre vulnérable, mais qui peut y travailler. On évolue, on ne change pas. C'est un fait. Et je ne pense pas que contrer cela en faisant semblant d'être une autre personne soit une bonne idée, ni une démarche très honnête.

Donc non, je ne suis pas dans les normes, mais ça ne m'intéresse pas. C'est vrai que depuis le passage collège/lycée j'ai tendance à m'imaginer l'année suivante avec des amis super fusionnels, etc., mais je sais que ça ne m'arrivera jamais, parce que ce n'est pas ma nature, et j'ai plus ou moins fini par m'y faire. J'imagine qu'il y a des personnes hors normes qui aimeraient bien être dans les normes parce que ça serait plus facile, moins pesant, mais ce n'est pas mon cas. Non, je ne suis pas normale, mais le devenir ne m'intéresse pas. Je suis comme je suis et je n'ai pas envie de changer. Je peux essayer de comprendre le monde et ses convenances (rappelez-vous, je suis intelligente :P) et tenter de m'adapter. Mais je ne peux pas changer, faire comme si j'étais une autre personne... Donc il va falloir me prendre anormale ou ne pas me prendre du tout. Ça peut paraître idiot d'être butée comme ça, mais je suis qui je suis et, si je veux bien m'améliorer et m'adapter, je ne veux pas changer.


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mardi 28 juillet 2015

Projet de recueil commun

Bonjour !

J'en ai parlé hier sur ma page Hellocoton et comme j'ai eu un bon accueil je me suis dit que j'allais passer à la vitesse supérieure et carrément faire un article. L'idée c'est que l'on écrive un petit, moyen, gros recueil de contes et nouvelles pour enfants, illustré par des blogueuses illustratrices qui voudront bien, auto-publié _ ou, avec de la chance, un peu de détermination, carrément par une maison d'édition _ et dont les bénéfices seraient reversés à une association qui s'occupe de l'éducation des enfants dans le monde.

Je pense qu'ouvrir la récolte des textes jusqu'au premier Janvier est assez raisonnable (après si beaucoup de personnes pensent que laisser plus de temps serait mieux on peut changer, hein), ensuite je les enverrai à toutes les personnes participantes pour que chacune puisse donner son avis sur tous les textes, voir s'il y a des modifications à faire, etc. L'étape suivante sera de trouver des illustrateurs ayant envie de s'occuper d'une histoire et de toutes les leur envoyer pour qu'ils choisissent. Ensuite on se mettrait d'accord sur l'ordre des histoires, on mettrait en page (si on pouvait se réunir ça serait encore mieux) et on commencerait à envoyer à des éditeurs (au cas où, hein, l'espoir fait vivre, comme on dit).

Je sais bien que dit comme ça ça transparaît d'une simplicité proche de la naïveté, mais je pense que ça peut vraiment être simple si chacun y met du sien. Par exemple si cinq personnes démarchent des maisons d'éditions la liste établie sera terminée plus rapidement. Donc je crois vraiment que ça peut être simple. Et si ça ne suffit pas à vous convaincre je peux vous citer une phrase que j'ai lue il y a quelques mois : "ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on n'ose pas, c'est parce qu'on n'ose pas qu'elles sont difficiles". Alors ? Convaincu(e) ? :P

Enfin bref.
Du coup, si vous voulez participer, vous pouvez m'envoyer votre conte/nouvelle par mail à essayerdeuxfois@gmail.com. Si vous voulez vous pouvez même m'en envoyer deux ou trois et puis ont triera si jamais on a beaucoup de personnes et qu'un texte par personne suffit. Et si vous connaissez des personnes dans votre entourage qui aiment écrire, n'hésitez pas à en parler, parce que évidemment ce projet n'est pas réservé aux blogueurs :)


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samedi 25 juillet 2015

Championne du monde et... ? Jolie.

Bonjour ! :)

Le Tour de France s'achève, j'ai cru jusqu'au bout, irraisonnablement, que Contador s'en sortirait mais non... et jusqu'au bout j'ai cru que je pourrais tenir ma langue, mais non (en même temps, depuis le temps, j'aurais dû m'en douter xD). Dans un précédent article j'ai dit que deux choses m'énervaient : le fait que les journalistes prononcent les noms n'importe comment et Gérard Holtz. Force est de constater qu'il y en a une troisième. Si si si. Figurez-vous que l'on demande aux sportives d'être jolies.

De tout le Tour, lorsque le commentateur parlait de Pauline Ferrand-Prévot, Française, championne du monde, il disait "la jolie Pauline". Et ça m'a fait penser à cet article de Charlie Dupin. Comment-ça "la jolie Pauline" ? Certes, elle est mimi comme tout, mais là n'est pas la question ! Quand on parle de Peter Sagan ou de Warren Barguil on ne les qualifie pas de "beaux" ou de "mignons" (et pourtant ils sont loin d'être affreux je trouve). Non. Quand le commentateur parlait de Peter Sagan il disait "c'est un artiste". Pauline, elle, elle est jolie. Une jolie championne du monde. Mais on s'en fiche qu'elle soit jolie ! L'important c'est qu'elle gagne !

Certes, on pourrait se dire que c'est anodin, que c'est un compliment et que les compliments c'est chouette, mais alors pourquoi ce genre de compliments on ne le fait pas aux garçons ?

C'est marrant parce que j'ai relu l'article que j'avais écrit y'a plus d'un an sur les commentaires touchant au physique des patineuses, et je pensais tout à fait le contraire x) Ces réflexions ne m'avaient pas choquées... Mon Dieu... dites-moi les blogueuses, qu'est-ce que vous avez fait à mon cerveau ? Vous m'avez retourné la tête ! Je ne vous félicite pas ! xD

Je disais donc : pourquoi est-ce qu'on ne fait pas de réflexion sur le physique des garçons ? Un homme peut très bien complimenter le physique d'un autre homme... D'ailleurs dans le Club Tour sur Europe1 un consultant comparait Warren Barguil à je ne sais plus qui en disant que c'était un coureur un peu dans le même genre et il a utilisé entre autres le terme "beau gosse" donc bon... Alors pourquoi les "jolie Pauline" s'enchaînent et pas les "joli Warren" ?

Ça peut paraître anodin, mais ça ne l'est pas. Ça montre en filigrane une différence entre ce que l'on attend des filles et ce que l'on attend des garçons. Les garçons doivent être forts, doivent nous gagner des records du monde et des étapes, les filles, si elles sont championnes du monde c'est bien, si elles sont jolies c'est mieux. C'est un peu comme toutes les expressions du genre "c'est du gâchis que tu sois gay" ou "c'est bien une réflexion que peut avoir un Noir" (pas la peine que je vous mette toutes celles que j'ai entendues et rapportées sur le blog, vous voyez le genre) qui révèlent un racisme sous-jacent. C'est le genre de phrases ou d'adjectifs qui passent un petit peu inaperçu dans les phrases et conversations et qui pourtant montre quelque chose dans la façon de penser des gens, même si ce n'est pas à mal ou que c'est quelque part entre le conscient et l'inconscient.

En tout cas, je retiendrai de cet article que grâce (j'avoue, spontanément j'avais écrit "à cause") à la blogosphère j'ai un peu retourné ma veste par rapport à l'année dernière. Je ne sais pas encore si je dois remercier les fautives ! x)

Enfin bref ^^'
Qu'en pensez-vous ?

Source photo
Oui non, alors si les filles s'y mettent aussi... l'article c'est une interview dont voici un extrait : "Une sportive que vous admirez ? Maria Sharapova. En plus d’être une championne hors du commun, je la trouve très jolie." Qu'est-ce qu'on fait ? Un suicide collectif maintenant ? x)

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lundi 20 juillet 2015

144 jours, 48 812 mots, 83 pages, 17 chapitres, 1 roman

Bonjour ! :)

Je crois que je viens de finir mon roman. A la base, l'épilogue que j'ai écrit ce matin je devais le relire demain, mais il est vraiment court, je n'avais à peu près que ça à faire, et pas vraiment envie d'attendre. Du coup je crois que je viens de finir mon roman. Alors évidemment il reste la relecture, d'abord celle des bêta-lectrices (une sûre, et je dois encore demander à une autre amie), puis la mienne, mais, en gros, j'ai fini.

Je sais que j'avais déjà fait un article du genre à la fin de mon projet précédent (que j'ai supprimé depuis) (le projet aussi d'ailleurs je crois). Je crois que là je tiens mon vrai premier roman. La première histoire que j'ai finie était tellement nulle et bourrée de clichés (je plains encore ma prof de français, madame faut me pardonner !) que je ne la compte pas ; le deuxième n'avait pas de vraie histoire, à peine plus de trente-et-un mille mots, donc je ne le compte pas (où comment trouver des excuses pour évincer les projets foireux de la liste xD).

Ce projet-là c'est aussi le seul que je n'ai pas arrêté en plein milieu, désabusée, supprimant le fichier pour commencer une autre histoire que j'arrêtais aussi en plein milieu pour revenir à la première que j'arrêtais quelques semaines plus tard et ainsi de suite. C'est le premier que j'ai écrit d'une traite, sans vraiment douter, sans vraiment me dire sérieusement que non franchement c'est nul c'est pas possible. Le premier pour lequel j'atteins le nombre de mots d'un vrai roman, même si je m'étais donnée un objectif non atteint de cinquante mille mots (en même temps l'épilogue n'a pas la taille d'un chapitre normal, donc il est loin des deux mille mots qui me manquent).

Je dois avouer que je suis contente. Même si sur un groupe Facebook dont je vous ai déjà parlé certains apprentis écrivains laissent des messages du genre "déjà cent pages !" qui laissent penser qu'ils sont loin d'avoir fini alors que mon propre roman n'a que quatre-vingt-trois pages. D'ailleurs j'ai essayé de le mettre en forme comme les romans publiés, avec environ dix mots par ligne et trente lignes par page et je n'arrive qu'à cent soixante-dix. Ça la fout mal, quand même. Mais je préfère quatre-vingt-trois pages qui me plaisent que plus avec seulement du vide pour combler...  Ça me fait penser à une question postée sur le groupe d'ailleurs : "est-ce que c'est bon si j'écris des chapitres de moins d'une page ?". C'est le genre de question qui me laisse pantoise. Mon p'tit chat, écris pour toi, si le rythme de ton chapitre est bon avec moins d'une page fait moins d'une page. Ça sert à rien de combler, ou de rafistoler deux chapitres ensembles pour faire plus long. Bref.

Donc j'ai fini. Donc je suis contente. Maintenant va falloir que j'attende l'avis de mes bêta-lectrices... je pensais que j'allais leur envoyer en même temps, puis je me suis dit que l'une après l'autre ça serait mieux, puis je viens de me dire que non finalement en même temps c'était mieux, donc ça sera en même temps (si je continue à réfléchir j'y suis encore dans un an xD). Je ne suis pas vraiment sereine, j'ai un peu peur que l'intention soit plus forte que le résultat et que donc ça ne soit pas bien...

Et vous, vos projets d'écriture et projets tout court, ça avance ? :)


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jeudi 16 juillet 2015

Démographie bloguesque

Bonjour !

Tout à l'heure je suis tombée sur un article de Lula Mhad et l'une des choses qu'elle dit sans son article m'a faite penser à une comparaison que j'avais faite dans un commentaire à une autre blogueuse il y a quelques semaines. En fait il semblerait que les blogueuses mode sont en train de perdre du lectorat, car les gens ne trouvent plus ce qu'ils y trouvaient avant à cause des pubs, des partenariats, etc. Alors que, paradoxalement, il y a tous les jours de nouveaux blogs qui se créent parfois juste pour l'argent. Ce décalage m'a fait penser à la transition démographique que rencontrent les pays quand le taux de mortalité descend mais que le taux de natalité reste élevé parce que les parents ne se sont pas encore rendus compte que les enfants ne mourraient plus.

Ce que je veux dire c'est que, il y a sept ans (à la louche) (puisque c'est l'ordre d'idée dont parlent les blogueuses qui sont là depuis les débuts) les blogs étaient très différents, sans marques, etc. Puis les marques sont venues, les blogueuses sont devenues des stars, influentes, suivies par plein de femmes qui voulaient des bons plans, ne se fiant plus aux magazines, et voyant en elles des "bonnes copines". Et puis les média ont commencé à s'intéresser à ça, à faire des reportages sur certaines blogueuses, à révéler l'étendue des avantages qu'elles peuvent avoir, et donc à donner envie à d'autres personnes d'ouvrir des blogs pour elles aussi gagner de l'argent. Sauf qu'entre temps les blogueuses sont devenues "trop" stars, avec trop de partenariats, pas assez de transparence, plus de réponses aux commentaires (évidemment je généralise), et qu'en deux-trois ans elles ont perdu jusqu'à soixante-dix pour cent de leur lectorat (j'ai piqué le nombre à Lula). Je pense que c'est le genre de chose que les marques savent et donc qu'elles vont se désintéresser du modèle de partenariat tel qu'il existe aujourd'hui. Et ma comparaison est là : il y a un décalage entre l'apogée des blogs et l'afflux de nouvelles blogueuses ; les nouvelles blogueuses arrivant quand la fête est finie (et allant vite déchanter), comme il y a un décalage entre la baisse du taux de mortalité et celle du taux de natalité lors d'une transition démographique.

Je pense que l'on est en pleine transition démographique bloguesque et en pleine transition tout court. Parce que les blogueurs qui veulent vivre de ce qu'ils bloguent vont devoir trouver de nouvelles formules, de nouvelles alliances avec les marques, une nouvelle façon de faire. Sinon ils vont droit dans le mur, puisque le public sait qu'il n'y a pas de transparence. Et d'ailleurs je crois que les blogueuses (mode surtout) sont victimes du succès qu'elles ont commencé à avoir dans les média il y a un ou deux ans. Parce que les caméras les suivent quand elles ont des rendez-vous avec des représentants de marques, ou des agents, et que du coup les spectateurs qui voient ça et lisent des blogs peuvent se demander si les blogs qu'ils lisent sont sincères ou honnêtes. Le problème c'est que les média ont été lents à la détente. Tout va extrêmement vite sur internet : l'info, les modes, les évolutions, et la blogosphère n'a pas échappé à ça. Sur internet il faut être le premier à penser avant les autres, sinon c'est fichu. Je vais prendre un exemple concret : Hellocoton (coucou la Team ! :P) (non, ceci n'est pas une tentative de corruption pour être en sélection ^^'). Le premier réseau en la matière. Il a plusieurs années maintenant, et ça fonctionne bien. Donc des concurrents comme Dokuji ou Inspilia arrivent. Mais c'est trop tard. Ils auraient dû réagir bien plus vite ! Seulement, avant, on ne s'était pas encore rendu compte de l'étendue des blogs, et maintenant c'est trop tard : la deuxième évolution est déjà en court.

La deuxième évolution je ne sais pas ce que c'est. J'ai envie de croire que c'est plus d'harmonie dans les partenariats (ça doit être mon côté idéaliste et bisounours), plus de transparence entre les blogs "stars" et leurs lecteurs, des partenariats peut-être plus sains, avec des marques qui acceptent que les articles dans lesquelles on parle d'elles puissent être négatifs, tout comme les commentaires que les gens laisseront. Des marques aussi qui ne proposent pas la même chose à trois cent blogueuses dans de grandes campagnes repérables à cinq cent kilomètres. Peut-être aussi des blogueuses qui arrêtent de faire de la comm' en laissant des "merci pour ton blog, viens voir le mien" à tout bout de champ. Mais personne ne peut savoir si ça évoluera comme ça ou pas, par contre je pense que le pouvoir est entre les mains des blogueuses.

Je ne pense pas que ça soit les marques qui mènent la danse. Je pense que les blogueuses et les blogueurs ont le pouvoir de dire "non" quand on leur propose quelque chose d'exagéré, de ni très honnête ni très moral. Qu'ils ont le pouvoir de dire quand quelque chose ne leur plait pas, les dérange, les titille, qu'ils ont le droit d'oser, de négocier, et qu'ils ne sont pas obligées de dire oui à tout et de se laisser écraser ou impressionner. Je pense aussi qu'ils ont le pouvoir de ne pas se laisser attirer par l'appât du gain et de rester entiers, honnêtes et droits. Mais c'est entre leurs mains, entre nos mains. Et l'évolution suivante, qui arrivera certainement encore plus vite que celle-là, sera encore entre nos mains.

Bref. Après ces deux paragraphes très chamallow et licornes en barbe à papa sur lesquels je me refuse à terminer (héhé), je dirais que l'on a un peu de temps pour réfléchir à ce que l'on veut avant que la transition ne soit complètement terminée. Vraiment peu de temps. Parce que internet va vraiment très vite. Alors pour vous qu'est-ce que ça serait une transition réussie ? :)

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vendredi 10 juillet 2015

Une histoire de prononciation

Bonjour !

Ça fait environ une semaine que le Tour de France a commencé et une semaine que je me mets devant à l'heure précise où commence la diffusion. J'adoooooooore le Tour (moins quand les coureurs se cassent la figure) mais il y a quand même une chose (deux avec Gérard Holtz xD) qui me dérange un petit peu : c'est que j'ai un petit peu l'impression que les journalistes/commentateurs ne font aucun efforts pour prononcer les noms des coureurs (et le Micro d'Or revient à Gérard Holtz justement).

J'ai toujours détesté que l'on prononce mal les noms des gens. Je trouve qu'au mieux c'est un manque de respect pour leur nom et au pire pour ceux qui les portent. Un nom c'est une identité et je trouve normal que l'on fasse des efforts pour bien les prononcer. Surtout que c'est pas bien difficile... Je veux bien admettre qu'il y a certains noms et prénoms, à consonance russe notamment, où les sons sont agencés d'une manière pas très habituelle pour notre langue et qu'il faut s'entraîner un peu. Mais les sons dans ces noms ne sont pas comme les sons anglais ou chinois que nous n'avons pas dans notre langue et qui sont plus difficile à trouver pour nous : ce sont des sons que l'on a donc nous n'avons aucune excuse. Quand j'entends Gérard Holtz dire "valverde" alors que Alejandro Valverde est Espagnol et que le e se prononce "é", le même "é" que l'on a dans "école", "récréation" et "vélo" ça m'agace parce que Gérard Holtz ne fait aucun effort. Quand, pour un autre Espagnol, il dit "joaquim" alors que le j se prononce "r", ça m'énerve, parce que ce n'est pas très compliqué, pas du tout même, et que la moindre des choses c'est quand même de bien prononcer.

Je ne demande pas que les journalistes prononcent parfaitement, avec la bonne accentuation sur la bonne syllabe, mais à un moment il faut quand même faire un effort... Il y a un coureur Polonais qui s'appelle Michał Kwiatkowski. On entend tous les intervenants dire "michal" alors que ça se prononce "mihaou" (avec le h aspiré des anglais) et que le journaliste a dit au début du Tour qu'il avait demandé à un confrère Polonais. Il n'a donc aucune excuse. Et pourtant les "mihal", "michal", "mihaol" se succèdent. Michał Kwiatkowski ; si son nom fait un peu peur au premier abord ça se prononce en réalité comme ça s'écrit, et pourtant on a le droit à chaque fois à "katofski". Grrr. Pareil avec l'un de ses compatriotes Rafał Majka. Le l est accentué, c'est donc "ou" ; "rafaou" et pas "rafal". Au moins ils prononcent correctement son nom, c'est déjà ça. Même chose avec l'un des hommes présents dans l'échappée aujourd'hui, un Croate du nom de Kristijan Đurasek. Comme en espagnol, le u se prononce "ou", et le d accentué est "dj". Pas très compliqué à prononcer, et pourtant les "durasèk" se sont succédés. Pourtant ce n'est pas le bout du monde. Je ne demande même pas que l'on roule les r ou que, pour les Espagnols comme Valverde on prononce bien le v "b". Mais juste un minimum d'efforts pour les noms des coureurs. Surtout quand on dit qu'on a demandé à un confrère de la même nationalité que le coureur en question...

Au début du Tour, à la première ou deuxième étape, un journaliste a dit "on est en France, on s'adresse à un public français, on peut donc prononcer les noms à la française". J'ai cru que j'allais m'étouffer. A ce train-là autant ne pas dire Tony "martine" mais "martin". Ou ne pas dire Vincenzo Nibali mais Vincent. Ça me dépite. Certes, on s'adresse à un public français, et alors ? Un nom reste un nom, et j'estime qu'il faut faire un minimum d'effort pour les prononcer correctement... Ce n'est pas "piteur" Sagan mais "pétér" parce qu'il est Slovaque et non Britannique. Mes parents disent que je chipote ; oui, peut-être, mais encore une fois j'estime que c'est la moindre des choses de prononcer correctement un nom... Surtout que ma mère est mal placée parce qu'elle s'agace quand on prononce mal notre nom en disant qu'il n'y a rien de compliqué et qu'il suffit de savoir lire (ce qui est vrai). Pour Peter Sagan aussi il suffit de savoir lire, pour Alejandro Valverde aussi il suffit de savoir lire, et pour Michał Kwiatkowski, Rafał Majka, et les autres coureurs qui nous viennent des pays de l'Est il suffit de se renseigner (et de savoir lire). Enfin bref. Ça m'agace.

Qu'en pensez-vous ?

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jeudi 9 juillet 2015

Répandre les clichés

Bonjour !

Hier soir ma soeur regardait une vidéo sur son téléphone d'un certain Mister Video qui a tenté de faire un canular téléphonique (mais il a oublié que les policiers ne sont pas nés de la dernière pluie et il s'est fait prendre, convoquer, et à dû payer quarante euros ; comme quoi les histoires qui se terminent bien ça existe) dans lequel il dit qu'il a un problème : il ne peut pas s'empêcher de violer des filles. Et comme ça serait quand même franchement dommage que vous ne perdiez pas deux minutes cinquante-six de votre temps je vais vous mettre un lien (je voulais l'intégrer mais je n'ai pas réussi).

L'explication du "je ne peux pas retenir mon zizi" m'a achevé. Je suis de ceux qui pensent que l'on peut rire d'ABSOLUMENT tout : de la misère, de la faim dans le monde, du sida, de la guerre, des femmes battues, des viols, des meurtres, des religions, des juifs, des Arabes, des musulmans, des chrétiens, des immigrés, du racisme, des Noirs, des Blancs, des maladies, du handicap, et de tout autre thème que l'on pourrait qualifier de "tabou" et de "gênant". Je suis allée voir Jérémy Ferrari en spectacle, et j'irai le voir pour son nouveau s'il passe dans ma ville (steuplait-steuplait-steuplait viiiiieennnns), parce que ce qu'il fait est drôle, quelque soit le sujet qu'il aborde. Là où je veux en venir c'est que, dans cette vidéo de ce jeune homme, ce qui me dérange, ce n'est pas le thème abordé, c'est la manière de le traiter. Ce n'est pas drôle. Quand Jérémy Ferrari fait un sketch sur un sujet difficile (c'est-à-dire tout le temps xD) il dénonce les choses. L'autre jour sur France Ô y'avait une diffusion de Rire Ensemble Contre le Racisme 2012 et le sketch d'Anthony Kavanagh était drôle. Mais cette vidéo de Mister Video n'est pas drôle.

Je pense que la problématique ici est la même que pour les youtubeuses. Se rend-il compte que son public est constitué de jeunes de plus ou moins dix-sept ans ? Se rend-il compte qu'il a un impact sur ce que ces personnes vont penser ensuite sur le viol ? Qu'ils vont peut-être se dire que c'est un acte anodin, contre lequel la police ne fait rien quand on appelle (alors que là le monsieur avait juste compris que c'était une "blague") ? Se rend-il compte de ce que presque cinquante mille vues et trois mille "j'aime" représentent ? L'autre jour je vous faisais part sur Hellocoton de mon malaise quant à la propension de ma soeur à aligner les clichés sur les viols. Maintenant je comprends. C'est avec ce genre de vidéos légères que des jeunes, filles comme garçons, vont arriver à penser que la fille mérite le viol, que ce n'est pas grave, ou qu'ils vont se conforter dans cette idée.

J'ai lu un article dans lequel la blogueuse disait que c'était facile d'accuser les jeux vidéos de rendre violents alors qu'en réalité c'est la société qui crée la violence. Je crois qu'elle a raison, mais je crois que le contraire fonctionne aussi. En fait je crois que l'on est dans un cercle vicieux, et que c'est un peu le même principe dans ce cas-là. Ma soeur pense que, en gros, si une fille s'est faite violer c'est parce qu'elle l'a cherché ; voir ce genre de vidéos la conforte dans cette idée donnée par la société ou du moins peu démentie ; elle va répandre elle-même ces pensées et participer au mécanisme de la société (en gros).

Alors je me doute bien que ce jeune homme a juste voulu rigoler deux secondes et faire rigoler son public, qu'il ne pensait certainement pas à mal et ne voit pas le problème d'utiliser l'argument du "les hommes ne peuvent pas se contrôler", qu'il ne prend peut-être pas la mesure de l'impact que ça va avoir. Je ne vais pas m'insurger contre lui, signaler sa vidéo, et le traiter de tous les noms. Déjà parce que j'ai pas envie de me faire lyncher par ses fans, haha xD mais surtout parce que ça serait contre-productif. Je ne suis pas une féministe décérébrée qui essaye de lancer une polémique à la con ; je suis une jeune fille à peine sortie de l'adolescence qui a vu dans cette vidéo quelque chose de dangereux et qui essaye de l'expliquer et de l'analyser calmement, pour que le message soit entendu ou du moins écouté et que les oreilles des principaux intéressés ne se ferment pas parce qu'ils se sentiront agressés.

Ce canular n'était pas drôle. Je crois que ce jeune homme devrait essayer d'écouter ceux de Jean-Yves Lafesse avec sérieux et de prendre religieusement des notes. Ou de choper le numéro de Jérémy Ferrari et de discuter avec lui de comment on fait rire avec un sujet aussi épineux que le viol. S'il s'en sort bien il pourra même essayer d'allier les deux et de retenter un canular téléphonique sur fond d'agression sexuelle. Parce que pour l'instant tout ce qu'il a réussi à faire c'est de répandre un cliché stupide qui voudrait que les hommes ne soient pas capables de se contrôler (sinon il faut leur interdire les plages).

Qu'en pensez-vous ?

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mardi 7 juillet 2015

Le gouffre

Bonjour :)

J'ai hésité avant d'écrire cet article. En fait j'y pense ponctuellement depuis quelques jours mais je me dis que non, que je n'aurais pas grand-chose à dire finalement, mais l'idée revient, alors j'ai fini par me dire que peut-être j'en avais besoin. Du coup voilà, je vais vous parler du gouffre dans ma tête. Ça ne va pas être très joyeux, je vous le dit tout de suite (surtout annoncé comme je l'ai fait xD, mais, au final, y'a pire et c'est pas si grave).

Je ne me plains pas, il y a pire ne serait-ce qu'avec les personnes borderlines, dépressives, ou en burn out, mais quand même c'est un peu gênant. Des fois il y a des périodes où je tombe dans une espèce de... cercle vicieux où tous mes souvenirs du collège et même parfois avant jusqu'à maintenant sont tournés de manière à me démontrer par A + B que je suis nulle, que je ne réussirai jamais, ou que je n'ai pas de vrais amis _ l'un rejoignant l'autre parfois (je suis tellement nulle que je n'ai pas de vrais amis, et je n'ai pas de vrais amis donc je suis nulle). Le tout à grand renfort d'une mauvaise foi démesurée, dont j'ai parfaitement conscience mais qui ne suffit pas à me sortir de mes mauvaises pensées. Je dirais que c'est un peu comme une migraine : tant que je ne fais pas ma nuit je suis plus ou moins dans cet état, tout au fond du gouffre ou tout au bord, avec seulement les talons sur le sol. Et ça arrive... n'importe quand. Généralement il faut un acte déclencheur : une dispute avec une amie, ou une amie qui était censée me rejoindre, vient avec d'autres amis avec lesquelles elle discute donc ne me vois pas, ou le fait que c'est toujours moi qui viens aux nouvelles, ou toute autre chose du même genre, plus ou moins valable et parfois qui n'a pas de rapport direct. Autant vous dire que j'appréhende un peu la période de mon anniversaire... Mais la plupart du temps, quand j'ai la première pensée qui me fait flancher, je me rattrape et je me raisonne. Quand je tombe vraiment c'est que je suis fatiguée ou que je commence à penser trop (heureusement y'a le Tour de France, donc je me mets devant et je ne pense à rien pendant quatre heures, haha :P).

Je crois que j'en avais plus souvent avant, maintenant c'est seulement des pensées un peu vicieuses que je rattrape, quand je suis toute seule à l'arrêt de bus et que je repense à quelque chose qui s'est passé dans la journée, même un truc qui n'a absolument aucune importance, qui ne m'a pas forcément vexée ou interpellée mais qui, tourné avec mauvaise foi, peut participer à me prouver par A + B que je n'ai pas vrais amis. C'est assez étrange comme sensation, parce que d'un côté je sais que c'est plein de mauvaise foi et que c'est complètement stupide, et d'un autre côté il y a tellement de "preuves" et de faits que dans ces moments-là je crois vraiment ces pensées... Et depuis quelques jours j'ai remarqué qu'elles viennent plus souvent même si le Tour de France les anesthésie (d'ailleurs je ne sais pas pourquoi je regarde : c'est Contador qui va gagner ! :D) (Booouuuuh elle encourage même pas les Français !). C'est peut-être pour ça que je veux écrire cet article d'ailleurs. J'ai aussi remarqué que, parfois, ça s'étend même au blog (avec encore plus de mauvaise foi, c'est tellement flagrant que s'en est déprimant).

Et là je me retrouve bien emmerdée parce que je ne sais pas quoi rajouter et encore moins comment finir l'article. Je pourrais peut-être faire comme dans les livres ou à la fin des contes, vous savez, avec un gros "fin" bien centré sur la page ? ;)


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jeudi 2 juillet 2015

Mes habitudes d'écriture (tag)

Bonjour !

Avec Mots à maux on s'est dit qu'on allait vous interroger sur vos habitudes d'écriture mais en mettant en parallèle l'écriture de votre blog et celle de vos romans/nouvelles/contes/poèmes/etc. Si vous n'écrivez que votre blog vous pouvez quand même le faire, ça sera intéressant aussi, hein (nous ne sommes pas sectaire). Et si vous écrivez votre blog et des histoires/textes/choses à côté c'est encore mieux :)


Réfléchis-tu avant d'écrire ou y vas-tu à l’instinct ?
Je dirais... les deux. Pour mes articles ça m'arrive assez souvent de parler à voix haute pour m'aider à développer ma pensée, et pour mon roman je réfléchis à la scène avant de l'écrire. Du coup je réfléchis à ce que je vais écrire mais pas comment je vais l'écrire puisque je ne réfléchis pas à des phrases toutes faites.

Quel est pour toi l'endroit le plus propice à l'écriture ?
Mon bureau dans ma chambre. Je crois que c'est parce que je m'y sens un peu en sécurité et au calme. Mais je pourrais aussi écrire en m'asseyant sur la plage. En fait partout où je suis au calme et où je n'ai pas peur de me faire surprendre (dans une cave, dans une forêt, dans un jardin...). Mais comme je n'ai pas vraiment de plage à côté de chez moi c'est plutôt mon bureau dans ma chambre. Surtout pour mon blog, parce que j'essaye de le garder secret, donc c'est mieux si je n'ai personne à côté de moi quand j'écris des articles, sinon ça prend tout de suite une tournure parano/films d'espionnages/mon-dieu-où-est-la-bouche-d'aération-que-je-m'enfuie ! ;P

Préfères-­tu écrire à la main ou au clavier ? Si à la main, crayon ou stylo ? Si au clavier, les partages-­tu sur internet ou préfères-­tu les garder privés ?
Au clavier parce que j'écris quasiment aussi vite que je pense, donc c'est pratique. Mais j'adore le papier et j'aime bien parfois réécrire sur papier. Dans ces cas-là je préfère le crayon. Pour mon blog, évidemment, je partage mes écrits (était-ce utile de répondre ? :P) mais pour mes textes ça dépend. Je partage quand c'est pour Les Jolies Plumes, je partage deux-trois trucs sur mon Skyrock, mais sinon je garde tout pour moi, je préfère, parce que j'écris surtout mon roman et que je déteste parler de ce que j'écris pendant que je l'écris parce que ça me bloque.

En parles-tu avec tes proches ?
Mon blog certainement pas. Mon roman hors de question.
Voilà.

Écris-tu dans l'ordre ou le désordre ?
Toujours dans l'ordre ! Pour mon blog c'est plus pratique, comme je développe ma pensée, et pour mon roman je préfère parce que ça évite de devoir tout rabibocher après. Par contre au lycée, comme j'avais un carnet à côté de moi en cours, ça m'arrivait d'écrire des scènes avancées, mais quand je me mettais à l'ordi je ne les recopiais pas ; je reprenais là où je m'étais arrêtée.

Quelles sont tes sources d'inspiration ?
A peu près tout. Je peux regarder un paysage et ça va me faire penser à mon roman ou une de mes idées de roman. Par exemple ça m'est arrivé y'a pas longtemps en regardant une photo dans National Geographic sur les villages forteresses en Chine ^^ Et pour mon blog c'est davantage l'actualité, ce que les gens de mon entourage vont dire.

Sur quel(s) thème(s) prends-­tu le plus de plaisir à écrire ?
Pour mon blog plutôt la tolérance, le racisme, tout ça, j'ai aussi écrit pas mal d'articles sur la blogosphère... Voilà. Pour mes textes tout ce qui touche à la religion, aux croyances, j'aime bien les histoires de dieux, de croyances en général (légendes, etc.). Et je me rends compte aussi que dans la majorité de mes idées de roman il y a une certaine immortalité pour le personnage principal (là vous vous dites que je dois écrire sur de vraies Marie Sue mais je vous promets que ce n'est pas le cas xD).

Dans le bruit ou le silence ?
Spontanément j'aurais dit que je capable d'écrire dans les deux mais à la réflexion ce n'est pas vrai. Il me faut du bruit. Vraiment. Je déteste le silence. Pour mes articles de blog la radio est allumée (de toute façon ma radio est allumée dès que j'entre dans ma chambre :P), pour mes textes ça dépend. Je peux laisser la radio mais si j'ai un peu de mal à me mettre dans l'ambiance pour mon roman je mets de la musique.

Et à quel moment de la journée ?
J'écris mes textes plutôt l'après-midi tirant sur la soirée, mes articles plus avant midi et je les programme pour le soir. Mais ça m'arrive de les écrire l'après-midi même si c'est rare.

Te relis-­tu ?
Avant non. Je ne relisais que rapidement mes articles, histoire de passer des parties en gras, et c'était tout. Et je ne relisais pas du tout mon roman. En fait je détestais ça parce que j'avais l'impression que tous les défauts me bondissaient à la figure et je me rendais compte que mon écriture ne rendait pas du tout l'ambiance à laquelle j'avais pensé. Maintenant je relis mes articles plusieurs fois et je relis les chapitres de mon roman dès que j'ai fini de les écrire et parfois le lendemain ou plus tard, surtout quand j'ai un éclair de lucidité et que je me rends compte que j'ai écrit une grosse connerie ou une incohérence.

Est-ce au début, au milieu, ou à la fin que tu éprouves le plus de difficultés ?
J'ai pas mal de mal à introduire mes articles, et à les conclure. Au début je les terminais souvent par "voilà, c'est tout", c'est dire si je galérais xD Maintenant ça va un peu mieux. Pour mes histoires j'ai souvent un blocage en plein milieu où je commence à voir ce que j'ai fait, ce qu'il me reste à faire, et à quel point ce que je fais est nul. J'ai supprimé pas mal de fois ce que je faisais à cause de ça.


Je tague (si elles acceptent cette mission ô combien difficile) : JujuIfeelblueLéa et tous ceux qui seraient intéressés et voudraient se lancer ;)

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mercredi 1 juillet 2015

Les Jolies Plumes #5

Bonjour ! 

Ce mois-ci le thème était : « Quête d'identité - Votre personnage va vivre une expérience qui va révéler un aspect de sa personnalité, de son identité qu'il ne connaissait pas lui-même. Quelle est cette expérience ? La vivra-t-il seul, accompagné ? Que va-t-elle changer dans sa vie ? A vous de nous raconter ! » et je vous avoue que quand je l'ai lu j'ai pensé utiliser le personnage de Marozia mais c'était un peu trop évident, alors j'ai cherché autre chose. J'ai pensé prendre le personnage principal d'un futur roman mais ça ne me convenait pas, par contre j'ai pris un de ses ancêtres. Du coup je suis un peu obligée d'expliquer un minimum l'histoire.

En gros il y a des dieux et parmi ces dieux il y en a un qui a une âme mais deux corps : un dans le monde des dieux, et un corps humain qui lui sert à agir sur le monde, ce que les autres dieux ne peuvent pas faire aussi directement que lui. Son rôle c'est de tuer les gens qui lui semblent mettre en danger l'équilibre du monde (en gros), c'est le dieu des morts donc c'est lui qui accueille les âmes, etc., etc., etc. Sauf que un jour il a la bonne idée de tuer une déesse qui était venue se balader. Du coup son frère est pas très très content et tue le corps humain du dieu. Sauf qu'il arrive à survivre. Et c'est ça que je raconte. A peu près. Voilà. (Si j'étais youtubeuse je dirais "pouce vert si vous n'êtes pas parti en courant !" :P).

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La bruine tombait en continue sur le marché depuis deux heures, s’infiltrant dans les capes en lin et les manteaux des acheteurs. Najat ne mit pas sa capuche mais ferma son panier qu’elle tenait au creux de son coude avec un épais torchon plié. Elle avait toujours aimé faire le marché. Les odeurs des étals, les couleurs des étoffes, le bruit des pièces et des conversations, des pas sur les pavés. Elle appréciait l’empressement des passants, la concentration des servantes pour ne rien oublier des listes de leurs maîtres, pour compter les pièces, leur routine bien rodée ; tout ce qui faisait que personne ne la regardait jamais vraiment et ne voyait jamais vraiment ses yeux rouges que l’on fixait le reste du temps. Dès qu’on la voyait on savait qui elle était : la fillette qui avait échappé à un orage, à la noyade. On ne cessait de la détailler de haut en bas et de bas en haut. Son histoire avait au moins fait le tour du royaume si elle n’en avait pas franchi les frontières. Même les habitants du désert connaissaient Najat Gisco, la survivante, celle à qui les dieux avaient fait cadeau de la vie, avaient offert une seconde naissance. Et des histoires avaient commencé à circuler. L’on disait qu’elle était maudite, que personne ne pouvait revenir à la vie sans en être changé. Et on la regardait de plus belle, on murmurait sur son passage, on envoyait des cailloux dans les vitres de sa chambre. En trois ans elle était passée de miraculée à pestiférée.

La pluie forcie et les marchands entreprirent de protéger leurs possessions tandis que les passants et les acheteurs rentraient chez eux en se protégeant la tête. Najat glissa son panier sous un pan de son manteau blanc dont elle jeta la large capuche sur son crâne. Elle aimait la pluie, son odeur, la musique qu’elle faisait quand elle frappait les pavés et battait les tuiles. La jeune fille regardait avec amusement les visages des gens qui couraient, presque affolés comme s’ils craignaient que la pluie ne les dissolve. Elle était presque parvenue chez elle quand elle croisa le regard d’un jeune homme. Trente ans peut-être, brun, ses cheveux bouclés cachant ses oreilles, des iris clairs, froides. Najat eut un bref instant la sensation que son cœur s’arrêtait et que ses veines se glaçaient. Quelque chose la poussa à suivre du regard cet homme le plus longtemps possible. Son âme se déchirait entre le devoir de rentrer chez elle et l’envie irrépressible de le suivre, de savoir où il se rendait. Lorsqu’il tourna au coin d’une rue elle s’élança à sa suite sans réellement en comprendre la raison. Elle le suivit jusqu’à ce qu’il entrât dans une petite maison par une porte de bois étroite et rouge percée d’une vitre carrée et sale protégée d’une grille de fer forgé. La jeune fille s’approcha lentement, prenant garde à maintenir son panier sous son manteau afin de le protéger. Elle grimpa sur la marche qui surélevait la porte et, prenant appui sur la façade déjà glissante, se hissa sur la pointe des pieds, dévorée par une curiosité qu’elle n’avait jamais connue.

L’homme de l’autre côté retira sa veste sombre détrempée qu’il jeta sur le dossier d’une chaise. Puis il saisit un verre et le remplit d’un vin clair. Lorsqu’il se retourna Najat ne fut pas suffisamment vive et il l’aperçut. La jeune fille recula mais il ouvrit grand la porte et lui saisit le bras avec violence, plongeant son regard clair et plein de haine dans ses yeux de sang.

— Qu’est-ce que tu regardes, gamine ?!
— Je… euh…

Que pouvait-elle dire de plus ? Elle avait suivi cet homme par une espèce de pulsion, de curiosité soudaine et irrépressible. Il ne la croirait jamais si elle lui disait cela. La curiosité ce n’était pas une excuse pour suivre les gens ; personne ne la suivait jamais malgré ses yeux rouges. Elle ne pouvait décemment pas lui donner cette explication.

— Réponds ! Pourquoi m’as-tu suivi ?!

Les mots restaient bloqués dans sa gorge tandis que la peur grandissait en elle. Le regard fou de l’homme ne cessait de s’agripper à elle et ses doigts se refermaient si fort au-dessus de son coude que son avant-bras était engourdi par le mauvais passage du sang. Par réflexe elle détailla le trentenaire de haut en bas et aperçut un poignard à sa ceinture. La peur grandit en elle.

Comme elle ne répondait pas il la secoua, manquant la faire glisser sur les pavés. Sans réfléchir et si vite qu’il ne pût l’arrêter, Najat saisit le couteau de sa main libre et en planta la lame dans la poitrine de son agresseur à plusieurs reprise jusqu’à ce que les doigts de l’homme lâchassent son coude. Le sang tâcha sa main et ses vêtements , elle sembla enfin se rendre compte de ce qu’elle était en train de faire et laissa l’arme plantée dans la poitrine de l’homme avant de prendre ses jambes à son cou, son panier la handicapant dans sa course effrénée.

Qu’avait-elle fait ?! L’angoisse remplaça la peur, les larmes chassèrent la pluie sur ses joues. N’aurait-elle pas pu simplement se dégager et s’enfuir ? S’excuser ? Pourquoi l’avait-elle tué ?! Il ne l’avait pas vraiment menacé, elle aurait pu se conduire autrement, elle aurait pu… Était-elle une meurtrière ? Pourquoi avait-elle fait cela sinon ? Pourquoi n’appelait-elle pas à l’aide ? Après tout c’était pour se défendre, n’est-ce pas ? N’est-ce pas… ?!

Les images remplirent son esprit et elle rejoignit sa maison sans même s’en rendre compte.

Au fond de son âme, Nersès jubilait. Trois ans qu’il était dans ce corps, trois ans qu’il agissait pour tenter de contrôler ce corps, et désormais il en était capable. Pas directement, non. Mais suffisamment pour lui faire faire ce qu’il voulait sans que son hôte ne soupçonnât sa présence.

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Alors ? Vous êtes encore là ? Nan parce que, si vous êtes parti, je parle dans le vide, alors j'espèce que vous êtes encore là ! :P Comment vous avez trouvé ?

Si vous voulez lire mes autres participations c'est ici.

Les autres participants : Goldfish Gang BlogHello it's AlexFil culturelBeawriterRonde 2 nuit Virée dans l'espaceLexie SwingMy pretty lunacy


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