lundi 30 mars 2015

Se fier aux apparences

Bonjour !

Aujourd'hui il y avait un article en sélection d'Hellocoton ; Stop aux préjugés et, en laissant un commentaire, je me suis dit que j'avais des choses à dire, donc je vais les dire. Dans son article, Lesdoucesparoles dit que les préjugés viennent de la peur et de l'ignorance que l'on peut avoir envers les autres. Je pense que ça vient aussi de notre tendance à se fier aux apparences, au premier regard, à cette première idée que l'on se fait des gens et à toutes ces questions que l'on ne se pose pas.

Je vous avais déjà parlé de ce garçon dans ma classe qui s'est senti obligé de se justifier auprès du prof qui, lors d'une séance, sans forcément être méchant ou malveillant, avait donné l'oral à un autre garçon et l'écrit à mon camarade parce que, quand il parle, il a l'air un peu bête, il ne s'exprime pas très bien. Il s'était justifié et il avait dit qu'il est autiste Asperger. Les gloussements moqueurs parcouraient l'amphi. Un peu moins maintenant. Mais y'a toujours des cons qui traînent. Je crois que c'est parce que les gens ont appris à le connaître un peu, et se sont rendus compte qu'il n'est pas si stupide (mieux vaut tard que jamais comme on dit). J'ai revécu le même type de situation avec ma mère.

Vous le savez maintenant, j'écoute Les Carnets du Monde de 14 à 16h le samedi sur Europe1 (honte à moi, j'ai raté celui de samedi dernier !) (d'ailleurs, lesquels parmi vous ne s'y sont pas mis depuis la dernière fois que j'en ai parlé ? Dénoncez-vous ! xD) et parmi les chroniqueurs, comme je le disais en commentaire de l'article, il y a Josef Schovanec, autiste Asperger également, qui a aussi une façon étrange de s'exprimer. Ma mère a dit "ah ! c'est insupportable !" et n'a pas cherché à dépasser ça pour écouter la chronique. Pourtant ce monsieur n'est pas le moins intéressant à écouter : il parle plusieurs langues, il est allé dans plusieurs pays, et il est docteur en philosophie si je ne m'abuse.

Je vous en avais déjà parlé aussi mais ce genre de cas fini toujours par me faire penser à l'extrait d'une histoire lue en CM2 où un garçon, nul en math, fini ses devoirs sur un banc. Une SDF lui demande si elle peut l'aider. Lui se moque un peu mais elle ne se démonte pas et lui répond qu'elle était ingénieur avant, ou quelque chose comme ça, dans les maths. Elle l'aide tous les jours à faire ses devoirs, elle lui explique, et il devient tellement bon que son instituteur convoque ses parents (malheureusement la fin de l'histoire est triste, je crois que j'avais raconté la fin dans l'autre article). Cette histoire m'a vraiment marquée, parce qu'elle est un bon exemple qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Je ne dis pas que c'est facile, mais je dis qu'il faut essayer.

Et, sincèrement, depuis que je suis sur la blogosphère, je crois que j'ai de moins en moins tendance à me fier aux apparences. Parce que certaines blogueuses mettent des photos d'elles et parfois je me dis que je ne les aurais pas imaginé avec la personnalité qu'elles montrent sur leur blog si je les avait croisé dans la rue. Alors petit à petit, sans forcément prendre la décision de ne pas avoir une "mauvaise opinion" des gens parce qu'ils sont "moches" par exemple, ou des gens en général, j'ai arrêté. Peut-être qu'il n'y a pas eu que le facteur des blogs, mais je crois que ça a été un facteur assez important.

Alors ça serait bien, oui, si on pouvait dépasser les préjugés, les automatismes que l'on a parce que l'on a été conditionné, et que l'on pouvait être un peu plus ouvert aux autres parce que c'est en étant ouvert aux autres que l'on va pouvoir vraiment entendre ce qu'ils disent et pas juste écouter et que l'on va parvenir à un peu plus se comprendre (que c'est beau... ^^').

Voilà, voilà ^^'
Qu'en pensez-vous ?

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vendredi 27 mars 2015

Ecrire sur papier

Bonjour ! :) 

Aujourd'hui je suis allée me balader (en vrai c'était une expédition pour m'acheter des fringues mais comme j'ai le shopping en horreur _ et je ne vous ferai pas le coup du "c'est lui qui m'aime pas" _ ça s'est rapidement transformé en balade) et mes pas m'ont conduite à passer devant une papeterie, laquelle m'a appelé tellement fort que je n'ai pu lui résister. Et j'ai eu une révélation (au moins) : j'aime le papier. Pas juste les carnets, non non ; le papier. Même les rouleaux de papier de caisse sur lesquels je suis tombée m'on plu, c'est vous dire le point où j'en suis (non, je n'ai rien fumé d'illicite) (ni de licite d'ailleurs). Mais surtout, quand je suis tombée sur un carnet qui lui aussi m'appelait (comme tous les autres trucs de la papeterie d'ailleurs, du coup c'était le bordel dans ma tête et je ne m'entendais plus penser) (non non, je ne fume toujours pas xD) je me suis fait la réflexion que je me remettrais bien à écrire sur papier.

Parce qu'en fait depuis que je suis à la fac et que je prends la plupart de mes cours sur mon ordinateur je n'écris plus vraiment sur papier. Quand j'utilise mon temps libre à écrire des histoires (d'ailleurs j'ai fini mon texte pour les jolies plumes ^^) je le fais sur mon ordinateur. J'envoie mails et SMS et, surtout, j'écris, oui, mais sur mon blog, et, quand j'avance mon (fabuleux, cela va sans dire) roman je le fais aussi sur ordinateur. En fait d'une manière générale j'écris assez peu sur papier. J'ai bien des feuilles qui traînent où je gribouille mais ce n'est pas vraiment écrire. Je me demande si, d'une manière générale, on n'a pas un peu laisser tomber le papier. Il n'y a plus beaucoup de personnes qui envoient des lettres... pas besoin ! On a Facebook ! Et les mails. Pas besoin d'écrire sur papier, il y a Word, etc. Il y a même des écoles qui pensent à filer des tablettes aux marmots. C'est vrai, le papier c'est tellement surfait, la personnalité de la personne qui transparaît par son écriture c'est tellement inutile, écrire sur des post-it c'est dépassé ! On peut tout noter sur son téléphone... Pourtant c'est bien de savoir vraiment écrire.

Je crois que ça me manque un peu de ne pas écrire sur papier. C'est sûr que Word c'est plus pratique ; pas de rature, pas d'annotation ; on efface et on recommence. J'aime le papier. Je ne sais pas expliquer pourquoi mais j'aime ça. Et c'est certainement pour cette raison que je ne passerai jamais au livre numérique. Pourquoi toujours vouloir tout numériser ? Est-ce que l'on est pas déjà trop connectés et bouffés par les écrans ? Prendre des notes, faire des flèches, des ratures, ça fait aussi partie de la pensée. Tout effacer et tout recommencer c'est pratique, mais la pensée c'est aussi des retour en arrière, des réflexions...

Quand j'étais gamine, à la fin de mes années de classe, j'arrachais les feuilles blanches de mes cahiers parce que, vous comprenez, ça peut servir. Résultat j'ai des tas de feuilles dans un tiroir qui attendent gentiment que je daigne venir les chercher pour les utiliser comme brouillon ou autre... et à côté de ça je feuillette toujours les carnets dans les magasins, je lorgne et je scrute. Je ne sais même pas combien de carnets j'ai acheté sans savoir ce que j'allais mettre dedans, et que j'ai torturé en modifiant leur rôle, arrachant des pages dans le même temps (c'est mal le gaspillage, d'où l'intérêt du numérique) (non, je ne retourne pas ma veste ! je suis pragmatique ! :P). En fait, maintenant, je pense que je n'arrachais pas les feuilles des cahiers parce que "ça peut servir" mais parce que j'aime le papier et j'aime écrire sur papier.

Et vous ? Plutôt papier ou numérique ? (Bon, sachant que je m'adresse majoritairement à des blogueuses qui aiment écrire j'ai une petite idée de la réponse...) (Qui est l'abruti qui a dit qu'il fallait poser des questions en fin d'article ? :P)


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jeudi 19 mars 2015

Je ne sais pas très bien parler de moi

Bonjour !

Je ne sais pas très bien parler de moi. Rien que sur le blog ça se voit ; je l'ai ouvert en Août 2013 et sur cent quarante-sept (huit maintenant, du coup :P) articles publiés il n'y en a pas énormément qui parlent de moi, au final. Et dans la "vraie vie" c'est exactement la même chose, et peut-être même un peu pire (comment ça, "ça ne se dit pas" ? :P) parce qu'il y a des choses sur moi que j'ai dites ici, des peurs, tout ça, que je n'ai pas dites dans la "vraie vie".

C'est drôle, l'autre jour quelqu'un m'a dit bonjour, on s'est fait la bise, il m'a demandé si ça allait, j'ai dit "et toi ?". Et en fait je me suis rendue compte que je fais ça tout le temps ; je ne réponds pas et je demande "et toi ?". Je me zappe. Je crois que je l'avais déjà dit dans un article mais je ne suis pas le genre d'amie à qui on se confie. Avec mes amies la plupart du temps on parle cours, profs, anecdotes, actualité parfois, etc., mais presque jamais confidences. En même temps je suis assez secrète, je ne me confie pas beaucoup de moi-même, donc ça ne doit pas vraiment inciter les autres à se confier à moi et en même temps c'est logique, je ne les en blâme pas.

En fait je n'aime pas parler de moi. Je ne trouve pas ça intéressant, je préfère que les autres me parlent d'eux, je préfère poser des questions, et si j'ai quelque chose à dire pour réagir, qui peut être intéressant dans la conversation, je vais le dire. Mais la plupart du temps je ne dis pas quelque chose de moi-même, ou alors je développe des stratagèmes (oui, je sais, ça va loin, haha xD). Par exemple si j'ai envie de dire ce que j'ai pensé d'un film je vais essayer d'amener la conversation sur le film, mais je ne dirais pas le matin de but en blanc "eh ! tu sais quoi ?! je suis allée voir tel film ! eh ben c'était super cool !" ou "oh ! tu sais quoi ! j'ai lu tel livre et c'est génial !". Parce que je me dis que ce n'est pas vraiment intéressant. C'est complètement ridicule parce qu'au final je dis la chose, et savoir que j'aime tel film n'est pas plus intéressant dit au fil d'une conversation que de but en blanc. Mais en fait je crois que quand j'amène la conversation sur un sujet dont je veux parler c'est aussi pour avoir l'avis de l'autre sur le sujet, sans passer totalement du coq à l'âne.

Il me semble que j'en avais déjà parlé de ça aussi, en tout cas je sais que j'ai commencé un article plusieurs fois mais je ne me rappelle plus si je l'ai publié finalement, mais ça me fait penser à un article que nous a fait lire la prof d'anglais au premier semestre comme quoi quand on abordait des sujets tabous comme l'avortement par exemple, ou des sujets personnels, on se mettait un peu en danger par rapport à des discussions sur le temps qu'il fait par exemple, et que l'on arrivait plus facilement à ce genre de discussion sensibles par internet. Et je me dis que peut-être que je n'ai pas envie de me mettre en danger. Alors que bon, mes amies sont... ben des amies justement, donc techniquement je n'ai pas grand-chose à craindre, au final. Mais s'il y a de ça je ne pense pas qu'il n'y ait que de ça. En fait je ne sais pas ; je n'aime pas parler de moi, c'est tout ^^'.

C'est un peu handicapant quand on y pense... parce que quand on parle de nous, quand on se confie, on montre notre vulnérabilité, donc on montre à l'autre qu'on a assez confiance en lui pour lui dire telle ou telle chose, d'une certaine manière je pense. Dans la vraie vie comme sur les blogs d'ailleurs. Je crois que si on regardait tous les blogs de près, on verrait que ceux qui marchent le mieux sont ceux où les auteurs parlent un peu d'eux. Ça me fait penser à un commentaire que j'ai lu sur le blog d'une blogueuse que j'aime beaucoup et qui complimentait cette blogueuse sur le fait qu'elle avait réussi à créer un lien avec ses lecteurs. Je pense que parler de soi participe à la création de ce lien quelque part. Et dans la "vraie vie" aussi du coup.

Vous parlez facilement de vous, vous ?


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mercredi 18 mars 2015

On peut rire de tout

Bonjour !

Hier on discutait avec une amie dans le bus, et j'ai appris qu'elle avait fait le catéchisme, du coup je me suis un peu moquée gentiment par rapport au cliché de la pédophilie des prêtres (c'était facile, je sais :P) et je crois qu'elle l'a un peu mal pris même si elle a essayé de donner le change. Et en fait ça m'a fait repensé à l'éternel sujet du "peut-on rire de tout ?". Moi je pense que oui, que l'on peut rire de tout, mais pas forcément avec tout le monde.

Pas avec tout le monde parce que pour rire, de base, il faut avoir l'esprit ouvert. Je doute que les djiadiste et autres extrémistes rient beaucoup de religion, par exemple. Il y aussi certaines personnes personnes qui ont un sujet sur lequel il ne faut pas essayer de les faire rire, un sujet qui les touche plus que les autres, comme par exemple les femmes battues. J'en avais déjà parlé dans un autre article d'ailleurs je crois (comme quoi on se refait pas haha :P). Des sujets comme ça j'en ai deux : la cause animale et les enfants, souvent les filles, qui ne peuvent pas aller à l'école. Pourtant si j'entends une blague drôle sur ces sujets je vais rire. Mais c'est là qu'est le problème : qu'est-ce qui est drôle ?

En fait je me dis qu'il faudrait faire un test. Il faudrait prendre six public de six mille cinq cent personnes représentant la population française et mettre un humoriste devant chacun d'entre eux. Des humoristes très connus, montants, et jamais vus, et voir comment les différents public réagissent face aux blagues sur des sujets sensibles comme le cancer, sachant que tous les humoristes auraient plus ou moins le même texte. Je crois que les publics qui réagiraient le mieux seraient ceux face à des humoristes connus, parce que les humoristes connus ont plus de crédit. Un peu comme dans On n'demande qu'à en rire. Dans l'émission, l'humoriste estampillé humour noir c'était Jérémy Ferrari, et les gens riaient. Mais quand quelqu'un qui en était à son premier ou deuxième passage essayait l'humour noir, ou qu'un autre candidat essayait alors qu'il ne nous avait pas habitué à ça, c'était plus compliqué. Je crois que c'est parce qu'ils ne réussissaient pas à créer une connexion avec nous, à nous faire entrer dans leur univers, à nous placer en empathie avec eux.

Je crois que c'est un peu pareil dans la vie de tous les jours. Quand un ami nous charrie on sait que c'est pour rire et on rit aussi, alors que quand c'est quelqu'un qu'on connait moins, avec qui on se voit moins d'affinité, on peut être davantage blessé qu'amusé. Je crois que mon amie ne s'attendait pas à ce que je m'amuse de ce genre de sujet, et peut-être aussi que c'est son sujet sensible.

Mais je pense que l'on peut rire de tout parce que le rire sert à dédramatiser les choses. Et puis il y a aussi le rire dénonciateur, où tu ris tout en te disant qu'en fait ben... c'est pas tout-à-fait faux, en même temps. Et puis le rire c'est bon pour la santé, c'est prouvé ;) Je crois vraiment que l'on peut rire de tout, parce que tout est sujet à la dérision, il y a des trucs fous, un peu paradoxaux, dans tous les thèmes. Et à la limite ce n'est pas qu'on peut rire de tout mais qu'il faut rire de tout, pour qu'il n'y ait pas de sujets tabous. Mais si l'on ne rit pas de tout c'est simplement parce que les humoristes ou les gens en général ont raté leur coup, que l'on n'est pas en connexion ou en empathie avec eux.

Qu'en pensez-vous ? Peut-on rire de tout ?


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dimanche 8 mars 2015

La journée de la femme n'existe pas

Bonjour !

C'est marrant comme on détourne la chose, comme si l'on ne voulait pas voir la vérité. Quoi ? Des femmes discriminées ? Où ? Où ?! Et vas-y qu'on te fait des réductions sur les produits ménagers, le maquillage, les fleurs, que les radios et télés te souhaitent bonne fête... j'ai même entendu des animatrices se souhaiter bonne fête ainsi qu'aux auditrices... Pas étonnant qu'avec ça, à la question "la journée de la femme est-elle utile ?" sur M6 hier la réponse ait été à 65% non.

Pourtant il y en a des choses à dire, en France comme dans le monde. Mais on ne profite pas de cette journée pour en parler parce que, de base, on ne relaie pas le bon intitulé. Je me souviens qu'en cours de philo l'année dernière le prof nous disait d'écrire le sujet plusieurs fois pour bien s'en imprégner, ne pas le déplacer, ne pas faire d'erreur. Cette année aussi, on nous demande de bien faire attention à tous les termes du sujet. Nos journalistes ont fait des études, ils ont appris à le faire, et pourtant ils nous parlent de la journée de la femme et pas de la journée internationale des droits des femmes. Alors que ça change tout. Vraiment tout.

Journée de la femme ça fait un peu... "fête des grands-mères". Comme si on demandait à chacun d'élever la femme sur un piédestal, de lui apporter le petit déjeuner au lit et de lui offrir un cadeau. Mais ce n'est absolument pas ça. Déjà, si on veut rétablir un peu le vrai sens il faudrait mettre un F majuscule à Femme. Ensuite il faudrait arrêter de parler de journée de la femme. La journée de la femme n'existe pas, nous ne sommes pas des déesses à qui il faut rendre un culte le 8 Mars. Les mots sont importants et, comme en philo, il faut traiter le bon sujet : la journée internationale des droits des femmes.

Parce que finalement, les 65% de personnes qui ont répondu "non" à ce sondage ont eu raison. La journée de la femme est inutile ; on n'a pas besoin d'être fêtées et honorées ou que sais-je. En revanche on a besoin de gagner autant que les hommes (d'ailleurs, une étude européenne rapportée par Time to Sign Off disait que par rapport à leur niveau d'étude, leur productivité et compagnie, les femmes devraient gagner en moyenne 0,9% de plus :P), on a besoin d'être respectées pour ne plus être tabassées et traitées comme des moins que rien. Donc non, la journée de la femme n'est pas utile, et d'ailleurs elle n'existe pas. Mais la journée des droits des femmes, elle, est plus que nécessaire.

Alors pourquoi on détourne le sujet ? Pourquoi on ne profite pas de cette journée pour vraiment parler du droit des femmes comme le fait Arte (j'ai entendu dans Les Carnets du Monde d'Europe1 que des reportages étaient diffusés toute la journée) ? Pourquoi on préfère diffuser des slogans du genre "Europe1 célèbre la femme". Non mais sérieusement...?! On n'a pas besoin de célébrer la femme ! On a besoin de respecter les femmes ! Je me dis que c'est peut-être parce que c'est plus facile de détourner le regard. Si l'on détourne le sujet l'on détourne aussi la manière de le traiter et d'y répondre. On évite les thèmes qui fâchent, qui nous montrent les problèmes de notre société "moderne", "évoluée" et surtout qui prône "l'égalité". C'est plus facile. Moins contraignant. Puis on est dimanche, il fait beau, les gens vont se promener, ils n'ont pas envie qu'on leur parle de viols, de tortures, d'avortements et compagnie... Alors, comme c'est foutu pour cette année, on n'a plus qu'à attendre trois cents soixante-cinq jours pour le prochain essai ! Ça va être long !

Je n'avais pas prévu de faire d'article, je voulais éviter le "voilà ce qui se passe en France et dans le monde" qui a été fait et refait, y compris sur mon blog ^^'

Qu'en pensez-vous ?


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vendredi 6 mars 2015

De la difficulté de donner des conseils d'écriture

Bonjour !

Ce matin j'ai lu un article dans la sélection d'Hellocoton qui donnait des conseils pour lutter contre la page blanche quand on écrit un roman, et ça m'a fait penser à tous ces articles que l'on trouve un peu partout sur internet et qui disent quoi faire pour bien en écrire un. Je dois avouer que ça me laisse assez... je ne sais même pas comment dire en fait (ça commence bien ! x'D). D'un côté je me dis vaguement que c'est sympa, et de l'autre je trouve ça inutile dans la mesure où l'on a chacun une manière différente de travailler.

L'un des conseils qui revient pas mal c'est de faire un plan et des fiches de personnages. Eh bien ça ne fonctionne pas du tout sur moi ! Un jour j'ai lu une interview de l'auteur de Tara Duncan qui disait qu'elle faisait un plan par chapitre. Je m'étais dit que ça pourrait peut-être marcher, j'en ai donc fait un moi aussi. Mais ça a été une catastrophe. Le problème c'est que si je fixe mes idées sur papier j'ai du mal à réfléchir dessus après, donc tout est bloqué et je n'y arrive pas. Pourtant ce conseil du plan est le plus répandu dans les articles de conseils d'écriture.

Je crois qu'il y a presque autant de manière d'appréhender l'écriture qu'il y a d'écrivain (en herbe). Par exemple l'autre jour je discutais avec une fille qui publie son histoire au fur et à mesure de son écriture sur Skyrock et je lui disais que je trouvais ça courageux, parce que moi j'en suis incapable : si je publie une histoire en cours ou même que je ne fais qu'en parler ça me bloque complètement. Mais ça fonctionne pour elle, ça lui permet de faire évoluer son récit quand, moi, je le passe par la case "maturation" (comme les vins, haha :P). Et ça marche comme ça pour tout : certains vont se forcer à écrire à telle heure, d'autres non ; certains vont mettre de la musique tout le temps, d'autres de temps en temps, d'autres jamais ; certains vont se relire chapitre par chapitre, d'autres une fois qu'ils auront tout écrit, et certains vont écrire sur papier pour se forcer à relire. C'est pour ça que je trouve ça un peu délicat de donner des conseils, de dire "faites ça et ci", parce que l'on est tous différents, on a tous une méthode différente.

Et si je n'avais pas envie de me forcer à ne pas faire un personnage "je-sais-tout" ? Si j'avais plutôt envie de trouver une solution pour que ce personnage soit lui-même sans pour autant que les autres personnages en pâtissent ? Si je n'avais pas envie de penser à l'avance à tous les rebondissements, toutes les relations entre les personnages ? Si, une fois que je suis vraiment bloquée, je n'ai pas envie de me forcer à continuer et que je supprime tout ? Tant que ça me correspond, que je me fait plaisir en écrivant, qu'est-ce qu'on en a à foutre de comment je m'y prends ? Je ne crois pas qu'il y ait de méthode mieux qu'une autre, mais plutôt qu'il y a une méthode mieux qu'une autre pour chaque individu. Mais c'est sûr que dire ça ça fait moins rêver que de dire qu'en suivant telle méthode on sera le nouveau Victor Hugo...

Qu'en pensez-vous ? :)


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mercredi 4 mars 2015

De la laïcité #3

Bonjour !

J'espère que je ne commence pas à vous saouler avec mes articles sur la laïcité, haha x) Ce matin j'ai écouté l'émission de Jean-Marc Morandini sur Europe1 et le débat à dix heures était sur la laïcité : faut-il interdire le port du voile à l'université ? Et, sincèrement, je regrette de ne pas avoir pris mon téléphone pour appeler parce que j'ai entendu beaucoup de choses qui m'ont interpellées. Pour être sûre de ne rien oublier j'ai même noté sur un papier au fur et à mesure, c'est la première fois que je le fais, donc c'est vous dire si je suis remontée ! xD

Le point le plus important de l'argumentaire du monsieur contre le voile c'est le fait que le voile (comme la kippa) est une preuve de non-intégration et de non-assimilation. Comment dire... je ne suis et je pense que je ne serais jamais pour l'assimilation. L'assimilation c'est, pour la personne qui arrive avec une autre culture, oublier complètement sa culture pour adopter celle du pays d'accueil et je trouve que ce n'est enrichissant et intéressant pour personne, que l'intérêt dans une société c'est justement le mélange. Quant à l'intégration... la jeune intervenante, étudiante en master, musulmane pratiquante et voilée, est un exemple d'intégration à elle toute seule. L'autre point que ce monsieur a répété c'est le fait qu'il y a de la radicalisation à l'université et que le voile en est un des signes, raison pour laquelle il faut l'interdire ou, au moins, l'encadrer. Mais ce que je voudrais répondre à ce monsieur c'est que : évidemment qu'il y a de la radicalisation à l'université ! Les recruteurs s'attaquent aux jeunes et les jeunes ils sont où ? Au lycée et à l'université ! En plus je voudrais quand même rappeler que la majorité des jeunes qui partent pour la Syrie ne sont pas musulmans, se sont des convertis, des jeunes bien intégrés à la société, pas forcément dans les quartiers. D'ailleurs j'ai le profil parfait pour être recrutée ! Comme quoi...

Chacun des intervenants a mis dans son camp la laïcité ; c'est bien la preuve que l'on ne sait pas ce que c'est. J'en avait déjà parlé dans mon article précédent. Tantôt on fait un débat sur "faut-il supprimer/interdire", tantôt un débat sur "faut-il s'adapter". Ce n'est pas possible, il va falloir choisir si la laïcité c'est gommer tous les signes religieux, ou alors s'adapter aux religions pour vivre ensemble. Et j'ai ma petite idée sur la réponse... parce que si l'on part du principe que la laïcité c'est privé, alors, je vais reprendre l'exemple que je prends toujours et que vous devez commencer à connaître, autant raser les lieux de cultes. Ben oui, parce que si la religion c'est privé et que l'on vous voit entrer dans une église, une synagogue, ou que sais-je, on saura à quelle religion vous appartenez. Un auditeur en a un peu parlé d'ailleurs, il a dit que l'on avait déjà des extrêmes de laïcité, et donc qu'il ne fallait pas supprimer le voile. Tant que l'on ne se sera pas mis d'accord sur ce qu'est la laïcité, sur le sens que l'on veut lui donner, on ne réglera aucun problème.

Un autre thème a été abordé, c'est celui de l'échange. Est-ce que l'université ce n'est pas un lieu de discussion et d'échanges, est-ce que les étudiants, qui sont de jeunes adultes, ne peuvent pas entrer dans un dialogue avec leurs professeurs ? On n'est plus au collège où les enfants répètent plus ou moins ce que disent leurs parents, normalement on peut discuter (bon, des fois on entend de ces trucs chez les étudiants... ça fait peur ! xD). Mais pour discuter il ne faut pas imaginer la volonté cachée de l'autre qui met le voile (ou la kippa). Ce que je veux dire c'est qu'une auditrice a rappelé que les trois religions monothéiste prônaient l'amour et que l'on n'avait pas besoin de porter des signes ostentatoires de religion pour montrer son amour et surtout s'épanouir. Un auditeur a ajouté que les femmes qui portaient le voile ça faisait très "je veux que tout le monde sache que je suis musulmane. Mais ce n'est pas parce qu'une fille porte le voile, ou un garçon la kippa, qu'ils veulent convertir les autres à leur religion ! Et puis est-ce que l'on n'a pas le droit d'être fier d'appartenir à une religion ? C'est un peu comme une blonde qui dirait "je suis fière d'être blonde donc je ne me teint pas en brune". Mais ce n'est pas parce qu'elle arbore sa chevelure blonde qu'elle veut que tout le monde soit blond (encore heureux, parce que le blond ça ne m'irait pas du tout ! xD).

Une auditrice a aussi dit à l'intervenante qu'elle ne devait pas porter le voile, qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle le faisait, parce qu'elle était une fille brillante (euh... c'est quoi le message subliminal ?) et qu'elle savait que dans le monde du travail ça lui poserait des problèmes. Alors quoi ? On doit s'interdire de faire tout ce qui va nous causer des problèmes ? Ben on n'est pas rendus ! Mais surtout le gars, en plus de son histoire d'intégration et de communautarisme a dit qu'il s'agissait d'une question identitaire. Comme si on ne pouvait pas être musulman et Français. Si je me convertis demain, je ne suis plus Française ?

Je ne suis pas pour la suppression du voile (au cas où vous n'auriez pas deviné, haha :P). Quand je suis arrivée à l'université cette année j'ai été surprise de voir des étudiantes voilées, parce que je pensais que ça serait comme au lycée. Mais en fait, je m'en fiche. Je veux dire... quand je croise des filles voilées ça ne me fait ni chaud ni froid, comme quand je croise des filles blondes, brunes, grandes, petites... et comme je n'ai pas encore vu d'affiche réclamant la suppression du voile, j'imagine que mes congénères pensent plus ou moins comme moi... Et puis surtout supprimer le voile ne va rien changer du tout en ce qui concerne la radicalisation ! Des lycéennes se font radicaliser : portent-elles le voile ? Non, parce que dans l'enceinte du lycée c'est interdit. C'est un peu comme mettre des uniformes à l'école pour qu'il n'y ait pas de discrimination : la discrimination est basée sur un problème de respect et de reconnaissance d'autrui comme identique. Mettre des blouses ne va pas régler le problème de respect, ça revient simplement à cacher la poussière sous le tapis. Eh bien là non plus ça ne changera rien. Les recruteurs utiliseront quand même Facebook, et les étudiants islamophobes seront toujours islamophobes...

Et puis pour revenir sur le fait qu'elles ne doivent pas porter le voile parce qu'elles vont être discriminées : et si elles veulent prendre le risque ? Je veux dire... j'ai une amie lesbienne qui s'assume complètement. Elle ne le crie pas non plus sur tous les toits, mais elle parle sans gêne de sa copine devant d'autres gens : elle prend donc le risque de se recevoir une réflexion homophobe. Alors qu'est-ce que l'on fait ? On interdit aux homosexuels de dire qu'ils le sont ? Mais bien sûr...

Voilà voilà...
Je suis désolée de vous avoir pondu un si long article, haha :P
Mais vous avez quand même droit à ma question traditionnelle : qu'en pensez-vous ?


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lundi 2 mars 2015

Peur.

Bonjour !

Ces derniers temps il y a un thème qui revient pas mal dans les dessins animés que je regarde, c'est celui de reconnaître et d'affronter ses peurs. Evidemment, comme ce sont des dessins animés, en vingt-cinq minutes c'est réglé, ce qui est loin d'arriver dans la vraie vie, haha :P Je ne sais pas si ça a influencé le cours de mes pensées mais, l'autre jour, une pensée assez sournoise s'est infiltrée pour la énième fois, et je me suis dit qu'il était temps que je fasse comme dans les dessins animés : que je me fasse face.

Cette pensée sournoise c'est la petite voix qui me souffle que, malgré mes efforts, je n'y arriverais jamais. Elle se glisse dans mon esprit à la faveur d'un constat : une telle personne est meilleure que moi. Par exemple quand je lis un texte sur un blog, que ça soit via Hellocoton ou sur Skyrock que j'ai réintégré il y a quelques mois, et que je me dis que la fille écrit quand même vachement bien et surtout vachement mieux que moi. Cette pensée me dit qu'il y a tellement de personne au-dessus de moi, que je n'arriverais jamais à atteindre mes objectifs (par exemple me faire publier même si, sincèrement, comme j'écris avant tout pour moi, si je ne suis jamais publié je m'en voudrais moins que si je ne deviens jamais journaliste). Parce que même si je parviens à m'améliorer, il y a de grandes chances que ces personnes au-dessus de moi fassent pareil et donc que je ne puisse jamais les rattraper. C'est une pensée méchante et vicieuse.

Je crois bien qu'elle était déjà là au collège, d'ailleurs. J'étais plutôt bonne en classe, mais il y avait toujours cette fille avant moi. Parfois les profs faisaient de petites remarques gentilles, que je ne prenais pas mal du tout, je m'en fichais, j'étais contente d'avoir des bonnes notes. Mais je crois qu'en vrai, inconsciemment, cette pensée vicieuse est née notamment à ces moments-là. Le fossé s'est creusé entre nous à la première année de lycée, où ma moyenne a vraiment dégringolée. Je crois bien que ça n'a pas aidé.

Il parait qu'il faut mettre des mots sur les maux, que rien que nommer les choses peu aider, et je me rends compte que je n'ai pas dit de quoi j'ai peur... j'ai expliqué, mais je ne l'ai pas dit. Donc je vais le faire. Parce qu'il faut le faire. Un peu comme quand quelqu'un meurt, j'ai entendu dire que quand quelqu'un meurt il faut dire "Machin est mort". Donc : j'ai peur de ne jamais être à la hauteur étant donné qu'il y a des tas de gens qui ont plus de talent, plus d'originalité, et qui sont tout simplement meilleurs.

Maintenant il faut régler le problème. Ce matin j'ai lu un article de Les douces paroles qui disait que la question n'était pas pourquoi est-ce que l'on a peur mais pourquoi est-ce que ces peurs persistent. Et comme je le lui ai dit en commentaire, je ne suis pas d'accord. Je pense qu'il est important de savoir pourquoi on a peur pour ensuite enrayer le problème à la source et donc faire en sorte que les peurs ne persistent pas. Sauf que je ne sais pas pourquoi j'ai peur. Je veux dire... mes parents ne m'ont jamais mis la pression par exemple, alors que la fille dont je parlais un peu plus haut, une fois, elle a pleuré parce qu'elle avait eu un dix-sept (sur vingt) en anglais et que ses parents allaient la gronder. Et je ne crois pas non plus m'être mis une "auto-pression"... Je ne crois pas que ça réponde vraiment à la question, ou en tout cas pas directement, mais si je veux être tout-à-fait honnête (ce que je veux :P) je dois ajouter que, quand j'ai commencé à écrire au collège, et comme beaucoup de personnes, j'étais convaincue de faire quelque chose de (très) bien. Mais surtout, autour de moi, personne n'écrivait, donc je me disais plus ou moins que ça serait "facile". Sauf que sur la blogosphère j'ai découvert qu'on était tout plein beaucoup à écrire et, surtout, pour boucler la boucle, qu'il y avait des tas de gens meilleurs que moi.

Ça ne m'avance pas beaucoup... ^^' En plus je ne crois pas vraiment que ça soit une question de confiance en moi. On peut avoir relativement confiance en soi et reconnaître que d'autres sont meilleurs que nous puisque la confiance en soi ce n'est pas se prendre pour le meilleur de la Terre. Donc je ne sais pas. Donc pour régler le problème ça ne va pas être simple !

Et vous ? Des peurs qui ne disparaissent pas ?


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dimanche 1 mars 2015

Si j'étais, je serais... #2

Photo par Ingo Arndt
Bonjour !

J'ai terminé tous les articles de cette série en partenariat avec Mots à maux en deux-trois jours et pour celui-là j'ai un peu galéré. Je dois vous dire quelle couleur je serais si j'étais une couleur et, en fait, je ne sais pas comment expliquer le choix de la couleur vers laquelle je me suis tout de suite tournée et qui est le rouge.

Encore une fois, comme pour le premier article, j'ai cherché la symbolique de la couleur. Le rouge c'est la colère mais aussi la passion amoureuse, deux choses opposées chacun dans leur extrême. Le rouge c'est aussi le sang et le sang en lui-même a un sens opposé parce que le sang peut signifier la mort, les scènes de crimes, mais aussi la vie, sans sang on ne peut pas faire grand-chose. Le rouge c'est aussi le feu, et le feu est un peu comme le sang ; il est destructeur mais purifie la terre et apporte la vie. Et je crois que finalement c'est ça qui me plait, les paradoxes dans le rouge, des choses positives et des choses négatives, un peu comme les personnes qui ont des défauts et des qualités. Je trouve que c'est ça qui fait que la couleur est intéressante, en opposition au bleu par exemple qui représente seulement des choses positives : le calme, la confiance, la sagesse... Le rouge est plus turbulent, a plus de caractère je dirais, et, quelque part je crois que ça me correspond assez parce que d'un côté je peux partir au quart de tour et m'agacer très vite, je ne suis pas vraiment sociable dans le sens où je n'ai pas des tonnes d'amis et où je m'efface passé un certain nombre de gens autour de moi, mais de l'autre je suis gentille (si-si, c'est vrai, je suis gentille ! :P).

Et vous, si vous étiez une couleur, vous seriez ?


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Les Jolies Plumes #2

Bonjour !

Voici ma deuxième participation à l'atelier des Jolies Plumes. Le sujet était : "Qui suis-je ? ; Votre personnage n'a aucun souvenir, il ne sait pas qui il est, ce qu'il fait, ce qu'il est, où il est, comment il est arrivé là, qui sont ses parents, ses amis, bref, les gens de son entourage, et il ne sait même pas par où commencer pour essayer de rassembler les morceaux ! Que va-t-il faire ? Par où va-t-il commencer ? Retrouvera-t-il la mémoire ?"

J'espère que mon texte vous plaira bien qu'il soit un peu long ^^' :)

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Ce fut la douleur qui la réveilla. Elle ouvrit les yeux et le monde grisâtre chavira autour d’elle. Elle porta une main à l’arrière de son crâne douloureux qu’elle trouva chaud et poisseux. Lorsqu’elle regarda ses doigts ils étaient tâchés de rouge et il ne fallut pas longtemps à la jeune femme pour comprendre qu’il s’agissait de sang. On l’avait frappé et elle s’était évanouie. Et ensuite ? Où était-elle d’abord ? Tout était sale et gris autour d’elle, poussiéreux, et, entre les pierres, s’étalaient des corps plus ou moins intacts. Elle comprit qu’il s’agissait d’une guerre et que les perdants n’avaient certainement pas pu récupérer leurs morts. Mais que justifiait un tel charnier ? Que faisait-elle là ?
Elle tenta de se relever en s’appuyant sur son coude qui céda, la laissant retomber contre le sol que sa tête percuta. La jeune femme grogna et chercha de nouveau à s’assoir, avec plus de précautions cette fois. Quand elle y fut parvenue son regard se perdit un moment sur le sol marqué de traces de pas juste devant elle. Puis elle regarda ses bras afin de savoir comment elle était habillée et fut surprise de la réponse. Une robe. Blanche. Maintenue contre ses bras et son torse par des éléments d’armure rouge et noir. Cela ne semblait pas très adapté à la situation ; on pouvait la frapper aux jambes. Pourtant elle ne semblait pas être blessée et ne sentait aucune douleur. Relevant sa robe elle en comprit la raison : elle portait un pantalon de coton sur lequel étaient sanglées d’autres pièces d’armures et de hautes bottes d’un cuir épais et noir. Plusieurs de ces pièces étaient éraflées et elle se rendit compte que sa robe était trouée en plusieurs endroits. Cela la rassura un peu et, malgré son mal de crâne, elle tenta alors de se mettre debout. Ses jambes tremblèrent et menacèrent de la lâcher mais elle se maintint malgré tout sur ses pieds. Tournant sur elle-même elle observa le paysage désolé. Quelques collines aux formes singulières mais qu’elle ne reconnaissait pas constituaient l’horizon de cette plaine rocailleuse et maussade. Où était-elle exactement ? Que faisait-elle là ? Elle ne se souvenait pas que l’on amenât habituellement les femmes à la guerre, d’ailleurs elle ne se souvenait pas de grand-chose.
Son nom. Il lui fallait son nom. Ainsi, si elle rencontrait un vivant _ ce qui avait relativement peu de chance d’arriver _ et qu’elle lui donnait son nom il pourrait lui dire qui elle était, et peut-être que cela ferait revenir quelques uns de ses souvenirs. La jeune femme ferma les yeux pour se concentrer. Au cours de sa vie on l’avait forcément appelé au moins une fois par son nom. Mais rien ne vint. Elle ne voyait que le noir de ses paupières et se trouvait confrontée au vide de son esprit. Une idée la traversa alors ; elle pouvait réciter lentement l’alphabet et peut-être que la première lettre de son prénom lui reviendrait ! Rien ne coûtait d’essayer, après tout elle avait le temps devant elle. 
A... B ? Non plus. C… D… E, F, G… Aucune de ces lettres ne lui semblait particulièrement familière et, lorsqu’elle fut arrivée au L, elle décida d’abandonner. Elle pouvait essayer de rejoindre une ville ou un village où quelqu’un la reconnaitrait et lui rendrait son nom égaré. Si elle ne s’égarait pas elle-même en chemin ! Comment était-elle censée rejoindre une ville si elle ne savait même pas où elle se trouvait ? Et qu’est-ce qu’il lui prouvait que, même si elle parvenait jusqu’à un hameau, elle ne serait pas en terre ennemie ? Après tout si elle était sur ce champ de bataille c’était qu’elle en avait, des ennemis. Son nom ! Il lui fallait son nom ! C’était une certitude qui grandissait en elle.
Les jambes lourdes, une intense douleur se répandant dans son crâne, elle décida de se rasseoir. En tailleur sur la terre sèche, en plein soleil, elle se concentra. Comment pouvait-elle trouver son nom ? Elle n’avait aucun souvenir, passer en revue chaque lettre de l’alphabet s’était révélé inefficace, il n’y avait autour d’elle aucun vivant pour lui répondre… Le soleil redoubla d’intensité lorsque le nuage qui le masquait à moitié fut poussé par le vent et l’un de ses rayons provoqua sur un corps un reflet qui l’aveugla. La jeune femme leva une main devant son visage et se releva le plus vivement qu’elle pût. Elle marcha jusqu’au corps d’un homme brun, les yeux grands ouverts sur le ciel, le casque fendu d’où naissait la tache rouge humide qui s’étendait sur la terre. Il était protégé d’une armure semblable à la sienne ; un ami. Malgré la curiosité qui poussait la jeune femme à l’observer davantage ses yeux cherchèrent immédiatement l’objet qui l’avait ébloui. Ils tombèrent alors sur un long médaillon rectangulaire, aux bords arrondis, que le cadavre portait autour de son cou. La jeune femme s’accroupit, grimaçant à cause de la douleur, et saisit le bijou. Elle se surprit de parvenir à lire ce qui y était gravé dans la longueur : Jidrin. Elle ne se souvenait pas avoir déjà entendu ce mot mais elle devina qu’il s’agissait d’un nom. Celui de ce soldat mort pour leur pays. Leur pays. Songer à cela l’emplit d’une sensation étrange. Elle avait un pays, Jidrin était peut-être mort pour la protéger, et elle ne pouvait même pas rencontrer sa famille pour le leur annoncer.
La jeune femme se laissa lourdement tomber sur le sol en soupirant. Cet homme avait un nom, et elle avait égaré le sien. Un nom… Il avait un nom autour de son cou… ! Elle porta précipitamment sa main libre à sa gorge et tâta sa peau avec espoir. La déception la figea lorsqu’elle due se rendre à l’évidence : elle ne portait aucun collier. Elle sentit alors le désespoir l’envahir pour la première fois depuis qu’elle s’était réveillée. Elle n’avait pas de nom, elle n’avait pas de pays, elle ne savait pas où elle se trouvait, si quelqu’un l’attendait, ce qu’elle faisait là… Et sans identité elle n’avait aucune idée de comment retrouver ses souvenirs. Partir à la recherche d’une ville était dangereux : elle ne savait pas qui avait gagné la guerre, ou cette bataille, si elle était en terre amie ou ennemie, et, surtout, elle n’avait ni eau, ni nourriture, ni arme, et elle n’était pas sûre que, si elle prenait l’épée qui reposait à deux pas de Jidrin elle saurait comment l’utiliser, ni même si elle serait en mesure de la soulever. Elle pouvait attendre que les généraux envoient des hommes pour récupérer les cadavres mais elle ne savait pas quand ils le feraient ni même s’ils le feraient un jour. Elle n’était nulle part et elle n’était personne. Mais elle préférait ne pas y penser.
Il lui fallait prendre une décision : rester et attendre, ou partir. Si elle attendait elle économiserait ses forces et elle pourrait essayer de prendre soin de la blessure de son crâne, elle vivrait peut-être plus longtemps et aurait plus de chance de rencontrer un vivant. Mais si la prochaine ville n’était qu’à un ou deux jours de marche c’était plus avantageux. Comment savoir ? Elle n’était même pas certaine d’être capable de se diriger. Et si les premiers vivants qu’elle rencontrait étaient des ennemis ? Il lui fallait une arme. Ne serait-ce que pour décourager d’éventuels attaquants. Même si elle ne savait pas comment ça se maniait. Même si elle ne savait pas qui étaient les ennemis et qui étaient les amis.
La jeune femme posa de nouveau son regard sur Jidrin. Ses yeux grands ouverts la mettaient mal à l’aise ; elle avait l’impression qu’il la désapprouvait bien qu’ils ne soient pas posés sur elle. Elle lâcha alors le médaillon du soldat et lui ferma les yeux. A l’instant où elle eut posé ses doigts sur ses paupières froides elle eut une étrange impression de déjà-vu, la certitude qu’elle avait déjà fait cela dans son passé et sut qu’un jour elle recouvrerait la mémoire.

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Voilà ^^'
Qu'en avez-vous pensé ?

Les autres participants : Virée dans l'espaceFil culturelLexie SwingI feel blueGoldfish Gang BlogBroad Us HorizonsDounia JoyEt si on bavardait

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