dimanche 27 décembre 2015

Nouvelle – Le feu par le feu

Bonjour !

Sur le site Épopées Fictives il y a un sujet qui m'avait bien plu, c'est "Les héros ne meurent jamais". Donc j'ai pondu un texte mais le problème c'est que les caractères était limités à 35 000 mais j'en ai fait plusieurs centaines de plus et comme il n'est pas marqué qu'une marge est permise ben... voilà. Du coup je le mets ici, comme le précédent. Normalement il n'y a pas trop de fautes ni coquilles puisque j'ai relu, mais si vous en trouvez n'hésitez pas à me le signaler !

Je l'ai fini aujourd'hui, j'ai mis trois heures à pondre un peu plus de trois pages (en taille 11 et pas en 18 comme je vous l'ai affiché) (heureusement ! xD), plus une heure de relecture... c'est fou mais je ne m'étais jamais rendue compte qu'écrire était aussi chronophage. Je pensais que j'aurais le temps de lire un livre pour réviser mes partiels avant le début de ma série mais non... Du coup je me demande combien de temps j'ai passé pour pondre les quatre-vingt pages de mon roman... je crois que je préfère ne pas savoir xD

Je ne suis pas certaine que le dernier paragraphe soit nécessaire, en fait il est même complètement superflu, mais je voulais vraiment décrire comment serait le personnage, c'est pour ça que je ne l'ai pas mis exactement à la suite et que j'ai sauté une ligne, histoire de le séparer un peu de la "vraie fin". Peut-être que je ferais une suite sous forme de roman ; l'autre jour je me suis dit que ce serait rigolo de faire une histoire en suivant le méchant ! Mais avant ça j'ai deux romans qui attendent, dont un que j'arrive vraiment pas à commencer, donc ça va attendre un petit peu ^^'

Enfin bref, je vous laisse lire ! Que vous aimiez ou pas j'aimerais bien que vous me disiez ce que vous en pensez ! :D



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vendredi 18 décembre 2015

Les réseaux sociaux mangent les enfants

Bonjour !

Hier j'ai appris que l'UE voulait instaurer un contrôle parental sur les réseaux sociaux pour les ados de treize à dix-sept ans et ça m'embête beaucoup. Je trouve que l'UE pense de travers. Vraiment. Vouloir protéger nos jeunes c'est très bien mais je ne suis pas pour tout interdire. Je me souviens que j'avais dit ça une fois en intervenant dans l'émission de Jean-Marc Morandini. Il m'avait répondu que ça permettait de contrôler. Je n'avais pas trouvé quoi répondre mais son argument ne me plaisait pas. Maintenant je sais ce qui ne va pas dans cet argument. Ça tient en quatre mots que l'on pourrait je crois appeler axiome : pas vu pas pris.

Conduire avec de l'alcool ou de la drogue dans le sang est interdit. On contrôle. Des gens sont punis, d'autres pas trouvés. Conduire avec le téléphone est interdit. On contrôle. Des gens téléphonent sans être inquiétés. Pire ! Des gens se font prendre et recommencent le lendemain. Pas vu pas pris. On a interdit, certes, mais est-ce que ça change les mentalités et les agissements ? Non. Si les gens récidivent, à quoi ça sert d'interdire ? Pas grand-chose.

Je me demande comment ils veulent mettre en place un contrôle parental. Si c'est juste une case à cocher, comme ces cases avant d'entrer sur un site interdit aux moins de dix-huit ans, ça ne va pas être très utile. Alors à moins d'équiper tous les ordinateurs d'une webcam et d'un logiciel de reconnaissance faciale je ne vois pas trop comment on va faire. Mais admettons. On le fait, on trouve une solution. Et après ? Parce que c'est interdit de faire sans les parents les ados vont respecter ça ? Certains oui, bien sûr, mais d'autres... laissez-moi rire ! Changer une date de naissance ce n'est pas bien dur. On trouve toujours un moyen de contourner le problème pour la raison très simple que s'il n'y a pas de solution c'est qu'il n'y a pas de problème.

Et puis je ne vois pas en quoi on va protéger nos enfants comme ça. Si effectivement on met un contrôle parental sur les réseaux sociaux généraux, dans le cas d'un blanc dans la loi quelqu'un pourrait décider de créer un réseau social, sans l'appeler comme ça, réservé aux ados, donc sans risque, donc sans nécessité que les parents soient derrière (vivent les vides juridiques). Mais qui pourra garantir que tous les inscrits sur ce réseau social réservé aux ados seront bien des ados ?

Quand j'ai entendu parler de cette décision de l'UE j'ai repensé à La Princesse de Clèves dont j'avais étudié un extrait en Première. Et comme je suis une jeune femme dévouée (héhé :P) je suis allée chercher les phrases qui m'avaient beaucoup marquée cette année-là : "La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance.". Je pense que vous voyez déjà où je veux en venir mais je continue. Ce matin j'y repensais et c'est un autre texte auquel j'ai songé : le conte de Barbe Bleue. Barbe Bleue se marie, après la nuit de noce il laisse un trousseau de clé à sa nouvelle épouse et lui dit qu'elle peut aller partout dans la maison sauf dans une seule pièce dont il lui confie pourtant la clé. Poussée par la tentation et la curiosité la jeune femme ne résiste pas longtemps et ouvre la porte de la pièce où son cher et tendre époux a tué ses épouses précédentes. Et là je pense que vous voyez totalement où j'ai l'intention d'arriver : pourquoi interdire et cacher, surveiller, éveiller la curiosité et la tentation, quand on peut éduquer, apprendre, laisser l'ado se faire son idée en le prévenant des dangers ?

Certes, les réseaux sociaux sont pleins de dangers et de choses malsaines et j'en ai eu le récit d'un exemple aujourd'hui même. Je discutais avec la camarade qui va participer à l'émission radio que j'ai en projet et elle me disait qu'elle avait travaillé comme surveillante de collège. L'une des élèves était "amie" sur Facebook avec un garçon qu'elle ne connaissait pas et qui n'avait que des "amis" filles. Ma presque-collègue lui a demandé si elle ne trouvait pas ça bizarre mais la collégienne lui a dit que non, qu'il avait son âge (à savoir treize-quatorze ans). Sauf que. Le garçon en question en avait dix-sept, et c'est quand même un peu bizarre qu'il baisse son âge de trois ans s'il n'est pas déjà dans une logique de prédateur. Ajoutez à ça les personnes jeunes hommes sur les chats de Skyrock qui envoient aux jeunes filles des photos de phallus en érection sans prévenir ni saluer et vous avez la preuve irréfutable que, oui, il y a des malades, des inconscients, et des dérangés sur les réseaux sociaux. Y compris parmi les jeunes.

Mais les réseaux sociaux se sont aussi de jolies rencontre, de jolies expériences, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'ouverture d'esprits, d'échanges, de mise en perspectives et d'apprentissages. Des prises de têtes, des lynchages, des insultes, des mensonges, des pièges, des traquenards, des arnaques de toutes sortes, des tromperies et autres filouteries, mais ce sont aussi des amitiés, des découvertes, des expériences qui forgent le caractère et développent la pensée, un petit univers où on peut trouver des gens qui ont les mêmes problèmes que nous, les mêmes questions, peurs, et préoccupations. Du soutien quasiment inconditionnel.

Je crois que les jeunes ont besoin de se faire leurs propres expériences, de prendre en autonomie et en indépendance. Ça ne signifie pas qu'il ne faut pas les protéger, mais ça ne signifie pas non plus qu'il faut leur tenir la main en traversant la rue parce qu'une voiture pourrait débouler sans prévenir ou qu'il faut les empêcher de cuisiner parce qu'un couteau c'est dangereux. Quand on prend un couteau on connait les risques parce qu'on nous les a appris, mais on nous a aussi appris à nous en servir, à le tenir correctement, à faire attention à ses doigts. On nous a appris qu'un couteau ça coupe, qu'un couteau ça tue. Mais aussi qu'un couteau ça permet de nous nourrir en nous permettant de nous faire à manger. Alors oui, internet c'est dangereux, oui, les réseaux sociaux mangent les ados, dévorent les enfants, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de bon à en tirer, et ça ne veut pas dire qu'il faut rester à côté des jeunes apprentis cuisiniers quand ils tiennent un couteau, au cas où ils se coupent. On peut laisser la porte de la cuisine ouverte et rester dans le salon, voire même la fermer, cette porte. Et ça ne voudra pas dire que l'on n'est pas là pour surveiller, que l'on n'est pas inquiets, que l'on ne fait pas attention. Lorsqu'il y a des faits divers et que je lis ou entend "mais où sont les parents" ça me fait doucement rire, parce que les ados trouvent les solutions à leurs problèmes, sinon c'est qu'il n'y a pas de problème.

Et si, plutôt qu'interdire, la solution était d'éduquer ? Pour que le couteau ne soit plus une arme contre l'ado mais une arme dont l'ado peut se servir pour repousser les méchants pédophiles et les méchants arnaqueurs. Interdire ce n'est pas intéressant si les mentalités ne sont pas changées, travaillées...

Les réseaux sociaux mangent les enfants et l'UE pense à l'envers...

Qu'en pensez-vous ? Parce que si ça se trouve, de votre point de vue, c'est moi qui suis toute retournée !

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dimanche 6 décembre 2015

Le sexisme des femmes

Bonjour !

Je viens de lire le dernier article de Charlie et je suis... blasée. Je crois qu'il faudrait que j'envoie mes cours d'Histoire contemporaine sur l'Histoire du genre à toutes les femmes de France pour les réveiller un peu. Sinon il y a le livre de Yannick Ripa* aussi... Charlie cite deux articles de magazines féminins à propos d'Adèle et c'est absolument aberrant. Outre le fait qu'il y ait des rappels constants au fait qu'elle soit ronde (comme "mains potelées"), ce que je trouve de très mauvais goût, on s'interroge parce qu'elle ne veut pas se marier, on s'interroge parce qu'elle ne se cache pas de ne pas aimer le caritatif, on s'interroge parce qu'elle en fait soit disant trop quand elle parle de son petit ami, que, peut-être, elle a pris et quittera simplement pour faire un album. Et, le pire de tout, c'est que ces articles sont écrits par des femmes.

Les deux articles que Charlie cite ne sont que des descentes en règles et des diabolisations d'Adèle sous couvert de nous informer sur la situation de son couple (dont, au passage, on se contrefout pas mal). Ce qui transparaît de ces articles c'est une Adèle menteuse, qui en fait trop quand elle parle de son homme, une Adèle manipulatrice qui ne se mettrait en couple que pour pouvoir écrire des albums. Une Adèle _ comble de l'anti-féminin ! _ sans coeur, puisqu'elle préfère boire que lever des fonds pour l'association de son compagnon. On n'a vu en cours que les femmes, depuis au moins le XXème, doivent être du côté du soin et pas de la violence. Les femmes valorisées au front pendant les deux guerres mondiales étaient les infirmières. Donc une femme qui ne se précipite pas pour aider la première association venue c'est louche. Et elle est d'autant moins une femme qu'elle boit et ne souhaite pas se marier.

Sauf que ça coince parce que pendant plusieurs siècles, et jusqu'à il n'y a pas si longtemps, les filles n'étaient éduquées que dans un seul but, un seul objectif, les marier ! La fille devenait jeune femme avec ses règles mais femme par le mariage quand le garçon devenait homme en gagnant des années. D'ailleurs, si le divorce a été créé à la Révolution, Napoléon en avait restreint la possibilité, l'avait rendu plus difficile à obtenir. Puis il a été complètement supprimé, puis de nouveau rétablit dans la deuxième moitié du XIXème. Mais la loi n'a pas vraiment changé les mentalités, au fond. Une fille se doit de souhaiter le mariage. Donc une Adèle, modèle pour beaucoup de jeunes femmes, qui ne souhaite pas se marier, ça la fout mal, quand même. Une raison de plus pour la descendre et sous-entendre de manière plus ou moins dissimulée qu'elle n'est pas normale, qu'elle n'est pas une vraie femme.

Je trouve les deux articles que cite Charlie absolument immondes et indignes. Je ne sais pas si on s'en prend à Adèle parce qu'elle réussit dans sa vie professionnelle sans avoir besoin de se dénuder, ou parce qu'elle réussit avec à côté une vie personnelle un peu chaotique, mais, franchement, c'est indigne. C'est indigne de femmes de s'en prendre à elle comme ça, en véhiculant des clichés sur les femmes qui devraient se marier et faire du caritatif à tous prix. Parce qu'elle ne correspond pas au modèle féminin de la femme mariée bien tranquille qui soutient son compagnon on sous-entend sans trop se cacher que c'est une manipulatrice et une sans-coeur, qu'elle n'est pas une vraie femme. Et on fait des références assez condescendantes et insultantes, je trouve, à son physique. Dirait-on d'un acteur avec quelques kilos en trop qu'il a des "mains potelées" ? Je ne pense pas, en tout cas pas dans un article qui ne serait pas teinté d'une certaine tendresse.

Une femme peut ne pas être féministe, comme un homme peut l'être. Mais utiliser Adèle pour faire passer des messages assez abjectes et l'insulter sous couverture d'information ça dépasse le fait d'être ou non féministe et engagé ou non pour la cause des femmes (et des hommes, puisque quelque part je pense aussi que le féminisme sert à faire en sorte qu'un homme puisse pleurer ou faire de la danse sans qu'on l'insulte). Dans l'Histoire toutes les femmes n'ont pas été féministes et puis, d'ailleurs, il y a eu plusieurs courants de féminismes. Mais lire des trucs comme ça quand c'est écrit par des femmes ça me fait toujours quelque chose. Comme si je lisais un texte écrit par un Noir en faveur de la hiérarchie des races. Ça fait un peu peur.

Alors, pendant que les femmes en Arabie-Saoudite s'apprêtent à voter et d'autres à être élues, deux pseudo-journalistes descendent Adèle parce qu'elle refuse de se marier. Ça laisse imaginer l'étendu du chemin qu'il nous reste à faire pour acquérir l'égalité !

Qu'en pensez-vous ?

*Yannick Ripa, Les femmes, actrices de l'Histoire, Armand Colin (2ème édition), 2010.


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samedi 5 décembre 2015

Où je répond aux questions qui m'ont été posées

Bonjour !

Bon. Charlie m'a taguée alors du coup je vais répondre, mais je ne dirai pas onze choses sur moi parce que je sais que je vais galérer, que ça ne sera pas intéressant, et que j'ai pas envie, et que je fais ce que je veux, de toute façon je sais pas si vous avez remarqué mais je triche tout le temps dans les tags et autres articles communs et questions pièges. Et je ne poserai pas onze questions parce que je voudrais poser des questions qui n'ont pas déjà été posées, des questions un peu farfelues, et que là tout de suite rien ne me vient alors voilà...

01. Quel(s) regrets as-tu dans la vie ?
J'aurais bien aimé m'intéresser à l'anglais plus tôt et avoir un bon niveau. Et en même temps ce n'est pas vraiment de ma faute : c'est aux profs de nous intéresser à la matière, quelque part. Mais quand même.

02. Qu’est-ce qui te rend heureuse, là, tout de suite, maintenant ?
Mon blog (je n'ai pas de vie) et l'idée que mon colis m'attend à la Fnac et que je vais bientôt aller le chercher (mouha-haha).

03. Une citation qui te définirait bien ?
"Qui ne tente rien n'a rien", "A qui se peut vaincre soi-même il n'est presque rien qui puisse résister" de Louis XIV (oui, je sais, ce sont plus des leitmotivs qu'une définition mais je fais ce que je peux, et de toute façon je vous avez prévenu que je trichais).

04. Une information savante à me faire partager que d’habitude tu ne peux pas placer dans une conversation ?
Alors figure-toi que oui ! Dans le National Geographic du mois dernier (que je suis en train de lire parce que je n'ai toujours pas rattrapé mon retard) ils disent que l'homme de Cro-Magnon ça s'appelle comme ça parce qu'on en a trouvé un dans l'abri de Cro-Magnon qui veut dire l'abri de la famille Magnon. Voilà. Sinon y'a plein d'autres trucs que j'arrive jamais à caser, mais là tout de suite ça ne me vient pas.

05. Un coup de gueule à pousser ?
Oui. Faut arrêter les questions difficiles. Déjà que Céline m'avait fait le même coup, maintenant ça suffit ! Pourquoi vous ne posez jamais des questions simples ? Et encore, heureusement que je ne suis pas tombée sur "quel est ton meilleur souvenir d'enfance" ou quelque chose comme ça... Mais c'est vrai qu'aujourd'hui j'ai moins galéré que je ne l'avais pensé.

06. Ton dessert préféré ?
J'en ai pas, mais j'adore les desserts.

07. As-tu déjà fait des rencontres magnifiques sur la blogosphère ? Virtuelles et réelles !
Oui ! Mots à maux que je suis obligée de citer pour deux raisons : déjà parce qu'elle est chouette et qu'elle me supporte depuis presque un an (elle en peut tellement plus de moi qu'elle compte le temps et que c'est elle qui m'a fait remarquer que ça ferait bientôt un an :P) et surtout parce que comme même sur la blogosphère je suis une asociale eh bien c'est la seule avec laquelle je parle en dehors des articles et des blogs, donc celle que j'ai le plus "rencontré".

08. Ferais-tu de ton blog, ton principal métier si c’était possible ? Pour quelles raisons ?
Certainement pas. Je tiens trop à devenir journaliste pour ça mais surtout ça voudrait dire que mes revenus dépendraient de la fréquence avec laquelle j'écrirais sur le blog, ce qui reviendrait à me forcer à écrire et donc rendrait des articles médiocres pour ne pas dire mauvais. Puis franchement je crois que le modèle de blogs tel qu'on le connait est en train de s'essouffler.

09. Un talent caché à nous révéler ?
Je cherche encore ; il est bien caché ;)

10. Un ou une humoriste préférée ?
Ouh lala. Je dois en citer qu'un ? Vraiment ? Nan, parce que ça ne va pas du tout ! Y'en a trois, au moins, que je ne peux pas départager : Jérémy Ferrari, Jeff Panacloc et Eric Antoine (oui, j'aime l'humour noir et méchant). Mais après j'aime bien Vérino, Willy Rovelli, Claudia Tagbo, Antony Kavanagh, et plein plein d'autres. Il faut dire que je suis plutôt bon public et que je rentre tout de suite là où ils veulent nous emmener, ce qui simplifie les choses.

11. Un instant cocooning à nous faire partager ?
Je sais pas ce que c'est. Rappelez-vous, je ne parle pas anglais (du coup pour être bénévole sur les JO je vais bien me marrer), du coup "cocooning" c'est comme si tu me parlais... en grec ancien. Ou même en grec tout court d'ailleurs.

Voilà !
Je vous retourne la question : vous feriez de votre blog votre métier, vous ?


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mercredi 2 décembre 2015

Je ne suis pas Française

Bonjour !

J'ai un peu de mal à commencer cet article, à trouver mon angle d'attaque. Je crois que c'est mon titre, il me perturbe et pourtant je l'aime bien, provocateur juste ce qu'il faut pour me plaire. Provocateur parce que la nièce Le Pen a eu la bonne idée de déclarer que l'on n'était pas vraiment Français si on n'avait pas vibré au sacre de Reims. Et à une amie de me dire "et alors ?" comme si la déclaration ne signifiait pas qu'il fallait être monarchiste pour être Français. C'est beau, la naïveté. Bref. La nièce Le Pen elle n'a pas dit que ça. Elle a dit d'autres choses, tout aussi stupides, qui m'ont laissée la bouche grande ouverte en plein milieu de la rue (heureusement il était tôt, il faisait noir, et c'était désert, donc personne n'a vu mon air con et ulcéré, plantée que j'étais sur le bitume).

Elle a dit, la nièce Le Pen, que "si des Français peuvent être de confession musulmane, c'est à la condition seulement de se plier aux mœurs et au mode de vie que l'influence grecque, romaine, et seize siècles de chrétienté ont façonné" et ça parce que nous ne sommes pas une "terre d'islam", comme elle dit. Elle a ajouté que "chez nous, on ne vit pas en djellaba, on ne vit pas en voile intégral et on n'impose pas des mosquées cathédrales au minaret dressé comme une provocation". Voilà-voilà. Que dire de plus ? Ah ! Si ! Je marchais ce matin pour aller à la fac car je devais travailler. Au final je n'ai pas beaucoup avancé mon exposé parce qu'il y avait un débat chez Jean-Marc Morandini sur Europe1 et que ça m'a tellement hérissé le poil que j'ai pris des notes. La dernière fois que j'ai fait ça c'est quand ils parlaient de l'interdiction du voile à l'université.

Le monsieur du FN a dit qu'il fallait réfléchir à interdire les djellabas ou en tout cas à travailler sur les consciences parce que ça faisait preuve d'un communautarisme. Alors de deux choses l'une je ne suis pas certaine que la djellaba soit un vêtement musulman comme peut l'être le voile mais plutôt qu'il est un vêtement arabe, en quel cas on aurait ici un joli amalgame (eh oui, il y a des chrétiens en Orient, et des Juifs aussi), et en plus ça voudrait dire qu'il faudrait aussi interdire les vêtements gothiques. Si. Parce que les personnes qui s'habillent en gothique et autres styles alternatifs on pourrait considérer qu'ils font partie d'une communauté de gens qui s'habillent comme eux, qu'ils ont une culture et des références communes et que donc ils sont dangereux pour l'identité française. Je ris.

Il y a aussi cette histoire d'héritage greco-romain. Pardonnez cette provocation, j'adore ça, mais, personnellement, l'héritage greco-romain, je le cherche. Ce que je veux dire c'est qu'entre la destitution du dernier empereur d'Occident en 476 (précisément !) et nous il y a beaucoup de siècles. Des siècles qui ont vu les incursions de peuples tels que les Alains, les Vandales, les Ostrogoths, les Wisigoths, les Francs, les Lombards, les Arabo-musulmans, et certainement d'autres que j'oublie. Autant de peuples qui, d'ailleurs, n'ont pas attendu la fin de l'empire d'Occident pour s'installer chez nous (mais si ça vous intéresse je peux vous envoyer mes cours d'Histoire médiévale) ! Bref. Donc, oui, nous avons l'héritage greco-romain mais aussi celui que nous ont laissé les Celtes et les Vikings. Et puis on a eu des guerres. La guerre de Cent Ans qui, j'imagine, a certainement vu la naissance de bébé mixtes. Mais aussi des guerres plus récentes. Que fait-on de l'Alsace-Lorraine ? Ben oui, il y a eu des viols des soldats et des histoires d'amour franco-allemandes. Alors on en fait quoi de ces bébé Franco-allemands ? Ne sont-ils pas Français ? Bon. Héritage greco-romain ? Je ris.

Par contre je ris beaucoup moins quand le monsieur du FN dit à la radio que le multiculturel c'est le multiconflictuel. Déjà on peut être en conflit avec des personnes d'une même culture que nous, première chose. Deuxième chose, les autres cultures peuvent interroger la nôtre et l'enrichir. On ne pense pas correctement quand on a l'esprit fermé. Je suis pour l'intégration mais contre l'assimilation ; on ne peut pas demander à des gens d'oublier complètement leur culture d'origine pour épouser exactement celle de la France. Un proverbe chinois dit : "oublier ses ancêtres c'est être un ruisseau sans source, un arbre sans racines". Alors on ne peut pas demander aux gens de renier leurs origines. Par contre on peut intégrer ces personnes, on peut faire une société où les différences ne sont pas source de conflits permanents, mais source d'enrichissements. Ça commence mal, on est dans un cercle vicieux : ne se sentant pas intégrés et acceptés les étrangers ou personnes d'origines étrangères se replient et nous on les pointe du doigt en disant qu'ils ne s'intègrent pas, donc ils se replient encore davantage, et ainsi de suite. Il faut que quelqu'un prenne la décision de faire un premier pas à l'extérieur du cercle.

Ça ne me gêne pas quand je vois quelqu'un d'origine africaine porter une tenue traditionnelle. Pour être tout à fait sincère, je tique plus quand je vois des hommes en djellaba parce qu'avec un jogging et une doudoune en-dessous ça fait un peu étrange et qu'avec ces histoires de terrorisme, mine de rien, j'ai intégré les schémas, je me dis qu'ils sont peut-être radicalisés. Alors que pas forcément. Bref. Ce qui me gêne ce n'est pas la tenue, ce sont les propos. Quand des jeunes disent "je suis Nigériane" _ et pourquoi pas "Française" ? _, ou "cet été je retourne chez moi", alors que leur carte d'identité est française. Ça, c'est la preuve de notre échec à les faire se sentir Français. Pourquoi ne se sentent-ils pas Français ? On en revient à notre cercle vicieux. Evidemment qu'il y a des profiteurs, des personnes qui se foutent complètement de leur carte d'identité, qui se foutent de nos mœurs, de nos valeurs de libération de la femme et compagnie, mais pour chacune de ces personnes combien y en a-t-il qui veulent vraiment la nationalité française et sont tombés amoureux de notre pays ?

Mais, presque pire que tout ça, c'étaient deux auditeurs. Deux auditeurs qui ne sont pas pour le FN mais qui disent que c'est un vote de protestation et même que v'la l'un d'eux qu'ajoute qu'il espère que le FN gagnera une région ! Wow ! Déjà, première question : qu'est-ce que tu feras si le FN passe alors que pour toi c'était juste un vote de protestation et pas pour les élire ? Tu feras comme les étudiants aux élections européennes et t'iras gueuler dans la rue ? Pas de chance : c'est ton bulletin qui aura participé à ça, t'aura plus qu'à la boucler et à faire profil bas. Mais, surtout, d'une manière plus générale, on ne joue pas avec un vote ! On n'est pas en train de parler de stratégie ou je sais pas quoi ! On est en train de parler de notre avenir ! Voter un truc avec lequel on n'est pas d'accord en espérant que les autres rattrapent le tir c'est juste du gros n'importe quoi ! C'est complètement irresponsable et c'est comme ça qu'on vote François Hollande pour faire sortir Nicolas Sarkozy, et c'est bien là-dessus que compte Marine Le Pen ! On ne joue pas avec un vote ! On n'est pas en train d'élire les délégués de classe, là, merde ! (Désolée, je m'emporte un peu, haha :P).

Alors voilà, je ne suis pas Française, pas vraiment, parce que je ne vibre pas au sacre de Reims. Du coup, des vrais Français, doit pas y en avoir beaucoup dans ce pays x) L'identité française... tu parles ! Si l'identité française c'est faire une uniculture et une pensée unique alors non, effectivement, je ne suis pas Française.

Qu'en pensez-vous ?

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lundi 30 novembre 2015

Ces envies qui n'en sont pas

Je ne savais pas quoi mettre, je fais ce que je peux ! :)
Bonjour !

Comme je ne suis capable d'écrire que deux genres d'articles : ceux où je donne mon avis, et ceux qui traitent de questions existentielles et que je ne connais pas l'entre-deux, les wishlist, DIY, anecdotes rigolotes, listes de la meilleure journée, et de pourquoi l'automne c'est chouette, aujourd'hui, ce sera un article sur une question existentielle. J'aurais pu vous dire à quel point je trouve stupide d'empêcher des enfants de jouer avec des armes en plastique sous prétexte qu'il y a eu les attentats mais en fait non (cela dit le débat est ouvert ! :D).

En ce moment ça va pas trop (oui, je me plains, mais je le fais peu, et si ça vous plait pas c'est pareil :P). Des fois Régulièrement j'achète des choses et après... c'est pas que je regrette c'est que je me rends compte que je n'avais pas vraiment envie. Un peu comme si deux personnes se battaient dans ma tête, que l'une disait "oh ça serait chouette ? pourquoi pas ?" mais sans plus et que l'autre disait "fais-le". Et comme je suis de constitution faible je cède. J'ai pas trop envie, mais je me dis je vais le faire... Pas plus tard que ce soir, j'ai acheté des croustillons, j'avais faim mais pas vraiment envie, mais je l'ai fait quand même. L'autre jour j'ai acheté un jouet stupide (mais absolument drôle) : un fromage en mousse avec des trous et y'a des souris et tu peux les faire entrer et sortir du fromage. Voilà. Ma vie est fascinante.

J'ai l'impression que ça m'arrive de plus en plus souvent, comme si j'essayais de combler quelque chose, une vie sociale (en ce sens où, par exemple, souvent quand on achète des croustillons ou ce genre de choses on est en groupes familiaux ou amicaux), ou de remplir l'espèce de mélancolie que je me traîne depuis des mois. Un peu de la tristesse, et de l'insatisfaction, ou de la déception envers moi-même plutôt. Par exemple je suis censée aller prendre rendez-vous dans une clinique pour faire des examens, ça doit bien faire deux semaines maintenant que tous les jours je me dis "j'irai demain". J'étais censée y aller aujourd'hui, comme je finissais assez tôt, puis j'ai complètement oublié. Alors je tenterai le coup demain... et puis j'ai pas de bonnes notes, j'arrive pas à comprendre ce que les profs veulent, alors je suis pas contente, je me dis que je pourrais travailler plus mais j'ai pas non plus envie de me coucher à deux heures du mat' puis, sincèrement, je vois pas trop ce que je pourrais faire de plus si ce n'est pas vraiment efficace. Puis je voulais essayer la technique du palais mental, et je traîne l'idée depuis des mois, ça n'avance pas, c'est ridicule... Puis je m'étais dit que je verrais si c'est possible de prendre rendez-vous avec le psy du campus, juste comme ça, mais comme pour mes examens je repousse, j'oublie... c'est bête, ça me fait me sentir un peu nulle. De là à ce que je plonge dans mon gouffre il n'y a qu'un pas. Un tout petit pas.

C'est un peu tout ça que j'essaye de combler je crois (on dit que les gens qui font psycho à la fac le font pour se soigner : j'aurais dû faire psycho xD). Et forcément ça fini en cercle vicieux : je cède à une tentation qui n'existe pas (alors que c'est prouvé que c'est mieux pour la santé mentale et le cerveau de résister, en plus), du coup je me sens bête, je m'en veux, je n'm'aime pas, du coup j'achète quelque chose, du coup je me sens bête, je m'en veux, je n'... etc.

Voilà. L'article qui concrètement ne sert qu'à moi (j'aime pas dire qu'un article ne sert à rien, s'il ne sert à rien, ça ne sert à rien de l'écrire) mais que vous avez lu quand même parce que vous êtes gentils/vous n'aviez que ça à faire/que vous avez cédé au côté malsain de la curiosité (je suis d'un optimisme flagrant !).

Du coup, dans une tentative désespérée de détourner l'attention : vous en pensez quoi de l'interdiction pour les enfants de jouer avec des pistolets en plastique ?


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samedi 14 novembre 2015

Les islamistes ne sont pas musulmans

Bonjour !

On voit un grand élan de pensées, de solidarité, moi j'aimerais passer à l'étape suivante, anticiper un peu sur ce qui va arriver : le communautarisme, les amalgames. Je ne sais pas si c'est parce que je ne suis pas Parisienne, ou parce que je ne connais personne qui était en danger à Paris, mais depuis hier j'ai gardé la tête bien froide. Je n'ai pas peur. Je savais que ça allait arriver, c'était évident. Bref. Je voudrais passer l'étape suivante. On s'en fiche des pourquoi, des comment. Pourquoi ? C'est évident : nous sommes engagés en Syrie, et Daesh a décidé de se battre contre tout le monde : Belgique, Tunisie, Liban, Russie... chacun son tour. Donc je voudrais passer à l'étape suivante.

L'étape suivante c'est celle où on se dresse contre les amalgames et où on dit "les islamistes n'ont rien à voir avec les musulmans". Parce que je n'ai pas l'impression que ce soit bien clair dans tous les esprits... ma soeur a dit un truc du genre "les islamistes c'est comme les musulmans mais en pire". Non. Ce ne sont pas des musulmans. Ce sont des dégénérés qui utilisent une religion comme prétexte. Comme Joseph Kony en Ouganda qui n'est pas chrétien : il veut juste renverser le gouvernement ougandais et le diriger avec sa vision des Dix Commandements. Pour ça il embrigade des enfants et leur met des armes dans les mains. Il utilise une religion. Les islamistes sont pareil : ils ne sont pas musulmans : ils utilisent une religion. Ce sont des dégénérés intelligents, qui ont tout compris à l'embrigadement, qui ont choisi un jour idéal, qui sont assez bien organisés et qui savent ce qu'ils font. Mais ce sont des dégénérés du bulbe quand même. Pas des musulmans.

Sur Europe1, de quatorze heure à dix-huit heure, il y avait une édition spéciale où les auditeurs qui le souhaitaient pouvaient appeler pour poser leurs questions. Un monsieur a dit qu'il avait perdu des amis à l'Hyper Cacher. Il a dit que s'il n'y avait pas eu Charlie on n'en aurait pas parlé, de l'Hyper Cacher. Mais, surtout, il a dit que les musulmans étaient responsables. Que c'était un peu de leur faute, quand même. Je trouve ça très grave. Qu'on se laisse emporter par les émotions je peux le comprendre même si ce n'est pas vraiment mon cas mais dire des choses comme ça c'est très grave. Les musulmans n'y sont pour rien. D'ailleurs la moitié, voire plus, des recrues de Daesh sont des convertis et pas du tout musulmans originellement (ni musulmans après la conversion, du coup). Je trouve ça grave de dire des choses comme ça. Parce que des auditeurs pourraient le croire, pourraient se dire "oui, finalement, oui c'est vrai" alors que pas du tout. Comme le rappelait l'une des personnes présentes dans le studio la plupart des victimes de l'Etat Islamique sont des musulmans.

Alors voilà, je prends l'initiative de passer à l'étape suivante ; l'étape après l'émotion, l'étape après l'indignation, l'étape après la colère, l'incompréhension : l'étape où l'on dit que ces gens qui se sont fait sauter la cervelle en prenant d'autres vies avec eux n'ont rien à voir ni avec l'islam ni avec les musulmans. Je trouve que c'est important de le dire, de le marteler. Ça évitera peut-être à des abrutis de dire à la radio qu'il faut interdire le voile à l'université parce qu'il y a de la radicalisation dans les facs. Et à d'autres abrutis en herbe de les croire. Ça évitera peut-être qu'on stigmatise des innocents. Donc je passe à l'étape deux, l'étape où on évite l'amalgame. La suivante ce sera l'humour noir, parce qu'on peut (et doit) rire de tout.

Que pensez-vous de tout ça ?


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dimanche 8 novembre 2015

Discrimination invisible

Bonjour !

Ce matin je jetais un œil dans le fil d'actu d'Hellocoton et je suis tombée sur un article de Laura à propos des phrases que l'on peut lire parfois ; "je mange comme un gros", "repas de gros", etc. J'ai lu les commentaires (ce que je fais rarement) et certaines choses m'ont fait halluciner...

Des personnes qui crient à la liberté d'expression en passant par celles qui se plaignent qu'on ne puisse plus rien dire jusqu'à celles qui plaident l'expression et le détournement des mots ; on a le droit à tout. Je crois que toutes ces personnes ne se rendent pas compte de la violence de telles expressions ; assorties au fameux "ça fait pédé" de ma soeur, "c'est du gâchis que tu sois gay" et autres "le prof il fait son juif". Juste des expressions, des remarques, des trucs juste comme ça qui jouent sur les représentations collectives des gros qui se gaveraient de hamburgers matin midi et soir, des gays qui seraient plus faibles, plus petits, plus ridicules que les hétéros et qui ne pourraient pas être beaux. C'est pas grave, c'est vrai, ce ne sont que des expressions après tout.

Mais les mots ont un sens. Un vrai sens, un sens profond. Pourtant pas grand monde ne relève. C'est de la discrimination de tous les jours, de la discrimination suintante, insidieuse, invisible. De la discrimination qui se cache derrière l'excuse de l'expression, de l'humour, de la dérision, du second degré. Mais de la discrimination quand même. Le pire, ce sont les personnes qui se dédouanent en disant qu'elles ont des amis gays qui utilisent l'expression "c'est pas un truc de pédé" et qui en rient. Ce n'est pas parce que les gays l'utilisent que c'est bien. Dirait-on que les femmes doivent ne pas demander l'égalité des droits parce que certaines femmes disent que la gent féminine doit rester à la maison ? Puisque ma voisine dit que son homme a le droit de la tabasser pour la punir j'ai le droit de le dire et de le penser aussi ? Comment ça ce n'est pas pareil ? Ah bon ? Vous êtes sûr ? Réfléchissez-y et on en reparle dans quelques heures quand ça aura mariné un peu.

Bien sûr, avec ses amis, on peut se permettre plus de choses, on peut se permettre de les traiter de bougnoules tant que eux ça ne les dérange pas. Mais si je vais voir vos amis, que je les interpelle dans la rue en les appelant "sale arabe" ou "bougnoule" je pense qu'ils vont me regarder de travers. Vous voyez ma soeur a un ami Noir, un jour elle s'est amusée à lui dire "attends, t'as un truc là... ah nan ça part pas en fait". Elle peut, c'est rigolo, c'est second degré, c'est son ami. C'est un peu le même principe de dérision que quand mon amie commence une phrase par "tu sais j'ai réfléchi" et que je la coupe, avec un grand sourire, par "ah bon ? t'as réfléchi, toi ?". Parce qu'on accepte la dérision venue de nos amis, mais pas celle venue des simples camarades ou collègues auxquels on dit seulement bonjour le matin sans que ça n'aille jamais plus loin. Parce qu'on ne les connait pas, on ne sait pas s'ils rigolent vraiment, ils ne sont pas assez entrés dans notre "cercle" pour avoir le droit de se foutre de notre gueule avec insolence. Et c'est pas grave, c'est humain.

Mais, franchement, il ne me viendrait pas à l'idée d'interpeller une amie lesbienne en lui disant "eh la gouine !". Même si c'est mon amie. C'est comme les gens au lycée qui s'appellent "ma salope" ou "ma pute". Je suis désolée mais c'est une insulte. Jamais, jamais, jamais je ne parlerais de mon amie lesbienne en disant "la gouine". C'est d'une violence... ! Je ne pourrais pas.

"C'est pas grave, c'est une expression". Moui. Mais c'est bien sûr. Ce ne sont pas des expressions. Il y a un mot pour qualifier ces phrases, un mot dont on n'aime pas trop se faire accuser parce que l'on sait que c'est mal, pas gentil, et que non ô grand jamais on ne correspondra à ce terme. Ce mot c'est "discrimination". Dire "je mange comme un gros" ou "ça fait pédé" ça s'appelle de la discrimination. Et j'irai même plus loin en faisant un rapprochement avec un sujet de société dont on a pas mal parlé ces derniers jours, moi y compris, qui est le harcèlement scolaire. Pour deux raisons : premièrement parce que même si vous n'utilisez ces phrases que de temps en temps, si tout le monde le fait, dans les fils d'actualité une personne peut le lire quinze, vingt fois (répétition donc harcèlement), et deuxièmement parce que le harcèlement est le seul délit pour lequel on n'est pas obligé de prouver la volonté de la personne de harceler, de vexer, de faire du mal. Autrement dit, même si vous n'utilisez pas ces expressions à mal, comme les mots ont un pouvoir, vous faites du mal.

Dirait-on que des élèves qui insultent leur camarade de "sale roux" ou qui disent "tu pues le roux !" ce n'est pas grave ? Que ça ne se rapproche pas de ces expressions que l'on peut lire sur Instagram et entendre au coin d'une rue ? Ah non ? Ah... bon.

Le simple fait que vous ne voyiez pas le problème dans ce genre d'expression prouve que c'est de la discrimination invisible. Quand ma soeur dit "ça fait pédé" (même si j'ai l'impression qu'elle le dit moins ces derniers temps) mes parents ne relèvent pas. Quand je suis partie en vacance avec ma famille et des amis de la famille cet été et que les fils d'à peu près notre âge parlaient de "taffiole" (je sursautais intérieurement à chaque fois et serrais les dents mais franchement je pense que j'aurais dû dire quelque chose !) aucun des quatre adultes (je ne me compte ni moi ni la fille de vingt-deux ans _ qui a pas dû voir le problème non plus d'ailleurs) n'a réagi. Jamais. En deux semaines. Deux semaines ! Ben non. Parce que ce n'est pas grave. Ce sont des expressions. De simples expressions. De l'humour. De la dérision, du second degré. Des expressions.

De la discrimination.

Alors s'il vous plait, vraiment, faites attention à ce que vous dites ! Même si vous avez des amis homosexuels qui utilisent ce genre "d'expressions" ; ne les laissez pas faire ! Parce que ça n'aide vraiment pas à lutter contre le racisme, l'homophobie, et la discrimination en général. Dans les commentaires de l'article de Laura une personne disait qu'elle était surprise d'un article "pour si peu". Ce n'est pas "peu". C'est au contraire beaucoup. Autant que quand une fille de ma fac dit qu'elle n'est bonne qu'aux "sports de filles". Parce que c'est le genre de choses qui passent un peu inaperçues mais incruste dans les esprits les clichés, les sous-entendus, les idées selon lesquelles tel ou tel groupe de personnes vaut moins, est moins important, moins fort, moins intelligent... Ce n'est pas "si peu". C'est au contraire beaucoup.

Qu'en pensez-vous ?


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dimanche 1 novembre 2015

Projet de recueil commun #3

Bonjour !

Durant ces deux derniers mois j'ai reçu de nouveaux contes et nouvelles pour le projet qui en compte désormais une vingtaine. Mais, comme je le disais sur Hellocoton il y a quelques semaines, un membre d'un forum sur lequel je me suis inscrite pour parler du projet m'a conseillé de mettre en place un comité de lecture qui s'assurerait que les textes visent bien la cible voulue (primaire de grande et petite section, lisibles de manière agréable, dans le meilleur des cas, par des adultes). Donc si vous ne voulez pas écrire d'histoires, ou n'avez pas d'inspiration, mais que vous voulez participer au projet, vous pouvez faire partie du comité de lecture. Il n'y a pas réellement de prérequis, si ce n'est que si vous avez des enfants c'est peut-être mieux, afin de tester sur eux les contes. Il me faudrait entre quatre et six personnes pour qu'avec moi ça fasse un nombre impair et qu'il existe une majorité. Fanfreluque et Amastuces se sont déjà proposées, donc si elles veulent toujours il ne me manque plus que deux ou quatre personnes.

Il va aussi falloir songer à choisir une association. Il y en a trois qui ont retenu mon attention ; SOS Enfants sans frontières, Enfants du monde, et Aide et Action. Je crois que ma préférée est cette dernière mais j'aimerais beaucoup avoir votre avis sur le sujet !

Aussi, comme je vous le disais dans le dernier article parlant du projet, j'ai lancé un forum sur l'idée de Cavali'erre sur lequel vous pouvez vous inscrire si vous avez des questions sur le projet ou sur l'écriture des textes à proprement parler, pour participer au choix de l'association... Si vous êtes amenés à faire partie du comité de lecture il faudra vraiment s'inscrire car je pense qu'un sujet sur le forum facilitera la discussion par rapport à une discussion par mail.

Je rappelle que les textes peuvent être envoyés pour le moment jusqu'au 1er Janvier mais que l'on pourra la repousser un petit peu au besoin.

Ce recueil est censé être un recueil illustré, donc si vous êtes illustrateur, pro ou amateur, vous pouvez aussi vous manifester (ici ou sur le forum et précisant dans votre sujet de présentation que vous êtes illustrateur, comme ça je pourrais vous mettre dans le bon groupe de membres). Comme ça, quand j'aurais reçu tous les textes et que le comité de lecture aura choisi (je pense que l'on ne va pas en retirer beaucoup car ils sont vraiment bons !) je pourrais vous envoyer un mail avec tous les textes et j'ouvrirai un sujet sur le forum pour que vous puissiez choisir celui que vous voulez illustrer (encore une fois pour simplifier les choses par rapport à une discussion par mail).

Pour vous inscrire sur le forum il faut cliquer sur l'icône du milieu (quand vous passez votre souris apparaît "s'enregistrer"). Vous allez recevoir un mail avec un lien de validation (si vous ne l'avez pas au bout d'un moment regardez dans les spams). Ensuite ça serait bien que vous ouvriez un sujet de présentation pour vous présenter aux autres membres :)

Il y a deux-trois jours j'ai envoyé un mail à plusieurs maisons d'éditions jeunesse, juste comme ça, parce que qui ne tente rien n'a rien, comme on dit, mais pour le moment je suis confrontée à l'ignorance et au silence, sans grande surprise.

Donc pour récapituler : il me faut des membres de comités de lecture [edit : j'ai tout le monde], des avis sur le choix de l'association, des textes (beaucoup de textes), et des illustrateurs :) Je ferais le prochain point dans deux mois, le jour de l'arrêt de l'appel à texte, le 1er Janvier ! Si d'ici là vous avez des questions n'hésitez pas !


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Les Jolies Plumes #8

Bonjour !

Ce mois-ci le sujet de l'Atelier des Jolies Plumes _ pour participer vous pouvez envoyer un mail à cette adresse latelierdesjoliesplumes@gmail.com _ c'était : "Ce mois-ci, nous vous invitons à écrire une histoire d'amour. Le début, la fin, le milieu, l'entier, dans l'ordre, le désordre, l'avant, l'après, c'est vous qui choisissez. Elle peut être magique, tragique, héroïque, fantastique, surréaliste, ancrée, légère, difficile, passée, présente, future, c'est votre histoire et nous avons hâte de découvrir les traits que vous lui donnerez...". J'ai été très embêtée parce que je ne sais absolument pas écrire les histoires d'amour... du coup j'ai triché. J'ai écrit un conte ;)

Ce qui me permet de vous rappeler au passage le projet de recueil commun ! :)
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Il était une fois une jeune femme qui vivait au sommet des falaises dans la maison que ses arrière-grands-parents avaient construite plusieurs décennies plus tôt. Chaque matin, elle se promenait longuement le long de la roche et il semblait aux gens qui de loin l’apercevaient qu’elle marchait en équilibre au bord de la terre et qu’un coup de vent aurait pu à tout moment la faire basculer dans la mer déchaînée en contrebas. Cette jeune femme se nommait Laudine et, lorsque des étrangers demandaient depuis combien de temps sa famille vivait aux abords du village, personne n’était capable de répondre car on ne l’avait jamais su. Les anciens eux-mêmes ne se souvenaient pas de l’installation de ses aïeuls. Cela ravivait les rumeurs et les murmures que le vent portait d’une maison à l’autre et, chaque semaine, une nouvelle histoire voyait le jour autour de Laudine. N’était-elle pas un esprit de l’air pour que les rafales violentes qui rasent les falaises de bon matin en emportant avec elles les fines gouttes de pluies semblent entourer la jeune femme avec respect ? Ou n’avait-elle pas plutôt les pieds fermement ancrés dans la terre dont elle était la fille ? Ne serait-ce pas parce qu’elle était capable de voler qu’elle tenait en équilibre si près du bord ? Ou peut-être était-ce parce que, sous sa robe et sa cape vert foncé, elle n’avait pas de jambes et flottait au-dessus du sol ? Mais tous se trompaient et la jeune femme n’était rien de tout cela, et encore moins un fantôme ; Laudine n’était ni plus ni moins qu’une sorcière. Les villageois ne tardèrent pas à le découvrir.
Un jour que Laudine marchait au bord de la falaise comme tous les matins, le vent s’engouffrant violemment sous sa robe et sa cape qu’il soulevait, un chien jaillit de la forêt et courut dans la plaine en sa direction. À cause du vent, Laudine n’entendit pas ses aboiements, non plus les cris de la demi-dizaine d’hommes qui, plus loin, essayait de le faire revenir. Nul ne sait si le chien n’entendait pas, lui non plus, ou s’il n’en avait cure, mais le fait est qu’il fonçait sur Laudine comme sur son maître. La jeune femme ne l’aperçut que trop tard. Il sauta sur elle, se levant sur ses pattes arrière et s’appuyant au bas de sa poitrine pour rester à sa hauteur. Laudine n’avait pas imaginé qu’il puisse peser si lourd et avoir une telle force. Elle recula de surprise et pour tenter de reprendre son équilibre, mais, se trouvant au bord de la falaise, elle bascula dans le vide.
Dans la plaine, les chasseurs accélérèrent, affolés. Lorsqu’ils parvinrent au bord de la falaise le chien s’était couché tout au bord et aboyait dans le vent. Plus bas, Laudine avait trouvé une prise dans la face déchiquetée de la falaise et ses jambes battaient au-dessus des vagues enragées loin sous elle. Loin de s’affoler, elle réfléchissait. Si elle se laissait tomber et se transformait en goutte d’eau ou en poisson, elle devrait partir car les villageois se demanderaient comment elle avait pu survivre à une telle chute. Mais elle ne pouvait remonter seule en escaladant car sa robe la gênait et, le temps que les hommes aillent chercher une corde au village, elle n’aurait plus de forces. Alors, gravement, elle décida de prendre la décision d’utiliser la magie pour retrouver le sol de la falaise. Laudine prit la forme d’un bouquetin et, posant savamment ses sabots dans les interstices de la pierre, remonta les quelques mètres qui la séparaient du sommet, sous les yeux surpris et inquiets des chasseurs. Une fois saine et sauve, Laudine reprit forme humaine tandis que les hommes se regardaient, interdits. Finalement, l’un d’eux brandit son couteau et, de sa main libre, saisit fermement le bras gauche de Laudine.
— Tu vas nous suivre, sale sorcière ! Et si t’essaye de t’échapper, je te tue, tu as compris !
Laudine hocha la tête. L’homme se tourna vers ses camarades.
— Camarades, nous devons nous débarrasser de cette diablesse ! Amenons-là sur la plage et jetons-là dans le trou où s’engouffre la mer ! Ainsi, comme la marrée monte, les vagues tomberont régulièrement sur elle, et elle n’aura pas l’occasion de se transformer pour sortir, et elle se noiera !
Tous approuvèrent. Et ils firent route vers l’escalier taillé dans la roche qui servait à accéder à la vaste plage de sable de laquelle partaient les pêcheurs très tôt le matin et en revenaient tard dans l’après-midi. Ils arrivèrent une heure plus tard au bas des marches que les années et l’eau puissante de l’océan avaient abimées. Le chef des chasseurs poussa Laudine vers le trou dans lequel s’engouffre la mer. Il s’agissait d’un grand puits naturellement creusé dans le sable par un assemblement de rochers et dans lequel tombaient les vagues lorsque la marrée montait. Non loin de là, assis sur un rocher lissé par les vagues depuis longtemps, un jeune apprenti pêcheur qui n’avait pu partir le matin réparait un filet avec application. De cet endroit il aimait regarder Laudine jouer les funambules sur le rebord de la falaise. Mais, ce matin, concentré, il ne l’avait ratée. Il fut donc surpris de la voir prise en otage par les chasseurs et son cœur se serra car, à force de voir son ballet avec le vent, il en était tombé amoureux. Mais, de peur que les chasseurs ne le capturent lui aussi, il fit mine de n’avoir rien remarqué, tout occupé qu’il était à réparer son filet.
Les chasseurs et leurs chiens d’approchèrent du gouffre et poussèrent brusquement Laudine à l’intérieur. La jeune femme s’écrasa sur le sable trempé et salé, et elle entendit le craquement sec de sa clavicule droite lorsqu’elle se brisa sur la pierre cachée sous une fine couche de sable. En haut les chasseurs ricanèrent.
— Si tu essaye de te transformer en oiseau pour t’échapper, nos chiens te sauteront dessus. Si tu te transforme en poisson pour survivre, nous reviendrons lorsque le gouffre sera plein et nous te tuerons, prévint l’homme qui avait entraîné les autres à se débarrasser de Laudine.
La jeune femme ne répondit rien et s’assit contre une pierre plate, le bras droit replié afin de ménager sa clavicule qu’elle ne pouvait soigner. Les chasseurs s’en allèrent, satisfaits de s’être débarrassée de la sorcière.
Lorsque le jeune pêcheur, qui se nommait Guénaël, ne vit plus les cinq hommes au sommet de la falaise, il se leva, emportant son filet et son sac avec lui, et s’approcha du trou dans lequel s’engouffre la mer. Les dix chiens se tournèrent vers lui avec méfiance, mais Guénaël n’avait pas peur et avait tout prévu. De son sac, il sortit le repas que sa sœur lui avait préparé plus tôt dans la matinée avant qu’il ne parte pour la plage. Il approcha la boite d’un des chiens et encouragea les autres à goutter aussi au plat. Lorsque tous les canidés furent en train de se repaître, il s’approcha plus avant du trou de pierres et appela Laudine qu’il ne voyait pas car elle était installée sous une corniche naturelle.
— Mademoiselle Laudine ? Mademoiselle Laudine ! Vous êtes là ?
Entendant cette voix, Laudine s’approcha à trois pattes, le bras droit replié, pour ne pas se cogner la tête contre la roche, et aperçut le jeune apprenti pêcheur. Lorsqu’il la vit, Guénaël fut tellement éblouit par sa beauté qu’il en tomba encore plus amoureux.
— Pouvez-vous m’aider ? demanda Laudine, qui n’osait pas se transformer.
— Si je vous sors de là, vous promettez de m’épouser ? tenta Guénaël tout en ayant bien l’intention de la mettre hors de danger quelque soit sa réponse.
Laudine, à laquelle Guénaël plaisait beaucoup et que, du haut de la falaise, elle avait repéré depuis de nombreux jours, accepta sans hésiter bien qu’elle trouva étrange qu’un jeune homme veuille se marier à une sorcière. Alors, ravi, Guénaël jeta son filet dans le gouffre pour que Laudine s’y accroche.
— Vous ne pouvez pas vous transformer ? demanda-t-il.
— Non, car je suis blessée, et je ne sais pas les sors qui guérissent.
Laudine saisit le filet à une main et y coinça ses pieds. Elle tenta de grimper mais son bras droit lui faisait beaucoup trop mal, et Guénaël dû la hisser à l’extérieur du gouffre, trouant sa robe et sa cape en plusieurs endroits et lui écorchant les doigts de la main gauche contre les pierres. Mais, tendit qu’il l’aidait, les chiens finissaient leur repas, et ils virent bien que la femme que leurs maîtres avaient jetés dans le gouffre tentait de s’échapper. Tous se mirent à gronder et à aboyer. Laudine ne se démonta pas. Elle s’agenouilla, le bras droit toujours replié, et parla aux chiens car, si elle ne savait pas les sors qui soignent, elle connaissait ceux qui permettent de parler aux animaux.
— Chiens, écoutez-moi. Vous ai-je déjà fait du mal à vous ou à vos maîtres ? Ai-je déjà fait du mal aux villageois qui se promènent ou cueillent dans la plaine et dans la forêt, et ai-je déjà blessé les étrangers qui leurs rendent visite et parcourent les chemins ?
Les chiens répondirent par la négative.
— Alors pourquoi vouloir vous en prendre à moi ?
— Nos maîtres nous l’ont demandé, répondirent les chiens.
— Mais est-ce juste ?
Les chiens réfléchirent, Laudine enchaîna.
— Je vous propose quelque chose. Si vous me laissez partir et rentrer chez moi, j’apprendrai les sorts qui soignent les animaux en plus de ceux qui soignent les humains, ainsi, lorsque vous aurez mal quelque part, vous n’aurez qu’à venir me voir pour que je vous aide. Aussi, ma maison vous sera toujours ouverte si vous avez froid ou faim ou soif, ou que vous voulez dormir l’hiver devant le feu de ma cheminée. Quand vous serez vieux, et que les chasseurs ne voudront plus de vous, vous ne serez pas condamnés à errer, vous pourrez venir dans ma maison.
Les chiens réfléchirent. Puis ils acceptèrent. Alors Laudine prit le chemin de l’escalier taillé dans la falaise, les chiens l’entourant pour rentrer avec elle.
Guénaël, voyant la bonté dont avait fait preuve sa nouvelle fiancée, en tomba encore plus amoureux. Traversant la plaine, puis la forêt, ils rentrèrent dans le village et se rendirent à la mairie pour se marier. Chacun était tellement heureux pour le jeune couple, que personne n’écouta les chasseurs pestant que Laudine était une sorcière et qu’elle s’était transformée en bouc pour remonter sur la falaise.
Dès le soir, Laudine apprit les sorts pour soigner sa clavicule douloureuse, puis elle respecta sa promesse, et apprit ceux qui soignent les chiens et les autres animaux. De nombreuses années heureuses passèrent, durant lesquelles, chaque matin, le jeune couple marchait au bord de la falaise. De temps à autre, les chiens des chasseurs venaient les voir, parfois accompagner de leurs chiots. Un jour, à l’aube, alors que Guénaël et Laudine ouvraient la porte de leur maison pour sortir, ils aperçurent les cinq chiens, très vieux, s’approcher d’eux. Ils leur expliquèrent qu’ils étaient trop vieux pour chasser et que les chasseurs les avait chassé de leur maison pour se débarrasser d’eux. Alors Laudine les accueillit.
Depuis ce jour, Laudine et Guénaël qui est devenu vieux à son tour, recueillent les chiens trop vieux dont les chasseurs ne veulent plus, et s’occupent d’eux comme de leurs propres chiens.

FIN
_____________________

Voilà :) Qu'en pensez-vous ?

Les participantes : Fil culturelAlexJolly JuniperMarie KléberDans ma boîte à maliceAcid GirlChroniques d'une frenchieGoldfish Gang BlogLe Paradigm'

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Nouvelle – Pour un souvenir de Mazaxochi

Bonjour !

Hier j'ai écrit un texte pour un appel à texte, mais malheureusement il me manque dix mille signes pour atteindre le minimum et pouvoir l'envoyer, et même en le relisant aujourd'hui je n'ai pas pu en rajouter autant. Du coup j'aimerais bien quand même que quelqu'un le lise. Au début je voulais le mettre sur Mon Best Seller mais le fait que je sois obligée de mettre mon adresse, mon code postal, mon nom, etc., m'a refroidi. D'autant plus que seuls les inscrits peuvent lire les textes publiés. Donc en fin de compte j'ai décidé de le mettre ici sous forme de PDF, pour les curieux.

Le titre n'est pas terrible mais j'ai pas mieux et ne pas en mettre je trouvais ça un peu embêtant. Je me suis en partie inspirée d'un conte chinois pour le début ; celui de Nüwa, Créatrice des êtres humains (d'ailleurs si vous avez l'occasion lisez-le, c'est joli je trouve !). Et aussi d'un épisode de la série animée plus animée Avatar. Parce que figurez-vous que j'ai découvert le site Avatar Realms il n'y a pas si longtemps (il a juste dix ans mais à part ça tout va bien). Enfin bref. Et enfin, pour le frère de Mazaxochi, d'un dieu aztèque. D'ailleurs ça me fait penser que j'ai oublié de mettre quelque chose qui aurait peut-être pu me faire atteindre le minimum de 50 000 signes...

L'appel à texte, pour les éventuels intéressés (même si mon projet de recueil communs de contes et nouvelles pour enfants devrait être pour priorité, cela va dans dire... ;P), est celui des éditions La Lune Écarlate. C'est un appel à texte permanent, qui s'intéresse à des œuvres fantastique, fantasy, et science-fiction. J'ai choisi le sujet des dieux mais, comme c'est pour une collection, il y a d'autres sujets comme les zombies, les fées, les vampires, et tout plein d'autres. Si vous êtes intéressé(e) il y a plus d'informations ici.


Voilà !
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez même si vous trouvez ça très très très trèèèèèès très nul (mais soyez gentil parce que c'est la première fois que j'expose un texte à la masse des gens :P). Et aussi à me signaler les fautes d'orthographes persistantes bien que je me sois relue (et qu'il n'y en ait pas eu beaucoup à la correction) (ou alors c'est que je les ai pas vues et en vrai y'en avait cinq par lignes xD). Enfin bref.


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vendredi 30 octobre 2015

Ce harcèlement scolaire trop tabou

Bonjour !

Je n'aurais pas dû me doucher ce matin, parce que j'ai raté le début du débat sur le harcèlement scolaire chez Jean-Marc Morandini sur Europe1 et ensuite je n'ai pas osé appeler. Ce qui revenait beaucoup dans les témoignages, c'est que quand ils en parlaient à leurs parents ces derniers ne prenaient pas la mesure du problème, prenaient ça pour des "jeux d'enfants". Mais ça ne m'étonne absolument pas ! En Terminale, il y a deux ans, une experte en harcèlement nous avait dit que c'était un sujet tabou, qu'on en parlait vraiment que depuis cinq ans (donc sept maintenant), et que si c'était si tabou c'était parce que c'est un délit, et que l'on ne peut que difficilement admettre que des délits se déroulent dans le bras éducatif de l'Etat.

En début d'année, au collège surtout, les professeurs et les CPE vous répètent que si vous avez un problème vous pouvez aller les voir. Seulement, en réalité, quand vous allez les voir pour parler ils minimisent le problème. En Terminale, avec deux camarades, on avait participé à une espèce de concours de reportages et on avait fait le nôtre sur le harcèlement scolaire. Pas très loin du lycée il y avait un collège et on était allé demander un rendez-vous à la CPE. Elle nous a dit que dans son établissement il n'y avait absolument pas de harcèlement, seulement de l'incivilité (quand on sait que l'experte en harcèlement nous a dit que le harcèlement se faisait majoritairement au collège on est en droit de se poser des questions). Ensuite, on est allé demander un rendez-vous à la COPsy de notre lycée, qui travaillait aussi dans ce collège, et elle nous a confirmé qu'il y avait du harcèlement dans ce collège.

Dans le même genre, en Quatrième je crois, j'avais un ami gay. Et une bande de pestes dans la classe s'amusait à lui faire des remarques du genre "tu es sûr que tu vas dans le bon vestiaire ?" quand on était en sport. Un jour il s'est passé une scène amusante à base d'un ballon passant au-dessus d'un élève, j'ai souri et l'une de ces filles m'a dit que l'on ne devait pas faire de discrimination de taille ou de poids. J'ai halluciné. Je lui ai dit que vu ce que j'entendais, c'était pas moi la plus raciste des deux. Et à partir de ce jour je n'ai plus jamais entendu la moindre remarque ! Mais la prof de sport n'a jamais rien dit, alors que je suis sûre qu'elle entendait les remarques de cette bande d'abruties. Parce que c'est innocent, des jeux d'enfants...

Des "jeux" qui peuvent aller jusqu'au suicide. Et qu'on ne me dise pas "où sont les parents ?" comme ça m'arrive de le lire sur d'autres sujets ou même celui-là. Parce qu'on est dans le même processus que pour les victimes d'un viol par exemple : la honte. La dévalorisation de soi aussi, la peur, l'appréhension, l'idée que ça va passer. Et quand les victimes trouvent le courage de trouver un professeur ou un CPE _ vous savez, ces mêmes professeurs et CPE qui vous disent, à votre entrée au collège, que si vous avez un problème vous pouvez aller les voir _ et qu'ils vous répondent que c'est juste pour rire, que c'est de l'incivilité, ça donne vachement envie d'essayer d'en parler à quelqu'un d'autre...

J'ai failli être harcelée. Deux fois. En primaire, et au collège. Quand on me disait "t'es moche" je répondais d'un ton désintéressé "je sais", sans même prendre la peine de regarder la personne. Ils ont essayé plusieurs fois, de temps en temps, puis comme ils voyaient que ça ne marchait pas ils ont fini par arrêter. D'autres évitent le harcèlement en utilisant l'humour qui est une arme redoutable. Mais la plupart du temps on n'a ni le caractère pour se défendre, ni l'humour pour retourner la situation à son avantage, et comme derrière il n'y a pas le soutien que l'on devrait attendre des adultes, la situation s'enlise.

Le harcèlement est un sujet tabou parce qu'il ne peut pas y avoir de délit dans un établissement scolaire publique, c'est comme un policier meurtrier ou violeur, c'est pas possible vous comprenez. Le harcèlement est tabou parce que l'on sait que c'est quelque chose de grave et que l'on ne peut pas imaginer que des adolescents si jeunes puissent se livrer à une pratique aussi destructrice pour leurs semblables. Je ne crois pas que ça soit aux parents de lutter contre le harcèlement scolaire. Evidemment ils peuvent rester attentif, ouvrir bien grands les yeux pour repérer les petits signes, mais ce sont aux professeurs de faire le gros du travail. Et surtout, il ne faut pas se dire que comme tel élève est mignon comme tout, n'a pas de signe particulier qui pourrait prêter à la moquerie, c'est qu'il ment. Les enfants trouvent toujours quelque chose, et ça peut aller jusqu'à se moquer du groupe de musique préféré...

C'est un sujet tabou qui a déjà fait beaucoup de victimes depuis des décennies mais je pense que si on le prend réellement au sérieux on peut lutter efficacement contre.

Qu'en pensez-vous ?


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mercredi 28 octobre 2015

Du plaisir de bloguer

Bonjour !

Ça fait au moins une bonne demie douzaine de fois que j'essaye de pondre cet article, mais comme mes idées ne sont pas vraiment ordonnées dans ma tête, c'est encore plus compliqué à écrire. En fait, hier, je suis tombée sur un article de Parispagesblog qui m'a un peu fait penser à celui de DeboBrico, et depuis ce matin je me dis que l'on parle rarement du plaisir de bloguer. En fait, quand je lis des articles sur "pourquoi je blogue" et autre du genre, ce qui revient beaucoup, et je le dis aussi dans les miens, c'est le partage. Jamais le plaisir, ou en tout cas je ne me souviens pas l'avoir lu.

Dans ces deux articles il est question de la perte d'envie, de l'obligation que l'on peut ressentir d'écrire des articles, de la recherche d'idées faites pour faire plaisir aux lecteurs mais qui oublie le plaisir des auteurs. Il est question de plaisir. Est-ce que finalement le plaisir n'est pas censé être avant le partage ? Est-ce que le but ce n'est pas plutôt de partager des choses qui nous font plaisir parce que ça nous fait plaisir de partager, plutôt que de partager des choses pour partager des choses, pour plaire aux lecteurs ? Et d'ailleurs c'est qui "les lecteurs" ? Je ne crois pas, au fond, que l'on puisse vraiment dire "les lecteurs". Je veux dire... le public est fait d'individus, tous différents. Alors ce qui va plaire à l'un ne va pas forcément plaire à l'autre, même si des majorités et des tendances se forment.

Debobrico disait qu'elle avait commencé à chercher de quoi faire plaisir aux lecteurs en oubliant ce qui lui faisait plaisir à elle. A partir de son cas je crois que l'on peut répondre à la question que posait Laura de Virée dans l'espace : la blogueuse doit-elle justifier son absence ? Là où je veux en venir c'est que si on publie juste pour faire plaisir aux lecteurs, que l'on s'y sent obligée, c'est un peu comme si on se rendait esclave des lecteurs, que l'on entrait dans une espèce d'état de servitude. Comme je le disais à Laura, on s'excuse quand on blesse, ou que l'on fait une bêtise. Si l'on se sent obligée d'écrire, ou que l'on cherche absolument des articles pour faire plaisir aux lecteurs et que l'on n'y arrive pas, c'est là que la culpabilité arrive et que l'on ressent le besoin de s'excuser. Si je prends mon cas, cet article est seulement le quatrième de ce mois alors qu'habituellement je tourne plutôt entre le double et le triple. Mais je ne me suis pas excusée. Sincèrement, j'y ai pensé. Mais je ne l'ai pas fait, parce qu'au final je n'en voyais pas l'utilité. Et je ne publie jamais des choses pour faire plaisir aux lecteurs sans que ça me fasse plaisir à moi. Donc je pense que la culpabilité et la manière dont on aborde ses articles sont liées. Je ne me sens pas coupable de ne pas écrire, je me sens un peu embêtée parce que j'aime bien écrire ici, mais qu'en ce moment je n'ai pas tellement d'idées... Enfin bref.

Je pense que c'est important de se faire plaisir, de ne pas se sentir obligée de jeter quelques mots sur internet pour faire plaisir à ses lecteurs. Quel que soit l'article que l'on publie, il y a toujours quelqu'un pour l'apprécier. Du coup, à chaque fois que je lis un message sur Hellocoton qui demande "est-ce que vous préférez que je publie ça ou ça ?" ou "qu'est-ce que vous voulez voir sur le blog ?" je répond immanquablement la même chose depuis au moins deux ans, si pas trois : je préfère ce que toi tu préfères, je veux voir ce qui te fait plaisir. Autant je me prononce sur le contenant, sur le design du blog, autant sur le contenu je ne dis rien, et je laisse faire.

Je ne sais pas trop d'où vient cette perte de plaisir. Des partenariats peut-être, d'une réelle envie de faire plaisir qui se transforme en obligation, peut-être aussi un peu de la recherche des statistiques ; sur tous les blogs il y a des articles qui marchent moins que d'autres. Par exemple quand j'ai publié Au tour du monde je savais que ça ne fonctionnerait pas comme article, et pourtant j'avais vraiment envie de le publier, et comme je suis suicidaire j'aimerais même en faire une série, pourtant, il n'a pas marché. Parfois je me dis que faire tel ou tel genre d'articles, ceux à la mode, ça serait bien, ça ferait certainement plaisir aux lecteurs, puis après j'abandonne : je n'ai pas envie d'écrire un article qui ne me plait pas. Et, en plus, c'est peut-être super prétentieux de balancer ça comme ça mais je pense que les personnes qui viennent sur mon blog viennent pour moi. Ce que je veux dire par-là c'est qu'elles ne viennent pas pour des do it yourself, ou le récit rigolo d'une anecdote assez commune. Je crois que chaque lecteur attend de chaque blog quelque chose de différent et que donc ça ne sert à rien de vouloir faire comme les autres.

Ces dernières semaines, il y a eu assez régulièrement des articles sur la mort des blogs. Dans l'un d'eux, la blogueuse prenait en exemple les blogs qui charrient des dizaines de milliers de vues par jour comme preuve que les blogs n'étaient pas morts. Mais je ne crois pas que l'on puisse mesurer l'état de santé des blogs par leur nombre de vues. Je pense que les blogs seront morts quand ils seront tous identiques, tous blancs avec seulement le cadre des modules en coloré, tous dans des couleurs pastel, quand ils publieront tous sur les mêmes sujets, s'adresseront aux lecteurs tous de la même manière, que tout sera uniforme et sans personnalité : là, on aura perdu les blogs. Mais pour éviter ça il faut le plaisir, et arrêter de se demander ce que les lecteurs veulent. Les lecteurs vous veulent vous !

Qu'en pensez-vous ?


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jeudi 22 octobre 2015

La nullipare qui voulait le rester


Bonjour !

Aujourd'hui j'ai mangé avec une amie et, au détour de la conversation, comme l'occasion se présentait, je lui ai parlé de l'article de Lina que j'ai lu hier. Mon amie était d'accord pour dire que les phrases rapportées dans cet article sont de stupides survivances du rôle que l'on donnait à la femme dans la société aux XIX et XXème siècles : procréer. En revanche, quand je lui ai dit qu'une autre amie m'avait répondu que "j'étais encore jeune" (autrement dit que je pourrais changer d'avis) quand je lui ai dit que je ne voulais pas d'enfants, elle était d'accord avec elle. Comme quoi, les survivances sont plus tenaces qu'on ne le croit.

Je ne veux pas d'enfants. Je n'en ai jamais voulu. Je n'ai jamais dit "mes enfants s'appelleront comme ça et comme ça" quand j'étais petite, ou alors je ne m'en souviens pas, ce qui revient un peu au même, au final. Je ne m'imagine jamais mère. Tante, éventuellement. Mais pas mère. Même pas mère adoptive et, d'ailleurs, quand j'envisage l'adoption (oui, j'aime bien imaginer différents scénari d'avenirs, chacun ses manies xD) je ne la vois pas comme un moyen pour moi d'avoir un enfant, mais un moyen pour l'enfant d'avoir un parent. Je ne sais pas si je suis claire mais disons que je la vois plus comme... une action humanitaire pour donner un parent à un orphelin, et pas pour correspondre et assouvir un quelconque désir d'enfant. Je ne m'imagine pas mère, je ne veux pas être mère, la simple idée d'être enceinte me... répugne. Je sais que je viens certainement de m'attirer les foudres de quelques personnes en disant ça, et pourtant c'est bien le mot le plus proche. Je ne veux pas d'enfants. Je ne le raisonne même pas en disant "on vit dans un monde pourri, on ne sait pas comment l'avenir sera" : c'est juste que je n'en veux pas. J'aime bien les enfants (de deux à huit ans), je m'entends bien avec eux ; je ne veux pas grandir, je suis une grande enfant dans l'âme, mais je n'en veux pas. C'est même pas que je ne veux pas être mère, c'est que je veux ne pas être mère. C'est une différence subtile mais importante, je crois.

Et toutes ces phrases ; celles que rapporte Lina, celles que j'entends, je pense, sont des survivances de ce passé dans lequel les femmes doivent avoir des enfants, ne se définissent que par leur rôle dans la société, où les jeunes filles ne deviennent femmes qu'une fois mariées, où on leur apprend la cuisine, la couture, et à garder un ménage, où l'Eglise compte sur elles pour toucher les enfants, où ce sont elles qui éduquent les enfants, des femmes au foyer. Ce passé où une femme sans enfants, célibataire, est mal vue, rejetée et marginalisée. Ce XIXème où, si la folie de l'homme vient de l'extérieur, de l'ivresse par exemple, celle de la femme vient de l'intérieur, de son cerveau défectueux, et où il faut lui éviter les facteurs aggravant comme... la lecture.

Mon amie s'est défendue de cette survivance en disant que c'était humain de vouloir des enfants. Donc je ne suis pas humaine ? Je sais qu'elle ne l'a pas dit dans ce sens-là : elle voulait inclure les hommes. Oui mais. Si un homme dit qu'il ne veut pas d'enfants on lui demandera certainement pourquoi, mais il n'y aura pas toute la pression sociale qu'il y a pour les femmes, en partie parce qu'eux peuvent avoir des enfants tout au long de leur vie, au contraire des femmes qui ont une date de péremption (j'ai failli mettre les guillemets puis je me suis dit qu'en fait non).

Je n'ai pas seulement cité Lina quand je lui parlais. J'ai cité deux autres blogueuses qui avaient dit dans un article ou un commentaire qu'elles ne voulaient pas d'enfants mais que leur entourage continuait de les enquiquiner. Mon amie m'a dit que je lisais beaucoup de blogs de femmes qui ne voulaient pas d'enfants. Dans le métro j'ai pensé que... je lis beaucoup de blogs de femmes. Tout court. Je veux dire... Certes, en France il y a encore plus de deux enfants par femme, mais plein de femmes ne font pas d'enfants. Sa remarque m'a fait penser à quelque chose du genre "ben dit donc, tu lis beaucoup de blogs de personnes homosexuelles" : de personnes minoritaires : de personnes marginales. Mais je me demande si les femmes qui ne veulent pas d'enfants sont minoritaires de beaucoup... Je ne lis pas "beaucoup de blogs de femmes qui ne veulent pas d'enfants". Je lis beaucoup de blogs de femmes. Ça ne veut pas non plus dire qu'aucune femme ne veut des enfants, ça veut simplement dire que l'on ne sépare pas les femmes qui n'en veulent pas des femmes qui en veulent.

Il y a autre chose à laquelle j'ai réfléchi dans le métro. Cette histoire de genre humain pour lequel il serait naturel de vouloir des enfants. On disait avant que c'était le rôle de la femme d'avoir des enfants et on la définissait comme épouse, et comme mère. Et je pense que l'on est tous d'accord (je sais bien que non mais l'espoir fait vivre !) pour dire que c'est un peu n'importe quoi, et mon amie fait partie de ses personnes. Mais en disant que je vais avoir envie, plus tard, d'avoir des enfants parce que les humains doivent avoir envie d'enfant est-ce qu'on ne fait pas la même chose ? Est-ce que l'on ne commence pas à donner un devoir de reproduction aux humains ? On ne règle pas le problème de la définition d'individus par la production d'enfants : on l'élargit à tous les individus, joignant les hommes aux femmes. Mais il existe des hommes qui ne veulent pas d'enfant. Et je doute que mon amie leur dirait "mais tu vas voir, tu vas changer d'avis !".

Peut-être, oui, qu'il y a des personnes qui changent d'avis. Mais pas moi. Je suis nullipare (en même temps à dix-neuf ans c'est plutôt rassurant ! xD) et je souhaite le rester. Et entendre que je verrai, que je suis encore jeune, que "j'étais comme toi avant", que je vais changer d'avis, ça me désole. C'est même pas que ça m'énerve, c'est que ça me désole, ça me dépite.

Mon amie m'a dit que, effectivement, si elle tombait enceinte fortuitement et qu'elle n'avait pas la situation stable pour le garder elle avorterait, mais que sinon elle le garderait. Alors quoi ? Une femme, dès qu'elle a une situation stable, doit se mettre à produire des enfants ? Mon amie m'a dit "mais imagine t'avortes et tu regrettes plus tard de l'avoir fait, tu te demandes "et si je l'avais pas fait ?"". De mieux en mieux. Donc. Si je suis bien : je tombe enceinte, je ne veux pas d'enfants mais je dois garder le gosse au cas où plus tard j'ai envie d'un gosse ? Euh... Oui ? C'est un peu absurde quand même. Pauvre enfant, je vais le mettre où pendant tout ce temps ? Je le stocke dans ma cave ? Va élever un gosse que t'as pas désiré, toi. Bonne chance et mon courage : j'aimerai bien voir ce que le psy dira quand il sera adulte ! C'est absurde.

Et si c'est absurde c'est parce que l'on est encore dans l'idée qu'une femme doit avoir un enfant. Un enfant assez rapidement (dès la relation et la situation stables). Les mentalités n'ont pas tant changé que ça : la femme doit procréer. Si toutes ces phrases sont absurdes, c'est parce qu'elles essayent de rattacher à une société moderne dans laquelle les usines à enfants peuvent décider de ne plus en produire (ma formulation est un peu barbare) la vieille image de la femme dans la conscience collective qui est de donner des enfants, d'assurer l'avenir. Et ces phrases essayent de les rattacher en faisant des compromis sur d'autres critères, comme quand on dit à Lina que ce n'est pas grave si elle n'a pas une situation stable, ou qu'elle peut prendre un mec juste pour lui faire un enfant, ou quand on me demande ce que je vais faire si j'avorte et que plusieurs années plus tard je veux un enfant. C'est absurde. Ça l'est parce que ça cherche à tous prix une solution pour que la femme, cette terre nourricière (j'ai lu la métaphore dans un bouquin), produise.

Voilà.
Des idées, des avis, des arguments et contre-arguments ? Je prends tout ! :D
Autrement dit : qu'en pensez-vous ? D'autres futures vieilles filles dans l'assistance ?

Je suis contente d'avoir écrit cet article et de renouer avec mes articles habituels !


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mercredi 14 octobre 2015

Le truc qui cloche

Bonjour !

Ceux qui me suivent depuis un moment savent que je suis hors normes (autant prendre le terme mélioratif au passage) même si je sais que si Charlie me lit elle s'apprête déjà à me dire qu'elle n'est pas d'accord avec moi :P Oui mais. Aujourd'hui j'ai une preuve. Si. Parce que je suis tombée par hasard sur un livre à Nature&Découverte, sur un type de personnes, et la liste des caractéristiques à la fin ben... ça collait. La grande majorité des caractéristiques. Ce livre, il parle des personnes à "raisonnement global". Avant de tomber sur ce livre je ne savais même pas que ça existait.

Concrètement, pour moi, ça ne va pas changer grand chose, peut-être améliorer ma communication avec les autres, mais c'est surtout que j'aurais quelque chose à répondre quand on me dira que je suis "bizarre" ou que mes parents diront qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez moi et que j'ai besoin d'un psy. J'ai pas besoin d'un psy (enfin, tout le monde a besoin d'un psy mais vous m'avez comprise) ; j'ai besoin de mettre le doigt sur le truc qui cloche.

En gros, dans la liste à la fin du livre, ils disent que les personnes à "raisonnement global" ne prennent pas en compte les éléments de manière séquentielle (je ne sais pas ce que ça veut dire xD), ont une forte capacité de raisonnement et de résolution des problèmes (je ne trouve pas particulièrement, m'enfin), lisent régulièrement (ça oui !), ont un vocabulaire étendu et on m'a déjà fait remarqué que je sortais des mots "intelligents" ou que le vocabulaires dans mes textes était assez large, sont hypersensibles voire susceptibles ; le deuxième non, le premier je ne trouve pas, mais je crois que je ne saisis pas trop le sens de "hypersensible" parce que pour moi c'est pleurer pour rien (pardon pour les hypersensibles xD). Il parait que les personnes qui raisonnent globalement sont plus sensibles aux sons et aux odeurs mais... bof... (en gros jusque-là c'est à ce demander pourquoi je pense faire partie de ces gens vu que je démonte tout xD). Par contre la grande ouverture d'esprit, la grande curiosité, et aimer débattre et échanger des idées, ça j'ai ! Aussi le besoin de mener de front plusieurs projets (le Projet Recueil, Histoire à 1000 mains, ce blog, mon second roman _ qui patine dès le premier chapitre d'ailleurs _, une autre histoire quand je m'ennuie en cours, mes cours, et cette émission de radio que j'essaye de lancer : ça va aller, je crois :P). C'est vrai aussi que je m'entends mieux avec des personnes plus âgées, ou en tout cas je préfère parler avec des adultes, et, plus jeune, je ne voulais pas être à la "table des enfants". La persévérance ça colle, mais pas le sens de l'humour particulier (je comprends les blagues où y'a rien à comprendre), comme les idées pas possible à réaliser, je vois pas trop... par contre le grand sens moral j'ai, mais l'incompréhension devant les personnes dont je me sens différente... bof (heureusement que la liste s'arrête là parce ce paragraphe devient vraiment un peu long et que les grands gourous de la blogosphère ils ont dit qu'il fallait faire de petits paragraphes) (ça se voit qu'ils lisent pas mon blog) (c'est une erreur ;P).

C'est pas que je veuille me mettre une étiquette, mais c'est toujours plus facile de mettre des mots sur les choses. Par exemple du jour où j'ai su que j'avais des "compulsions alimentaires" elles ont été moins fortes voire ont quasiment disparues. Et je ne pense pas que le "raisonnement global" réponde à la question "qui" mais à la question "ce que". Parce que "qui" c'est pour définir la personne, l'individu, mais même si je suis effectivement une personne à raisonnement global, je reste un individu, donc je pense que c'est mieux de dire "ce que je suis" plutôt que "qui je suis".

Je pense que c'est possible que je me trompe... ça fait plusieurs années que je cherche. Je ne m'en rends pas malade non plus, mais, quand ma grand-mère est morte il y a quelques années et que je n'ai pas pleuré (ou plus précisément que je me suis forcée à ne pas pleurer parce que je n'aime pas ça, quitte à paraître froide) mes parents m'ont dit pour la première fois que je n'étais "pas normale" et moi je voulais mettre une vraie définition, plus ou moins consciemment. L'autisme ne collait pas, la surdouance non plus... cette histoire de "raisonnement global" c'est le premier truc qui colle vraiment. J'ai commencé à lire le livre, et la plupart des trucs c'est moi, c'est ça... du coup je ne pense pas que cette fois je me trompe. Mais j'ai quand même hésité à l'acheter. Je me disais que ça collait mais que ça ne pouvait pas être ça (même moi je ne peux pas vous expliquer le cheminement tout à fait logique de ma pensée xD). Mais au final je crois que c'est ça. Mais en même temps j'ai un peu peur que si je règle mon "problème" je n'arrive plus à écrire aussi bien et j'aime vraiment écrire...

Voilà. Je vais m'arrêter là parce que sinon je vais tourner en rond et que, surtout, déjà que je ne poste pas beaucoup alors si en plus je me mets à ne faire que des articles sur des questions existentielles on n'est pas rendu x)

Enfin bref.


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