mercredi 14 septembre 2016

Pourquoi fait-on l'amour ?

Bonjour !

Je ne sais pas trop comment commencer cet article alors disons simplement que, non, je ne vais pas me mettre à écrire un article sur le sexe par mois. En fait, j'étais dans le métro et, pas loin, il y avait quatre jeunes (je dirais fin collège ou lycée) qui discutaient. Trois étaient en train d'essayer de raisonner la quatrième qui disait, en gros, "si t'étais lesbienne, comme t'es mon amie, je m'en ficherais, mais c'est quand même pas naturel". Je n'entendais pas tout et j'ai été un peu aidé du relais de deux filles entre nous qui réagissaient à voix basses. Enfin bref. Ce que j'ai très bien entendu par contre c'est lorsque la fille a dit que deux hommes ne pouvaient pas avoir d'enfants, que deux femmes ne pouvaient pas avoir d'enfant et que donc l'homosexualité n'était pas naturelle. Alors bon... on connaît le discours qui consiste à démonter l'argument, à dire que les autres animaux ont des relations homosexuelles, etc., et ce n'est pas du tout dans ce chemin-là que je vais m'engager. Je vais m'engager sur un autre chemin : pourquoi fait-on l'amour ?

Si l'on réprime l'homosexualité en partant du principe que deux hommes et deux femmes ne peuvent pas avoir d'enfant ça pose la question de la raison pour laquelle on fait l'amour. Fait-on l'amour pour avoir des enfants ? Si oui alors je serais encore vierge dans de nombreuses années parce que je ne veux absolument pas d'enfants. Du coup, comme je ne suis pas la seule, l'industrie des préservatifs et autres moyens de contraception va avoir un petit soucis d'ordre financier (ce qui n'est pas très bon pour le taux de chômage :P). Mais, surtout, cette idée selon laquelle il faut faire l'amour seulement pour faire des enfants elle ne vous dit rien ? Rien du tout ? Un indice : les Papes ont souvent été contre l'emploi de préservatifs.

L'idée selon laquelle il faut faire l'amour pour faire des enfants nous ramène au christianisme qui a longtemps eu beaucoup d'influence en France. En Histoire de l'Art, l'année dernière il me semble, on a vu que, au XVIème notamment (on parlait de la Vénus d'Urbin de Titien, peinte dans les années 1500), l'idée que le plaisir pouvait favoriser la fécondation a commencé à faire son apparition et donc on demandait aux femmes de euh... se masturber afin que la relation ait plus de chance d'aboutir sur une grossesse et que donc on ne fasse pas l'amour "pour rien" (drôle d'idée). Et, avec cet argument selon lequel, puisque deux hommes et deux femmes ne peuvent pas faire d'enfants, alors ils ne devraient pas se mettre en couple, on revient à cette idée de faire l'amour "pour l'amour de Dieu". Ce que je trouve un peu problématique dans le sens où on pourrait s'affranchir des arguments religieux (mais si ça se trouve la fille était d'une famille chrétienne, j'en sais rien, en fait).

Surtout que, dans la nature, non seulement les autres animaux peuvent avoir des relations homosexuelles mais en plus la relation sexuelle revêtit, pour certaines espèces, un rôle social. L'exemple le plus connu est celui des bonobos, mais il y a aussi celui des grands dauphins qui utilisent plusieurs positions et plusieurs angles. On est un peu loin de l'idée que s'accoupler n'a pour but que l'enfantement.

Qu'en pensez-vous ? Pourquoi faites-vous l'amour ? (oui, j'ose poser la question, je sais, c'est privé, ce que vous faites ne me regarde absolument pas ! :P).


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dimanche 11 septembre 2016

Notre plus grand ennemi

Bonjour !

Il y a onze jours, à peu près, je me suis inscrite au Dream Challenge de Inspiré & Créé. Chaque jour un mail est arrivé dans ma boîte, un mail de pensée positive pour nous inciter à poursuivre nos rêves et à tout faire pour les réaliser. C'était très sympa mais, dès le début, j'ai eu la sensation – sans vouloir faire ma crâneuse (je me rends compte que ça fait super longtemps que j'ai pas utilisé ce mot ! :P) –, qu'il manquait quelque chose, que quelque chose n'était pas dit ou en tout cas pas dit clairement. Cette chose c'est que nous sommes notre plus grand ennemi. C'est tout bête mais je crois que c'est excessivement important de le dire. De le dire clairement.

Dans ce Dream Challenge on vous incite à croire en vos rêves, à les poursuivre, à vous bouger le derrière, arrêter de vous trouver des excuses... mais le problème ce n'est pas que l'on se trouve des excuses, je crois. Le problème c'est de savoir pourquoi on se trouve des excuses. Ce qu'il faut combattre ce ne sont pas nos excuses ; elles ne sont que des symptômes : ce qu'il faut combattre c'est le mal : la procrastination, le manque de confiance, la peur (d'être déçu, de décevoir, de l'échec...). C'est nous. Qu'il faut combattre. C'est nous notre ennemi.

Je crois que, dans l'un des articles de la première saison des Portraits chinois (mais je serais bien incapable de vous dire lequel, j'ai la flemme de chercher, et c'est donc pour cette raison que, blogueuse indigne que je suis, je vous laisse faire tout le boulot en vous redirigeant vers tous les articles des Portraits) (et si vous vous posez la question : non, je n'ai pas honte :P) j'avais rapporté ma citation préférée. Avant les phrases et proverbes qui poussent à rester calme, avant les proverbes chinois qui pourtant ont toujours raison et que je me plais à citer dans certains commentaires, il y a cette phrase de Louis XIV dans ses Mémoires : "à qui se peut vaincre soi-même, il est peu de choses qui puisse résister". Parce que nous sommes notre plus grand ennemi et que le seul moyen sûr et efficace pour réaliser ses rêves c'est d'abattre son ennemi. C'est d'abattre cette propension à la procrastination, à la peur... à la prudence.

Je crois que l'on manque de naïveté et de culot. On se dit d'avance que "mais non, ce n'est pas aussi facile" (de fait c'est à peu près ce que je me dis en arrière-fond quand j'entends "croyez en vos rêves !" ; comme si c'était simple). Je crois que l'on est trop prudent... Si vous suivez mon blog depuis un moment – ou que vous faites partie des très rares personnes qui me suivent sur Instagram (si ce n'est pas le cas, rassurez-vous, vous ne loupez rien) –, vous avez dû voir passer que je vais co-préparer et co-animer une émission de radio. Dans une vraie radio. Eh bien, vous savez, quand je suis passée par le secrétariat de ma fac pour trouver des personnes prêtes à travailler avec moi, quelqu'un m'a contacté en me disait qu'il avait une webradio et m'a dit que les "vraies" radios n'étaient pas intéressées par ce genre de choses, que ça ne servait à rien de demander. Par acquis de conscience (et par ambition aussi, il faut bien le dire) j'ai quand même tenté ma chance. Et mon mail a reçu une réponse. "Vous vous trompez, on est intéressé" (en gros) (oui, j'ai aussi la flemme de retrouver le mail original :P). Et si je ne l'avais pas fait ? J'aurais travaillé pour une webradio et je n'aurais pas été vraiment complètement totalement entièrement satisfaite. Je crois même que j'aurais regretté de ne pas avoir envoyé mon mail, que je me serais demandé ce qu'il se serait passé si je l'avais fait.

On est trop prudent. On est trop prudent quand un peu de naïveté, un peu de culot, un peu de ce petit quelque chose assimilable à de l'inconscience pourrait tout débloquer. Ou presque tout. Aider un peu au moins. Soyez naïfs ! Soyez culottés ! Soyez ambitieux (qui a dit que c'était un défaut ? celui-là attendez que je l'attrape !) ! Soyez entreprenants ! La prudence doit vous protéger, pas vous empêcher d'avancer.

Et puis il y a la peur.
Comme me disait Malisha dans un commentaire sur mon blog en espagnol il n'y a pas très longtemps : la peur nous limite beaucoup. Beaucoup trop. Que ce soit la peur de l'échec, la peur de décevoir, de se décevoir... La peur nous fait trouver des excuses, procrastiner... moi aussi. Ces derniers jours même, d'ailleurs. Parce que voyez-vous j'ai pris des billets pour trois conférences du Monde Festival ce week-end (toujours pas de candidat pour m'accompagner, d'ailleurs ? Vous allez quand même pas laisser une pauvre petit provinciale toute seule dans la grande ville ? :P) (Bon, cela dit je suis un boulet mais je suis débrouillarde ^^'). En soi ça ne me fait pas peur. Prendre le train non plus d'ailleurs. En fait c'est un autre type de peur (parce que socialement je suis vraiment un boulet). Vous voyez, j'ai demandé à ma tante, que je n'ai pas vue depuis des années, si elle voulait bien m'héberger (comme ça je ne fais pas deux aller-retours en deux jours, parce que ce n'est pas pratique) : et ça, ça fait peur (on ne se moque pas :P). Et comme j'ai peur j'ai mis des plombes avant de charger mes billets dans mon téléphone parce qu'avoir les billets avec moi ça rend le truc plus réel. Et je n'ai toujours pas mes billets de train (pas pressée la fille xD). Bref. Tout ça pour dire que la peur fait procrastiner. La peur nous limite beaucoup.

Alors on peut nous inciter à écrire toutes les listes de choses positives que l'on veut, tous les journaux intimes de vie rêvée que l'on veut, si l'on ne dit pas clairement que le problème c'est nous, que notre ennemi c'est nous, que les excuses ne sont pas la source du problème parce que le problème c'est ce que l'on ressent et pas ce que l'on fait ou ne fait pas, ça n'avance pas à grand-chose. Cela dit je n'ai pas la prétention de vous dire comment vous combattre vous-mêmes. Déjà parce que de mon côté on ne peut pas dire que ça soit vraiment fait et puis parce que la solution doit venir de vous. C'est comme ces articles où on vous dit qu'il faut vous accepter tel(le) que vous êtes, avec vos défauts physiques, que ce n'est pas grave... mais on ne vous dit pas comment faire. Parce que ça doit être un déclic... Je ne peux pas vous dire comment j'ai fait pour accepter que l'on ne peut pas être apprécié de tout le monde, pour l'intégrer profondément. Je ne sais pas, comment j'ai fait, en fait. Je l'ai fait il y a longtemps, c'est tout. Donc je ne peux pas vous dire comment vous battre contre vous-mêmes. Le seul truc, je crois, c'est qu'il faut aller à son rythme, ne pas se laisser pousser par les autres. Mais se pousser un peu quand-même.

"À qui se peut vaincre soi-même, il est peu de choses qui puisse résister" – Louis XIV.

Qu'en pensez-vous ? Réussissez-vous à vous vaincre ?

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samedi 10 septembre 2016

J'appelle à la naïveté

Bonjour !

J'ai parfaitement conscience que ce que je vais dire dans cet article est naïf, presque simplet, mais je saute à pied joints dedans parce que parfois je me dis que, à toujours répéter que "les choses ne sont pas si simples", on se complique la vie.

Vous avez certainement entendu parler de cette histoire de mur que veut faire le Royaume-Uni pour se prémunir des migrants, de la volonté de démanteler le camp de Calais... et si l'argent que l'on va utiliser pour faire tout ça était utilisé pour aider ces gens, plutôt ? Parce que parmi ces personnes il y en a dont on a besoin (je ne dis pas qu'il ne faut aider qu'eux (je précise, sait-on jamais xD)). Il y a des médecins, par exemple, et nous nous avons des déserts médicaux parce que nos jeunes médecins ne veulent pas aller se perdre à la campagne. Est-ce que les médecins qui arrivent, quelque part, ne seraient pas un peu contents de pouvoir travailler et vivre ailleurs que dans un bidonville ? Évidemment il y a la barrière de la langue, mais ces personnes sont intelligentes, elles apprendront certainement le français très rapidement si on leur en donne la chance. Est-ce que ça ne serait pas plus constructif ? Et c'est médecins ne prendraient pas la place d'un "bon Français" puisqu'aucun "bon Français" ne veut aller à la campagne !

Je prends l'exemple des médecins parce que c'est le seul qui me vienne à l'esprit, mais parmi les réfugiés il y en a certainement plein d'autres qui arrivent avec des savoirs pouvant nous aider.

On pourrait me répondre que ça ferait un appel d'air et que ça ne ferait qu'empirer la situation... eh bien, sincèrement, je ne suis pas certaine. Si ces gens ne traversent pas la Méditerranée ils meurent. Leur seule chance est de traverser et la route est ouverte. L'appel d'air est en réalité déjà fait. Je me souviens aussi que, il y a quelques années, Les Carnets du Monde (très bonne émission, je ne cesserai jamais de vous le répéter ! :P) avaient fait un reportage sur l'Afghanistan je crois et une personne qu'ils avaient interrogée disait qu'elle voulait venir en France parce qu'à Paris on diffusait du parfum dans les rues... il y a déjà des légendes, des fantasmes, et l'espoir. Alors aider ces gens ne va pas faire d'appel d'air, à mon humble avis.

Est-ce que, finalement, à répéter "mais les choses ne sont pas si simples" on ne se complique pas un peu la vie ? Est-ce qu'à vouloir absolument que les choses soient compliquées on ne les rend pas compliquées ? Elles ne sont pas compliquées ! Complexes, oui, sans doute ; compliquées, pas tellement... Est-ce que si l'on voulait que les choses soient simples ça ne les rendraient pas simples ? Forcément, si l'on commence en disant "c'est trop dur, c'est pas possible" on ne peut pas faire les choses... C'est comme ça pour tout ! Quitte à dépenser de l'argent autant aider toutes ces personnes au lieu de désarticuler un bidonville qui, de toute façon, sera réinstallé.

Qu'en pensez-vous ?

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jeudi 1 septembre 2016

Les portraits, troisième édition n°1

Bonjour !

Vous savez l'année dernière la blogueuse avec qui je le faisais à dû m'abandonner en plein milieu et je l'ai ai fini toute seule (vaillamment tout de même). Cette année je me suis dégotée une autre camarade mais les portraits seront un peu différents (déjà parce qu'elle n'a pas de blog). Nous voudrions, nous serions très très intéressées, nous adorerions que vous participiez aussi en écrivant votre propre article de portrait sur les thèmes (assez large) que l'on a trouvé mais que l'on ne va pas vous donner à l'avance. Il y en aura cinq, pour cinq mois.

Ce mois-ci, comme nous venons de quitter les JO mais qu'il faut bien une lourdingue pour continuer d'en parler nous avons choisi comme thème "un sport des JO".

Eh bien autant l'année dernière, sur certains thèmes, j'avais galéré, autant là ben... pas du tout ! Evidemment, si j'étais un sport des JO je serais le saut à la perche et, vous savez, l'année dernière, j'avais dit que si j'étais un sport je serais l'escalade eh bien en fait je crois que je serais le saut à la perche (la fille pas inconstante pour un sou ! :P). Pour l'escalade j'avais dit que j'aimais bien le fait que pour arriver en haut on était obligé de grimper, qu'on ne pouvait pas défiler, en fait. Le saut à la perche c'est un peu pareil : on est obligé de passer l'obstacle alors que par exemple en haies on peut les percuter et gagner quand même. Et puis aussi le saut à la perche c'est quand même vachement impressionnant et très beau à regarder je trouve ! :)

Et vous ? Quel sport des JO (d'hiver comme d'été) seriez vous ?


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jeudi 25 août 2016

Le burkini : à propos de nos réactions

Bonjour !

Le sujet du burkini a été tiré dans tous les sens, de tous les côtés, abordé par à peu près tout le monde, sous les angles des droits des femmes et de la laïcité... J'ai hésité avant de me l'approprier à mon tour. En fait, quand j'ai émergé des Jeux Olympiques pendant lesquels je n'ai absolument pas écouté la radio ni regardé les infos, la polémique avait déjà commencé et j'ai découvert ça comme si je venais d'une autre planète, avec d'autant plus de surprise que je ne m'y attendais pas vraiment... Autant vous le dire tout de suite, puisque ça ne sera pas l'angle principal de mon article : je suis contre l'interdiction du burkini. Mais ce n'est pas cette interdiction que je veux traiter ici. Je veux proposer un autre angle : l'angle de nos réactions à cette tenue de plage, parce que je crois qu'il y a pas mal de choses à dire d'une part, et que d'autre part comme beaucoup de choses ont déjà été dites je ne vois pas trop l'intérêt de faire ce que d'autres ont très bien fait même si, de fait, l'angle de l'interdiction va resurgir dans cet article.

Nos réactions donc... Hier, en commentant plusieurs articles sur cette question du burkini je disais que s'il n'avait pas ce nom de "burkini", qui rappelle la burka et tout le débat qu'il y avait eu, toutes les questions de l'intégration de l'islam en France, il n'y aurait certainement pas eu toute cette polémique. Si on avait simplement présenté ça comme une tenue de surf/plongée avec un bonnet ça aurait été une solution astucieuse pour des femmes musulmanes pratiquantes d'allier et réconcilier leurs foi et convictions et la vie "sociale" des plages. Parce que, de fait, comme le rappelle Kariana dans son article sur le burkini, il n'est pas en soi une tenue religieuse mais simplement le moyen pour des femmes de préserver leur pudeur (religieuse ici), et on n'a pas attendu la problématique religieuse pour faire des maillots de bain couvrants... De ce point de vue, notre réaction face au burkini est conditionnée en partie par tout le contexte actuel d'attentats qui n'aide pas forcément. N'aident pas forcément non plus les personnes qui utilisent le burkini comme revendication politique et le détournent de sa vraie utilité : allier foi et vie "sociale".

Ce matin j'y repensais et je me suis rendue compte d'autre chose. J'ai l'impression que l'on ne traite pas de la même manière des propos extrêmes tenus par un chrétien que par un musulman. Je m'explique. Il y a quelques années, dans Le Petit Journal, une femme chrétienne avait dit que les homosexuels étaient malades, que c'était contre-nature et parfois Christine Boutin tient le même genre de propos, comme le fait que les hommes ne devraient pas se mettre de la crème comme les femmes, etc.... j'ai l'impression que l'on prend ça comme les idées de femmes illuminées qui ont une lecture excessive et extrême de la Bible, et pas comme le message de la Bible. Alors que, quand un musulman tient des propos extrêmes, on a tout de suite plus de facilité à considérer que c'est parce que l'islam répand un message mauvais (la faute aux terroristes qui, franchement, n'aident pas). J'ai l'impression que l'on ne sait pas faire la part des choses. Oui, il y a les revendications d'un islam politique et excessif qui demande la modification de codes français (comme cette histoire d'horaires non mixes de piscine (quoique des femmes non musulmanes pourraient s'y rendre) ou de salle réservée aux femmes dans une auto-école). Mais il y a aussi des choses qui n'ont rien à voir (en premier lieu) avec la politique.

Les femmes qui portent le burkini pour autre chose que de la provocation ne demandent rien à personne. Elles ne demandent pas à ce que toutes les femmes portent un burkini, ni à ce qu'il y ait des plages réservées aux femmes : elles s'adaptent elles, leur corps, duquel elles peuvent faire ce qu'elles veulent.

Une autre explication de nos réactions pourrait être notre côté un peu universaliste, à l'image d'une phrase de Raphaël Enthoven rapportée par Janis (peut-être sortie de son contexte : je n'ai pas cherché la chronique ou le texte dans lequel elle était) : "Les partisans du burkini défendent-ils, au nom de la tolérance qu’ils invoquent, le port du string sur les plages saoudiennes ?". Je trouve que là, franchement, il exagère, Raphaël Enthoven. Il exagère parce que d'une part on ne peut pas comparer une république laïque à une monarchie religieuse (tirant sur l'extrême), et parce que l'Arabie Saoudite n'a rien à faire dans notre débat. Il y a, mine de rien, dans cette phrase, un jugement sur l'Arabie Saoudite alors que ce n'est pas le sujet... c'est problématique (si vous êtes intéressés par l'Arabie Saoudite il y a un reportage dans le National Geographic de Février 2016 et qui depuis le temps doit avoir été mis sur leur site).

Edit 10h07 : j'ai trouvé la chronique de Raphaël Enthoven et ça me rassure un peu !

Cette idée universaliste, un peu chauvine, qui voudrait que, puisque les femmes ont le droit de se dévêtir en France, alors elles devraient toutes le faire. J'entends des gens arguer "ces femmes n'ont pas à nous imposer une façon de s'habiller" alors même que, en interdisant le burkini, c'est ce que les autorités se proposent de faire au nom de la liberté. Hmm hmm. Mais encore ? Soyons sérieux. Une femme, puisqu'elle a le droit de se dévêtir sur les plages, doit le faire ? Dans ce cas ce n'est pas un droit, c'est une obligation. Personnellement (et je suis athée donc la religion n'a rien à voir là-dedans), ce droit de me dévêtir, je n'en dispose pas. Alors quoi ? Quand je vais aller en jupe longue sur une plage on va me demander de me mettre en sous-vêtements ? Soyons sérieux. Il n'y a pas qu'une façon d'exprimer sa liberté corporelle : certains se font des tatouages, d'autres se mettent topless sur les plages, et d'autres se camouflent parce qu'elles ne s'aiment ou ne veulent pas qu'on les reluquent et, franchement, je ne vois pas le problème. Certes, il y a certainement des femmes qui sont forcées à porter le burkini, mais de là à généraliser il ne faudrait pas exagérer... L'universalisme est un défaut.

Le troisième angle d'analyse de nos réactions face au burkini est celui du féminisme ou devrais-je dire des féminismes. Certains courant semblent absolument vouloir – et ça rejoint un peu l'idée précédente – dévêtir des femmes sous prétexte qu'elles ont le droit et que si elles se cachent c'est forcément qu'elles y sont obligées. La religion peut même être sortie de l'équation puisque des femmes non musulmanes rencontrent des problèmes : comme cette amie dont l'ex trouvait qu'une jupe juste au-dessus du genou était trop courte. Comme si la taille de la jupe signifiait le degré de soumission de la femme qui la porte. C'est idiot. Je porte des jupes longues parce que j'aime ça, pas parce que ma famille ou mon petit-copain (que je n'ai pas d'ailleurs) ne veulent pas que je montre mes jambes...

Dois-je rappeler que, il n'y a pas si longtemps, les femmes se baignaient en robe et que les premiers maillots de bain épousant les formes du corps (sans montrer un gramme de peau/jambe cependant) ont fait scandale ? Dois-je rappeler que, encore aujourd'hui, un certain nombre de femmes ne va pas sur les plages parce qu'elles ne veulent pas avoir l'impression d'être reluquées sous toutes les coutures et vivent cela mal ? Où sont passées les libertés individuelles ?

On a aussi abordé la laïcité et je me suis rendue compte que certains n'ont pas compris ce que c'était alors je me contenterais de rappeler que la laïcité ce n'est pas gommer tous les signes religieux d'une société mais permette à chacun d'exercer sa religion dans la paix et la sérénité. Sinon, autant raser tout de suite les lieux de culte, qui sont quand même les plus imposantes marques de religion dans le paysage.

Je crois que, dans ce débat, faire la part des choses entre l'islam politique et des femmes qui essayent simplement d'allier leur foi et les loisirs de plage en France ne ferait pas de mal et serait vraiment bien. Non, toutes les femmes qui portent le burkini ne disent pas "regardez ! je suis musulmane et bientôt vous serez tous forcés de porter vous aussi un burkini". Non, toutes les femmes portant un burkini en France n'y sont pas forcées. Oui, elles ont aussi le droit de choisir ce qu'elles veulent faire avec leur corps et à qui elles veulent le montrer. Au lieu de tomber dans des divisions comme le veut l'Etat Islamique est-ce qu'on ne pourrait pas juste essayer de prendre un peu de hauteur, de se décoller des images que l'on a de l'islam ?

Evidemment l'islam n'est pas aidé par les terroristes, par le fait qu'il vient d'une autre région du monde et que l'on considère mieux le christianisme, ici depuis plus longtemps, ni par le fait qu'il n'y a pas, comme dans l'Eglise chrétienne, une hiérarchie stricte. Le fait que chaque imam puisse y aller de son interprétation, différente de celle de ses confrères, n'aide pas les non-croyants à comprendre la ligne alors que l'Eglise n'en a qu'une seule : celle du pape. Mais est-ce que la paix, est-ce que le vivre-ensemble, la fraternité, ne valent pas que l'on fasse un petit effort pour se comprendre mutuellement ? Pour s'apprécier peut-être ? pour lutter ensemble contre l'extrémisme ? (je sais, je sais ; dit comme ça c'est un peu naïf et arc-en-ciel en paillettes xD).

Voilà !
J'espère que ce troisième article de suite sur les discriminations et le deuxième de suite sur la religion ne fait pas trop redondant !

Q'en pensez-vous ?

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