vendredi 6 janvier 2017

Écriture : le cas de la phrase trop longue

Bonjour !

Je crois bien que je n'ai jamais écrit d'article sur l'écriture... J'ai écrit sur le blogging, sur le fait d'écrire pour soi, sur la différence entre ce que l'on croit dire et ce que l'on dit (j'en ai même fait deux !), mais jamais sur le processus d'écriture et les problèmes des jeunes écrivains. En même temps il faut dire que les sujets sont toujours les mêmes : diversifier son vocabulaire, affronter la page blanche, faire relire, etc., etc., etc. Mais là j'ai décidé de sortir de mon silence et de m'élever contre une critique qui revient souvent et qui pourtant est idiote ou du moins tombe juste à côté du vrai problème. Le cas de la phrase trop longue.

Le monde entier semble décidé à tout mettre en place pour nous empêcher de faire des phrases longues. Des profs qui nous supplient, désespérés (j'exagère, j'avoue :P), de ne pas faire des phrases de cinq lignes, jusqu'aux membres de forum, pourtant jeunes écrivains eux-mêmes, qui nous demandent de couper des phrases en deux, en passant par les bêta-lecteurs. Sauf que moi, vous voyez, je suis une adepte de la phrase longue, parce que dans une phrase longue on peut jouer avec le rythme et puis on peut aussi jouer avec le rythme des phrases qui environnent notre phrase longue. Vous voyez ? Et l'écriture c'est aussi un jeu sur le rythme. Notre langue est formidable, pourquoi se priver ?

Une phrase n'est jamais trop longue : elle est ressentie trop longue. Ce n'est pas pareil. Et si elle est ressentie trop longue c'est parce que le lecteur perd le fil, ne comprend plus, ne sait plus ce qu'il lit et que son attention se délite un peu plus à chaque mot supplémentaire n'étant désespérément pas suivi d'un point salvateur. Et si le lecteur perd le fil ce n'est pas parce qu'il est idiot mais simplement parce que l'auteur a mal fait son taf et a mal balisé sa phrase, l'a mal ponctuée.

Je suis inscrite sur le forum Jeunes Écrivains et, justement, aujourd'hui, une commentatrice a demandé à un membre qui avait sollicité un avis sur un extrait de couper en deux sa première phrase. Il faut dire qu'effectivement elle avait un petit problème, cette phrase. Mais un petit problème qui nécessitait une solution bien moins violente, radicale et traumatisante qu'une amputation de quelques mots, une solution magique, merveilleuse, extraordinairement adaptée : le point-virgule. Si si, je vous jure ! Le point-virgule ! Extraordinaire création de la langue écrite que cette chimère hybridée d'un point et d'une virgule, source de respiration et de sens. Et qui n'ampute pas la phrase de son intégrité physique. Ni stylistique d'ailleurs car, bien souvent, quand on remplace une virgule par un point-virgule on ne fait que rattraper la bourde écrite et accorder l'écrit à la respiration imaginée à l'oral.

Et quand ce n'est pas la faute de l'auteur, c'est celle du lecteur. J'avoue avoir été parfois perdue au parcours d'une phrase longue de Victor Hugo, mais c'est difficile d'imputer ça à sa faute à lui (sans blague ! :P). Parfois c'est vrai, on pense à autre chose pendant qu'on lit, ou on lit sans trop faire attention, et on ne comprend pas. Mais bien souvent c'est la faute de l'auteur, quand même.

Tout ça pour dire que, non, il n'y a pas de phrase "trop longue". Une phrase ressentie comme trop longue par le lecteur est simplement mal ponctuée. Mais ce n'est pas la taille de la phrase en elle-même qui pose problème.

Conclusion : la bonne longueur c'est quand les pieds touchent bien par terre.

Source photo – thi loan tran

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mercredi 4 janvier 2017

Délits dédramatisés, vive TPMP ?

Bonjour !

Aujourd'hui j'ai ouvert Facebook (oui, au lieu de réviser mon partiel de demain, sans commentaire :P) et j'ai bien fait. Je suis tombée sur une vidéo de France Info postée le 19 Décembre (mieux vaut tard que jamais, comme dit le proverbe) relayée par une de mes connaissances. Je ne suis pas parvenue à l'intégrer ici, mais je vous invite à aller la regarder sur la page de la chaîne. Une association a relevé, sur l'ensemble des émissions du mois de Novembre, vingt-huit blagues douteuses sur l'homosexualité, ce qui nous fait une blague par jour. Au risque de passer pour alarmiste, je vais qualifier ce fait comme il le mérite : harcèlement. C'est un délit. Et, si j'ai mis "délit" au pluriel dans mon titre c'est parce que ça m'a fait penser à autre chose dont vous devez vous rappeler aussi : vous savez, ce jour où un chroniqueur a embrassé une chroniqueuse sur la poitrine alors qu'elle avait refusé un baiser. Agression sexuelle. C'est au minimum un délit.

Je sais que les fans de la première heure s'insurgent déjà ! Ô drame, ô désespoir, ô incompréhension des non-fans qui ne savent pas s'amuser, ces jaloux qui en rajoutent exprès pour faire couler l'émission !

Oui mais non.

On va se mettre, ensemble, d'accord sur les termes. Le harcèlement se caractérise par la répétition de faits anormaux visant à exclure quelqu'un d'un groupe, à marquer sa différence. Parce que finalement, ici, le problème, ce n'est pas qu'il y ait des blagues sur l'homosexualité (je suis de ceux qui pensent que l'on peut rire de tout, même et surtout avec les principaux concernés, parce que rire de tout ne veut pas dire se moquer méchamment et rire contre les autres mais bel et bien rire avec les autres) ; le problème c'est la répétition de "blagues" d'une lourdeur sans pareil, qui jaillissent sans n'avoir rien à voir même de loin avec le contexte, qui sont là juste pour faire un bon mot et moquer. Donc, plus que de discrimination, je parlerais de harcèlement (étant entendu que la base d'un harcèlement peut être une discrimination) parce que ça me paraît un peu plus approprié dans la mesure où c'est toujours la même personne qui en fait les frais.

Agression sexuelle, maintenant. Selon le site québécois sur le sujet une agression sexuelle "est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. [...] Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l'intégrité physique et psychologique, et à la sécurité de la personne.". Un monsieur embrassant par surprise la poitrine d'une femme qui a déjà refusé un baiser sur la bouche fait-il une agression sexuelle ? Oui. Je veux bien croire que ce pauvre chroniqueur ait été choqué que l'on qualifie ainsi son acte, ait été surpris, heurté que l'on puisse l'assimiler à un violeur, à un criminel, mais ce n'est pas, comme pour le harcèlement d'ailleurs, parce qu'il n'y a pas intention de nuire qu'il n'y a pas de nuisance.

Alors j'en viens à la raison qui m'a poussée à écrire cet article au lieu de réviser. Je m'interroge. On est confronté à une émission qui est en direct, où tout peut se passer, à une émission que j'ai regardé à une période et que j'ai trouvé hystérique et sans fond (je n'ai pas tenu plus d'une semaine), à une émission qui se cache derrière la bonne humeur, la fête, derrière l'argument du "nous, on écoute beaucoup les téléspectateurs, donc arrêtez de nous critiquer", et à une émission où, du coup, quand on pointe un problème, un dérapage, une atteinte à la dignité, une atteinte à la sécurité, on se fait taxer de jaloux et de rabat-joie.

Quel message est-ce que l'on envoie quand on montre qu'embrasser la poitrine d'une femme sans son consentement ce n'est pas grave et que – pire ! – la victime elle-même vient limite s'excuser sur le plateau ? Quel message est-ce que l'on envoie quand on stigmatise et vise de manière systématique, une personne sur son orientation sexuelle ? Parce que l'on pourrait dire que ce ne sont que des blagues, comme il y en a dans Les Grosses Têtes, par exemple. Seulement, dans Les Grosses Têtes, il n'y a pas que ça, loin de là même ! Et il y a un vrai esprit positif, je trouve. Alors que, des extraits (et évidemment on peut me reprocher de n'avoir regardé que des extraits) que j'ai vus, les blagues de TPMP méritent beaucoup de guillemets, sont très lourdes, et même violentes (je vous renvoie à la vidéo de France Info).

Ici, aussi, ce qui n'est pas le cas dans l'émission de Laurent Ruquier, c'est que les "blagues" sur l'homosexualité ne visent qu'une seule personne dont elles ressortent être la condition de son intégration dans le groupe tout en contribuant à l'en écarter car pointant sa différence plutôt que sa ressemblance avec les autres. Et, par leur caractère systématique et répétitif, elles deviennent l'instrument d'un harcèlement.

Que répondrait Cyril Hanouna à ça ? "Non, c'est pas du harcèlement, arrêtez, arrêtez, Matthieu on l'aime beaucoup, il le sait, sinon il serait pas là, faut arrêter de dire qu'on l'aime pas, ça c'est les journalistes..." quelque chose comme ça, sans doute (c'est ressemblant, hein ? :P) Mais ça s'appelle du déni. Et on ne règle rien par le déni.

Globalement j'ai l'impression que les membres de cette émission sont complètement déconnectés de la réalité. Ils disent ce qu'ils veulent, comme ils veulent, ils commettent des délits et parviennent à s'en sortir par une pirouette (cacahuète) (je n'ai pas pu résister xD) en disant qu'ils "s'amusent"... Monsieur est vexé d'avoir été accusé d'agression sexuelle alors ça suffit à dire que ce n'en est pas une. Ah bon ? Ah... Bon... Ce matin Cyril Hanouna disait sur Europe 1 qu'ils allaient essayer de faire moins de dérapages. Monsieur, ce ne sont pas des dérapages, ça : ce sont des délits. C'est punissable par la loi.

Un délit, c'est grave. Ce n'est pas à prendre à la légère.
Alors ce que j'espère, même si c'est sans doute irréaliste, c'est qu'en 2017 ce TPMP soit sur la sellette (ben quoi ? je commence en rime, je termine en rime ! :P).

Qu'en pensez-vous ?

Source photo – Cyrille George Jerusalmi/D8

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dimanche 18 décembre 2016

Félicie n'est pas une princesse Disney

Bonjour !

Hier après-midi je me suis habillée (ce que je ne fais jamais le week-end sans une bonne raison :P) et je suis allée au cinéma pour voir Ballerina, film très mignon comme je vous le disais sur Hellocoton mais film qui n'a pas plu à certaines critiques presses que j'avais trouvées sur Allociné. C'est le cas du Monde, qui déplore "les corps standardisés selon les critères des blockbusters animés américains (tête énorme sur corps gracile)". Généralement, quand on fait cette critique, c'est pour dénoncer ce que renvoient les personnages féminins, minces, gentils, mignons, etc. Et, à vrai dire, je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette remarque sur Félicie (ni pour dire que les critères pointés du doigt par l'autrice de la critique sont "américains" : ils sont occidentaux, nous avons les mêmes, mais c'est vrai que c'est mieux de dire que le problème est ailleurs et pas chez nous, surtout pas chez nous). Je vais essayer d'être prudente dans ma manière d'expliquer pour ne pas faire de spoiler si jamais vous comptez aller le voir, mais je dois quand même citer deux scènes donc si vous comptez vous rendre au cinéma allez-y peut-être avant de lire mon article ^^'

C'est vrai que Félicie est toute fine avec une grosse tête. Mais néanmoins la largeur de sa taille n'est pas inférieure à la place que prend ses yeux (point de repère qui a été pris pour dénoncer la maigreur des princesses Disney). Il ne faut pas oublier non plus qu'elle cherche à devenir danseuse étoile : rien d'étonnant dès lors à ce qu'elle soit toute fine. Et puis, quand on parle des physiques stéréotypés de l'animation occidentale la minceur n'est pas la seule chose à observer. Il y a les cheveux ! Le cheveu est érotique, les princesses Disney, pour nombre d'entre elles, ont des chevelures denses, volumineuses, merveilleuses (Vaiana, du film en salle en ce moment, si elle n'a pas la silhouette standardisée, en a bel et bien la chevelure !)... Pas Félicie dont la tresse toute maigrichonne pend entre ses omoplates comme une queue de rat. Dernier point sur le physique : la tenue. Hors des scènes à l'Opéra elle n'est ni en robe ni en jupe mais en short et collants. Le côté héroïne standardisée est donc à nuancer chez elle, comme il l'est pour Victor.

Grosse tête, corps maigrichon (quoique, ici non plus, pas tant que ça) : oui mais ! C'est un apprenti inventeur pas très doué, assez éloigné du prince charmant et, surtout, plus petit que Félicie ! Eh oui ! Et puisqu'il n'y a pas que le physique qui compte dans la vie et quand il s'agit de parler de la représentation faite des hommes et des femmes dans les films d'animation, laissez-moi vous dire : il y a une scène où ils montent dans un train en marche. Habituellement c'est le garçon qui grimpe en premier et tend sa main à la fille pour l'aider à monter. Ce n'est pas le cas ici : c'est Félicie qui aide Victor. Victor qui, dans une autre scène, se prend un coup sur la tête, a du mal à se réveiller, et est littéralement poussé pour sauver Félicie. Ici encore ça contribue à l'éloigner du prince charmant. Vous ne trouvez pas ?

Je ne prends pas la défense de Ballerina parce que c'est un film français et que je suis chauvine : je prends la défense de Ballerina parce que quand on parle de standards de représentations il faut aller un peu plus loin que la maigreur d'une taille (qui n'a rien d'excessive ici, comparé à d'autres héroïnes) et prendre en compte d'autres critères.

Qu'en pensez-vous ? Êtes-vous sensibles à ce genre de choses ?

Source image – L'Atelier Animation, Gaumont, M6 Film

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mardi 13 décembre 2016

Le regard qui compte

Bonjour !

Je viens encore vous embêter avec des considérations sur le regard des autres... En fait, ma soeur a tendance à beaucoup commenter la manière dont je m'habille, et pas pour dire de jolies choses. Plutôt pour dire que ça va pas, et que pourquoi j'ai mis mon pantalon si haut (cette fois-là je l'ai mis à la taille, c'est pas de ma faute si j'ai un petit buste et de grandes jambes ! xD), et pourquoi ci, et pourquoi ça. Et ce soir encore.

Bon.

Il se pourrait que je l'ai un peu cherché. Comprenez : j'ai mis un pantalon noir bouffant avec des derbies à talon. Oui, j'ai osé. Oui, vous allez me dire que ça ne va pas, que pourquoi, que ce sont deux styles différents, que c'est pas possible, que c'est ridicule... et c'est là que le bât blesse. Je veux dire, évidemment, vous avez le droit de ne pas aimer, et vous avez le droit de me le dire, mais entre le dire et en faire des caisses ; entre le dire et utiliser l'argument du "on te rend service"... Ce début d'article sonne un peu entre la justification et le règlement de comptes mais, au fond, ce que je veux dire c'est que, moi, je ne trouve pas ça ridicule. Moi, j'aime bien. Et que, finalement, le regard qui compte, c'est le mien.

Darkrevette (coucou ! :P) (si vous ne la connaissez pas elle tient un blog mode alternative) vous le dira sans doute mieux que moi qui, mis à part un pantalon bouffant de temps en temps garde un look très classique : ce qui compte c'est que celui qui porte les vêtements se trouve beau, belle, s'aime et ait confiance en lui ou en elle accoutré(e) de cette manière. Certainement que, dans ma promo, parmi les gens que j'ai croisés aujourd'hui, certains – la majorité peut-être même ! – se sont dit "oh non, franchement, c'est affreux" et m'ont regardé de bas en haut avec mépris. Certainement que vous aussi, parfois, vous entrez dans un magasin de vêtement et vous avez la vendeuse en face de vous qui vous lance un petit regard de pitié : "la pauvre, comment elle s'habille...". Ma réponse tient en deux mots : et alors ?

Je vais vous dire : je suis dévastée que les chaussettes de l'équipe de foot nationale de Croatie ne soient pas disponibles parce que je les aurais bien mise par-dessus mes collants bordeaux avec ma robe en laine blanc crème. Si. Oui, je sais, c'est improbable et ridicule, il y a plus de trois couleurs, c'est affligeant de mauvais goût. Mais moi ça m'amuse. Et est-ce que finalement le nœud du problème n'est pas là : s'amuser.

J'avais envie de dire "évidemment je n'irais pas comme ça en entretien d'embauche" mais à la limite... est-ce que le recruteur ne serait pas "content" de m'avoir moi et pas une moi cachée derrière un tailleur ? Toutes proportions gardées évidemment : pour un entretien d'embauche il faut quand même se "faire beau" mais est-ce que l'on ne peut pas se "faire beau" en gardant un style particulier, une touche personnelle, même si c'est juste une couleur de lacets ? (A vrai dire je n'en sais rien, je n'ai jamais été en entretien d'embauche).

Le regard qui compte c'est le nôtre, non ? Que je sache mon corps m'appartient, non ? Si j'ai envie, je peux mettre des collants rayés vert et blanc, une robe rouge, des chaussures violettes et un bonnet jaune, n'est-ce pas ? C'est moi qui vais manipuler ce corps, c'est donc à mois de trancher entre la mode et le fait de se sentir à l'aise. C'est à moi de trancher entre ce qui est portable et ce qui ne l'est pas. Mon corps n'est la propriété de personne d'autre que moi ; de même votre corps vous appartient. Vais-je interpeller une fille de ma promo que je trouve vulgaire et lui apprendre à s'habiller ? Non. Parce que si elle se sent belle et à l'aise comme ça, si ça correspond à son caractère, alors je n'ai pas mon mot à dire, en réalité.

C'est là que j'en arrive à un deuxième point. Autre la notion de propriété du corps il y a la notion de d'emploi du corps. Un corps peut être un moyen d'expression. Par les piercing, les tatouages ou... les vêtements. Vous savez, je suis en fac d'Histoire et nous apprenons quatre périodes (Antiquité, Moyen Âge, époque Moderne, époque Contemporaine). Eh bien je peux vous assurer que les profs de chacune de ces périodes ont un style différent et que, rien qu'à ce style, on pourrait deviner quelle époque ils enseignent. Vraiment. De même qu'on peut le repérer parmi les élèves (même si c'est un peu plus compliqué comme certains sont là un peu par défaut). Pourquoi ? Parce que le corps est un moyen d'expression, les vêtements portent un message qui ne sera pas le même en fonction du caractère de la personne. Moi, j'ai envie de m'amuser. Moi, je trouve qu'un pantalon bouffant et des derbies à talon c'est pas si terrible. Je ne dirais pas que c'est le summum de la mode mais c'est pas si terrible, j'aime bien, je trouve ça assez rigolo, et j'ai envie.

N'est-ce pas là la clef ? Parce que finalement, si l'on s'habille comme on veut, comme on a envie, comme on se sent à l'aise et comme on se trouve joli, alors on s'épargne les pensées parasites. Les pensées qui te font douter, qui t'empêchent de te concentrer, les pensées qui te renvoient au regard des autres. Si toi-même tu ne portes pas des vêtements que tu aimes et dans lesquels tu te sens bien, alors comment peux-tu avoir confiance en toi ? Les vêtements envoient un message mais ils protègent aussi, ils font le lien entre vous et le monde, quelque part, je crois. Ils sont la première chose que les autres voient et à ce titre je trouve que c'est mieux s'ils vous plaisent. Aujourd'hui je n'avais pas envie de porter mes converses orange, j'avais envie de porter des richelieu à talon. Oui, avec un pantalon bouffant. Et donc ?

La clef, c'est de ne pas se focaliser sur les autres, mais sur soi. Oui, c'est égoïste, mais l'égoïsme est aussi nécessaire. S'il m'arrive de me faire des réflexions sur la manière dont les autres s'habillent, de trouver certaines choses improbables, je ne le dis pas, je ne me moque pas méchamment, parce qu'au fond, ce qui compte, ce n'est pas le regard que je porte sur cette tenue mais le regard que celui qui porte cette tenue porte sur lui (vous suivez toujours ? :P).

Conclusion : la beauté est dans les yeux de celui qui regarde.

Qu'en pensez-vous ?
Vous savez, vous avez le droit de me dire que la manière dont je me suis habillée aujourd'hui était impossible, je me vexerai pas x)

Source photo – Melissa Pitzalis

P.-S. : je sais, ma conclusion est cucul x)

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lundi 12 décembre 2016

Nous sommes un soleil, ou de notre difficulté à appréhender la différence

Bonjour !

Ce matin je repensais à la réaction de ma mère quand je dis que pour moi ce sont les autres qui sont bizarres. "Mais bien sûr !" qu'elle me lance avec des yeux que j'imagine levés au ciel et une pointe d'énervement. Et pourtant. Pourtant j'ai mis du temps avant de me rendre compte que tout le monde n'agissait pas comme moi, ne raisonnait pas de la même manière que moi et n'avait pas la même difficulté que moi face à la sociabilité. Pourtant, même encore aujourd'hui, il m'arrive de me dire que les autres sont vraiment étranges. Pourquoi ? Parce que je suis un soleil, et que vous aussi vous êtes un soleil : vous êtes l'étalon de l'humanité, vous êtes au centre de l'univers, vous êtes autocentré (pas dans le sens égoïste), et vous voyez le monde avec vos yeux et pas du point de vue des autres. Au final c'est ce qui fait que l'on appréhende mal la différence au premier abord.

Je voudrais filer ma métaphore avec le Soleil. Notre système solaire est hélio-centré, le Soleil a toute ses petites planètes qui gravitent autour de lui. Comme vous qui avez des amis, de la famille, des professeurs, des collègues, qui gravitent autour de vous. Le Soleil a un point de vue sur le système solaire qui n'est pas le même que celui de la Terre. Et le point de vue du Soleil sur l'interaction Terre-Lune est différent de celui qu'a la Terre sur cette interaction : le Soleil ne faisant pas partie de cette interaction il a un regard objectivé (et non objectif, j'insiste !) sur cette interaction. Si on lui demandait, il ne raconterait pas cette relation comme la Terre la raconterait. Vous voyez ce que je veux dire j'imagine. Nous sommes autocentré comme le système solaire est hélio-centré. Nous avons conscience de nous en tant qu'individu, en temps qu'existant dans le monde, en tant que nous (alors que par exemple les bébés au début ne font pas la différence entre ce qui est à eux ou non), et donc nous voyons le monde de notre point de vue.

"Je ne mange pas de pizza le matin et... non, non je crois que je ne connais personne qui en mange... tu es vraiment bizarre !" dit celui qui jamais n'a mangé de pizza le matin, jamais n'a entendu que quelqu'un le faisait, et qui n'a même pas songé, comme lui-même ne le faisait pas, que quelqu'un d'autre pût le faire. "Tu n'as jamais mangé de pizza le matin ? Vraiment ? Ben c'est bizarre, ça !" dit celui qui en mange de temps en temps, ou régulièrement, et qui trouve vraiment étrange qu'il existe des personnes qui ne l'aient jamais fait. Évidemment ! Puisque plus ou moins consciemment nous considérons que les autres agissent comme nous puisque nos agissements nous paraissent naturels, tout à fait dans la norme et tout a fait non exceptionnels. C'est en parlant de ça que j'ai commencé mon contrôle d'épistémologie d'ailleurs. En disant que finalement nous avions tendance à voir les autres de notre point de vue, à mal comprendre qu'ils agissent différemment de nous, et que cette tendance pouvait être retrouvée dans la manière de faire de l'Histoire, en se centrant sur notre pays ou notre continent, ce qui a donné lieu à des critiques (maintenant on parle de "provincialiser l'Europe", on fait de l'Histoire des vaincus, etc.).

Alors, quand il s'agit de manger de la pizza le matin ce n'est pas bien grave. Mais quand ça concerne des choses plus importantes, un rapport différent à l'argent, un rapport différent à la sociabilité, un rapport différent au bruit, au contact physique, etc., ça pose plus de problèmes. Et d'autant plus quand on parle de différences biologiques (je veux dire, vraiment biologiques, pas l'argument détourné pour le racisme, on s'entend). Un autiste Asperger par exemple peut avoir des difficultés à faire comprendre aux autres qu'il ne supporte pas le bruit. Ou un dépressif à faire comprendre ce qu'est la dépression, ce qu'il ressent. Et parce que l'on a du mal à appréhender la différence, à conceptualiser le fait que les autres puissent être différents de nous, étalons de l'humanité, alors on a peur. Est-ce dangereux ? Est-ce contagieux ? Lui, il est bizarre, tu crois qu'il va mettre en danger mon groupe ?

Ce qui est différent est étranger, ce qui est étranger est inconnu, ce qui est inconnu est potentiellement dangereux et ce qui est dangereux est potentiellement mortel. Ce qui est potentiellement mortel est à rejeter, ou a transformer de manière à ce qu'il ne soit plus différent et soit inclusible dans le groupe.

Du coup, au risque de passer pour une moralisatrice, je dirais que oui, vous êtes des soleils, mais que les autres aussi se considèrent comme des soleils. Et que, dans l'univers, il y a plein de soleils différents : des gros, des petits, des bleus, des rouges, des jaunes, des froids, des chauds, que tous les systèmes solaires vivent dans un même lieu mais que la Terre ne s'est pas arrêtée de tourner pour autant.

Voilà !

Qu'en pensez-vous ?

Source photo – Sanne's pics

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