jeudi 25 août 2016

Le burkini : à propos de nos réactions

Bonjour !

Le sujet du burkini a été tiré dans tous les sens, de tous les côtés, abordé par à peu près tout le monde, sous les angles des droits des femmes et de la laïcité... J'ai hésité avant de me l'approprier à mon tour. En fait, quand j'ai émergé des Jeux Olympiques pendant lesquels je n'ai absolument pas écouté la radio ni regardé les infos, la polémique avait déjà commencé et j'ai découvert ça comme si je venais d'une autre planète, avec d'autant plus de surprise que je ne m'y attendais pas vraiment... Autant vous le dire tout de suite, puisque ça ne sera pas l'angle principal de mon article : je suis contre l'interdiction du burkini. Mais ce n'est pas cette interdiction que je veux traiter ici. Je veux proposer un autre angle : l'angle de nos réactions à cette tenue de plage, parce que je crois qu'il y a pas mal de choses à dire d'une part, et que d'autre part comme beaucoup de choses ont déjà été dites je ne vois pas trop l'intérêt de faire ce que d'autres ont très bien fait même si, de fait, l'angle de l'interdiction va resurgir dans cet article.

Nos réactions donc... Hier, en commentant plusieurs articles sur cette question du burkini je disais que s'il n'avait pas ce nom de "burkini", qui rappelle la burka et tout le débat qu'il y avait eu, toutes les questions de l'intégration de l'islam en France, il n'y aurait certainement pas eu toute cette polémique. Si on avait simplement présenté ça comme une tenue de surf/plongée avec un bonnet ça aurait été une solution astucieuse pour des femmes musulmanes pratiquantes d'allier et réconcilier leurs foi et convictions et la vie "sociale" des plages. Parce que, de fait, comme le rappelle Kariana dans son article sur le burkini, il n'est pas en soi une tenue religieuse mais simplement le moyen pour des femmes de préserver leur pudeur (religieuse ici), et on n'a pas attendu la problématique religieuse pour faire des maillots de bain couvrants... De ce point de vue, notre réaction face au burkini est conditionnée en partie par tout le contexte actuel d'attentats qui n'aide pas forcément. N'aident pas forcément non plus les personnes qui utilisent le burkini comme revendication politique et le détournent de sa vraie utilité : allier foi et vie "sociale".

Ce matin j'y repensais et je me suis rendue compte d'autre chose. J'ai l'impression que l'on ne traite pas de la même manière des propos extrêmes tenus par un chrétien que par un musulman. Je m'explique. Il y a quelques années, dans Le Petit Journal, une femme chrétienne avait dit que les homosexuels étaient malades, que c'était contre-nature et parfois Christine Boutin tient le même genre de propos, comme le fait que les hommes ne devraient pas se mettre de la crème comme les femmes, etc.... j'ai l'impression que l'on prend ça comme les idées de femmes illuminées qui ont une lecture excessive et extrême de la Bible, et pas comme le message de la Bible. Alors que, quand un musulman tient des propos extrêmes, on a tout de suite plus de facilité à considérer que c'est parce que l'islam répand un message mauvais (la faute aux terroristes qui, franchement, n'aident pas). J'ai l'impression que l'on ne sait pas faire la part des choses. Oui, il y a les revendications d'un islam politique et excessif qui demande la modification de codes français (comme cette histoire d'horaires non mixes de piscine (quoique des femmes non musulmanes pourraient s'y rendre) ou de salle réservée aux femmes dans une auto-école). Mais il y a aussi des choses qui n'ont rien à voir (en premier lieu) avec la politique.

Les femmes qui portent le burkini pour autre chose que de la provocation ne demandent rien à personne. Elles ne demandent pas à ce que toutes les femmes portent un burkini, ni à ce qu'il y ait des plages réservées aux femmes : elles s'adaptent elles, leur corps, duquel elles peuvent faire ce qu'elles veulent.

Une autre explication de nos réactions pourrait être notre côté un peu universaliste, à l'image d'une phrase de Raphaël Enthoven rapportée par Janis (peut-être sortie de son contexte : je n'ai pas cherché la chronique ou le texte dans lequel elle était) : "Les partisans du burkini défendent-ils, au nom de la tolérance qu’ils invoquent, le port du string sur les plages saoudiennes ?". Je trouve que là, franchement, il exagère, Raphaël Enthoven. Il exagère parce que d'une part on ne peut pas comparer une république laïque à une monarchie religieuse (tirant sur l'extrême), et parce que l'Arabie Saoudite n'a rien à faire dans notre débat. Il y a, mine de rien, dans cette phrase, un jugement sur l'Arabie Saoudite alors que ce n'est pas le sujet... c'est problématique (si vous êtes intéressés par l'Arabie Saoudite il y a un reportage dans le National Geographic de Février 2016 et qui depuis le temps doit avoir été mis sur leur site).

Edit 10h07 : j'ai trouvé la chronique de Raphaël Enthoven et ça me rassure un peu !

Cette idée universaliste, un peu chauvine, qui voudrait que, puisque les femmes ont le droit de se dévêtir en France, alors elles devraient toutes le faire. J'entends des gens arguer "ces femmes n'ont pas à nous imposer une façon de s'habiller" alors même que, en interdisant le burkini, c'est ce que les autorités se proposent de faire au nom de la liberté. Hmm hmm. Mais encore ? Soyons sérieux. Une femme, puisqu'elle a le droit de se dévêtir sur les plages, doit le faire ? Dans ce cas ce n'est pas un droit, c'est une obligation. Personnellement (et je suis athée donc la religion n'a rien à voir là-dedans), ce droit de me dévêtir, je n'en dispose pas. Alors quoi ? Quand je vais aller en jupe longue sur une plage on va me demander de me mettre en sous-vêtements ? Soyons sérieux. Il n'y a pas qu'une façon d'exprimer sa liberté corporelle : certains se font des tatouages, d'autres se mettent topless sur les plages, et d'autres se camouflent parce qu'elles ne s'aiment ou ne veulent pas qu'on les reluquent et, franchement, je ne vois pas le problème. Certes, il y a certainement des femmes qui sont forcées à porter le burkini, mais de là à généraliser il ne faudrait pas exagérer... L'universalisme est un défaut.

Le troisième angle d'analyse de nos réactions face au burkini est celui du féminisme ou devrais-je dire des féminismes. Certains courant semblent absolument vouloir – et ça rejoint un peu l'idée précédente – dévêtir des femmes sous prétexte qu'elles ont le droit et que si elles se cachent c'est forcément qu'elles y sont obligées. La religion peut même être sortie de l'équation puisque des femmes non musulmanes rencontrent des problèmes : comme cette amie dont l'ex trouvait qu'une jupe juste au-dessus du genou était trop courte. Comme si la taille de la jupe signifiait le degré de soumission de la femme qui la porte. C'est idiot. Je porte des jupes longues parce que j'aime ça, pas parce que ma famille ou mon petit-copain (que je n'ai pas d'ailleurs) ne veulent pas que je montre mes jambes...

Dois-je rappeler que, il n'y a pas si longtemps, les femmes se baignaient en robe et que les premiers maillots de bain épousant les formes du corps (sans montrer un gramme de peau/jambe cependant) ont fait scandale ? Dois-je rappeler que, encore aujourd'hui, un certain nombre de femmes ne va pas sur les plages parce qu'elles ne veulent pas avoir l'impression d'être reluquées sous toutes les coutures et vivent cela mal ? Où sont passées les libertés individuelles ?

On a aussi abordé la laïcité et je me suis rendue compte que certains n'ont pas compris ce que c'était alors je me contenterais de rappeler que la laïcité ce n'est pas gommer tous les signes religieux d'une société mais permette à chacun d'exercer sa religion dans la paix et la sérénité. Sinon, autant raser tout de suite les lieux de culte, qui sont quand même les plus imposantes marques de religion dans le paysage.

Je crois que, dans ce débat, faire la part des choses entre l'islam politique et des femmes qui essayent simplement d'allier leur foi et les loisirs de plage en France ne ferait pas de mal et serait vraiment bien. Non, toutes les femmes qui portent le burkini ne disent pas "regardez ! je suis musulmane et bientôt vous serez tous forcés de porter vous aussi un burkini". Non, toutes les femmes portant un burkini en France n'y sont pas forcées. Oui, elles ont aussi le droit de choisir ce qu'elles veulent faire avec leur corps et à qui elles veulent le montrer. Au lieu de tomber dans des divisions comme le veut l'Etat Islamique est-ce qu'on ne pourrait pas juste essayer de prendre un peu de hauteur, de se décoller des images que l'on a de l'islam ?

Evidemment l'islam n'est pas aidé par les terroristes, par le fait qu'il vient d'une autre région du monde et que l'on considère mieux le christianisme, ici depuis plus longtemps, ni par le fait qu'il n'y a pas, comme dans l'Eglise chrétienne, une hiérarchie stricte. Le fait que chaque imam puisse y aller de son interprétation, différente de celle de ses confrères, n'aide pas les non-croyants à comprendre la ligne alors que l'Eglise n'en a qu'une seule : celle du pape. Mais est-ce que la paix, est-ce que le vivre-ensemble, la fraternité, ne valent pas que l'on fasse un petit effort pour se comprendre mutuellement ? Pour s'apprécier peut-être ? pour lutter ensemble contre l'extrémisme ? (je sais, je sais ; dit comme ça c'est un peu naïf et arc-en-ciel en paillettes xD).

Voilà !
J'espère que ce troisième article de suite sur les discriminations et le deuxième de suite sur la religion ne fait pas trop redondant !

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mercredi 24 août 2016

L'islam, le christianisme, et la république


Bonjour !

On a beaucoup entendu, dans les divers débats des derniers mois, certaines personnes déclarer l'islam non compatible avec la république. Je ne savais jamais vraiment quoi dire (oui, parce que je réponds à ma radio quand elle parle, mais je ne sais pas pourquoi elle n'a pas l'air de m'entendre xD) et puis il y a quelques semaines j'y repensais et j'ai trouvé ce que je voulais répondre (mais évidemment, en plein été et a fortiori en année olympique il n'y a plus de débats sur ces sujets et moi je me retrouve dans la panade pour trouver comment commencer mes articles :P). Je veux répondre que l'islam n'est effectivement pas compatible avec la république mais pas parce qu'il a prétendument deux milles ans de retard (par rapport à qui, d'abord ?), qu'il vient d'une autre partie du monde ou parce que de lui sont nés divers groupes terroristes. Il n'est pas compatible parce qu'il est une religion.

J'ai conscience que commencer mon article de cette manière me place d'un point de vue anti-religions voir même pire ; anti-islam, et je m'en excuse car ce n'est absolument pas mon point de vue, je ne cherche pas à démontrer qu'il faille annihiler les religions ou l'islam en particulier et j'espère vous le prouver en terminant mon article :)

Une religion est, en quelque sorte, un pôle de pouvoir qui prétend organiser la société et lui édicter des règles et des normes (dans le christianisme par exemple on a pendant longtemps réprimé l'homosexualité, des papes se sont dressés contre les moyens de contraception, etc.). Or une république (laïque dans notre cas) est un pôle de pouvoir qui prétend organiser la société, lui édicter des règles et des normes sans l'aide ni l'appui d'une religion quelle qu'elle soit, de manière complètement indépendante. Et c'est là que ça coince, parce qu'une même personne peut dépendre en tant que citoyen d'une république mais, en même temps, en tant que croyant, d'une religion.

Gloups.

Ça ne concerne pas seulement l'islam. Alors, histoire d'étaler un peu ma science et de rappeler à toutes les personnes qui ont l'air de dire que le christianisme est davantage compatible avec notre république à cause ou grâce à notre Histoire judéo-chrétienne je vais re-sortir mes cours d'Histoire. Comme vous le savez nous avons longtemps été sous le régime de la monarchie (Charlemagne a été couronné empereur en 800, pour vous donner une idée, mais les monarchies étaient là depuis encore plus longtemps). Une monarchie liée au christianisme puisque le roi ou l'empereur était roi ou empereur de droit divin (mais ce n'a pas été le cas partout en Europe). Alors, quand est venue la république, l'Église l'avait un peu mauvaise (c'est pas peu dire) et une grande majorité des chrétiens était à droite pour ne pas dire monarchiste. Il y a eu tout un tas de conflits, de polémiques, comme la question de quand faire sonner les cloches (est-ce qu'on peut les faire sonner pour des fêtes républicaines ?). Il y a même eu, si je me souviens bien, un président (Mac Mahon je crois mais c'est à vérifier) qui a élargi le mandat de président à sept ans afin de se donner le temps de trouver un roi. Si si si ma bonne dame. Et puis je vais même vous dire... vous savez pourquoi on a institué l'école des filles ? Eh bien moins parce qu'il fallait les instruire que parce qu'on devait les extirper des griffes de l'Église qui s'occupait alors de leur éducation. Alors ? Il est compatible avec la république, le christianisme ? :P

Je ne parlerais pas de la république romaine car c'est un peu différent et que je ne me souviens pas de tout ce qu'on a dit en cours mais, en gros, les consuls et globalement les grandes familles essayaient et parvenaient à se mettre sous la protection des dieux, se donnaient une origine mythique et se liaient à des divinités. Le christianisme, qui ne reconnaît qu'un seul dieu, posait donc un léger problème (également sous l'empire puisque l'empereur devait être vénéré comme un dieu et que les chrétiens ne voulaient pas, forcément). Donc là non plus ce n'était pas vraiment compatible. Et pourtant ça fait partie de notre Histoire judéo-chrétienne que certains se plaisent à rappeler ! ;)

Maintenant, on se rend bien compte que nos gouvernements n'ont plus vraiment de problèmes avec le christianisme ou l'Église, parce qu'il y a eu un temps d'adaptation, des accords, des lois, etc. L'islam en France n'a pas eu le même temps et n'a pas été aidé, il faut bien le dire, par le terrorisme. Mais ça ne veut pas dire qu'une adaptation n'est pas possible, n'est pas faisable, et ne se fera jamais. Ça ne veut pas dire qu'il faille interdire la pratique de l'islam en France (surtout que la loi sur la laïcité de 1905 s'y opposera de toute façon). Le christianisme a pu s'adapter, l'islam le pourra aussi. Mais c'est sûr que si on continue à répéter que ce n'est pas compatible avec des arguments discriminants derrière on n'y arrivera pas.

Je crois que, de par leur nature respective, religions et républiques ne sont effectivement pas compatibles puisque ce sont deux entités qui prétendent organiser la société et la contrôler. Mais je pense que les religions sont capables d'évoluer et de s'adapter au sein d'une république même si, de manière disons "brute" ce n'est à première vue pas compatible.

Voilà ! :)
J'espère avoir réussi à dépasser le côté un peu "extrême" de l'introduction de mon article ! :)

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samedi 20 août 2016

Non, tous les Français ne sont pas racistes


Bonjour !

Il y a deux-trois jours je suis tombée sur une photo publiée par une de mes contacts Facebook. Il s'agissait d'une capture d'écran qui énumérait toutes les polémiques en rapport avec l'islam (par exemple les accompagnatrices des sorties scolaires voilées, le halal, etc.) et qui terminait en disant que la France avait un problème avec les musulmans. J'ai répondu en disant que la France n'est pas raciste parce que la France est un pays mais qu'en revanche oui, il y a des individus racistes. Ce soir mon ex-camarade de collège a terminé la conversation en disant que tous les Français étaient racistes. C'est à peu près à partir de là que je me suis dit qu'elle était une cause perdue (même si je ne pense pas qu'un débat soit fait pour convaincre).

Déjà, le premier problème que je vois dans cet argument c'est que, si tous les Français sont racistes, alors elle aussi. Et là on a un soucis parce qu'avec tout ce qu'elle met sur Facebook, toutes ses attaques contre les racistes, elle ne l'est clairement pas. Mais ? Tous les Français ne seraient donc pas racistes ? Ça alors ! ;) Bon, plus sérieusement, si tous les Français étaient racistes alors je n'aurais pas écrit tous ces articles contre les discriminations (à l'encontre des Noirs, des femmes, des homosexuels et j'en passe !) et ces articles n'auraient pas été aimés par autant de monde. Si tous les Français étaient racistes alors Didier Deschamps n'aurait pas sélectionnés des Noirs et des joueurs d'origine arabe dans l'Équipe de France. Si tous les Français étaient racistes alors il n'y aurait aucun film français avec des minorités dedans, et puis aucun Noir ne travaillerait parce que tous les recruteurs seraient racistes, fatalement. Hors ce n'est pas le cas. Certes, il y a des discriminations à l'embauche, on ne peut pas le nier. Mais tous les recruteurs ne sont pas racistes. Donc tous les Français ne sont pas racistes. Ça va, où je continue ? :P

Et puis cet argument pause un autre problème. En disant que tous les Français sont racistes elle m'inclue dedans, elle m'insulte, et elle dit ne pas comprendre quand je dis que je me sens agressée ? Bon. On ne peut pas avoir un échange d'idées sain avec ce genre d'argument. On ne peut pas s'installer posément, donc on ne peut pas avancer. Si on ne peut pas avancer on ne peut pas trouver de solutions. Si on ne peut pas trouver de solution rien ne changera jamais dans le bon sens. On ne peut pas nier toutes les choses que font certaines personnes, certaines associations, en faveur de la lutte contre les discriminations. On ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier...

Oui, il y a du racisme en France mais, non, tous les Français ne sont pas racistes, pas plus que la France (pour les raisons que j'invoquais dans l'article que j'ai cité plus haut). Tout n'est pas rose dans notre pays, mais tout n'est pas noir non plus. Dites à mes amis qu'ils sont racistes, vous allez voir la tête qu'ils vont vous faire ! Après, il y a aussi les discriminations non conscientes véhiculées dans les expressions comme "manger comme un gros", mais c'est différent. C'est différent parce que ça passe par un système tout à fait inconscient. Bref.

Oui, nous sommes un ancien pays colonial, esclavagiste, oui certaines personnes sont racistes, oui il y a des débats autour de l'interdiction du voile à l'université (grosse bêtise d'ailleurs, m'enfin), mais ce n'est pas pour ça que tous les Français sont racistes. D'ailleurs, si tous les Français étaient racistes il n'y aurait pas de débat : on interdirait et point final, affaire suivante. Partir du principe que tout le monde est raciste, qu'il faut lutter contre tout le monde, ce n'est pas sain. C'est le modèle "moi contre le reste du monde" et ça ne fonctionne que rarement (pour ne pas dire jamais parce que je n'ai pas d'exemples sous la main).

En fait je crois que cet argument du "tous racistes" vient du fait que ce qui fait information c'est le désordre. Quand un train déraille on le dit, mais on ne parle pas de tous les trains qui arrivent à destination sans encombres à chaque minute dans le monde. Dans un pays laïque, qui rejette les discriminations, l'ordre est l'intégration, le vivre-ensemble, et le désordre les actes racistes/discriminants. Quand il y a agression, menace de mort, on en parle, parce que ça fait information. Mais on ne parle pas de toutes les personnes Blanches qui ont des amis d'origine arabe ou plus globalement d'origine étrangère. On ne parle pas des personnes qui ont des amis expatriés... On ne parle pas de l'ordre. De ce point de vue on peut avoir l'impression que tout le monde est raciste alors que, d'après un sondage il y a quelques mois, la population française est moins raciste (après on peut s'interroger sur comment le sondage a été fait, mais c'est une autre question). Donc non, tous les Français ne sont pas racistes ! Zut !

Si je continue je finis par tourner en rond, donc je m'arrête là :)
Qu'en pensez-vous ?

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vendredi 19 août 2016

Il me reste cinq ans

Bonjour !

Je me souviens d'un jour, quand j'étais gamine (peut-être sept, huit ans je ne sais pas trop en fait), où je suis allée chez le médecin avec ma mère et, au moment de partir, il nous parle de quelque chose comme des vaccins en donnant l'exemple d'une jeune patiente de vingt-cinq ans à qui il avait répondu que comme elle était encore vierge ce n'était pas forcément nécessaire (je ne me souviens plus de quelle maladie il parlait, bref). Je me rappelle que ma mère m'avait dit, en gros, quelque chose comme qu'elle espérait qu'à vingt-cinq ans je ne serais plus vierge parce que c'était tard et que c'était dommage de ne pas vivre l'expérience sexuelle avant, enfin... ça fait longtemps donc je ne me souviens plus exactement évidemment mais c'était l'idée. Je vous en parle maintenant parce que j'y pense de temps en temps et que ça a été le cas hier. C'est fou, et je sais que c'est bête, mais cette barre des vingt-cinq ans est ancrée quelque part dans mon crâne, rappelée à moi par mon (stupide) inconscient, alors que si je suis toujours vierge à trente-sept ans le monde ne va pas s'écrouler, les chats ne vont pas tomber raides morts dans les rues, les fleuves ne seront pas tous en crue et la peste ne s'abattra pas sur nous. Mais c'est là quand même et ça me pose un problème, en fait...

Je me disais hier que l'on est dans une société très paradoxale. D'un côté il y a l’hyper-sexualisation, l'utilisation du corps comme vecteur de messages (publicitaire, politique – comme avec les Femen –, dans les clips des chanteurs à la mode...), ainsi qu'une libération du corps ; on se dénude plus facilement (on voit des femmes en T-shirt partout, les tensions se faisant aujourd'hui davantage sur la longueur de jambes mise à nue), on nous répète qu'on peut coucher avec qui on veut, quand on veut, que l'on n'a pas besoin d'aimer, etc. et, de cette manière, on va aussi vers une libération des mœurs (plus besoin d'être vierge avant le mariage pour les femmes par exemple). Mais, passé cette présentation de "l'idéal sexuel" si je puis dire, on se retrouve confronté au sexe tabou. Le sexe est un thème que l'on nous impose partout : des danses lascives et provocantes dans les concerts aux pubs de mascara qui montrent des femmes se touchant les hanches à chaque fois que la voix off dit "courbe" ; et en même temps c'est un thème que l'on n'aborde jamais vraiment. C'est tabou mais en même temps on veut des personnes libérées. Et, entre ces deux pôles, j'ai la vague impression qu'il n'y a rien d'autre que le vide. Deux pôles opposés – l'un envoyant un message plus clair et présent que l'autre – que rien ne relie, avec aucun message intermédiaire, chacun se faisant sa propre idée d'un mélange idéal entre libération du corps et "bonnes mœurs" (par exemple quand je vois des filles dans la rue avec des shorts tellement courts qu'on voit la base de leurs fesses je me dis que c'est peut-être un petit peu trop, mais d'autres personnes voient le "un petit peu trop" bien avant ça).

Dans le même genre de phrase que celle de ma mère il y a eu cette année celle de ma prof d'Histoire de l'Art. Elle nous parlait du fait que les hommes et les femmes n'ont pas la même stature, le même rapport épaules-hanches et elle a dit que ça se remarquait quand on voyait un homme nu et a ajouté "j'espère que vous avez déjà vu un homme nu à votre âge, quand même". Alors euh ben... non. Jamais. Je suis vierge et pas naturiste pour un sou, donc non. Ai-je raté ma vie ? :P

Avec cette phrase on voit qu'un déplacement des mœurs et des choses "acceptées" par la société s'est opéré. Comme on accepte des femmes aux bras dénudés alors qu'il y a deux siècles on considérait les danseuses comme des demi-mondaines (comme Cléo de Mérode, par exemple) parce qu'elles montraient des parties d'elles normalement cachées, on accepte aujourd'hui qu'une femme ne soit plus vierge avant le mariage, et même on "encourage" à une expérience sexuelle et on "stigmatise" (le mot est un peu fort peut-être) certaines filles que l'on trouve trop coincées (on est donc dans le pôle hyper-sexualisation-libération). Mais, dans le même temps, une femme peut très vite être qualifiée de "salope" ou de "pute" (on est donc dans le pôle "conservation d'anciennes mœurs"). Soit une fille est "trop coincée", soit c'est une salope. Comme s'il n'y avait pas de juste-milieu.

Je trouve la phrase de ma prof un peu hors propos étant donné que l'on n'a pas besoin de voir un homme nu pour se rendre compte que les hommes ne sont pas tout à fait taillés sur le même modèle que les femmes. Il suffit de les observer dans le métro. Ou, si on veut vraiment se rapprocher du nu : observer les athlètes qui ont des tenues type "seconde peau" ou les plages en plein été. On n'a pas besoin de voir un type complètement nu pour observer la différence de longueur de jambes entre hommes et femmes ou dans le rapport épaules-hanches. Donc cette phrase, je trouve, nous ramène au sexe, à une idée de libération des mœurs, etc. Mais, dans le même temps, une fois que ce genre de phrase a été dite, derrière on se retrouve face à la ligne de démarcation entre les deux pôles. Vous voyez ce que je veux dire ? D'un côté on prône, en quelque sortes, une libération du corps et des mœurs, et on est dans une société hyper-sexualisée mais de l'autre, le sexe étant tabou, on n'en parle pas et on ne va pas plus loin que la présentation d'un nouvel idéal ou d'un nouveau paradigme (un peu  sur le même principe que si un prof arrivait dans un amphi, faisait la présentation de son cours et s'en allait).

Le sexe est tabou mais en même temps l'âge moyen du premier rapport sexuel baisse. Je ne sais pas trop si on doit imputer ça à l'hyper-sexualisation de la société, au fait que les ados essayent de faire "comme les grands" ou aux deux (le deuxième étant peut-être lié au premier) mais je crois que ça montre assez bien ce paradoxe entre libération des mœurs et sexe tabou. Parce que, à côté de cet âge moyen qui baisse, l'exposition à la pornographie a plutôt tendance à augmenter. J'ai un peu l'impression que l'hyper-sexualisation n'est pas non plus étrangère aux nouvelles coupes des vêtements pour enfant. Vous n'avez pas remarqués ? Ces vêtements pour enfant de trois, quatre ans taillés quasiment sur le modèle des vêtements pour adulte (je n'avais pas de slim quand j'étais gamine) pour faire des enfants de "petites femmes" ou de "petits hommes". Pour moi il y a aussi un soucis ici.

Si cette barre des vingt-cinq ans est tant présente pour moi je pense que c'est parce que d'un côté on me fait bien comprendre (avec la phrase de ma prof, par exemple) que je devrais déjà avoir couché avec quelqu'un et que donc je me marginalise par rapport au reste de la société, mais que d'un autre côté on fait du sexe un tabou et que donc d'éventuelles questions ou problématiques restent sans réponses. En fait, je dirais que je suis un peu prise entre deux messages contraires sans trop savoir où donner de la tête tout en sachant que si je suis encore vierge à cinquante ans le soleil ne va pas imploser, ni un méga-volcan exploser, ni une météorite nous tomber sur le coin de la figure. Je ne sais pas si je me fais comprendre... Ce qui m'embête c'est que, si je n'arrive pas à vite me débarrasser de cette barre des vingt-cinq ans, plus je vais m'en approcher et plus je risque de développer une espèce de stress ou divers problèmes (je sais pas, j'y connais rien en psychologie xD), et, franchement, comme je suis déjà à moitié dérangée du bulbe je préférerais m'en passer x)

J'ai l'impression que je pars un peu dans tous les sens sans trop de lien entre mes différents paragraphes mais si ça peut vous rassurer ce n'est pas plus clair dans ma tête ! :P Quoi qu'il en soit il me reste cinq ans pour coucher me débarrasser de la barre des vingt-cinq ans.

Qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous voyez plus de lien que moi entre les deux pôles ou d'autres problèmes que leur séparation engendrent ?


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mardi 16 août 2016

Ce qui manque, c'est l'esprit sportif

Bonjour !

J'aime le sport. J'aime les Jeux, j'aime les athlètes, j'aime les voir sourire quand ils gagnent (non, contrairement aux apparences je n'ai pas un cœur de pierre :P), je suis triste et déçue quand ils perdent. Comme tout le monde j'ai mes poulains que j'encourage de tout mon petit cœur essoufflé de sportive de canapé. Mais je garde l'esprit sportif et, malheureusement, certains éléments des publics des différents stades ont un peu oublié ce que ça foulait dire, avoir l'esprit sportif.

Dans ces Jeux on a tout (comme dans à peu près toutes les grandes compétitions) : de la joie, de la déception, de la persévérance, des records du monde, du suspens, des athlètes qui vont jusqu'au bout d'eux-mêmes... ce qui manque, parfois, c'est l'esprit sportif. Et ça m'agace, ça me révolte. Les athlètes attendent ces Jeux depuis quatre ans au bas mot ; ils se sont préparés pour ça, pour relever des défis, devenir les premiers à faire un doublé ou un triplé, ou juste avoir une médaille, première ou pas. Ils ont fait des sacrifices, ils se sont entraînés des heures et des heures (et qu'on ne me réponde pas un truc comme "oui, mais ils l'ont voulu"). Alors entendre certains souhaiter la défaite de l'adversaire plutôt que la victoire du poulain, entendre des sifflets... ça me désespère !

N'est-ce pas mieux de gagner parce qu'on a été meilleur que l'adversaire plutôt que parce que l'adversaire a perdu ? Quand j'entends mes parents souhaiter la défaite de l'adversaire, voire des chutes, à coup de "nan mais lui il va tomber", "allez, rate !" ça me mets en colère. Quand j'entends, pendant les matches de volley (et encore hier à l'encontre de l'Italie) des gens siffler, ça m'énerve. Quand j'entends des gens siffler Renaud Lavillenie ça me mets en colère. Ce n'est pas ça l'esprit sportif. Si ces gens ne sont pas contents de ce qu'ils voient ils n'ont qu'à quitter le stade et laisser les athlètes faire ce pourquoi ils sont venus. Le perchiste brésilien qui ne donne pas l'exemple à son public me titille aussi un petit peu. Je me souviens d'une compétition où Shawn Barber avait encouragé Renaud.

Certains ont dit "on n'est pas au foot". C'est pas très gentil pour les footballeurs ! Ils méritent de se faire siffler, eux ? Non. Personne, aucun athlète, aucun sportif, ne mérite de se faire siffler pour faire son travail ! Personne, aucun athlète, aucun sportif, ne mérite qu'on lui souhaite de rater, voire de chuter (d'autant qu'une chute peut entraîner une blessure comme nous l'a malheureusement démontré Samir Aït-Saïd), et que l'on implore je ne sais quelle force mystique de le faire échouer l'un des jours les plus importants de sa vie. De fait il y a plus de perdants que de gagnants dans les compétitions sportives puisqu'il n'y a qu'une seule médaille d'or par épreuve. Donc, de fait, des tas d'athlètes vont être déçus, désabusés, tristes, à la fin des Jeux (et il suffisait de voir la tête de Tom Dumoulin au contre la montre ou de Renaud Lavillenie tôt ce matin). Mais ce n'est pas une raison pour souhaiter que ça leur arrive ! Entre souhaiter la victoire de son petit préféré et souhaiter la défaite de ses adversaires il y a un monde ! Un monde qui sépare l'esprit sportif de ce qui ne l'est pas.

En fait, cet article pourrait être un complément de mon article Respecter les athlètes parce que je vais me répéter (ça serait pas la première fois sur ce blog haha x'D) : un peu de respect pour les athlètes, leurs efforts, leurs performances, leur stress parfois, leurs sacrifices, et les humains qu'ils sont, ne ferait vraiment, vraiment, vraiment pas de mal. Je ne trouve pas ça mieux de gagner contre un adversaire qui a été déconcentré par des sifflets ou des lasers qu'on lui a projetés dans les yeux. Bien au contraire. Et c'est tout au déshonneur du public que d'agir comme ça.

Il reste quelques jours de Jeux, alors espérons que ce qu'il reste du public ne va pas gâcher la compétition d'autres athlètes. Un peu de respect, mince ! (je suis polie, en plus :P).

Qu'en pensez-vous ?


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