jeudi 22 juin 2017

Sommes-nous des individus ?

Bonjour !

C'est à croire que je ne traite presque que des questions de genre, sur ce blog ! Bon ! Faut dire qu'une réflexion très intéressante a été lancée et que je me suis engouffrée dedans. En fait, je suis inscrite au forum Jeunes Écrivains et une membre demandait comment on pouvait écrire un personnage masculin quand on est une fille, si les garçons, en gros, ont un mode de pensée différent (elle veut écrire une romance). Et à vrai dire c'est une question que je me pose moi-même depuis... longtemps, d'autant plus que j'ai peu (pas, en fait) d'amis garçons à observer ou interroger, donc ça ne me simplifie pas la vie. Plusieurs réponses ont été données et plusieurs qui disaient que garçon ou fille peu importait, que nous sommes des individus avant tout et que ce n'était qu'une question de caractère. Je ne suis absolument pas d'accord avec ça.

Oui, nous sommes des individus, avec des caractères uniques, définis, des qualités, des défauts, des manières de réagir qui nous sont propres, des valeurs que nous ne partageons pas avec tout le monde, des façons de raisonner et de penser qui sont uniques, nous faisons tous partie de l'humanité et c'est formidable... mais l'humanité est faite de femmes et d'hommes... dans un patriarcat aux modalités différentes en fonction des régions, des époques et des cultures et nous ne pouvons pas nier cela, sinon nous ne traitons pas le sujet. Je me suis vu rétorquer que c'était mieux de privilégier le caractère, caractère qui amènera le personnage à suivre ou pas ce qui est attendu de lui ou d'elle. Il y a deux choses qui me chiffonnent là-dedans : la notion de caractère et de "ce qui est attendu".

Alors histoire d'être sûre de pas dire de bêtise je suis allée chercher la définition de "caractère" sur le site du CNRTL et voilà ce que l'on me donne : "Ensemble des traits psychiques et moraux qui composent la personnalité d'un individu. [...] Ensemble des manières stables d'être, de sentir ou d'agir qui habituellement règlent le comportement d'une personne adulte dans ses relations avec d'autres personnes." Donc le caractère n'est pas que inné, il est aussi construit dans la mesure où l'on a en partie appris comment interagir avec les autres personnes, dans la mesure ou nos "traits moraux" sont construits sur nos expériences, nos désillusions, qui vont nous donner une grande importance de la justice, de la famille, de la confiance, de l'honneur, de la loyauté, etc. Le caractère est construit et j'en suis ravie parce qu'à vrai dire ça m'arrange. Si le caractère est construit (du moins en partie) alors cela veut dire que non seulement les parents et les éducateurs le modèlent par leurs interactions avec l'enfant puis l'adolescent mais aussi la société entière et les messages subliminaux qu'elle envoie. Et, dans une société patriarcale les messages envoyés aux garçons et ceux envoyés aux filles ne sont pas les mêmes. Donc une fille ne se construit pas de la même manière qu'un garçon et vice versa (comme un Noir ne se construit pas de la même manière qu'un Blanc, etc.) parce qu'un garçon et une fille ne se placent pas de la même manière du point de vue des rapports de domination. Il y a pour voir ça un exemple assez frappant : le modèle "rentrez vos poules je sors mon coq" ou : un garçon qui enchaîne les filles est un tombeur, une fille qui enchaîne les garçons est une salope.

"Ce qui est attendu" est lui aussi lié au concept de genre parce que le soucis c'est qu'un garçon doit se comporter "comme un garçon" et une fille se comporter "comme une fille". Le garçon grand, fort, rassurant, tout ça tout ça, et la fille un peu pleureuse, un peu nunuche parfois... comme je le disais dans mon post sur le forum, les shôjo sont un assez bon exemple pour cela : ils s'inscrivent toujours dans les mêmes clichés et dans la même caricature des relations entre garçons et filles. Les bornes de "ce qui est attendu" sont définies par les rapports de genre et de domination.

Femmes et hommes se sont construits différemment avec des univers mentaux différents. De ce fait on ne peut pas, et encore moins dans le cadre d'une romance, dire "nous sommes tous des individus" et faire complètement fi du concept de genre. Mais évidemment il ne s'agit pas non plus d'essentialiser en partant du principe que si telle fille agit de telle manière c'est parce qu'elle est une fille, que si un garçon agit de telle manière c'est parce qu'il est un garçon. Bien sûr il y a le caractère, la construction qui fait que l'on se détache ou pas des rôles de genre mais, à la base, il y a bien la question du genre et on ne peut pas traiter le sujet si l'on décide que "nous sommes tous des individus".

Je voudrais aussi ajouter quelque chose sur ce sujet, qui me paraît assez important. Plusieurs fois je me suis dit que c'était assez étonnant qu'une fille se demande comment pense un garçon dans la mesure où... comment dire... nous sommes une société patriarcale, certes, mais mixte. Les salles de classes sont mixtes, les rues sont mixtes, les entreprises sont mixtes, les magasins sont mixtes... On se côtoie tous les jours, et on se demande comment on pense... Je trouve ça assez étrange, en un sens et ça me fait penser à autre chose que je disais à Mathilde de What I Heart About sur son article il y a quelques jours : je me demande si les garçons et les filles savent vraiment comment s'aborder. Elle parlait du harcèlement et je lui disais que plusieurs fois je me suis demandé si finalement une partie de l'explication du harcèlement de rue n'était pas simplement que les garçons ne savent pas comment aborder les filles. Évidemment il y a aussi la question du patriarcat et qu'ils pensent qu'on leur appartient mais je me demande dans quelle mesure l'ignorance de comment on s'aborde agit. Parce qu'au final on se côtoie peu. Je veux dire... On peut avoir des amis garçons quand on est une fille et vice versa mais je ne me souviens pas franchement de groupes vraiment mixtes dans la cour du collège ou même au lycée, ou même à la fac. On peut aussi interroger la dynamique de groupe : ce n'est pas parce qu'on forme un groupe uniquement de garçons qu'aucun de ces garçons n'a d'amies filles, évidemment. Mais je me pose quand même la question.

Au final c'est extrêmement louable de dire que nous sommes tous des individus, mais ça ne colle pas à la réalité des rapports de genre, ça ne colle pas à la réalité de personnes qui se sentent racisées, ça ne colle pas à la réalité de personnes qui se sentent et sont discriminées de manière générale. C'est super de dire que nous sommes tous des individus, sur le même plan, mais cet aveuglement aux distinctions (qu'elles soient de genre, de race, etc.) pose un problème : elle oublie, elle nie volontairement, même, que nous ne nous construisons pas tous de la même manière en fonction de notre couleur de peau, de notre orientation sexuelle ou de notre sexe/genre. Au final, nous ne sommes pas des individus ou plutôt, avant d'être des individus, nous sommes des femmes, nous sommes des hommes.

Qu'en pensez-vous ?

Source photo – Sunsword & Moonsabre

Rendez-vous sur Hellocoton !

lundi 19 juin 2017

La raison peut-elle rendre raison de tout ?

Bonjour !

Je sais pas si c'est le printemps, mes hormones, ou le chapitre du livre en espagnol que je viens de lire où ma pauvre petite Ahriel vient de perdre son premier amour (et sans doute le seul) à peine après l'avoir trouvé, ou les trois à la fois, mais j'ai envie de parler d'amour. Alors histoire de dissiper un doute qui peut-être pourrait vous avoir étreint : non, je ne suis pas amoureuse. D'ailleurs il semblerait que ça soit précisément le problème. Comprenez : bientôt j'atteindrai mes vingt-et-un an ; je ne suis pas en couple, pire je ne suis pas amoureuse et, pire encore (si-si, c'est possible) : je suis vierge. Je me souviens, il y a quelques mois, de ma mère qui, tandis qu'on regardait des photos d'une compèt' dont certaines montraient des couples d'amis de ma soeur, a demandé, son air-de-rien presque réussit (mine de rien, c'est dur à faire ces trucs-là !) : "pourquoi ils sont en couple et pas vous ?".

Alors... ! Cette question m'a profondément agacée et je me suis fendue d'un "parce que ça m'intéresse pas" qui aurait presque pu être sorti de ces shôjo où les héroïnes veulent se concentrer sur leurs études... Je crois que... au fond on ne peut pas répondre à cette question. On peut tenter de trouver des raisons, de dire "tu verrais la faune masculine que je côtoie, tu comprendrais" ou "je suis jamais tombée amoureuse et personne n'est jamais tombé amoureux de moi" que l'on ne répondrait pas, au fond, je crois, ou pas assez bien pour obtenir de la tranquilité. Parce qu'on aurait tôt fait de faire comme Kirikou et de demander encore "pourquoi ?". Est-ce que l'on peut répondre à la question "pourquoi tu n'es jamais tombé(e) amoureux/se ?". Je ne crois pas, même si pour ma mère la réponse est sans doute que je suis trop égoïste pour que ça m'arrive. Mais enfin, je n'écris pas cet article pour me plaindre, sinon je ne l'aurais pas titré d'un sujet de philo du bac.

Demander une raison au célibat signifie donc qu'il faut une raison pour être en couple (autre que l'amour, j'entends, puisque l'absence d'amour qui est une raison évidente du célibat n'empêche pas de poser la question (je sais pas si je suis claire)). Et, si on couple ça à l'autre pression sociale que constitue pour les femmes et les couples la question des enfants on comprend assez bien : une raison de se mettre en couple c'est de faire des enfants (souvenez-vous, j'avais écrit un article Pourquoi fait-on l'amour ? ;P) et de perpétrer la race humaine, de lutter contre la peur de la dépopulation qui a duré une bonne partie de l'époque moderne et évidemment après les Guerres mondiales. Alors peut-être que je vais chercher un peu loin mais je crois qu'il y a de ça. Il suffit de voir les réflexions que se prennent les femmes qui arrivent à l'âge moyen du premier enfant : "tu as vingt-sept ans, quand même", par exemple. C'est irrationnel. Nous sommes bientôt neuf milliards sur cette pauvre planète alors la race humaine ne va pas s'éteindre parce qu'une poignée de femmes refuse de se reproduire.

Pourquoi demander la raison ? Y en a-t-il une, d'ailleurs ? Je veux dire... si je peux comprendre qu'on n'ait pas besoin d'être amoureux pour faire l'amour et les avantages qu'il y a, je comprends mal l'intérêt de se mettre en couple si l'on n'aime pas. Pourquoi me mettrais-je en couple si je n'aime personne ? D'ailleurs faut être deux pour être en couple (c'est un peu ce que veux dire le mot) je signale au passage, alors pourquoi le problème viendrait de moi ? Ai-je besoin d'une autre raison que l'absence d'amour à mon célibat ? La raison ne peut vraiment pas faire entrer l'amour dans l'entendement des gens ? La raison ne peut pas rendre raison de tout, dans ce cas (c'était un peu couru d'avance, d'ailleurs, comme réponse (ils se compliquent la vie, les philosophes)).

Ai-je raté ma vie, ma vie adolescente, ma vie de jeune femme, parce que je n'ai pas eu d'amour estival ou même d'amour tout court, que je n'ai échangé mes bactéries buccales avec personne et ne me suis pas faite déflorée à l'âge moyen qu'est dix-sept ans ? Le couple doit-il être un but ? Il semble... dans l'inconscient de beaucoup de personnes, y compris dans le mien malgré ce que je veux bien me faire croire à moi-même, d'ailleurs... C'est parce que c'est la normalité d'être amoureuse/x et en couple que j'ai besoin d'une raison pour être célibataire. D'ailleurs on a demandé à ma cousine si elle faisait exprès de l'être. On cherche à rationaliser le célibat. Mais peut-on rationaliser l'amour ? (question cucul, je sais, je sais...).

Ma réponse "parce que ça ne m'intéresse pas" est aussi intéressante en elle-même, d'ailleurs. Parce qu'elle m'a permise d'être tranquille, de donner une raison à la raison. Si ça ne m'intéresse pas alors ça veut dire que sciemment je cherche à ne pas être en couple, donc que je ne pose le regard sur personne et que je ne me préoccupe pas de savoir si on me regarde ou pas. Comme une fuite, un renoncement à la recherche et aux efforts... Tout ce que la raison peut comprendre. Je pense que si j'avais dit "parce que je suis jamais tombée amoureuse" je n'aurais pas fait taire ma mère. Parce que ce n'est pas une "raison finale" : on peut encore enchérir un "pourquoi". Donc ma réponse donne une raison que la raison puisse comprendre et dont elle puisse rendre raison. Un truc raisonné, raisonnable. Je ne saurais pas vraiment aller plus loin dans l'analyse, mais je trouvais intéressant de le soulever.

Voilà. C'était ma participation décousue et désorganisée aux articles sur l'amour (je fais ce que je peux).

Qu'en pensez-vous ? Ressentez-vous ce genre de pressions ?

Source photo – arkaitz etxeberria photography

Rendez-vous sur Hellocoton !

mercredi 7 juin 2017

L'ambition face au réalisme

Bonjour !

Au début je voulais titrer "et après ?" de la question que ne cessent de poser mes parents, ou "le futur" mais, finalement "l'ambition face au réalisme" tire précisément l'essence de mon problème (au premier sens du terme). Il y a quelques semaines, Joséphine de La Plume Grise écrivait un article pour faire part de ses doutes concernant son orientation, son avenir, la direction qu'elle devait donner à sa vie après sa Licence, etc. Cet article a trouvé une certaine résonance en moi parce que je suis dans une situation similaire.

Hier on nous a envoyé par mail notre moyenne de l'année ; avec un peu plus de douze j'ai mon année et avec elle ma Licence d'Histoire et se pose la question de ce que je vais faire maintenant. Au début, il n'y avait pas beaucoup de doutes : école de journalisme, d'ailleurs c'était bien pour ça que j'avais choisi une Licence d'Histoire... je le croyais. En fait, quand mes parents m'ont fait la remarque, je me suis rendue compte que sans doute ce n'était pas la vraie raison. J'ai choisi l'Histoire pour moi, parce que j'avais envie, parce que j'avais le pressentiment que ça me plairait et que ça me servirait pour mes romans et par chance c'était une voie d'accès aux écoles de journalisme... Au final, si je m'étais vraiment renseignée pour faire une voie béton pour le journalisme j'aurais sans doute choisi une autre voie ; il y a des facs qui proposent des filières avec des liens faits avec le journalisme. Mais au début il n'y avait pas de doutes : Licence puis concours puis école de journalisme puis au boulot. Sauf qu'en trois ans j'ai eu le temps de changer, d'évoluer et de m'intéresser à de nouvelles choses.

Comme au sport. Seulement c'est un peu tard pour passer le concours de Lille pour une formation en journalisme sportif. Je n'ai absolument pas les connaissances générales pour réussir le concours et absolument pas le temps, matériellement et hors les autres occupations, pour combler le gouffre de mon insavoir (pas sûre que le mot existe). J'ai regardé les annales et je ne peux pas répondre aux questions précises : je ne peux pas redonner leur numéro de maillot aux athlètes (qui ça intéresse, d'ailleurs ? :P). Je n'ai presque pas suivi l'actualité cette année, donc je suis ignare. Ignare parmi ceux qui se seront préparés de leur côté, parmi ceux qui auront eu la prépa en ligne, parmi ceux qui sortiront d'une Licence option journalisme dont la dernière année est exclusivement réservée à la préparation des concours. Autrement dit je n'ai absolument aucune chance de réussir ces concours. Et je n'en ai pas non plus envie. Je n'ai pas envie de reprendre les études.

C'est sans doute là que ça coince. Parce que l'on attache beaucoup d'importance aux études, en témoigne l'entrée en matière de Joséphine : "Un titre presque… affolant, je l’admet !" (elle titrait alors : "et si j'arrêtais mes études ?"). Le plan pour moi c'est un Service Civique en radio (on y croit) et même si je n'en trouve pas je pourrais sans doute continuer de travailler dans la radio où je suis actuellement bénévole. Et là vient la grande question : et après ? Bonne question. J'y ai pas trop réfléchi, à vrai dire. Je voudrais bien devenir Maître Chien, mais très concrètement je suis au point mort physiquement. Et après... Après j'envoie des CV à tours de bras et croise les doigts ?

J'ai fait une espèce de test sur Studyrama. Je suis "entreprenante" à huit (sur huit apparemment) et "réaliste" à deux virgule soixante-quinze. C'est tellement vrai... ! Je sais que je ne suis pas réaliste, que les plans ne sont pas réalistes, que mon ambition je peux sans doute la ranger dans ma poche parce qu'en vrai je n'aurais pas les moyens de la réaliser, que les choses ne sont pas comme dans un rêve et que le hasard (d'ailleurs je pense que rien n'arrive par hasard) ne pousse pas toujours dans la direction que l'on souhaite. Mais seulement, voilà, tout le problème est là : si je me range au réalisme je me range aussi au pessimisme. Parce que la version réaliste c'est la version résignée. Si je reviens au réalisme je peux me suicider tout de suite et encourager tous celles et ceux de ma génération à le faire.

Bien que l'on soit attaché au diplôme dans notre pays une Licence en Sciences Humaines ne sert pas à grand-chose (bien que ce soit très enrichissant), et même en poursuivant les études il n'est pas dit qu'on trouve du travail avec un Bac+5 parce que les entreprises et autres organismes demandent souvent deux ou trois ans d'expérience qu'aucun ne veut être le premier à donner : c'est un cercle vicieux duquel il est difficile de sortir. Pas de travail ça veut dire pas de logement, pas d'indépendance. Ça et le fait que je sois une jeune femme (donc biologiquement apte à avoir des enfants) et je peux toujours courir pour trouver un emploi rapidement. Si je me range au réalisme je me range aussi au fatalisme (sans juste-milieu, c'est sans doute malheureux xD).

Je crois que l'on ne peut pas être à la fois entreprenant et à la fois réaliste et que c'est pour ça que le fossé entre les deux résultats du test est si important. Je crois qu'au fond aucun ambitieux ne peut vraiment prétendre être réaliste parce que quand on veut faire de grandes choses on pense grand et on pense simple (ça veut pas dire facile) à la fois. L'argument selon lequel "les choses ne sont pas si simples" me laisse un peu béate. Parce que ça veut dire que si c'est pas simple c'est dur (en fait "complexe" mais comme on confond "simple" et "facile"...) et que si c'est dur on n'y arrivera pas et que donc pourquoi commencer, après tout ? Sauf que ceux qui réussissent ne pensent pas comme ça. Je ne connais personne ayant réussit en ne voulant pas réussir. Parfois les choses ne sont pas simples parce qu'on n'a pas envie qu'elles soient simples et que c'est mieux de rester à l'immobilisme que de se lancer sur le chemin, de faire le premier pas de la longue route éreintante.

Je ne sais pas où je serai dans un an (en fait je ne sais même pas où je serai en Septembre), je ne sais pas ce que je ferai, je ne sais pas si je me résoudrai à me lancer dans des études de journalisme, si je trouverai du travail sans malgré toutes les personnes qui disent que si on peut atteindre le journalisme de cette manière il ne vaut mieux pas tenter, si je ferai tout à fait autre chose... Je n'en ai aucune idée. Et à vrai dire ça ne m'inquiète pas plus que ça. Pas parce que je sais pouvoir retourner chez mes parents et vivre à leurs crochets, pas parce que je compte sur les bonnes rencontres aux bons moments (quoique) mais parce que la vie.

On peut planifier tout ce qu'on veut à plus ou moins long terme, au final les choses changent. Nouveaux intérêts, nouvelles rencontres, nouvelles opportunités. La vie. Des choses que l'on ne contrôle absolument pas.

On nous demande de savoir de plus en plus tôt ce que l'on veut faire et sans erreurs. Jamais. Sauf que l'erreur est mère de réussite. L'échec c'est l'expérience et l'apprentissage, autant de soi que des autres. Et Macron qui veut empêcher les bacheliers scientifiques d'aller en littéraire à la fac... on aura tout vu. On ne peut pas savoir sans faire d'erreur, ou même sans parler d'erreur sans changer d'avis. J'ai une amie qui n'est pas du tout passionnée par ses études, qui a redoublé plusieurs fois au cours de sa scolarité, et qui pourtant est loin d'être con parce que quand elle veut elle peut. Elle s'intéresse au monde du tourisme mais elle s'y est intéressée relativement tard et je pense surtout qu'elle n'aime pas du tout les études. J'ai une autre amie qui a eu un gros moment de doute sur ses études, sur le fait de peut-être pas travailler dans leur branche mais de faire autre chose. Une autre qui s'est intéressée trop tard au métier de gendarme pour réussir les épreuves physiques et qui a dû se réorienter. J'ai un ami de collège avec qui je parle assez rarement mais qui a changé plusieurs fois de réorientation en plusieurs années. J'ai une des camarades avec qui je travaille à la radio qui ne sait pas du tout ce qu'elle veut faire. Au final quand je regarde dans mes relations il n'y a que deux personnes sûres d'elles qui s'engagent sur leur voie sans ciller. Proportionnellement ça pèse lourds.

Alors c'est sans doute naïf, irréaliste, bête à manger du foin, mais j'ai décidé de ne pas m'inquiéter de ce que je ferai dans un an. Je verrai. Et bizarrement cette position ne me gêne pas du tout alors que je suis plutôt une stressée de la vie x) J'ai décidé d'attendre et de voir. Je vais faire des expériences, rencontrer des gens (l'épreuve d'une vie pour moi haha xD), et je verrai. Parce que de toute façon on peut faire tous les plans qu'on veut au final en douze ou dix mois on a l'opportunité de rencontrer des gens, de découvrir des choses, et de changer d'avis, alors tous les plans peuvent être renversés en trois minutes comme autant de quilles. Je décide de voir. J'ai confiance, bizarrement. Pas particulièrement en moi, mais en la vie. Elle peut être franchement mesquine, mais j'ai la conviction que rien n'arrive pas hasard alors je décide d'attendre et de voir. Une attente active mais une attente quand même. C'est pas que mon avenir m'intéresse pas, ou m'inquiète pas (quoique) (si je regarde mes notes, mes diplômes, etc., j'ai toutes les raisons de m'inquiéter parce qu'avec une Licence d'Histoire on fait que dalle) mais je décide de me laisser porter par les vagues.

Je choisis l'ambition au réalisme.

Qu'en pensez-vous ? Comment s'est passée votre orientation ?

Source photo – Ludwig Favre

Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 28 mai 2017

On riait mieux avant (?)

Bonjour !

Je suis tombée tout à l'heure sur des extraits de l'interview que Cyril Hanouna a donnée au JDD. Je ne souhaite pas revenir sur cette affaire de canular qui n'a malheureusement pas fait rire que lui mais il y a quand même quelque chose qui m'a interpellée (pour pas changer). Il a dit notamment que, aujourd'hui, le sketch de Pierre Desproges sur les juifs ne ferait plus rire et il me semble que c'est un type d'argument que l'on rencontre assez souvent consistant à dire que l'on "riait mieux avant", en gros, et qu'aujourd'hui on a un humour trop édulcoré, trop gentil, pas assez noir, trop politiquement correct, etc. Sauf que pas de chance, il se trouve que j'ai eu deux cours cette année qui me donnent des clefs pour réfléchir à cet argument. J'ai eu un cours sur les mémoires de la guerre (que j'ai relu rien que pour vous (félicitez-moi :P)) et un cours sur le théâtre grec antique (si, ça a un rapport). Du coup, moi, cet argument de "Desproges aurait pas pu faire son sketch" comme preuve qu'aujourd'hui on ne sait pas rire ça me chiffonne.

Très sincèrement, ce sketch de Pierre Desproges, je ne le connaissais pas. Mais par chance et comme sur internet on trouve de tout j'ai pu remettre ma culture à niveau. Eh bien vous savez quoi ? Cyril Hanouna a tord : j'ai ri. Évidemment il y a des références que je n'ai pas, des noms que je ne connais pas, et donc des rires qui ne me sont pas accessibles (je vais y revenir) : mais j'ai ri, c'est le premier point de ma réponse.

Le deuxième point c'est qu'une pièce de théâtre – ou un spectacle d'humour – s'inscrit dans un temps donné, avec un public donné, un contexte, etc. Il me paraît donc important de remettre un peu ce sketch dans une partie de son contexte politico-sociétal. Sur la chaîne Youtube où je l'ai trouvé, il était indiqué qu'il a été joué au théâtre Grévin en 1986. En 1986 nous sommes quarante ans après la guerre. Cela fait que l'on doit diviser le contexte en deux branches : premièrement la branche du public : quarante ans après la guerre le public a, sans doute pour une large part, des souvenirs de la guerre (soit sous forme de souvenirs personnels soit sous forme de souvenirs familiaux) ; secondement la branche mémorielle : de quoi se souvient-on en 1986 ? C'est là que mes cours sur les mémoires des guerres interviennent.

Il faut bien se rendre compte que, dans l'après-guerre et jusqu'aux débuts des années 1980 quand on parle de "déporté" on parle des résistants déportés. Ce n'est que progressivement que l'on glisse vers le déporté juif, avec aussi le film Shoah, en 1985. Dans la même période, en 1987, c'est le premier procès depuis un moment d'un officier allemand duquel on a pu empêcher le suicide : Klaus Barbie. Voilà, pour ce qui est de la France, dans les années 1980, on en est là (il y a aussi une série télé qui sort en Allemagne et aux États-Unis notamment, en 1978, et qui fait un choc). C'est dans ce contexte-là que Pierre Desproges fait son sketch. Avec un public donné, à un moment donné. La lecture et la réception d'une pièce de théâtre – ici d'un spectacle – se fait qu'une certaine manière à un certain moment. Notre prof nous parlait de la pièce grecque Les Perses qui a été représentée à Athènes huit ans après les guerres médiques. Donc le public, les spectateurs, avaient souvenir de la guerre. Si on joue cette pièce aujourd'hui c'est une "pièce-musée", parce que le public ne sera pas dans les mêmes dispositions qu'à l'époque. De là il peut être intéressant d'adapter la pièce (par exemple, quand des noms de soldats sont cités, mon prof avait fait citer par son acteur des noms de soldats états-uniens morts pendant la guerre d'Irak si je ne m'abuse).

Le public de 1986 n'est pas le même que le public d'aujourd'hui qui, pour une large part, n'a jamais vécu la guerre et qui, pour ce qui est des petits-enfants ou arrière-petits-enfants, n'ont même plus la mémoire familiale de la guerre. Le contexte mémoriel n'est pas non plus le même. De ce fait non seulement on perd du rire sur une méconnaissance du contexte (certains noms que je ne connaissais pas) mais en plus nous ne sommes pas dans les mêmes dispositions psychologiques.

Un humoriste, d'autant plus quand il écrit sur des sujets graves comme ça peut être le cas de Yassine Belattar, Jérémy Ferrari ou même Élie Semoun, s'inscrit dans un contexte d'actualité et d'ailleurs Élie Semoun, invité dans Quotidien l'autre jour, disait comment il introduit le sujet une fois qu'il est sur scène (à base de jeux de mots) histoire de détendre un peu son public. Il faut mettre le public dans de bonnes dispositions et avoir conscience du contexte. Sans doute que dans vingt ans ces sketchs-là ne feront pas rire les personnes qui n'auront pas connaissance de leur Histoire contemporaine.

Du coup ça me paraît un peu facile de dire qu'aujourd'hui Pierre Desproges ne pourrait plus faire son sketch. Je ne vois pas en quoi, et j'ajouterais que, sans doute, comme les humoristes s'adaptent au contexte, il ne l'écrirait peut-être pas de la même manière. Aujourd'hui il me semble que l'humour autour des juifs est un peu différent. Si loin de la guerre on ne fait plus de sketch entièrement dédié – en tout cas il ne me semble pas pour ce que j'en sais – et on préfère distiller quelques blagues au détour d'une phrase. En revanche on dédie des passages complets au terrorisme.

Prétendre que l'on riait mieux avant, qu'aujourd'hui l'humour s'étiole, d'édulcore, sous prétexte que les sketchs d'il y a trente ans sont différents de ceux d'aujourd'hui c'est oublier qu'une pièce de théâtre ou un spectacle d'humour est de l'art vivant, qui est aussi fait en fonction du public. Pire... ! Se dédouaner d'une mauvaise vanne, d'un raté, se victimiser en disant "mais de toute façon on rirait mieux avant" en prenant à témoin des humoristes de la génération précédente c'est d'une part faire comme si l'on n'était pas fautif et refuser de reconnaître ses tors en disant "c'est pas moi c'est les autres" (comme le réalisateur de Gangsterdam) et d'autre part ignorer son public et le contexte. Je crois que, pour faire de l'humour noir, il faut un capital-sympathie.

J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur le fait que je pense que l'on peut rire de tout, donc je ne développe pas – mais si vous voulez ouvrir le débat dans les commentaires je répondrais sans problème :) Quoi qu'il en soit je ne pense pas que l'humour se délite, il suffit de voir que des humoristes comme Élie Semoun, Yassine Belattar ou Jérémy Ferrari s'emparent de ce genre de sujets un peu difficiles comme le terrorisme, la mort, l'homosexualité, etc. Et puis... en cherchant une photo pour illustrer, je suis tombée sur un article qui citait des passages du fameux sketch de Desproges pour démontrer le fait que maintenant ça ne passerait plus. Alors-alors-alors... je crois que je l'avais déjà dit dans un article mais : le ton. Nous sommes bien dans un spectacle vivant et c'est le ton, qui fait tout. Même aujourd'hui si vous lisez certains passages des sketchs de Jérémy Ferrari vous vous demandez où vous êtes tombés. Mais le ton.

Se pose aussi la question de l'universalité de l'humour et les historiens se sont demandés si on pouvait rire à ce à quoi riaient les Romains (dans le contexte de l'Histoire des émotions) et certains d'entre eux ont aidé Jim Bowen à faire un spectacle avec seulement des blagues anciennes.

Je ne pense pas que l'on riait mieux avant. Le thème de la décadence des plus jeunes est tellement vieux que Socrate le portait déjà, c'est vous dire ! Je pense juste que l'on riait différemment, étant entendu qu'un art vivant fait aussi en fonction de son public et de tout un contexte social. Et je pense que c'est trop facile de se dédouaner en disant que de toute façon maintenant "on ne peut plus rien dire".

Qu'en pensez-vous ? Riait-on mieux avant ?

Source photo – auteur inconnu

Rendez-vous sur Hellocoton !

samedi 27 mai 2017

Le collant et la propriété du corps des femmes

Bonjour !

Je me suis fait rapporter, à peu près, les paroles d'un jeune homme que ma mère et ma soeur connaissent. Elles n'ont pas été très précises mais le fond c'était que ce garçon avait déclaré s'être un jour déguisé en vraie femme, avec la (mini) jupe, les collants, le maquillage, etc. De là est née une réflexion que j'aie nourrie aussi d'un des épisodes de Candice Renoir diffusé hier soir.

C'est au fur et à mesure que je parlais toute seule pour organiser mes idées (ce que je vous conseille, ça marche super !) que j'ai repensé à cet épisode dans lequel la fille de Candice, adolescente, sort avec un mini-short et se fait agresser dans le rue par deux autres ados qui lui sortent les grands classiques "t'es une pute" et "tu veux te faire violer, c'est ça ?!". Et quand j'ai vu que, sous son short, elle portait des collants, j'ai dit : "oh elle porte des collants en plus ? Bah ça va, c'est rien". On est bien d'accord pour dire que, collant ou pas collant, reprocher à une personne la manière dont elle s'habille et rentrer dans le processus de culpabilisation de la victime de viol est moralement condamnable. Mais quand même, avec ce collant, il y a quelque chose de différent. Le collant cache ce que la jupe ou le short fait mine de montrer, et là réside ma réflexion.

D'abord je voudrais m'étendre sur la notion de "vraie femme". Selon moi si l'on introduit la notion de vrai il faut introduire d'office sont complément-contraire qui est le faux. Tout ce qui ne correspond pas à l'image de la "vraie femme" est donc une "fausse femme" et donc se définit par le "ce n'est pas". Pour prendre un exemple, en cyclisme (le Giro se termine, après trois semaines je ne pense plus qu'à ça, sauf quand je dois sortir de ma torpeur pour parler représentations de genre, c'est un peu malheureux xP) on parle de "faux-plat (montant/descendant)". Un faux-plat : ce n'est pas un plat. Une fausse femme : ce n'est pas une femme. Donc tout ce qui ne correspond pas à la "vraie femme" n'est pas une femme (on parle bien ici du genre social et non biologique). C'est pour ça que, quand je parlerais de "la femme" ou "des femmes" ça sera l'équivalent de la "vraie femme" de ce jeune homme.

Une femme, pour lui, porte du court et des collants. Je trouve ça intéressant qu'il admette le court comme correspondant aux femmes alors que l'on a plutôt tendance à vouloir, du côté des hommes, rhabiller les femmes quand certains courants du féminisme veulent les déshabiller étant entendu que plus on montre de peau et plus on est libre/libérée (comme avec l'histoire du burkini). Je vous avais déjà raconté que l'ex d'une amie refusait qu'elle porte la jupe qui lui arrivait juste au-dessus du genou parce qu'il avait l'impression que tout le monde la regardait. Ce n'est peut-être pas une majorité, mais j'ai quand même l'impression que les garçons sont plutôt défiants à l'égard des tenues courtes qui assimilent les filles à des "putes" ou des "salopes", en témoignent les diverses agressions dans la rue et autres interdictions auprès des petites amies. Donc c'est assez intéressant que ce garçon-là admette le court comme relevant de la femme et pas de la pute. Cependant ce paradoxe est atténué par les collants, qui, comme je le disais avec l'exemple de l'épisode de Candice Renoir, cachent ce que le court montre. La jambe n'est donc pas montrée (puisqu'elle est cachée). Partant de là, je pousse un peu ma réflexion.

Ce qui sépare donc la femme de la "pute" ce n'est pas la taille du vêtement et la quantité de peau révélée au grand-jour mais le collant. Le collant cache et le collant empêche le toucher. Si vous touchez la jambe couverte de collants d'une femme vous touchez la femme, l'individu, mais pas le corps en tant que tel, pas la peau. Donc le collant empêche l'accès au corps. Or, une pute, pour le dire vulgairement (de toute façon je suis vulgaire depuis le début de cet article alors autant poursuivre sur ma lancée xD), c'est un vagin en libre-service (tant qu'on a de quoi payer) : autrement dit si elle n'a pas de collant pour empêcher la vue et le toucher ce n'est pas grave, c'est même ce que l'on attend d'elle : un morceau de viande à reluquer (et plus).

Une pute c'est aussi une image de la femme vile, basse, sans honneur, qui vend son corps, une femme de mauvaise vie, sans vertu, alors que, dans nos sociétés, on essaye de préserver de ça les femmes (en témoignent les insultes que les unes et les autres reçoivent à l'image de "sale pute"). Parce qu'une femme c'est la douceur, la vertu, c'est Lucrèce qui, ne pouvant supporter d'avoir été violée, souillée, d'avoir déshonorée sa famille, se suicide. De là il vaut mieux contrôler le corps des femmes, pour éviter qu'elles soient rendues désirables aux hommes qui pourraient alors leurs tourner autour, voire, les violer (ce qui serait évidemment la faute de la femme). Et pour contrôler le visible (au passage je vous conseille de lire Comment le voile est devenu musulman ? de Bruno-Nassim Aboudrar) et le corps rien de mieux que le vêtement (mais pas seulement ; à l'époque moderne les femmes ne pouvaient pas jouer de la flûte en public ni des instruments comme le violoncelle dont la position pour le jouer n'est pas des plus élégantes).

Mesdames, il vous est donc demandé de vous habiller de manière à cacher vos jambes ou, à défaut, de porter des collants.

Vous allez me dire que j'exagère et que j'extrapole sur des propos rapportés avec imprécision. Certes oui, mais aussi sur ma propre réaction de cet épisode de Candice Renoir qui tend à dire que, si elle porte des collants sous son short, alors Emma a encore moins de raison d'être traitée de "pute" puisqu'on ne voit rien de ses jambes, ce qui marque bien la différence entre "la femme" et "la pute".

Quant à contrôler le corps des femmes c'est, comme je le disais il y a quelques temps à Aloha Tallulah sur l'un de ses articles, pour la raison – enfin l'une des raisons, sans doute – que le corps des femmes appartient aux hommes par un retournement rhétorique (qui doit avoir un nom d'ailleurs).

Ce que je veux dire et ce que j'expliquais à Aloha Tallulah c'est que les femmes disent "mon corps m'appartient" ; les hommes pensent, disent parfois, considèrent plus ou moins inconsciemment, que les femmes leur appartiennent (on dit "ma femme" et pas "mon épouse" ; on dit "il faut protéger nos femmes et nos enfants" – au passage on assimile les femmes aux enfants, je ne m'étends pas dessus – ; aussi en rapport avec notre Histoire largement chrétienne : dans la Bible la femme a été faite après et pour l'homme – raison pour laquelle elle doit porter un voile, d'ailleurs). Conclusion : le corps des femmes appartient aux hommes. D'autant plus que, bien souvent, les femmes ne sont pas capables de posséder par elles-mêmes (excepté quelques cas, de veuves notamment, à l'époque moderne et dans le Coran où elles peuvent gérer des biens, témoigner dans un tribunal, etc.). Le corps des femmes appartient aux hommes. C'est une raison pour les hommes de réglementer le vêtement féminin (interdiction du pantalon, aussi par la peur de l'inversion et de la confusion des sexes et là je vous renvoie à Une histoire politique du pantalon de Christine Bard) ; c'est aussi une raison pour les féministes de s'emparer du vêtement et de chercher à dévêtir les femmes : si le corps des femmes et le vêtement féminin appartiennent aux hommes alors rien d'étonnant à ce que, pour certaines féministes avec lesquelles je suis fort peu d'accord, la libération des femmes passe par des vêtements de plus en plus courts et ce de manière systématique.

Alors que, comme je l'ai dit précédemment, le vêtement court ne fait pas tout puisque l'on peut "contrer" le raccourcissement par le port de collants. Et je me rends bien compte, dans mon port personnel de la robe, que je préfère porter ma robe d'hiver (un peu au-dessus du genou) que ma robe d'été (même taille) parce que l'hiver, j'ai des collants (et que j'aime pas trop montrer mes jambes parce que je m'aime pas, mais c'est une autre question).

Quant à la question de savoir si ce garçon duquel on m'a rapporté les propos est dans le vrai... j'ai déjà écrit sur qu'est-ce qu'une femme il n'y a pas si longtemps ;) (je suis intarissable (pour votre plus grande lassitude)).

Qu'en pensez-vous ?

Source photo – Vincent Wo

Rendez-vous sur Hellocoton !